L'envol du papillon
Chapitre 6
Baptiste
Putain, elle est gelée !
L’Atlantique, je n’ai vraiment pas l’habitude ! Depuis tout gosse, c’est à la Méditerranée que ma mère m’a toujours emmené en vacances, pas à l’Ouest ! Les marées et les températures de l’eau aussi basses pour un mois de juillet, je ne connais pas ! Merde, je préfère le Sud. Les plages de sable chaud, les filles en bikini et passer au moins le cap des 25 degrés, minimum !
À moitié immergé, j’ai bien du mal à avancer, mais un coup d’œil aux deux autres gars me fait me décider. Ça, et leur regard amusé, quand ils font gaffe à ce que je trafique. Putain, comment ils font ? Ils ont sauté dans l’eau sans appréhension ! Pourtant, ils n’ont pas plus l’habitude que moi, que je sache. La mer, ils ne l’ont pas non plus du côté de l’Est, si j’ai bien compris d’où ils venaient. Enfin, il fait froid tout le temps, là-bas, non ? C’est peut-être ça.
— T’as du mal ? se marre le plus jeune.
Son frère aîné le morigène du regard, comme s’il lui interdisait de se foutre de moi.
— Pas vous ?
Le plus âgé se contente de hausser les épaules, sans rien répondre, mais l’autre a plus de bagout, je crois, ou alors c’est sa jeunesse qui le fait parler plus, comme s’il avait moins de filtres.
— La plupart du temps, en pension, l’eau de la douche est gelée. Alors on a l’habitude.
Le plus vieux lui jette un regard courroucé, mais ne dément pas.
— La pension ? répété-je, curieux.
— Oui, l’école privée où on est scolarisés, en Alsace. L’eau n’est chaude que pour ceux qui passent en premier.
J’arque un sourcil : c’est quoi ce truc ? Sérieux ?
— Vous devez vous battre pour être dans les premiers ? raillé-je.
— Non, nous interrompt Augustin. Les plus grands laissent leur place aux plus petits. Les gamins de 7 ans, ils ont besoin de chaleur. Nous, on peut prendre sur nous.
— Alors plus vous avancez en âge et plus c’est froid ? ricané-je.
— C’est ça. Autant te dire que la mer, ici, elle est quasiment chaude, pour nous.
Hum. Ils sont vraiment bizarres. Enfin, je veux dire, en plus de leurs fringues BCBG, leur façon de parler trop classique et leurs bonnes manières. Mais je crois que je commence à comprendre le topo catholiques intégristes, ou un truc dans le genre. J’en ai entendu parler, mais je n’en avais jamais vu.
— Et elle ?
— Qui ça ?
Je désigne du menton la jolie blonde restée sur le sable et qui nous observe de loin.
— Ah, Blanche ! Oui, elle aussi elle va dans une école privée. Un peu plus loin.
— Pourquoi, vous n’allez pas dans la même ?
— Ben non, répond Lothaire en roulant des yeux, comme si j’avais dit la plus grosse connerie du monde. Blanche va dans une école pour filles, voyons.
Bien sûr, suis-je bête ? Merde, j’ai bien envie de lui rétorquer qu’à l’école de la République, il y a bien longtemps que la mixité est la norme, mais je me tais, conscient qu’ils ne vont pas comprendre. Visiblement, ils sont dans leur monde et il est à des millénaires du mien.
Et elle, du coup ? Elle ne se met pas en maillot pour ne pas s’exposer au regard des hommes ? Oh bordel, c’est quoi ce truc trop bizarre ? Où est-ce que je suis tombé, sérieux ?
Pourtant, quelques secondes plus tard, la blonde se lève, retire sa robe, et c’est dans un maillot une pièce, certes noir et tout simple, qu’elle dévoile enfin ses formes. Et putain de merde, j’ai la mâchoire qui a dû se décrocher. Elle est juste… divine. Des hanches larges, une taille de guêpe, des jambes interminables et une paire de seins parfaits, même si la forme ignoble de son maillot de piscine ne fait que les dévoiler partiellement. Juste comme je les aime, ni trop petits, ni trop gros, impeccables pour mes mains.
