L'envol du papillon

Clara Nové · Chapitre 13 sur 30

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L'envol du papillon

Chapitre 12

 

Blanche

La nuit tombe lorsque je referme le portail en bois blanc de la propriété familiale et que nous nous engageons dans la ruelle. Un coup d’œil vers le premier étage et je grimace en me rendant compte qu’à la fenêtre, une petite fille triste nous regarde nous éloigner. Je me doutais que Bertille ne dormirait pas, bien qu’elle ait rejoint sa chambre depuis plus d’une heure. Si ça se trouve, elle tentera même d’admirer le feu d’artifice depuis la maison.

Je lui envoie un léger geste de la main, auquel elle répond de sa petite main frêle, puis je la perds de vue en tournant sur la rue perpendiculaire.

Il fait un peu frais, ce soir, et je frotte mes bras pour tenter de me réchauffer. Le gilet que j’ai enfilé par-dessus ma robe d’été ne sera pas superflu. Mes frères n’en ont pas pris et j’arque un sourcil en avisant que Baptiste non plus. Il a revêtu un t-shirt noir flanqué d’une illustration de ce qui doit être un groupe de rock, mais mes connaissances restreintes en musique moderne ne me permettent pas de l’identifier. Je suis capable de reconnaître des dizaines d’œuvres classiques, juste en écoutant les premiers accords, mais tout ce qui dépasse le XIXe siècle est un brouillard, pour moi.

Pourtant, je ne peux nier que ça lui va particulièrement bien. Loin de la tenue classique de mes frères, il est séduisant, ce soir. Même son jean troué sur la cuisse gauche, qui ferait hurler ma mère et que Mamie a essayé de lui raccommoder plusieurs fois, trouve grâce à mes yeux. Sans doute parce qu’il souligne sa musculature fine, aussi bien que le fait son t-shirt sur son torse ciselé.

Je ne devrais pas m’arrêter là-dessus. C’est mal. Mais si j’y parviens la plupart du temps, là, alors qu’il déroule sa démarche élégante et racée devant moi, c’est juste impossible. Ce soir, c’est mon soir et j’ai bien envie d’en profiter un peu. Oh, rien d’extravagant, mais sortir à une célébration du 14 juillet, c’est une première pour moi.

Les garçons discutent, de jeux vidéo, je crois, et je me demande quand ils ont développé une certaine connivence sur le sujet. Est-ce qu’ils ont beaucoup joué, ces derniers jours ? On dirait bien, vu l’enthousiasme que met Augustin à relater sa dernière partie, avec les yeux brillants, les mains qui s’agitent et un flot de paroles que je ne lui connais pas d’habitude.

— T’as froid ? me demande soudain Baptiste.

Il vient de se retourner et je manque de me faire griller en pleine séance de matage de son dos puissant, que je m’évertue à fixer pour ne pas descendre les yeux plus bas… Pourtant, c’est là que le spectacle est le plus beau.

Me rendant compte de mes pensées coupables, je rougis comme un coquelicot, heureuse que la faible luminosité cache mon embarras.

— Non, réponds-je, gênée, ça va aller.

De toute façon, qu’est-ce qu’il pourrait faire ? Il n’a pas de blouson à me prêter et je n’ose imaginer qu’il me prenne dans ses bras pour me réchauffer. Un instant, ses yeux balaient ma robe et je crains qu’il ne s’exécute. Mais il se retient, et c’est tant mieux : mes frères n’auraient pas apprécié, je crois.

Les bras de Baptiste, j’en rêve depuis que je les ai sentis autour de moi, il y a quelques jours, quand, débordante de joie, j’ai sauté sur lui sans réfléchir. Et depuis, je suis carrément en manque. De ce sentiment de sécurité lorsqu’il m’enveloppe, de ce picotement qui irradie de ma peau à mes os. Et j’ai peur de cette découverte autant que je l’apprécie.

