L'envol du papillon

Clara Nové · Chapitre 25 sur 30

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L'envol du papillon

Chapitre 24

 

Blanche

Il fait une chaleur d’enfer. Sans mauvais jeu de mots. Mais les températures proches des 40 sont le dernier de mes soucis. J’en souffre, comme tout le monde, d’autant que dans ma chambre sous les combles, je crois que c’est encore pire.

Mais honnêtement, ce n’est rien comparé au trou béant dans ma poitrine, qui pulse sous mes doigts posés sur mon cœur. J’ai mal, depuis cinq longues journées. Mal à en avoir des maux de tête impressionnants qui me vrillent le crâne en permanence, jour et nuit, à un point tel où je ne dors plus. Mal à en vomir trois fois par jour, alors que je n’ai rien dans l’estomac. Parce que je ne mange rien, j’en suis incapable.

J’ai, dans un coin de la tête, la peur d’être enceinte. Je dirais que c’est impossible, mais qui sait ? Le seul rapport non protégé, c’était le jour de mon départ. C’est donc impossible que je le sois. Pourtant, le doute reste, prégnant et ajoute à mon stress.

Un coup d’œil au miroir de ma psyché, et je détourne les iris. Je ne suis plus que l’ombre de moi-même. Joues creusées, cernes noirs sous les yeux, bras émaciés, je fais peur ! Mais ça n’a pas grande importance, parce que de toute façon, je n’ai pas le droit de sortir de chez nous. Enfin si, je peux, mais sous bonne garde.

Augustin a été assigné à ma surveillance. Quel joli rôle ! Je n’en reviens pas de sa trahison, et les regards sombres que je lui jette en permanence sont un bon moyen de lui faire comprendre que je n’oublie pas. Qu’il m’a menti, qu’il m’a balancée.

J’avais confiance en lui, mais je viens de me rendre compte que notre lien est bien plus fragile que je ne le pensais. Et j’espère que tôt ou tard, ça le rattrapera. Oh, je ne lui souhaite aucun mal ! Juste qu’un de ces jours, l’amour lui tombe sur le coin de la tronche, avec la personne qui ne convient pas. Qu’il en bave, pour qu’il comprenne enfin dans quel enfer il vient de me plonger.

Les parents sont vigilants. L’expérience, sans doute. Depuis que ma grande-sœur s’est barrée en douce à l’autre bout du monde, en catimini, tandis que la suivante a fait de même, sous couvert d’une visite anodine. Pas de chance pour moi, ils sont désormais aux abois.

Je m’allonge, exténuée. Pourtant, je ne fais rien : ni ménage, ni travail manuel, ni lecture. Rien. Mais je suis si fatiguée que je passe mon temps à zieuter le plafond mansardé et à compter les nœuds dans les poutres blanchies à la chaux.

Perdue dans ma douleur, je n’ai plus aucun projet. Pas même à cinq minutes. Encore moins dans une semaine, date à laquelle je suis censée rejoindre Mamie à Paris, pour préparer ma rentrée à la Sorbonne, mi-septembre.

Pourtant, je n’arrive pas à l’envisager. Je sais que je pourrai peut-être y retrouver Baptiste, mais ça me semble trop facile pour que j’y croie encore. Les parents ne m’ont rien dit, mais je doute qu’ils m’y envoient. Ils sont au courant qu’il y habite et ils ne prendront pas le risque, j’en suis sûre.

Personne ne me parle vraiment. Difficile du coup d’avoir des informations.

On m’a confisqué mon portable et maman veille jalousement sur le fixe. Si Baptiste a essayé de me joindre, je n’ai aucun moyen de le savoir. Et ça me bouffe.

Peut-être qu’il ne l’a même pas fait ? Peut-être qu’il s’est contenté de repartir chez sa mère et qu’il se borne à réviser pour rejoindre Paris le mois prochain ? Peut-être qu’il m’a oubliée, tout simplement.

Un gémissement m’échappe. Il écorche ma trachée, arrache ma gorge de sa rugosité. Non, ce n’est pas possible, je n’ose y croire. La force avec laquelle il s’est battu ne peut pas avoir été suivie d’un abandon aussi facile. C’était un ours enragé, que rien n’aurait pu arrêter. Il a failli mettre KO mon père, et quand on sait quelle force de la nature est l’ancien militaire, ça donne un aperçu plutôt impressionnant de la vigueur et de la détermination avec lesquelles il s’est acharné à me défendre.

Et si Augustin n’avait pas aidé lâchement mon père, Baptiste aurait gagné. Il m’aurait prise avec lui. Où ? Où est-il d’ailleurs ?

Cinq jours sans nouvelles. Et je me refuse à y voir un signe de sa résignation et de sa capitulation.