Je ricane, conscient que mes doigts ne risquent pas de caresser de sitôt sa peau diaphane. Pâle, certes, mais avec un grain de peau si parfait que j’ai la pulpe des phalanges qui se met à picoter sous l’eau. Ou alors c’est le sel. Nan, c’est d’anticipation. Et si je n’étais pas plongé dans une eau à guère plus de 18 degrés, je crois que j’aurais bien du mal à sortir de la mer ! Heureusement pour moi, mon érection est quasi impossible, vu la taille à laquelle est réduit mon sexe, qui s’est recroquevillé de froid.
Un ricanement m’échappe, alors que je la vois se diriger vers nous et entrer dans l’eau sans problème : la fille est forcément vierge, et carrément intouchable. C’est bien ma veine, tiens ! Une nana qui me plaît, mais que je ne peux pas avoir. Putain de karma ! C’est ça, ma punition pour ne rien avoir branlé cette année à la fac ? Je pointe l’index vers le ciel dans un rictus narquois.
Je devrais lâcher le morceau et m’en détourner, mais mes yeux sont comme scotchés sur la belle : elle marque une pause au moment où l’eau atteint ses hanches et je me mets à croire qu’elle va renoncer, comme moi. Sauf qu’elle en profite pour plonger et disparaître en dessous la surface, sous mes yeux ébahis, avant de réapparaître quelques mètres plus loin, près de ses frangins. Est-ce qu’elle m’a volontairement évité ? On dirait bien que oui.
Sa grande tresse blonde imbibée de flotte repose sur son épaule, tandis qu’elle repousse une mèche échappée sur son front, dans un souffle amusé.
— Il était temps ! s’exclame la gosse, que j’avais un peu oubliée. Je croyais que tu ne viendrais plus !
Blanche s’ébroue en riant et me fait manquer un battement de cœur alors qu’elle sourit de toutes ses dents. Sublime ! Merde, elle loupe une carrière de mannequin, elle !
— On a tout l’après-midi, contredit-elle sa sœur.
— Ouais, mais moi, je veux jouer à la balle !
Tout en parlant, la gamine saisit un ballon de plage qui flotte à côté d’elle et l’envoie à Blanche. Mais loin de s’en foutre, la belle blonde rattrape l’engin et le renvoie aussitôt.
— Recule un peu, lui conseille l’aînée.
— Attendez, on joue aussi ! s’exclament les deux frères.
Je m’écarte en secouant la tête, quand Augustin me propose d’intégrer le cercle, et m’éloigne vers les rochers, où je m’adosse contre une pierre plate. De là, je peux innocemment, ou pas, mater de la belle plante. Aquatique, cela va sans dire.
Ils jouent, indifférents à ma présence, et je me plais à les observer plusieurs minutes. Quelques rires fusent, mais aucune injure, aucune remontrance quand la gosse manque de précision. Ou ils sont bien trop coincés pour ça ou ils sont soudés comme les doigts de la main, et je commence à croire que la fratrie s’entend bien, en fin de compte. Ils rient, plaisantent, mais aucune tension de vient altérer la bonne humeur locale.
Aucune, sauf la mienne, mais je doute qu’elle les atteigne. Ils m’ignorent. Paradoxalement, je leur en veux, alors que c’est moi qui ai mis de la distance. C’est con. Mais d’un coup, un sentiment de jalousie m’étreint : seul, je ne le suis pas qu’au moment présent. Je le suis tous les jours de la vie. Qu’est-ce que ça fait d’avoir un frère ou une sœur ? Je ne le saurai jamais, hélas, et vu le spectacle sous mes yeux, ça me blesse.
Irrité, je détourne la tête et me concentre sur la plage, qui s’est un peu remplie. Des familles, des familles, et encore des familles. Putain, ils sont tous là pour ne narguer, ou quoi ? La mienne est un leurre, un ersatz, une vaste comédie. Pas de père officiel et un beau-père qui m’a tenu à l’écart dès le début.