Lorsque nous arrivons sur la grand-place, mes yeux s’écarquillent de stupeur : elle est noire de monde. À croire que tout Barbâtre s’est donné rendez-vous sur le port. Et à mon avis, je ne dois pas être loin du compte.

Autour du carré central, accrochées aux branches, de longues guirlandes électriques apportent à la fête une note colorée. Sous les platanes, dans le coin gauche, un orchestre joue de la musette, il me semble, aux accents franchouillards d’accordéon. Le milieu voit évoluer des danseurs, souvent par deux, qui ont l’air de s’amuser, tandis qu’autour, des regroupements discutent et rient dans une ambiance bon enfant qui me plaît immédiatement.

— Waouh ! s’exclame Augustin. Il y a foule !

De nombreux gosses courent dans l’indifférence générale et je m’attriste de savoir Bertille consignée dans sa chambre ; ce sont les vacances et une soirée un peu plus tardive n’aurait pas été si grave.

— On aurait dû insister pour emmener ta sœur.

A-t-il lu dans mon esprit ? Ou suis-je si transparente ? En tout cas, Baptiste, le regard fixé sur moi, a compris mon désarroi. J’opine du chef, lui signifiant que je suis d’accord avec lui et il me lance un sourire contrit qui m’émeut.

Je le pensais froid et égocentrique, mais le voir s’en faire pour ma sœur me fait chaud au cœur. Et ça n’arrange pas les battements de mon palpitant quand j’observe le grand brun.

— Il n’est pas encore l’heure du feu d’artifice, nous fait remarquer Baptiste en jetant un coup d’œil sur son portable. On se prend un verre en attendant ?

Un peu étonnée, je jette un regard vers Augustin puis Lothaire. Mais ils sont bien moins hésitants que moi et je dois me résoudre à leur emboîter le pas si je ne veux pas les perdre.

— Bière pour tout le monde ? demande Baptiste.

Je roule des yeux en secouant la tête, ce qui fait sourire le beau brun. Comment se concentrer s’il fait ça ?

— Mes frères ne sont pas majeurs… contesté-je. Et moi, je n’aime pas ça.

— J’ai dix-sept ans, Blanche, grogne Augustin en levant le regard au ciel.

— Mais Lothaire a à peine quatorze, rétorqué-je.

— OK, OK ! tranche Baptiste en nous coupant. Pas Lothaire, donc. Qu’est-ce que vous prenez, tous les deux, du coup ?

L’air qu’il arbore ne laisse aucun doute sur sa bonne humeur. Mais je n’y fais plus réellement attention : mes iris balaient la carte affichée sur un arbre, à la recherche de la boisson la moins chère, tandis que je calcule mentalement combien il reste dans mon porte-monnaie.

— C’est moi qui offre, murmure Baptiste.

La main qu’il pose sur la mienne m’arrache à mes chiffres : le contact m’électrise, comme si des milliards de petites décharges venaient de crépiter sur mes doigts.

— Je… te rembourserai.

Il secoue la tête, l’air de dire que je suis ridicule, et s’empresse de commander deux bières et deux Coca. J’avoue que je peux compter sur les doigts d’une main le nombre de fois où j’en ai goûté dans ma vie. À la maison, le soda n’est pas vraiment dans les habitudes, et je me garde bien révéler que j’ai eu mon premier McDo il y a tout juste un an.

La boisson est presque gelée et je manque de m’étouffer lorsque les bulles froides dévalent ma gorge. Mais qu’est-ce que c’est bon !

Mes yeux dérivent vers la piste de danse, où évoluent pas mal de couples. Ils ne sont pas tout jeunes, mais j’imagine que la première partie de soirée est réservée au troisième âge, et que la musique plus « moderne » prendra le relais au fur et à mesure de l’avancée des heures. Je me prends à admirer l’élégance de certains, et le manque de souplesse des autres, sur une valse entraînante qui me plaît beaucoup.

