Les Ormes
Chapitre XV
À tout bon général qui d’ailleurs ne se sent point trop pressé par les circonstances, il faut un certain temps pour développer ses plans d’une façon satisfaisante. C’est pourquoi madame Tirouin laissa s’écouler quatre ou cinq jours avant de se présenter chez Julie. Un bizarre sentiment de rage mal définie l’animait contre madame Dannault ; l’amie de tout le monde éprouvait le besoin de se venger. Se venger de quoi ? Pourquoi ? Et par quelle faveur spéciale était-ce Flavie qui devait être la victime de cette vengeance générale contre une société qui n’avait pas offert à madame Tirouin la place que celle-ci se serait crue en droit de réclamer ? Qui pourra jamais dire la loi mystérieuse en vertu de laquelle certains agneaux sont désignés pour la boucherie, alors que d’autres vivent en paix dans les pâturages ? Flavie avait été élue pour le couteau par la vengeance d’une femme à laquelle elle
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n’avait jamais fait que du bien. D’aucuns prétendent que la Providence donne le secret de ses prédilections en accablant de misères ceux qu’elle a désignés pour le paradis ; à ce compte-la, Flavie devait avoir une place au premier rang, quand viendrait le jour de la répartition générale.
Un jour, vers cinq heures, Marcel, après une longue séance de bibliothèque, éprouva tout à coup une grande soif d’air pur et de jour lumineux. Le souvenir de l’heure ensoleillée qu’il avait passée l’autre jour près des étangs de Saint-James y était sans doute pour une grosse part. Tout en rêvant de hauts peupliers au feuillage diaphane, il avait traversé la place de l’Étoile et se dirigeait vers l’entrée du Bois, lorsqu’il vit venir à lui une mignonne victoria, qu’il crut reconnaître. Il eût dû la reconnaître en effet, car c’était la sienne, ou du moins celle qu’il hébergeait sous la remise nouvellement adjointe à son appartement ; mais il l’avait si peu vue, qu’il avait le droit de l’oublier. S’était-il jamais assis sur les coussins moelleux de cet équipage ? Il n’en était pas sûr en vérité, et d’ailleurs la chose avait peu d’importance. Julie, qui par la mort de
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son père avait vu doubler sa fortune personnelle, avait exprimé l’intention d’avoir un cheval et deux voitures ; Marcel n’avait point fait d’objection ; pourquoi en eût-il fait ? Donc, il avait octroyé la victoria et le coupé, assez gracieusement même, faut-il dire pour lui rendre justice.
Mais, entre deux mille, il n’eût certainement pas reconnu l’équipage dont le reçu était dans son secrétaire, si le sentiment de la propriété n’eût été réveillé en lui par la vue de sa femme, correctement assise, un coussin brodé derrière le dos, dans l’élégante petite voiture. Julie était d’une fraîcheur éclatante, si éclatante en vérité que Marcel, se rappelant qu’il portait un lorgnon, dut en même temps faire un petit effort pour ne point l’appliquer à ses yeux, afin d’y voir plus clair. Il regarda sa femme avec plus d’attention, et fut émerveillé de l’éclat de son teint. Assurément, elle était d’un coloris moins parfait dans le jour atténué de leur appartement ; l’âme sans fard de Marcel Avellin supposa que le grand air avivait les couleurs de la jeune femme et lui donnait ce merveilleux brillant. Il portait la main
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à son chapeau pour la saluer, et se préparait par la pensée à prendre place à son côté pour rentrer chez lui, lorsqu’il remarqua un jeune et beau cavalier, qui, retenu en arrière un instant, venait de se rapprocher de la Victoria, et s’inclinait respectueusement. Les chevaux avaient ralenti leur allure, au milieu du brouhaha élégant et habilement ordonné d’un superbe retour du Bois. Le jeune savant fronça légèrement le sourcil ; quelque chose qu’il n’eût pu définir le choquait dans cet entretien, presque confidentiel, sous les yeux de tout Paris. Il fit signe à son cocher d’arrêter sa bête, mais le cocher ne le vit pas ; c’était un cocher bien dressé, qui n’entendait que madame et n’avait point d’yeux pour les passants.
Marcel, debout sur le bord du trottoir, fit un pas en avant pour attirer le regard de sa femme. En ce moment, elle échangeait un adieu bref avec le cavalier qui l’accompagnait. Celui-ci s’inclina respectueusement, fit pirouetter son cheval qui couvrit Avellin d’un petit nuage de poussière et de fin gravier ; puis, prenant l’allée des cavaliers, il retourna au petit galop vers le Bois pendant que le cocher, rendant la main, filait grand train vers
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le parc Monceau.
