Les Ormes

Henry Gréville · Chapitre 13 sur 26

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Les Ormes

Chapitre XII

 

Avellin rentra chez lui brisé de fatigue et d’émotions. Avant de se jeter sur le divan de son cabinet pour y prendre une heure de repos, il entra dans la chambre de son fils. La nourrice était arrivée, et le nouveau-né suspendu à son sein y enfouissait complètement son visage mignon. Marcel ne put percevoir de l’enfant que la rondeur de sa tête sous son bonnet, et le paquet de vêtements immaculés qui dérobait le petit corps. Abasourdi par ces secousses multipliées, il s’endormit à son tour d’un sommeil à peu près aussi réparateur que celui d’un homme qui passe pour la première fois de sa vie une nuit en prison.

À midi, il se réveilla en sursaut, avec une impression bizarre ; il croyait avoir commis un crime, mais ne se le rappelait pas, et par conséquent il ne pourrait jamais se défendre devant le tribunal qui l’attendait. En se retrouvant

 

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sur son séant, il reprit le sentiment de la réalité. Après avoir établi un peu d’ordre sur sa personne, il se hasarda dans la direction de la chambre de sa femme. Celle-ci avait d’avance pris ses précautions pour s’entourer de tout le personnel imaginable en pareille circonstance ; elle avait une véritable garde du corps qui ne la laissait approcher qu’à bon escient.

Quelques pourparlers aboutirent cependant à procurer à Marcel une entrevue avec sa femme, mais il était si étonné de ce procédé qu’une fois entré, il ne trouva plus un mot à lui dire ; toutes les bonnes paroles qu’il avait dans le cœur et sur les lèvres s’arrêtèrent à la vue de ces visages étrangers qui le regardaient curieusement. Plus que tout autre, Avellin avait de ces délicatesses exquises qui rendent difficile l’expression d’une pensée intime, au point que parfois on ne peut se décider à la révéler, même à l’être qu’on aime le mieux au monde. Ici, l’expression de ses sentiments nouveaux d’époux devenu père ne put décidément trouver jour devant la femme inconnue qui lui avait marchandé la porte, et qui le gardait à vue, comme s’il était un détenu en

 

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présence du juge d’instruction. La vague impression de crime et de prison pesait encore sur lui, et il ressentait à moitié l’idée d’une culpabilité mal définie ; il se borna donc à demander à Julie des nouvelles de sa santé, qu’elle lui donna d’ailleurs d’assez bonne grâce, après avoir interrogé du regard l’Argus qui se tenait respectueusement debout au pied du lit.

– A-t-on prévenu ma mère ? demanda-t-elle à Marcel, qui lui répondit affirmativement. Elle ne s’est pas encore montrée ! À quoi pense-t-elle ? À sa place, il me semble que je serais venue, ne fût-ce que par bienséance !

Marcel réprima un mouvement trop vif.

– Votre père est malade, dit-il, votre mère ne peut le quitter. Ils vous envoient tous les deux l’assurance de leur tendresse et de leur joie... Votre père est très content, Julie, très heureux...

Il s’arrêta, ému à la pensée de la scène dont il avait été témoin le matin, et regarda sa femme avec des yeux attendris.

– Je le pense bien ! répondit-elle ; il ne

 

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manquerait plus que cela !

– Monsieur, dit la garde d’un ton le plus péremptoirement respectueux, il ne faudrait pas fatiguer madame.

Julie se retourna du côté du mur ; Avellin prit son chapeau et alla chez sa belle-mère.

Le timbre de la porte sonnait comme jadis ; les fenêtres étaient ouvertes, le jour rentrait à flots... Il n’eut pas besoin de faire de questions pour comprendre que le silence n’était plus nécessaire. Flavie vint à lui, calme comme de coutume, les yeux secs et comme brûlés par la fatigue et l’insomnie ; elle portait le même peignoir bleu, ses cheveux châtains seuls venaient d’être rattachés soigneusement.

– C’est fini, dit-elle de sa voix douce. Il s’est éteint sans souffrance, heureusement.

Elle restait debout, Marcel la fit asseoir.

– Depuis quand n’avez-vous pas dormi ? lui demanda-t-il soudain.

– Je ne sais pas... Les deux dernières nuits, je ne me suis pas couchée, mais voici déjà quelque

 

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temps qu’il ne dormait pas avant cinq heures... Cela ne fait rien. Je vais m’habiller ; envoyez chercher une voiture, nous allons voir Julie.

