L'envol du papillon
Chapitre 3
Blanche
— On arrive quand ?
— Dans quelques minutes, je viens de te le dire !
Inspire, expire, Blanche.
Pas simple, quand votre petite sœur vous pose la même question, tous les quarts d’heure, inévitablement, depuis que vous avez quitté Metz. Mais puis-je en vouloir à une enfant de huit ans, alors que nous sommes dans ce train depuis près de six longues heures ? Assurément, non, bien que j’aie vraiment tout fait pour l’occuper. Lecture, jeux, histoires, coloriages, tout y est passé dans l’espoir de la divertir…
Le problème, c’est que juste en face de nous, deux jeunes garçons jouent sur leur console électronique depuis des heures, sans relever une seule fois le nez de l’écran et qu’inévitablement, le bruit et la musique attirent Bertille comme un aimant.
Nous n’avons pas ce genre d’appareil à la maison. Rien d’autre que des livres, des feuilles et des crayons, et des jeux de société traditionnels.
C’est un peu le souci quand nous nous mélangeons au reste de la société : nous sommes d’un coup confrontés au fossé monstrueux entre notre mode de vie et celui du reste des gens. Je n’en souffre pas, personnellement, même si la curiosité l’emporte souvent quand je suis témoin d’un appareil électronique que je ne connais que de nom. Parce qu’évidemment, la télévision, nous ne l’avons pas non plus.
Mon regard dérive vers mes frères et je pousse un soupir blasé en découvrant Augustin, les yeux rivés sur la Nintendo de nos deux voisins de wagon. Obnubilé par le spectacle, il met plus de cinq minutes à se rendre compte que je le fusille du regard, puis se redresse d’un air contrit. Le coup de coude qu’il balance à Lothaire fait revenir vers nous notre cadet, qui grimace lui aussi.
— Désolé, murmure-t-il en jetant un coup d’œil à Bertille.
Je soupire, consciente de l’impact des jeux vidéo sur Augustin et Lothaire. Du peu que j’en sais, les jeunes d’aujourd’hui en ont fait un passe-temps favori et inévitable, et en mon for intérieur, je comprends leur attirance spontanée quand mes frères tombent sur un de ces engins. Ça ne me dérangerait pas tant que ça, personnellement, s’il n’y avait Bertille. Si eux comprennent bien la situation, elle ne peut saisir les enjeux qui en découlent. J’ai promis à mes parents de la maintenir éloignée de toute source de corruption pendant deux mois, et je compte bien tenir ma parole.
Heureusement, la maman des deux gamers leur demande de ranger leur console et je souffle de soulagement quand l’objet disparaît dans un sac. Bertille s’en détourne et je me mets à imiter la dame, rassemblant les affaires de notre petit groupe. Le jeu de cartes est vite remis en place, même si j’en récupère deux sous la table centrale, ainsi que la poubelle dûment scellée de nos résidus de déjeuner sur le pouce. Un dernier coup d’œil au coin que nous occupions et j’intime à tout le monde de se lever.
Pendant que les garçons se saisissent des valises, j’entraîne ma petite sœur sur le quai bondé de Nantes. Première fois que je viens ici et il me faut observer dans tous les sens pour trouver le chemin de la sortie. Ça ne peut pas être pire que le changement de gare à Paris, qui m’a donné des sueurs froides. Quant au métro, qu’il a bien fallu prendre, j’ai dû y laisser deux bons litres de transpiration, redoutant de me tromper de direction. En ce qui concerne les voyageurs, je n’en parlerai même pas, tant je me suis sentie en décalage total avec les usagers.
Peu importe. Trouver le bon car s’avère un jeu d’enfants à côté de la traversée de la capitale et, une demi-heure plus tard, nous sommes déjà en direction de Noirmoutier.
Le trajet en bus n’est pas des plus agréables, mais l’heure passe vite et c’est vers dix-sept heures que les premières vagues apparaissent sous les yeux émerveillés de Lothaire et Bertille.