Julie n’avait pas vu son mari qui, resté sur le trottoir, la suivait des yeux avec un sentiment malaisé à définir, d’autant plus que dans le jeune homme qui caracolait si brillamment à son côté il avait reconnu celui qu’il avait rencontré l’autre matin en revenant avec Flavie. Julie ayant passé tout près de lui, cette fois il put s’assurer que la fraîcheur dont il avait été surpris était tout artificielle. Et puis, être couvert de poussière et recevoir des petits cailloux dans les yeux, grâce à un monsieur qui attirait l’attention de sa femme au point de l’empêcher de le voir, c’était assez pour déranger un tant soit peu l’équilibre des pensées d’un homme qui arrive tout droit de la Bibliothèque. Avellin ne poussa point sa promenade plus avant ; une sourde colère grandissait peu à peu en lui comme les roulements d’abord lointains d’un orage qui s’approche.
Qu’était-il dans sa maison ? Cette question qu’il ne s’était jamais faite clairement se posa devant lui avec une inflexible cruauté, et le passé
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lui répondit pour le présent. Il n’avait jamais joué de rôle prépondérant dans sa demeure ; maintenant il se trouvait relégué dans l’emploi de simple comparse. Passe encore, si Julie lui avait témoigné une affection sincère ; Marcel avait assez le sentiment de sa haute valeur pour dédaigner les choses purement extérieures ; mais depuis fort longtemps, – depuis la naissance de Pierre, – la jeune femme avait subi plutôt qu’accepté la tendresse de son mari... Tout d’un coup, les yeux d’Avellin se dessillèrent, et il s’aperçut que de jour en jour, poussé peu à peu hors de l’intimité par une pression lente et continue, il s’était laissé mettre au-delà de la vie de sa femme, dans les choses matérielles qui, pour lui, n’avaient pas d’importance.
– Il y a longtemps qu’elle ne m’aime plus ! se dit Marcel, frappé comme de la foudre. Une seconde pensée se présenta à son esprit, complément inévitable de la première : – Et moi, est-ce que je l’aime toujours ?
Le choc brusque de ces deux idées le terrassa. Le parc Monceau lui ouvrait ses grilles
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hospitalières ; il entra. Ses jambes se dérobaient littéralement sous lui. Marcel s’assit sans s’inquiéter du groupe de bonnes et d’enfants dont il était entouré, ôta son chapeau, passa son mouchoir sur son front et resta hébété.
En face de lui, sur les gazons de velours, la pluie scintillante des pommelles mobiles répandait la fraîcheur avec un joli mouvement de rotation ondoyante qui attirait et fascinait son regard. La poudre dorée de six heures du soir retombait avec lenteur sur les feuillages d’un vert encore tendre et délicat... Marcel se souvint tout à coup de la nuit où dans l’eau tremblotante du petit lac, à peu de distance de là, il avait vu se mirer deux étoiles... Un sentiment d’indéfinissable colère le secoua de la tête aux pieds. Il n’était plus question d’étoiles à présent.
Julie ne l’aimait plus ; c’était de toute évidence. L’avait-elle aimé ? Il ne le pensait pas. Et lui, l’avait-il jamais aimée ? Marcel descendit au fond de lui-même. S’il eût été un mondain, un viveur, épris de la chair, friand de jouissances matérielles, il se fût dit, avec un sourire de fatuité
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satisfaite : Évidemment !
Avellin ne se contentait pas à si bon compte ; pour un homme tel que lui, l’amour devait être autre chose que l’épanouissement passager d’une fantaisie sensuelle ; il avait vu dans l’amour l’accomplissement d’un rêve fait à deux, où les plus hautes aspirations de l’âme trouveraient à se satisfaire. Avait-il obtenu cela ? Non certes ! L’avait-il cherché ?
La vision du salon de M. et de madame Dannault, au moment où il avait demandé et obtenu la main de Julie, se présenta obstinément devant les yeux d’Avellin. Oui, il avait souhaité, oui, il avait cherché cette harmonie complète, cet équilibre parfait entre les sensations et les sentiments, qui est le bonheur. Il avait cru l’avoir trouvé. Sa conscience soudain inquiétée d’homme droit et loyal se dressa de toute sa hauteur au fond de lui-même et lui dit sévèrement :
– Tu n’as pas le droit de me soupçonner : sans amour, tu n’aurais jamais épousé cette jeune fille, si considérablement plus riche que toi !