J’enfouis mon visage dans mon oreiller, au bord des larmes. Encore. Je ne fais que ça depuis mon retour. J’aurais pensé en avoir épuisé toutes les ressources, mais apparemment pas. Il m’en reste un peu, selon toute vraisemblance.

Ma main part à tâtons sur la table de nuit et je serre contre moi l’icône orientale offerte par Baptiste. Mes parents n’ont pas capté sa provenance et je l’ai installée bien en vue dans ma chambre.

Elle n’a plus rien de sa fonction première : elle est devenue mon doudou, mon lien avec Baptiste, mon exutoire aussi, quand je pense à lui. Mes yeux se ferment, et mes doigts se crispent sur le doux bois d’olivier.

— Tu dors ?

La voix d’un mes frères me fait sursauter, mais je me contente de relever légèrement la tête, pour l’apercevoir dans l’entrebâillement de la porte. Mais sitôt que j’ai vérifié qu’il s’agit bien d’Augustin, je détourne les yeux, incapable de le regarder plus longtemps sans qu’un goût de fiel inonde mes papilles.

Je ne pensais pas pouvoir détester quelqu’un un jour. Encore moins mon propre frère. Mais la trahison ne passe pas, même si j’en comprends la raison. Il a pensé bien faire, mais il a tort. Comme j’avais tort en jugeant Baptiste trop vite.

Arrogant et « grande gueule », il projette une image de lui totalement fausse. C’est un garçon gentil, qui aime sans compter. Un homme adorable, qui cache ses souffrances sous une cape d’impertinence.

Il parle peu de sa mère. Encore moins de son beau-père. Mais de ce qu’il m’en a dit, il souffre. De ne pas connaître son père, quoi qu’il en dise. D’avoir le sentiment de n’avoir été qu’un fardeau pour sa mère, de par sa naissance. Il n’en connaît aucun détail, et bien qu’il s’en défende, je sais que ça le mine.

Aucun enfant ne mérite de se sentir de trop. Aucun enfant ne devrait se sentir coupable d’être né. Peu importent les circonstances dans lesquelles il a été conçu. Mon rêve, c’était de l’aider, de briser ce silence étouffant et demander à sa mère la vérité. Mais je crois que je ne le pourrai pas. Parce que je ne peux pas être à côté de lui. Parce que nous avons été séparés.

— Tu veux venir manger ?

Tiens, il est encore là, lui ?

Je secoue la tête, déterminée à ne pas décrocher un mot. Augustin ne mérite pas que j’use une goutte de salive pour lui. Et sans lui prêter plus longtemps attention, je repose ma joue gauche sur l’oreiller.

Pourtant, il ne part pas. Ses pas sur le vieux parquet en point de Hongrie claquent contre le bois, jusqu’à atteindre le côté de mon lit, et ses sandales ouvertes apparaissent dans mon champ de vision.

— Tu n’as rien mangé depuis des jours.

Je relève les yeux vers lui, dans un air de défi que je ne peux réfréner. Pourtant, quand je pose mes iris sur les siens, c’est tout sauf de l’arrogance que j’y trouve : de la compassion ? de la gentillesse ? Bon sang, il n’est pas gêné !

— Je n’ai pas faim, claqué-je. Laisse-moi.

Un soupir me parvient, et mon matelas s’enfonce sur le côté.

— Il faut que tu te nourrisses. Je m’inquiète pour toi.

Là, ses paroles me font réagir et je m’assieds d’un coup, pour le fixer.

— Tu t’inquiètes ? répété-je. Tu t’inquiètes ?

Je bondis sur mes genoux, avec une énergie que je ne croyais pas avoir ; mais visiblement, parler de Baptiste me donne un regain de vitalité.

— Si tu t’étais mêlé de tes affaires, Augustin, je n’en serais pas là ! Je n’en serais pas à avoir l’impression de mourir à chaque instant parce qu’il me manque !

Mon frère grogne, tandis que j’agite mon index sous son nez. Ma voix exsude une férocité que je me découvre subitement, sans avoir pris conscience en dix-huit ans que j’abritais en moi une lionne capable de rugir et griffer pour l’être aimé. Et j’aime cette sensation autant que je déteste devoir m’en servir.

— Je ne pouvais pas le laisser jouer avec toi ! gronde-t-il, ignorant mon doigt inquisiteur. Tu es ma sœur et…

— Et je l’aime. Tu ne peux pas comprendre ça ?

Il se tait et se met à m’observer de ses grands yeux bleu clair, encore plus pâles que les miens. Ses cheveux hirsutes me font froncer les sourcils. Lui qui est si impeccablement coiffé, d’habitude, m’étonne par son côté soudain négligé.

— Tu l’aimes, répète-t-il. Et lui, est-ce qu’il t’aime ?