— Je vois la mer ! s’écrie ma sœur.
Je souris, hésitant à la rectifier.
— L’océan, corrigé-je d’un ton doux. C’est l’Atlantique, ma puce.
Elle hoche la tête, mais semble bien loin de mes précisions géographiques : les yeux brillants et la bouche ouverte en un « o » adorable, Bertille plaque son nez et ses mains sur la vitre du bus pour ne louper aucune partie du paysage magnifique, tandis que le véhicule s’engage sur le pont qui relie l’île au continent.
— Waouh ! On est super haut !
J’opine du chef, alors que je me laisse submerger, à mon tour, par la vision époustouflante de l’étendue bleue qui s’étale à perte de vue en dessous de nous. C’est sublime, d’autant que le soleil qui commence à descendre sur l’horizon se reflète dans les vaguelettes de la surface, nous bombardant de rayons orangés qui nous font plisser les yeux.
Mais déjà, au loin, les premiers bâtiments apparaissent, grossissent et deviennent tangibles quand le bus amorce son arrivée sur la terre ferme. J’écarquille les yeux, étonnée de reconnaître des paysages que je n’ai pas revus depuis quelques années.
La maison familiale de Grand-Maman, nous y allions souvent étant petits, jusqu’à ce que papa ne décide qu’avec autant d’enfants, ça ne devienne un peu compliqué. Nous avons donc arrêté d’y séjourner, nous contentant de rester sur Metz pendant les deux longs mois d’été. Et d’un coup, des souvenirs joyeux me reviennent en tête, accompagnés d’une envie folle de mettre pied à terre et redécouvrir le lieu.
Bien sûr, l’idée d’avoir loupé le camp de vacances avec les amis traîne encore dans mon esprit, mais à quoi bon ressasser les regrets ? Peut-être bien que ce séjour chez Mamie ne sera pas aussi désagréable que ça. De nature plutôt optimiste, j’ai décidé, de toute façon, de ne garder des choses que le positif.
Et puis, la Divine Providence est là pour me guider vers ce qui est mieux. Alors autant ne se concentrer que sur les bonnes choses qui risquent de faire de cet été un moment inoubliable pour nous tous. J’ai la chance d’être en famille, même si nos parents ne sont pas là.
Lorsque le bus s’immobilise, je laisse passer les plus pressés, avant de saisir la main de Bertille pour la faire descendre et rejoindre nos frères près de la soute, où ils sont en train de récupérer nos bagages.
— Les enfants ! s’écrie soudain la voix de Grand-Maman. Je suis là !
Nos retrouvailles sont simples et sincères et nous montons rapidement dans le break. Le trajet est si court que j’ai à peine le temps de me rendre compte que nous sommes arrivés, bien que nous soyons obligés, en fait, de rebrousser chemin vers l’entrée de l’île, sur la première commune : Barbâtre.
Pourtant, cette grande maison qui nous fait face, impossible de l’oublier. C’est une imposante bâtisse familiale qui date des années 1920, de cette époque joyeuse des premières vacances et des premiers bains. Un superbe bâtiment blanc, aux volets couleur de l’océan, où les roses trémières qui bordent les côtés égaient les murs immaculés de leurs couleurs vives, dans un camaïeu de rose magnifique.
— Waouh ! murmuré-je en levant les yeux vers le toit, où le débord orné de festons en bois trahit le caractère bourgeois de la propriété. Je ne me rappelais pas que c’était aussi grand.
Mamie se met à rire et je me réjouis, d’un coup, de la tranquillité du lieu. Entre ça et la joie de la revoir, bien qu’elle soit venue nous rendre visite à Pâques, je me prends à croire que ces vacances seront mémorables. Et après le stress des examens, j’ai sérieusement besoin de souffler.
— Il y aura une chambre pour chacun de vous ! acquiesce Mamie. Enfin presque. Les garçons, si ça ne vous dérange pas, pouvez-vous en partager une ? J’ai dû accepter un invité surprise, donc il en manque une. Mais promis, il y a bien deux lits dans la plus grande !