Elle était déjà debout, et d’un geste lassé, presque éperdue, elle cherchait les dossiers des chaises pour s’y appuyer sur son chemin ; il la prit presque dans ses bras et la conduisit vers un canapé, où il la força de s’étendre, puis il agita une sonnette qui se trouvait sous sa main.

– Préparez le lit de madame, dit-il à la femme de chambre qui apparut les yeux rouges ; déshabillez-la et faites-la coucher sur-le-champ.

– Le lit de madame est prêt, monsieur, fit la vieille femme d’un air offensé ; je l’ai proposé à madame, mais madame n’a pas voulu.

– C’est ce que nous allons voir, fit Marcel d’un ton calme. Je vous en prie, Flavie, soyez raisonnable.

Elle leva sur lui son regard mouillé de pleurs. S’il était bon pour elle, elle était certainement sans défense ; et puis pour la première fois, il venait de l’appeler par son petit nom... Depuis un

 

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an bientôt que c’était convenu entre eux, il ne l’avait encore jamais fait. Avait-il réservé cette caresse de la voix pour un moment de détresse et d’abandon ? Elle se laissa guider par lui jusque dans sa chambre à coucher, où il pénétrait ainsi pour la première fois.

– Donnez-moi les papiers nécessaires, dit-il. vous ne devez vous occuper de rien !

Pendant qu’elle obéissait, au moyen des flacons qu’il avait trouvés sur la cheminée il lui prépara un verre d’eau avec de la fleur d’oranger. Quand elle lui remit les documents indispensables, il lui présenta le breuvage calmant. Elle l’accepta de sa main presque avec un sourire. Il la baisa au front, comme un enfant docile, et la quitta en recommandant aux domestiques de ne permettre sous aucun prétexte qu’on dérangeât leur maîtresse. Puis, prenant une voiture, il commença aussitôt cette insupportable série de démarches qui doit avoir été ordonnée par quelque législateur à l’âme tendre, désireux de noyer le chagrin des survivants dans une telle dose de dégoûts et d’ennuis qu’ils aspirent avec

 

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ardeur à revenir enfin du cimetière.

Quand Flavie se réveilla de son sommeil d’accablement, le soir s’avançait ; la lueur grise qui semble faite de poussière, une heure après le coucher du soleil, dans les appartements parisiens, déjà privés de lumière, même en plein jour, cette lueur mélancolique et atténuée lui donna un avant-goût de son propre tombeau. Rappelée aussitôt au sentiment de la réalité, elle se leva, sans sonner sa femme de chambre, et s’habilla lentement ; elle tordit ses cheveux après y avoir passé le peigne, et se regarda machinalement dans la glace obscure, où elle ne distingua rien, puis elle sortit de sa chambre. Sous la porte voisine filtrait la lueur jaune d’un cierge ; une voix monotone murmurait des prières... Elle s’arrêta, frémissante, se disant qu’elle devrait aller voir la dépouille mortelle de celui qui avait été son mari... Vaillante dans la lutte, elle n’avait pas connu de défaillance, mais à cette heure une insurmontable horreur s’empara de Flavie. « Non, non, fit-elle tout bas, en étendant les mains avec un geste suppliant, non, pas maintenant ! » Après avoir vécu si longtemps

 

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près de la mort prochaine, elle avait une soif instinctive de la vie. Se guidant par l’habitude, elle passa dans les grandes pièces vides, très sombres. Arrivée près de l’office, elle ouvrit la porte, et son apparition fit pousser un cri d’effroi aux domestiques rassemblés autour de leur dîner.

– Une voiture, dit-elle. Je vais voir ma fille.

Vainement les serviteurs qui l’aimaient insistèrent respectueusement pour lui faire prendre quelque nourriture ou pour atteler le coupé, elle ne voulut rien entendre. Enveloppée dans un manteau noir, la tête abritée sous un chapeau de dentelle dont la femme de chambre avait en hâte enlevé un bouquet de roses, elle se fit conduire chez sa fille, brisée encore, et renouant avec peine la chaîne de ses souvenirs.