J’ouvre la bouche, pour répondre, avant de me figer. Il ne me l’a jamais dit. Et cette constatation a un goût amer dans ma bouche. Oh, une demi-seconde avant que ne resurgissent les images d’un Baptiste énervé, capable de renverser des montagnes, de se battre avec mon père à la force de ses poings et de me défendre avec la hargne d’un ours.

Il ne me l’a pas dit, non, mais j’en suis sûre, autant que je suis certaine de mes sentiments. On s’aime, point final.

— Je crois que tu étais là, asséné-je, en relevant le menton. Je pense que tu ne pourras pas nier qu’il était plus que déterminé à me garder.

Mon frère ricane, ce qui me fait froncer les sourcils.

— Vu ce que tu lui as donné, il pouvait, oui.

— Tu ne sais pas ce que tu dis, Augustin. Tu ne peux pas comprendre.

Je me renfrogne d’un air vexé. Comment lui expliquer ? J’ai bien envie de laisser tomber, mais c’est trop important pour que je capitule si vite. Et j’ai besoin, je crois, de faire sortir ce que j’ai sur le cœur.

— On s’aime, Augustin. Et… se le montrer physiquement n’est pas ce que tu crois.

— Vous n’êtes pas mariés !

— Et ? Ça ne prouve rien ! Crois-tu que le mariage assure les sentiments ? Ça ne change rien à ce que nous ressentons l’un pour l’autre. Il est là, dans mon cœur, en permanence. Et tu sais quoi ? Je ne regrette rien. Rien du tout. Si je devais recommencer, je le ferais. Sans aucune hésitation.

Mon frère me fixe, sans répondre. Comme s’il ne captait rien à ce que je lui raconte. Alors dans un réflexe énervé, je me lève et vais reposer mon icône sur la table de nuit, la caressant de la pulpe de mes doigts.

Les yeux de mon frère suivent mes mouvements, et je sais que malgré son silence, il a reconnu l’image. Il pousse un soupir, se lève à son tour et vient accouder son bras au manteau de la vieille cheminée inutilisée qui pare un des murs de ma chambre.

— C’est à ce point-là ? murmure-t-il en me regardant intensément.

J’opine du chef, tandis que ma main droite se pose sur mon cœur. La douleur me semble moins forte, quand je le fais. C’est idiot, mais ça fonctionne. Un peu.

— Je ne voulais pas te faire du mal, reprend-il plus bas. J’ai pensé… je n’ai pensé qu’à toi, tu sais. J’avais peur que tu te sois fait avoir. Qu’il se soit fichu de toi, servi de toi, juste parce que tu étais la seule fille du coin.

— Sympa, m’exclamé-je dans un hoquet. Suis-je si laide ?

Il me répond d’un sourire en coin, discret, timide, mais bien présent, et j’ai d’un coup l’impression de retrouver mon frère d’avant. Celui avec qui je m’amusais. Complices bien souvent, amis sincères la plupart du temps.

— Tu es bien trop belle pour lui, grogne-t-il. C’est de la confiture aux cochons.

Sa remarque me fait presque sourire, mais je décide de ne pas continuer sur cette voie. La vérité, c’est que j’ai d’autres préoccupations que de savoir si mon frère approuve ou pas. Je lui ai donné mon ressenti, à lui d’en faire ce qu’il veut.

Il baisse les yeux et carre ses mains dans les poches de son bermuda camel, l’air gêné.

— Je n’ai pas envie de rester fâché avec toi, Blanche. Tu es ma sœur, et je t’aime.

J’ouvre la bouche pour la refermer aussi sec. Une telle déclaration chez un Leroy, c’est rare. C’est même inédit. Chez nous, les sentiments, on n’en parle pas vraiment. Sujet tabou, qui expose bien trop aux yeux des autres. Alors qu’il l’avoue me fait hausser les deux sourcils en même temps.

Je suis encore trop fâchée contre lui pour répondre. Il m’est impossible de lui rendre la pareille pour l’instant. C’est trop tôt, trop frais, et rien n’est arrangé pour Baptiste et moi. Et ça, c’est rédhibitoire.

Devant mon silence, il se tend, et l’air affecté qu’il arbore me fait presque mal. Presque.

— Qu’est-ce que je peux faire pour que ça aille mieux entre nous ? susurre-t-il.

Il a l’air sincère et pour la première fois, j’hésite. Moi aussi j’ai envie de le retrouver. En tout cas, sa proposition se fait un chemin dans mon cerveau et j’humidie mes lèvres sèches avant de parler.

— Il y a bien quelque chose que tu pourrais réaliser pour moi. Mais j’ai besoin que tu n’en parles pas aux parents. Si tu ne t’en sens pas capable, dis-le-moi et restons-en là. Je ne supporterai pas une trahison de plus de ta part, Augustin.

Ses iris s’éclairent d’une lueur, mais il demeure silencieux, comme s’il analysait le sens de mes paroles. Et puis, soudain, il se met à parler.