— Aucun souci, Grand-Maman, répond Augustin dans un large sourire sincère. Lothaire et moi avons l’habitude de partager, en pension. Dans les dortoirs, nous sommes nombreux.
— C’est vrai. Comment s’est déroulée ton année, d’ailleurs, mon chéri ?
Pendant qu’Augustin entreprend de relater à Mamie sa Première au lycée privé pour garçons, et le passage de son bac de français, mon esprit se concentre sur l’intérieur de la maison dans laquelle nous avons pénétré. Le sourire aux lèvres, je retrouve avec ravissement la déco maritime, savamment mélangée aux meubles anciens heureusement clairs, et les tons de bleu-gris que j’apprécie tant.
— C’est toujours aussi joli ! murmuré-je presque pour moi.
Ma remarque n’a pas échappé à Mamie, qui se retourne dans ma direction avec bienveillance.
— Et si vous alliez choisir vos chambres ?
La proposition de Grand-Maman provoque inévitablement des cris de joie, et toute fatigue paraît oubliée quand les deux plus jeunes se mettent à gravir les escaliers en bois massif en criant. Je n’ai même pas à cœur de les en empêcher : d’une part parce que notre grand-mère n’est pas du genre à s’offusquer du bruit, d’autre part parce qu’après sept heures de trajet, il faut savoir lâcher un peu de lest.
Toutefois, alors que les enfants disparaissent, un détail me revient en tête.
— Au fait, Grand-Maman, qui est donc cet invité surprise que tu as évoqué ?
Mamie ouvre la bouche, mais n’a pas le temps de répondre qu’un cri d’épouvante en provenance de l’étage déchire la quiétude de la maison.
Sans réfléchir, je gravis les marches en courant et déboule dans la pièce d’où semble provenir le hurlement. Mais je m’arrête net quand j’avise le spectacle.
— Putain de bordel de merde, c’est quoi ça ??
Le juron grondé avec force me coupe dans mon élan et je bute à moitié sur Lothaire, qui semble immobile comme une statue dans la pièce. Il n’a que quatorze ans, mais puisqu’il est quasiment aussi grand que moi, bien que j’approche du mètre soixante-quinze, il me bouche littéralement la vue.
La vue. Je ne sais pas si c’est le bon mot, mais en tout cas, c’est tout un spectacle que je découvre quand je contourne mon cadet : un homme se tient près du grand lit, avec juste une serviette sur les hanches.
Mes yeux s’écarquillent, ma bouche s’ouvre en grand et je hoquette en avisant le premier torse masculin que je vois de ma vie. Je n’ai aucun moyen de comparaison, mais bon sang, je n’imaginais pas ça comme ça !
Taillé en V, des épaules carrées, des pectoraux saillants et des abdominaux bien dessinés. Un léger duvet brun, une peau bronzée et une ligne de poils qui semble s’enfoncer sous l’éponge placée trop bas.
Mes yeux s’arrondissent de stupeur et d’une émotion que je ne parviens pas à discerner au milieu de mon étonnement. Tout ce que je sais, c’est que d’un coup, la température vient de prendre plusieurs degrés autour de moi. Ou à l’intérieur de mon corps ? Je ne sais pas combien de temps je reste à admirer le garçon, jusqu’à ce que je me rende compte que Bertille est à terre, et qu’elle se frotte le front en geignant.
— Oh mon Dieu, Bertille ! Qu’est-ce qui s’est passé ? m’exclamé-je en reprenant mes esprits.
La réponse ne me vient pas de ma sœur, mais de l’individu à moitié nu qui gesticule dans tous les sens.
— C’qui s’est passé ? hurle-t-il. Mais cette folle a déboulé comme une furie et m’a foncé dessus !
Il n’a pas l’air d’avoir mal et je me concentre sur Bertille, que je remets sur pieds. Elle chancelle, grimace et reporte son regard sur moi, comme si, honteuse, elle évitait les iris sombres de celui qui lui crie dessus.