Là aussi la sonnette était emmitouflée et ne rendait qu’un vague son ; introduite dans la salle à manger, madame Dannault y trouva Marcel, que ses courses avaient retenu jusqu’alors loin du logis, et qui se faisait servir un dîner tardif. Elle s’assit en face de lui et l’interrogea sur une quantité de détails. Tout en répondant, il avait fait

 

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placer une assiette devant elle, l’avait servie, et machinalement elle avait commencé à manger. Julie allait bien ; le nouveau-né ne demandait qu’à vivre cent ans ; l’enterrement aurait lieu le lendemain à trois heures ; les lettres de faire part avaient été envoyées. De temps en temps Marcel la regardait avec un bon sourire qui lui réchauffait le cœur. Elle avait bien fait de venir, pensait-elle en frissonnant à l’idée de la triste maison, là-bas, où l’attendait une triste veille. Enfin, comme on servait le café, la garde entra d’un air solennel, et dit d’un ton cérémonieux :

– Madame a appris que la maman de madame était arrivée, et elle la prie de venir la voir.

Marcel jeta sa serviette et se leva pour suivre sa belle-mère, qui se hâtait déjà. Julie devait ignorer la mort de son père ; on ne l’en informerait que beaucoup plus tard. Ils entrèrent ensemble dans la chambre de la jeune femme. L’enfant endormi reposait près d’elle dans un nid de dentelles et de broderies, et à demi appuyée sur le coude, elle le regardait en souriant. À cette vue, Flavie sentit son cœur se fondre en une

 

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pensée de commisération pour celui qui dormait maintenant d’un sommeil éternel. Pourquoi ne lui avait-il pas été donné de voir son petit-fils ? Elle s’approcha vivement du lit afin de cacher ses larmes, et embrassa tendrement sa fille, puis se pencha sur l’enfant ; celui-ci du moins ne la verrait pas pleurer.

– Enfin ! dit Julie en reposant la tête sur l’oreiller d’un air moitié boudeur moitié content. Depuis midi que je t’attends, maman, est-ce que tu n’aurais pas pu venir plus tôt ?

– Impossible, dit la veuve avec douceur. Je t’assure, Julie, que j’ai fait tout ce que j’ai pu...

– Mon père va mieux ? demanda la jeune femme ; puis, sans attendre de réponse : – N’est-ce pas que c’est à moi que bébé ressemble ? Je ne trouve pas du tout qu’il ressemble à Marcel.

Flavie répondit une phrase quelconque. Nul entretien n’était possible en présence de la garde qui se tenait respectueusement debout au milieu de la chambre, attendant avec une patience aussi courageuse qu’évidente le moment désiré où les hôtes s’en iraient. Flavie ne voulut point obliger

 

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cette personne admirable à se tenir trop longtemps debout, et elle sortit presque sur-le-champ. La nourrice avait pris le nouveau-né dans ses bras et se retirait aussi, le jeune père la suivit, entraînant avec lui madame Dannault. Dans la grande belle chambre de l’enfant brûlait un joli feu clair, qui donnait autant de gaieté que de chaleur ; une lampe avec un abat-jour répandait une lumière discrète sur le berceau pomponné de bleu et sur quelques objets qui brillaient doucement. Ici, Flavie se sentit chez elle, et souriant à la nourrice qui souriait timidement en réponse, elle tendit les bras ; la jeune femme y déposa le petit ; sous ce fardeau si léger, qu’elle serrait contre son cœur, la veuve sentit son âme se détendre ; elle approcha du sien le petit visage calme, tiède et doux comme la plus tendre feuille de rose. Qu’il y avait longtemps, mon Dieu ! qu’elle n’avait porté un enfant dans ses bras ! Que de jours et de nuits d’angoisse depuis le temps où elle tenait ainsi Julie, toute petite, encore sans malice, qui cherchait le sein de ses lèvres inconscientes ! Celui-là serait-il pour elle le fils souhaité, jamais obtenu ? Était-ce cet

 

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enfant d’un jour, endormi sous son regard, qui la guiderait dorénavant dans son chemin ? Était-ce au bras de celui-là qu’elle marcherait, non plus mère encore joyeuse et forte, mais grand-mère en cheveux blancs, courbée et ralentie par l’âge... Était-ce toi, petit Pierre, qui serais la joie et la consolation de la vieillesse de Flavie ?

– Vous voilà grand-mère, lui dit en souriant Marcel qui la regardait, ému et attentif, car il lisait sur son visage la moitié au moins de ses pensées. Elle se tourna vers lui, sans plus retenir ses pleurs.

– Oh ! n’est-ce pas, vous voudrez bien que je l’aime ? Vous ne serez pas jaloux de moi ? Vous permettrez qu’il m’aime aussi ? C’est de lui que j’attends maintenant toutes mes joies... Si vous saviez, Marcel, je n’ai pas été heureuse... jamais... Mais avec ce petit être à aimer, j’oublierai toute ma vie... vous me le permettrez, dites ?