— Si tu me demandes de le contacter, c’est non. Je ne pourrai pas faire ça, en sachant qu’il ne t’a pas respectée. Je ne ferai rien pour vous permettre de vous revoir.

Ça a au moins le mérite d’être clair, et sincère.

— Je ne reviendrai pas sur cette histoire de respect, réponds-je. Ça ne sert à rien. Mais non, c’est un service que je te demande. Uniquement pour moi.

— Dans ce cas, c’est accepté.

Je hoche la tête, rejoins l’une des grandes étagères en bois qui court tout le long du mur gauche, saisis ma tirelire et en extrais un billet de vingt euros. Mon dernier, le reste de mes économies.

— C’est pour quoi ? me questionne-t-il, en le coinçant entre son pouce et son index.

Je me racle la gorge, soudain gênée. C’est une des dernières personnes auxquelles j’aurais demandé ce service. Mais je n’ai pas le choix, je n’ai personne d’autre. Et comme je ne peux pas aller quelque part sans en référer à mes parents, c’est ma seule possibilité.

— J’ai besoin que tu ailles à la pharmacie.

— OK, tu as besoin de quoi ?

— D’un test de grossesse.

Je crois que je viens de le tuer sur place. Il blêmit, et sa main se met à trembler, comme si le billet le brûlait.

— Tu te fiches de moi, c’est ça ?

Je secoue la tête, mais m’accroche à mon idée, bien qu’il me donne envie d’abandonner.

— Je ne peux demander à personne d’autre, enfoncé-je. J’ai besoin de toi, Augustin.

Il va refuser, je le sens. Mais contre toute attente, son poing se referme sur le papier et son regard s’arrime au mien.

— Je vais y aller. Mais je te préviens que si ce truc est positif, je le tuerai moi-même.

Je souffle de soulagement, incrédule quant à ses menaces. Il accepte, c’est tout ce qui compte.

Assise sur le couvercle des toilettes, les genoux relevés contre ma poitrine et la tête posée sur mes cuisses, je patiente.

Les yeux fermés, j’évacue le stress comme je peux. Mais mes inspirations et les expirations qui suivent ne servent pas à grand-chose. Je suis fatiguée. De tout ce stress, du manque de lui, qui me troue le ventre. Et de l’attente.

— Alors ?

— Ça ne fait pas trois minutes.

Curieuse impression que d’attendre un résultat de test de grossesse avec son propre frère. Celui-là même qui risque d’aller cafter juste après, surtout s’il s’avère positif.

Mais je suis lasse et ce ne sera qu’une merde de plus dans ma vie actuelle.

— C’est long.

— C’est toi qui as été long à revenir !

— J’ai dû aller dans un autre quartier. Je n’allais pas entrer dans une pharmacie où quelqu’un nous connaît quand même ! J’aurais eu l’air de quoi ?

Je lève les yeux au ciel, exaspérée par cette façon de penser. Être enceinte, ce n’est pas une maladie honteuse, que je sache. C’est même une bonne nouvelle pour la plupart des gens, mariés ou non. Mon Dieu, c’est juste ridicule.

Ignorant mon frère de l’autre côté de la porte, je me lève pour aller regarder cette fichue fenêtre de résultats. J’ai peur, soyons honnête. Je suis carrément effrayée. Par ce que je vais y lire, par les conséquences qui peuvent en découler.

Les mains tremblantes, je saisis la plaquette en plastique et risque un œil : une seule barre. Négatif.

Un gémissement franchit la barrière de mes lèvres.

— Bon sang, Blanche, ouvre cette porte, ton silence me fait peur.

Je tourne la serrure et l’observe entrer aussi vite. Ses yeux, avides de réponses, passent de mon visage au test, puis, incrédules, reviennent vers moi.

— Mince, Blanche. C’est négatif non ?

J’acquiesce, incapable de répondre.

— Ben alors, pourquoi tu pleures ?

Ma main part à l’aventure sur ma joue et j’y découvre, effectivement, des larmes qui coulent allègrement sur ma peau. Et pas qu’un peu. Un sanglot éclate sur mes lèvres, sans que je le sente monter.

Augustin fronce les sourcils et je sens bien qu’il est perdu.

Comment lui expliquer ? C’est compliqué. Impossible. De lui faire comprendre que je suis soulagée autant que désespérée. Qu’un bébé aurait été une catastrophe autant qu’une bénédiction. Qu’une grossesse aurait été le dernier espoir de revoir Baptiste.

Qu’on nous empêche d’être ensemble, OK. Mais qu’on prive un père de son enfant, je sais que mes parents n’auraient pas osé, d’autant que la mère de Baptiste est une amie de Mamie.

Mais là, mon dernier espoir vient de s’envoler en fumée.

Et je fonds en larmes.

 

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