— Oh là, là ! Bertille ! Mais qu’est-ce que tu as fait ? Désolée, elle ne savait pas que la chambre était occupée.
J’essaie désormais moi aussi d’éviter une vision que je n’aurais pas dû avoir, selon toute vraisemblance. Pas assez de tissu, sur ce monsieur !
Pourtant, j’ai du mal. Beaucoup de mal, à ne pas lorgner sur ce poitrail solide et cette peau où subsistent quelques gouttes d’eau provenant sans doute de la douche qu’il a, de toute évidence, prise récemment.
— J’peux être tranquille, putain ?
La voix de stentor me fait sursauter et mes yeux reprennent instinctivement la direction de l’individu. Grave erreur : maintenant que je me rends compte qu’en plus, il est beau comme un dieu grec, je vire au rouge coquelicot. Le sang afflue dans mes joues, tandis que mes poumons se vident de tout air. Et je me fige à nouveau, fascinée par son visage aux traits parfaits : une mâchoire carrée assombrie d’une repousse de barbe noire, des yeux brun chocolat aux pupilles dilatées, des pommettes hautes, et un regard assassin qui ne fait qu’ajouter à son charme, de manière paradoxale.
Il n’a pas l’air beaucoup plus vieux que moi, peut-être trois ans, tout au plus. Et c’est bien la dernière personne que je m’attendais à voir aujourd’hui dans cette maison.
— Désolé, nous interrompt brusquement Augustin. Nous ne savions pas que c’était occupé. Allez, hop, tout le monde dehors !
Sa façon de s’intercaler entre le garçon et moi me fait revenir à la réalité, surtout quand je capte enfin son air désapprobateur dans ma direction. Waouh, il a raison, c’est carrément inconvenant !
Les deux petits s’échappent par la porte entrouverte et je devrais sans doute faire pareil, sauf que mes pieds n’ont pas l’air de vouloir bouger. Le jeune homme fronce les sourcils, soudain accaparé par l’arrivée de mon frère.
Il faut dire que du haut de ses dix-sept ans, il impose par sa taille qui dépasse le mètre quatre-vingt-quinze. Nous sommes tous grands, dans la famille, et si je le suis déjà beaucoup pour une fille, mes frères sont carrément impressionnants. Le garçon, qui fait au moins dix centimètres de moins qu’Augustin, lève les yeux vers ses iris bleu polaire, puis les déporte vers moi. Il a l’air encore plus fâché quand il me fixe en plissant les paupières.
Si j’étais déjà coquelicot, j’ai dû virer à l’écarlate, tant son regard se fait intense. Et je me recroqueville de honte sous sa froideur évidente.
— Blanche, gronde soudain mon cadet. Va rejoindre les deux autres, trouve-leur une chambre et aide-les à déballer leurs affaires.
J’ai beau être l’aînée, je ne cherche même pas à parlementer, bien qu’il vienne de me traiter comme une gamine. Augustin vient de revêtir le costume de fils aîné qui prend soin de sa sœur, même si elle est plus âgée. Parce que là, il est question de ma vertu, ni plus ni moins. Et comme toujours, j’obéis.
Je me carapate sans un regard en arrière et retrouve Bertille dans la chambre au fond du couloir. Elle s’est assise sur le matelas, le dos courbé.
— Eh ! Tu t’es fait mal ?
Ma question lui fait relever la tête et je craque devant sa mine désolée.
— Non, murmure-t-elle. Ça va. C’est juste… je ne savais pas qu’il y avait quelqu’un, tu sais ! J’ai voulu prendre la première chambre qui venait, je ne savais pas qu’elle était occupée.
— Ce n’est pas grave. Tu ne pouvais pas deviner.
— J’espère que je ne lui ai pas fait mal.
La gentillesse de ma sœur m’arrache un sourire et, passant un bras autour d’elle, je la ramène vers moi pendant que je m’installe à ses côtés.