— Tu veux danser ?

Je tourne la tête vers Baptiste, estomaquée : il vient de m’inviter, là, sérieusement ? Je nie toute envie, mais hélas, il n’a pas l’air d’en faire grand cas. Sans tenir compte de ma réponse, il saisit ma main et m’entraîne vers le centre pour nous mêler aux danseurs.

— Mon Dieu ! Mais je n’ai pas dit…

— Laisse-toi guider, me coupe-t-il. Allez, c’est sympa, non ?

Il a raison, ça l’est. Mais sur le coup, je n’apprécie pas trop qu’il m’ait forcé la main.

— Effectivement. Mais je crois que tu n’auras pas besoin de me guider…

Un peu vexée qu’il sous-entende que je n’y connais rien, je repositionne nos mains, carre les épaules, et me mets à le suivre sans une once d’hésitation.

— Eh ! Mais tu sais danser !

Mes yeux se plissent et je lui lance un regard blasé qui lui fait hausser un sourcil.

— Ton sous-entendu est assez vexant. Je connais presque toutes les danses de salon, jeune homme.

Lui, par contre, où et quand a-t-il appris les pas ? Je n’aurais jamais cru qu’il connaîtrait ce genre d’activité !

— Et toi ? Tu en maîtrises beaucoup ?

Il rit, de ce son si rare qu’il me fait me liquéfier sur place. Entre ça, son sourire dévoilant deux belles rangées de dents blanches et sa souplesse sans équivalent, j’ai bien du mal à ignorer le point de contact entre nos mains. Un feu brûlant inonde chaque cellule de ma peau qui touche la sienne, et je dois me concentrer pour ne pas craquer entre ses bras.

Reprends-toi, Blanche ! Tu es ridicule !

Ridicule, certes, mais mordue. Totalement mordue. C’est le triste bilan que je me vois obligée de tirer, alors que je fonds contre lui. Ma raison me hurle d’arrêter, mon cœur me pousse à me rapprocher. Et ce soir, je dois bien avouer que j’ai envie de profiter un peu.

Lorsqu’il réduit la distance entre nos deux corps, je ne l’en empêche pas, n’émets aucune protestation.

La foule n’existe plus. Je ne la vois plus, ne la détecte plus. Seul Baptiste perdure, nous emprisonnant dans une bulle intime où je prends plaisir à m’évader.

— Blanche ?

La voix d’Augustin me prend par surprise, et je dois faire appel à mes dernières capacités cognitives pour revenir à l’instant présent. Mince, il vient nous séparer, c’est sûr ! Je m’écarte de Baptiste, mortifiée, pour faire face à mon frère. Mais c’est un tout autre discours qu’il me tient :

— Lothaire ne se sent pas bien, il vient de vomir.

Mes yeux s’écarquillent, passent la foule au radar et finissent par tomber sur notre cadet, vert comme une pomme et le visage défait.

— Oh, mince ! Oui, bien sûr, rentrons !

— Pas la peine de tous y aller, me modère Lothaire en brandissant une main. C’est bon, je vais rentrer à la maison seul, profitez.

Augustin se joint à moi pour réfuter un retour en solitaire, bien imprudent, et je me décide à proposer mes services.

— Je te ramène.

Baptiste, dans ma vision périphérique, plisse les yeux, comme contrarié.

— Ce n’est pas plus prudent, nous fait-il la remarque.

— Tu n’as pas tort, répond Augustin. C’est moi qui le raccompagne. Restez, vous. Je le ramène, et j’essaie de revenir avant le feu d’artifice.

C’est dans ma tête qu’éclatent les premières lumières, quand je me rends compte que je suis seule avec Baptiste. Plus de chaperon, rien que nous deux. Et je ne sais pas si je dois en être apeurée ou heureuse.