Elle releva, pour s’essuyer les yeux, les coins du lange brodé qui flottait sur l’enfant, et regarda son gendre ; jamais celui-ci n’avait vu sur un

 

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visage humain cette expression ardente et résignée. Il se pencha vers elle, et par un mouvement irraisonné, serra dans la même étreinte son fils et celle qui le portait.

– Vous méritez d’être heureuse, lui dit-il, vous le serez.

Elle soupira profondément, posa un baiser délicat sur la joue du petit être toujours endormi, et reporta sur Marcel ses yeux pleins de doute, de prière et de douleur.

– Croyez-vous, disait ce regard, que je puisse être jamais heureuse ? Mais celui de son gendre exprimait tant de confiance qu’elle se rasséréna.

– Il faut que je rentre, dit-elle en rendant l’enfant à la nourrice.

– Je vais vous reconduire, fit Marcel. Il y a quelques ordres à donner chez vous, j’aime autant ne pas vous en charger.

– Quelle pénible journée pour vous ! dit Flavie d’un ton de regret.

Il la regarda étonné ; en effet, elle ne songeait plus à son propre chagrin, à sa propre fatigue ;

 

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involontairement il pensa que sous ce rapport elle était bien différente de sa fille. Ils regagnèrent tous deux le boulevard Malesherbes, et avant de quitter la triste maison, Marcel, pressentant que Flavie n’irait pas prendre de repos sans avoir rendu une visite au défunt, ouvrit doucement la porte de la chambre mortuaire et entra ; elle le suivit silencieusement.

La pièce n’était en rien différente de ce qu’elle avait été le matin ; un cierge brûlait sur la table, auprès d’un crucifix et d’un bénitier. Une religieuse avait remplacé Flavie dans le fauteuil au pied du lit, c’était tout. Le visage du défunt était plus calme encore qu’au moment où Marcel l’avait vu pour la dernière fois. Après un instant de contemplation muette, la veuve s’approcha et baisa le front de son mari ; au même moment, Marcel la prit par la main et l’entraîna doucement ; elle ne fit pas de résistance.

– Vous n’y retournerez pas ? lui dit-il, quand il l’eut ramenée dans sa chambre, seule pièce éclairée de tout l’appartement.

Elle fit un geste négatif. Y retourner,

 

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pourquoi ? Elle y était allée par devoir, comme elle avait fait toutes les actions de sa vie ; son devoir accompli, elle pouvait se reposer.

– Vous laisserez de côté toutes les questions d’affaires ; nous nous en occuperons plus tard, ensemble, c’est entendu ?

Elle fit un signe d’acquiescement, trop heureuse de se reposer désormais sur un ami solide et sûr.

– Bonsoir, fit-il en lui tendant la main, je serai ici de bonne heure.

Il la quitta, et cependant toute la nuit et durant la journée du lendemain Flavie garda l’impression qu’elle n’était pas seule.

Quand Marcel rentra chez lui, minuit sonnait ; avant de regagner sa chambre, il entrouvrit doucement la porte de celle de sa femme ; elle venait de s’éveiller sans doute, car dans l’ombre des rideaux, à la lueur de la veilleuse, il aperçut ses grands yeux ouverts. Il allait entrer, s’approcher d’elle et lui dire tout bas quelqu’une des paroles que depuis le matin il refoulait dans

 

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son âme ; au léger grincement de la porte sur ses gonds, la garde à demi endormie se souleva un peu dans son fauteuil d’un air indigné. Julie referma les yeux et tourna la tête du côté du mur. Marcel entra chez lui.

Cependant la minute d’après il pénétra dans la chambre de son fils, et marcha résolument jusqu’au berceau. Le petit dormait de tout son cœur ; la nourrice aussi, derrière les grands rideaux de cretonne à fleurs... Le père n’osa embrasser son enfant, dans la crainte de l’éveiller, mais il frôla du doigt la joue veloutée ; le dormeur fronça les sourcils et fit une petite grimace très drôle. Souriant, mais les yeux soudain humides, Marcel retourna dans sa chambre, en songeant à ce berceau, à cette vie nouvelle, qui allait désormais s’épanouir auprès de la sienne, et ramené par une transition insensible à une autre pensée bien chère :

– Pauvre Flavie ! dit-il.

 

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