Et tout ce bonheur étalé me file la gerbe.
J’entreprends de bouger, parce que je me caille les miches de plus en plus et qu’un peu de soleil va sans doute pouvoir me réchauffer un peu. Mais au moment où j’avance, Blanche se met à reculer, les bras en l’air, pour essayer, vraisemblablement, de rattraper une balle lancée bien trop loin par Lothaire.
— Blanche, attention, derrière toi, y a… !
Le cri d’Augustin meurt sur ses lèvres, alors que le dos de la demoiselle heurte mon torse. Elle pousse un son strident et ce n’est pas à cause du choc ni de la froideur des mains que je pose sur sa taille, vu qu’elles ont la même température que l’eau. C’est leur contact qui la fait hurler et, d’un coup, ma mauvaise humeur est remplacée par un sentiment bien plus agréable.
Bordel, je le savais : elle a la peau la plus douce que j’aie jamais touchée.
Mais déjà elle s’arrache à mon étreinte : il faut dire que j’en ai profité pour étendre mes doigts et caresser ses flancs. C’est déloyal, et dégueulasse aussi, je l’avoue, que je me permette pareille familiarité. Mais je n’ai pas pu m’en empêcher.
Le bout de mes doigts pétille encore de son toucher, alors qu’elle me fusille du regard. Merde, c’est quoi ce truc ? J’ai l’impression d’avoir ressenti de l’électricité dans l’eau, rien qu’à l’effleurer. C’est possible, ça ?
— Désolé, me sens-je obligé de dire. Tu m’as foncé dessus.
Le regard noir qu’elle me balance me foudroie de plein fouet : putain, j’adore !
Jusqu’à présent, elle a été plus que polie avec moi, répondant à peine, se montrant calme et mesurée. Pourtant, par moments, je sens poindre un caractère fort à travers des répliques acérées qu’elle modère dès qu’elle s’en rend compte. Je crois qu’elle s’oblige à rester affable, mais qu’au fond d’elle, un feu brûle. Une flamme de rébellion, un caractère de merde, comme le mien, qu’elle a appris à réfréner, à camoufler, à cacher, pour se conformer à ce qu’on attend d’elle : être une jolie plante bien polie, que la religion et l’éducation stricte maintiennent dans une cage.
Mais la chatte, douce et bien élevée, sait sortir les griffes et se transformer en lionne, quand elle baisse ses barrières. Et ça, j’aime !
J’esquisse un sourire railleur, qui lui fait froncer les sourcils et je décide de laisser là la fratrie pour rejoindre la plage. Pourtant, la seule chose que j’aimerais, c’est réitérer le contact avec la belle blonde, juste pour vérifier ce crépitement qui a fourmillé au bout de mes doigts. L’ai-je inventé ? L’ai-je rêvé ?
Et je me fais la promesse, en saisissant ma serviette éponge dans mon sac de plage, que je réessayerai à l’air libre.
Quand ? Je n’en sais rien. Mais j’ai deux mois pour retenter le coup. De toute façon, ce n’est pas comme si j’avais autre chose de mieux à faire.
La nuit qui tombe n’a aucune chance de me donner envie de dormir, même si je suis quand même plus fatigué que la veille. J’ai sombré vers 4 heures du matin, à cause de mes jeux en ligne, et bien que je me sois levé juste avant midi, l’après-midi à la plage m’a crevé encore un peu plus. Je crois que ce soir, je vais avoir du mal à jouer longtemps.
Assis dans un des transats de la terrasse arrière, j’observe d’un œil torve la famille idéale jouer aux cartes autour de la table de salon de jardin en teck, sous la lumière artificielle d’un plafonnier d’extérieur en rotin. Même la grand-mère participe, peut-être pour remplacer la plus jeune, Bertille, qui est déjà au lit.
Il faut dire qu’il est 21 heures et que la gamine a l’air de se lever aux aurores. Ça doit être normal, du coup, qu’ils la bordent vers 20 heures. Enfin, j’imagine, j’y connais rien.