— Ça m’étonnerait.
Et je le pense. Vu la stature et la solidité de l’individu, impossible qu’il ait souffert de l’impact ! Je ne suis même pas certaine qu’il ait senti quoi que ce soit !
Mon esprit dérive à nouveau vers des visions gravées sur ma rétine : c’est possible d’être aussi musclé ? Je n’ai pas beaucoup de comparaison, mais il fait tellement penser aux photos des mannequins sur les arrêts de bus que je doute que tous les hommes ressemblent à un Apollon digne des statues de la Grèce antique !
Me rendant compte que tout cela est carrément déplacé, je me reconcentre sur la situation présente. Et pour changer de sujet, j’entreprends de me lever, d’ouvrir la valise et de ranger les affaires de Bertille dans l’armoire ancienne moulurée qui va lui servir de dressing pour les deux prochains mois.
— Aide-moi, miss !
La puce, oubliant son aventure, s’attelle à ordonner ses chaussures sur une étagère basse, tandis que j’accroche chaque robe sur un cintre de la penderie.
— Tout va bien ? surgit la voix d’Augustin.
Je suspends mon geste pour l’interroger du regard. Mais il a l’air calme, me donnant l’impression que la crise est désormais passée.
— Oui, elle n’a rien, le rassuré-je.
Un coup d’œil vers Bertille, qui sourit de toutes ses dents, a dû suffire à le rasséréner, et c’est vers moi qu’il revient.
— C’est lui, l’invité surprise ?
Ma question le fait opiner du chef, tandis qu’il croise les bras dans un geste un peu trop sérieux. Je n’aime pas quand il se met à endosser le rôle de chef de famille, me ramenant à un emploi de subordonnée qui me hérisse le poil. Je sais que c’est un homme et qu’en tant que tel, c’est à lui de prendre les décisions, dans ce cas-là. Mais c’est si rétrograde ! C’est tout de même moi l’aînée.
Mes pensées me font immédiatement me recroqueviller : je ne devrais pas avoir ce genre d’idée. On m’a assez dit où est ma place ! Et bien que je le sache, une partie de moi se rebiffe quand même, de ce système patriarcal que mon esprit rebelle refuse d’assimiler.
Allez, Blanche, arrête de faire n’importe quoi !
— Il s’appelle Baptiste.
Son prénom me plaît immédiatement, sans que je sache pourquoi. Il s’insinue dans mon crâne comme un souffle d’air frais.
— Et qu’est-ce qu’il fait là ?
Je sais que ma curiosité manque un peu d’élégance, mais je ne peux réprimer mon envie de connaissance. Augustin, fort heureusement, ne tique même pas.
— C’est une amie de Mamie, ou une nièce par alliance, je n’ai pas bien compris, qui le lui a envoyé pour les vacances. Apparemment, il a loupé tous ses partiels et doit réviser pour son rattrapage.
Partiels ? Il est donc étudiant et forcément plus âgé. Mais pas de beaucoup, je pense.
— Il va rester ici les deux mois ? Avec nous ?
— Oui, consent Augustin en haussant les épaules. Mais à mon avis, on ne va pas le voir beaucoup s’il doit travailler pour ses examens. Allez, ce n’est pas grave, ça ne nous empêchera pas de nous amuser.
Il a raison. Ça ne va sans doute rien changer à notre séjour.
J’acquiesce, essayant de me concentrer sur une jolie robe à bretelles, histoire d’oublier des images bien trop perturbantes pour mon esprit. Sinon, je vais être bonne pour aller me confesser dimanche…
— Ça veut dire quoi « putain » ?
La question de ma sœur me ramène subitement à la réalité et j’écarquille les yeux, pendant que ceux d’Augustin se lèvent vers le plafond.
Bon.
D’un coup, j’ai un doute sur le fait que la présence de l’individu de la chambre près de l’escalier passe vraiment inaperçue cet été.
Et quelque part, je me surprends à espérer que ce soit le cas, en fait.
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