Gênée, j’évite son regard brun, que je sais posé sur moi, et me concentre sur la rue, où s’éloignent les deux silhouettes de mes frères. Et bien qu’ils aient disparu, engloutis par la nuit presque totale, à présent, je n’ose plus bouger, de peur de rencontrer deux iris braqués sur moi. Trop tentants, trop intenses.

— Ça va commencer, on devrait se rapprocher.

Ses mots me sortent de ma transe et je n’ai pas le temps de répondre qu’il a déjà pris ma main dans la sienne, m’entraînant vers le quai.

Nous ne sommes pas les seuls à avoir anticipé : le bord du port est déjà bien rempli, mais Baptiste joue des coudes pour fendre la foule. Je suis mortifiée par les regards sombres qui se posent sur nous. Mais avec son arrogance habituelle, le brun s’impose comme si de rien n’était et nous trouve une place quasiment à l’avant.

Les gens râlent. Grands tous les deux, nous bouchons la vue à pas mal de monde. La morale m’intime de laisser ma place, mais un vent de rébellion souffle sous mon crâne ce soir et j’ignore les reproches.

Par contre, la chaleur qui émane du grand corps posté dans mon dos, impossible de ne pas la sentir. Et quand il plaque son torse contre ma colonne vertébrale, je n’ose même plus bouger.

Autour de nous, les exclamations enthousiastes ont remplacé les protestations. Mais je ne fais qu’à peine attention aux premières lumières qui éclaboussent le ciel de leurs couleurs chatoyantes. Des panaches éclatent sur la voûte céleste, camouflant les étoiles, illuminant l’obscurité des quais, lançant des ombres fascinantes sur le visage des spectateurs.

Rien ne compte plus que la présence derrière moi, et le contact de nos corps. Chaque parcelle de mon dos s’embrase plus sûrement que le ciel au-dessus de nos têtes. Et je me morigène de sentir pareille connexion.

J’exagère. Je suis pathétique. Il n’a sans doute même pas remarqué qu’il est trop près pour la décence, mais trop loin pour mes envies. Qu’est-ce qu’il en a à faire, de moi, pauvre petite fille ignorante d’à peu près tout, inadaptée à la vie en société, inintéressante sous tous les points de vue ?

Un garçon comme Baptiste a sans doute toutes les filles qu’il veut. Beau comme un dieu, auréolé d’une aura magnétique, il exsude de lui une telle attractivité qu’il n’a, selon toute vraisemblance, aucun effort à faire pour attirer tous les individus de sexe opposé dont il a envie.

Je prends une inspiration brève, autant pour essayer de me sortir de ma torpeur que pour faire le point sur ma condition ridicule. Je suis certaine qu’il ne m’a même pas remarquée.

Est-ce que ça m’attriste ? Oui, définitivement oui. Je devrais repousser l’idée, m’horrifier d’avoir de telles pensées. Mais à cet instant, savoir que je ne l’intéresse pas et que je suis transparente à ses yeux me blesse et fend mon cœur en deux.

Et puis soudain, je me fige. Son souffle chaud effleure mon oreille droite, déclenchant des frissons dans tout mon corps et des tremblements dans mes jambes.

Reprends-toi, Blanche, il ne l’a pas fait exprès !

Pourtant, quand le souffle migre vers mon cou, puis ma nuque, je manque de laisser passer un gémissement, que je rattrape aussitôt. Impossible qu’il l’ait fait par inadvertance, si ? Figée comme un bloc de glace alors que je bous à l’intérieur, je n’ose plus bouger, de peur de me rendre compte que mon rêve n’est qu’à sens unique.

Lorsque deux lèvres s’ancrent sur ma nuque, cette fois-ci, je ne peux mettre le geste sur le compte du hasard. Il m’a embrassée. Baptiste vient de déposer un baiser dans mon cou.