— Tu ne veux vraiment pas jouer ? me relance la grand-mère pour la cinquième fois.
Je secoue la tête, comme les quatre précédentes. Merde, qu’est-ce qu’elle ne comprend pas dans « non » ?
Blanche en profite pour jeter un coup d’œil dans ma direction et j’arque un sourcil : serait-elle intéressée ? Je réprime un ricanement en me rendant compte de la connerie de cette idée. Trop formatée, trop rigide pour qu’elle me remarque ?
Pourtant, ses yeux se font inquisiteurs et je me prends à espérer que je suis à son goût. Je suis beau gosse, appelons un chat un chat. Les filles, je leur plais, aucun doute là-dessus. Je n’ai jamais eu de difficulté à en attirer une dans mon lit et je repars toujours avec une heureuse gagnante les soirs de sortie. Mais elle ? Est-ce qu’elle est sensible à mon charme ? La beauté est universelle, non ?
Nan. Elle est trop bien élevée pour ça, comme toute sa famille. Propres sur eux, carrés, gentils, pas un mot de travers, et aucune pensée déplacée. Pourtant, j’ai du mal à y croire : leurs parents ont bien baisé pour les avoir, non ? Donc quelque part, sous leurs allures bien sous tous rapports, ils ont des envies ! Une libido ?
Mes iris s’arriment aux siens : alors, miss Parfaite, est-ce qu’au fond de toi, t’as des envies, toi aussi ? À la façon dont ses joues se mettent à rosir, je commence à le croire, et ce, bien que la luminosité soit plus que basse. Ou alors, c’est la gêne ? Bordel, qu’est-ce que j’aimerais être dans sa tête ! À la réflexion, non, je préférerais être dans sa…
— Baptiste ? Il me semble que ton téléphone sonne et que cela fait un bon moment !
Eh merde ! C’est pour ça qu’elle me fixe depuis tout à l’heure ? Perdu dans mes réflexions libidineuses à deux balles, je n’ai même pas remarqué la musique de Black Sabbat qui s’élève de la poche de mon jean. Un peu perturbé par l’instant bizarre, je saisis mon portable, et sans vérifier le correspondant, je m’empresse de décrocher.
— Baptiste ! Enfin ! s’exclame la voix de ma mère. J’ai essayé de te joindre tout l’après-midi. Mais où étais-tu donc ?
Mieux vaut éviter que je lui dise la vérité : j’ai volontairement mis de côté ses huit appels. Alors j’invente un mensonge que je ne regrette même pas.
— Désolé, M’man. J’étais à la plage avec mes nouveaux amis, je n’avais pas pris mon téléphone. Tu sais ce que c’est : on joue, on s’amuse, on s’éclate tellement qu’on oublie le temps.
Mon sarcasme n’a pas pu lui échapper, j’en suis certain. Elle me connaît trop bien pour ça. Mais elle ne pipe mot, et décide de ne pas s’engager sur le terrain miné que je lui propose sur un plateau.
— Des amis ? répète-t-elle.
— Oui ! m’écrié-je d’un ton si faussement enthousiaste que toute la tablée se tourne vers moi. Tu sais, madame Klein reçoit ses quatre petits enfants en même temps que moi.
J’entends presque les rouages de son cerveau à travers le combiné et ça me fait doucement rire. Elle ne peut pas l’ignorer, impossible ! Ou alors vu son empressement à se débarrasser de moi, elle n’a pas cherché plus loin, à savoir dans quelles conditions j’allais être accueilli. Et d’un coup, un goût de fiel se répand dans ma bouche.
— Ah, oui, bien sûr ! C’est formidable, si vous vous entendez bien ! Hum… Vous êtes donc allés à la plage ?