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Une accalmie se fit dans l’esprit de Marcel, et sa conscience satisfaite se recoucha de tout son long dans le silence. Il avait aimé Julie, c’était convenu ; elle l’avait sans doute aimé, – sans cela l’eût-elle épousé ? Elle n’était pas forcée de le choisir au milieu de tant d’adorateurs plus riches, plus jeunes, plus brillants. Était-ce cela l’amour d’une femme ? Marcel n’était pas très savant sur ce chapitre ; sa jeunesse studieuse l’avait garanti de la passion, tant pour lui-même que du côté des femmes. Il n’avait pas demandé à la vie autre chose que ces tendresses aimables, qui couvrent pour les hommes délicats la brutalité des liaisons de plaisir.
La passion ! Quel être de bonne foi avec lui-même oserait jurer qu’il n’a point désiré de l’éprouver et surtout d’en être l’objet ? N’est-ce pas elle qui vous arrache à toutes les mesquineries de l’existence, qui vous jette dans un monde idéal, fait de tortures inouïes et de jouissances surnaturelles ? Quel homme n’a rêvé d’être aimé passionnément, au-delà du possible, jusqu’à l’égarement, jusqu’au crime ? Souvent, presque toujours, il recule devant la réalisation de
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sa chimère. Quand la passion l’a pris corps à corps en lui disant : Tu m’appartiens ! il lui demande grâce, se montrant, suivant les circonstances, soit l’être faible qui n’ose pas, soit le vaillant qui ne transige point avec son devoir. Mais l’homme honnête, convaincu, qui fait ce qu’on est convenu d’appeler un mariage d’amour, a certainement souhaité autre chose et mieux que d’avoir dans ses bras une jeune fille pure ; il a espéré boire la coupe de l’ivresse morale aussi bien que celle des sens.
Non, Marcel n’avait pas connu la passion près de Julie, et elle – il le sentait maintenant – ne l’avait point aimé. C’est pour cela qu’entre eux le lien s’était relâché comme ces rubans enlacés par une main paresseuse qui tombent mollement, séparés sans avoir été réellement noués. Était-ce fini ? Ne fallait-il pas essayer de resserrer étroitement le seul nœud qui pût honorablement conduire à une vieillesse heureuse deux êtres liés par la loi et les convenances ?
À cette pensée, Marcel sentit monter à ses lèvres la nausée d’un suprême dégoût ; c’était
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pour lui une impression nouvelle, et il la ressentit comme une chose d’habitude. Jamais la femme peinte et fardée qu’il avait vue passer tout à l’heure dans cette voiture, qui était la sienne, préoccupée d’un homme qui n’était pas lui, jamais cette femme ne pourrait lui inspirer le sentiment d’une douceur indicible, pénétrant, enivrant, qu’il sentait s’infiltrer en lui comme le regret d’une chose chère, à jamais perdue... L’avait-il connu, ce sentiment ? Sa mémoire lui répondait non, et son cœur lui disait oui.
Mais il secoua cette impression douce et morbide ; il ne s’agissait point de cela. Avec la précision d’un mathématicien qui, réveillé du sommeil et de la rêverie, jette les yeux sur ses chiffres et plonge aussitôt au plus épais de la difficulté, il se posa deux axiomes : – Je ne puis admettre que Julie se peigne le visage ; il ne faut pas qu’elle s’affiche avec des jeunes gens.
Il remit son chapeau et retourna d’un pas ferme vers son logis. Madame n’était pas rentrée, et il y avait du monde à dîner. Marcel savait fort bien qu’il n’avait invité personne. Ce n’était pas
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la première fois qu’il lui arrivait d’être ainsi omis sur la liste des invités de sa femme ; il était prévenu d’ordinaire par la vue de son habit noir étendu sur son lit afin d’attirer plus sûrement son regard. Aujourd’hui, ce qu’il avait accepté souvent lui parut une intolérable violation de ses droits. Il sonna, donna ordre d’annoncer à madame qu’il dînait en ville, et reboutonna son pardessus. Comme il sortait de la porte cochère, il se trouva face à face avec Julie qui rentrait.
– Nous avons du monde à dîner, lui dit-elle avec assez de bonne grâce ; elle se sentait jolie et de bonne humeur. Il la regarda plus attentivement encore, et s’aperçut qu’elle était sensiblement plus blonde qu’auparavant. La colère qui grondait en lui tomba soudain sous le coup d’une sorte de compassion.
– Vous ne m’aviez pas prévenu, dit-il avec un peu de froideur, j’ai pris un engagement...
Madame Avellin fort surprise regarda curieusement son mari. Il dînait en ville ? Sans l’annoncer d’avance ? C’était là une habitude à ne pas la lui laisser prendre. Un mari fait bien
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dans un dîner privé, en face de la maîtresse de la maison, derrière la corbeille de roses et de lilas blanc ; ôtez le mari, l’ordonnance de la table est toute troublée.