Dans ma tête, c’est l’apocalypse. Jamais personne n’a posé sa bouche sur moi, et encore moins sur cette partie de mon anatomie qui m’électrise. C’est pourtant sage, mais dans mon corps, c’est juste divin. Baptiste sait sans doute ce qu’il fait : impossible qu’il ait choisi ma nuque par hasard. Et je décide que ça n’a pas d’importance, c’est trop bon.

Mon premier réflexe est de pencher la tête sur le côté, pour lui donner plus facilement accès. Mon second est de me coller contre son torse en soupirant. Ma raison me hurle d’arrêter cette folie, mais mes envies prennent le dessus, la renvoyant à la niche.

Puis, doucement, deux mains fermes se posent sur mes hanches, et je ne les repousse pas. Et quand elles me tournent pour lui faire face, je me laisse faire. Parce que j’en ai envie, parce que tout mon corps vibre au rythme de celui qui me maintient d’une poigne ferme.

Je devrais fuir, ou tout du moins le stopper. Au lieu de cela, mes yeux se relèvent vers les siens, et nos iris s’arriment. Le bleu des miens se perd dans la profondeur abyssale des siens. Il ne bouge plus, se contentant de me fixer d’un air impassible.

Son visage se rapproche, doucement, comme s’il me laissait le temps de dire non. Sauf que je n’en ai pas l’intention. Rivée sur la bouche insolente qui comble la distance entre nous, je laisse faire. Parce que j’en ai envie. Un désir sourd de sentir ses lèvres contre les miennes.

Je n’ai même pas peur, sur l’instant. Je devrais pourtant : je n’ai jamais embrassé personne. Et ce n’est pas la douce fragrance de santal et d’agrumes qui se dégage de lui qui va m’aider à reculer. Non, j’appelle de tous mes vœux ce premier baiser.

Je ne devrais pas. C’est mal, c’est inconvenant. Mais je suis incapable d’arrêter le processus. Son souffle chaud aux effluves de bière, aux accents houblonnés, caresse ma bouche comme un vent voluptueux. Et mes yeux se ferment par automatisme quand le contact est sur le point de se produire.

— Ah, vous êtes là ! J’ai eu du mal à vous retrouver.

Mon bond en arrière arrache un cri à la dame à qui je viens d’écraser un pied et qui me fusille du regard.

Retour à la réalité.

Mes yeux s’écarquillent quand je prends conscience de la présence d’Augustin. De la situation. De ce qui vient de se passer. De ce qui a failli arriver. Et brusquement, la réalité me frappe de plein fouet. J’ai manqué embrasser Baptiste, au beau milieu d’une foule dont j’avais occulté la présence et qui se rappelle à mon bon souvenir en me bousculant sans ménagement.

— J’arrive trop tard, se lamente mon frère. À quelques minutes près, j’aurais pu admirer le spectacle !

Et quel spectacle ! Ma conscience me tombe dessus, lorsque je me rends compte de ce à quoi il a failli assister. Mortifiée, je baisse la tête, évitant de croiser les iris de celui qui m’a tenue dans ses bras il y a quelques secondes à peine et dont je sens la chaleur du regard dardé sur moi.

Me dégageant, je me fraie un chemin parmi les gens qui repartent vers la grand-place. J’ai les joues rouges, les jambes flageolantes et les mains tremblantes.

— Vous voulez rester encore un peu ? demande Augustin.

Son bras désignant la piste, sur laquelle les couples dansent sur une musique plus moderne, retombe contre sa hanche quand je décline d’un signe de tête. Je m’abstiens de parler, pas certaine d’en être encore capable.

— Rentrons, cinglé-je d’un ton trop froid. Je suis fatiguée et on a vu l’essentiel.

En vrai, nous n’avons rien vu. Ni Baptiste et moi, ni mon cadet.

Mais peu importe. Je dois rentrer. Et m’enfermer dans ma chambre dès la porte d’entrée franchie.

Bon sang, qu’est-ce que j’ai failli faire ?

 

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