Elle n’en a rien à foutre, je le sens dans sa voix. Et ça fait dix-neuf ans que je le sais. Je ravale la boule amère qui menace d’obstruer ma gorge et ferme les yeux de dépit. J’ai l’habitude, après tout. J’ai toujours eu l’impression d’être la déception de sa vie. Peut-être que je suis même le boulet qu’elle se traîne sans l’avoir vraiment voulu. Je ne connais pas les circonstances de ma conception, mais je suis sûr d’une chose : elle regrette ma naissance.
— C’est ça. On s’est marrés comme des petits fous.
Là, elle marque une pause, se rendant compte que j’ai craché ça avec dédain. Et comme toujours, elle change de sujet.
— J’espère au moins que tu révises ?
Devant moi, les cinq joueurs de tarot se sont figés, et à la rigidité de leur corps, et aux regards gênés qu’ils se lancent, ils ont parfaitement entendu ma mère. Et moi, évidemment, j’en profite pour enfoncer le clou.
— Bien sûr, maman ! Je bosse tous les matins, en même temps que la petite Bertille. On fait presque nos révisions ensemble, tu sais, sous la glycine. Je l’interroge sur ses tables d’addition, et elle me fait réviser mon droit.
Un long silence accueille ma réponse, des deux côtés. Mon mensonge évident et assumé fait ouvrir de grands yeux à Blanche, tandis qu’un soupir d’énervement retentit dans l’appareil.
— Je te préviens, Baptiste. Si tu rates ces examens, je te jure que tu peux faire une croix sur ton appartement parisien ! Pire, tu peux dire adieu à une inscription dans une quelconque fac poubelle ! Tu ne referas pas de première année dans un autre cursus ! Ton père et moi, nous en avons reparlé. Non seulement tu n’auras plus un sou de notre part, mais tu devras aller travailler pour gagner ta vie !
Putain. Mais qu’est-ce qu’il lui prend ?
Je passe ma main gauche sur mon visage, perturbé, faisant crisser au passage le chaume presque noir qui recouvre mes joues. Merde, il lui a monté le bourrichon, ou quoi ?
Je n’ai plus qu’une envie, et c’est de raccrocher. Elle m’emmerde, elle me saoule, elle me pourrit la vie. Elle et le connard qui lui sert de mari.
— T’inquiète, j’assure ! Bonne nuit, M’man.
Je n’attends même pas sa réponse et raccroche. S’il doit me rester un semblant de dignité, il ne sera pas dit que je le perdrai devant des quasi-inconnus, merde !
D’un geste rageur, je replace mon portable dans ma poche et passe les deux mains sous ma tête, en m’allongeant de tout mon long dans le transat. Je ne sais pas si ma tentative de décontraction marche, mais tous ont détourné le regard et font mine de se concentrer sur la partie de cartes.
Ulcéré, je bous, essayant de maintenir une attitude de champion. Mais qui est-ce que je leurre, là ?
De rage, je bondis de ma chaise-longue et décide de rentrer. Je ne voulais pas jouer, ce soir, mais là, je suis tellement énervé que je vais devoir passer mes nerfs sur quelque chose. Un bon vieux Minecraft s’impose.
— Baptiste ?
La voix claire de Blanche me prend par surprise et je m’arrête net juste avant de franchir le seuil de la porte-fenêtre, le pied sur le chambranle en bois blanc. Pourtant, je ne réponds pas, me contentant de serrer mes doigts sur le bord.
— Est-ce que tu voudrais réviser avec nous, les matins ?
Ébahi, je me retourne par instinct et la découvre, debout au milieu de la pelouse, un air interrogateur sur son visage doux. Putain, elle me fait quoi, là ? Elle croit que j’ai raconté ça à ma mère pour qu’elle le propose ?
Elle est sérieuse ?
Un éclat de rire sort de mes lèvres, involontaire, spontané. Merde, c’est quoi cette famille de timbrés trop gentils ?
Ses yeux s’arrondissent, ses joues prennent une teinte écarlate et j’ai presque pitié de sa gêne. Alors, dans un élan de bonté, ou juste parce que j’ai envie de me barrer, je lui assène le coup de grâce.
— Dans tes rêves, Blanche-Neige.
Et je la plante sur place, comme le gros con que je suis.
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