– Est-ce que vous ne pourriez pas remettre ? demanda-t-elle avec un joli sourire. Il fit un signe de tête négatif ; elle se mordit les lèvres. Le cocher passa devant eux, en ramenant au pas la victoria légèrement poudreuse ; Marcel songea à la scène de l’avenue, et un peu de couleur monta à ses joues.
– Ce monsieur, dit-il, avec qui vous causiez tantôt en revenant du Bois... – Julie leva ses sourcils d’un air interrogateur, – ce jeune homme qui monte à cheval, est-il au nombre de vos convives ?
Madame Avellin ne put s’empêcher de rougir sous son teint artificiel.
– Monsieur de Liotais ? fit-elle d’une voix moins assurée ; oui, pourquoi ?
– Parce que je l’ai vu tout à l’heure causer avec vous, et j’ai pensé qu’il était fort de vos
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amis. Vous ne me l’avez pas encore présenté ?
– Je voulais le faire ce soir, répondit-elle. Elle avait repris son assurance, quoique son cœur battit encore un peu trop vite. – Mais puisque vous dînez en ville...
Elle lui fit un petit signe de tête avec un gracieux sourire, et entra dans la maison. Marcel hésita, se demandant s’il la suivrait, puis, mieux avisé, descendit le boulevard et se rendit chez sa belle-mère.
Celle-ci fut surprise de le voir à une telle heure, et plus encore de s’entendre demander à dîner ; elle pensa qu’il devait s’être passé quelque chose d’insolite, et elle ordonna d’ajouter un couvert en face d’elle dans la salle à manger. C’est là, dans la douceur d’un entretien paisible, où nul ressaut inattendu ne venait cahoter ses pensées, que Marcel exprima en même temps à sa belle-mère et à lui-même les sentiments fort confus jusque-là qui l’agitaient en ce jour.
– Je comprends, dit-il pour conclure, que Julie aime le monde ; j’admets qu’elle soit un peu coquette, mais il m’est désagréable d’avoir à
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dîner chez moi des gens que je ne connais pas, d’être un étranger pour mon propre cocher, et de voir ma femme se mettre du blanc sur le front, du noir sur les yeux, du rouge sur les lèvres et du jaune sur les cheveux !
Flavie resta silencieuse. La vieille Agathe qui avait desservi sans fracas alluma la lampe de la suspension, puis referma la porte ; un souffle de vent très léger venait par la fenêtre entrouverte. Marcel, qui s’était animé en prononçant son petit réquisitoire, se sentit tout à coup rafraîchi et calmé.
– Cela ressemble aux Ormes, dit-il en promenant son regard autour de lui.
Madame Dannault respira plus aisément.
– Cela ressemble aux Ormes, dit-elle, parce que c’est la même disposition ; au fond, rien de moins semblable... Quel malheur que Julie n’aime pas la campagne !
– En effet, reprit Avellin ; si elle partageait nos goûts, je n’aurais pas à vous compter mes doléances, et à vous effaroucher par mes sorties
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un peu brutales... Mais véritablement, est-il admissible... Je vous demande pardon, j’allais recommencer. Après un silence, il ajouta : – Connaissez-vous ce M. de Liotais que nous avons rencontré ensemble l’autre jour ?
Flavie n’avait garde de l’avoir oublié, elle s’en était même assez préoccupée pour prendre des informations sur le jeune homme, auprès de madame Lenoissy, qui savait tout et qui connaissait tout le monde.
– Je l’ai vu une fois, dit madame Dannault avec un peu de gêne. Pourquoi me demandez-vous cela ?
– Il a dîné ce soir chez nous, répondit Marcel. C’est bien le moins que je sache avec qui l’on me fait dîner ! Julie le voit beaucoup, je crois ; c’est un beau garçon qui monte bien à cheval. Savez-vous quelque chose sur lui ou sa famille ?
Madame Dannault répéta ce qu’elle avait appris. De Liotais se trouvait, à vingt-deux ans, maître d’une fortune considérable. Pas de parents, pas de liaison officielle ; quelques incursions dans le monde de la galanterie, telles qu’on se les
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doit à soi-même ; aimant la musique et les chevaux ; pas joueur. C’était assez complet, et peu de mères s’inquiètent d’en savoir davantage quand il s’agit de marier leur fille.
Marcel écouta ces renseignements d’un air grave, puis peu après se retira, sur la promesse que lui fit sa belle-mère de voir Julie dans l’après-midi du lendemain pour lui parler raison.
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