Les Rois Maudits
Prologue
Ce chapitre est long, il est donc découpé en 34 parties.
Ce fut Voudenay, ou bien Guichard, on ne sait pas trop, qui le tira par le bras en lui hurlant: "Suivez-nous; vous devez vous retraire, Monseigneur!" Encore fallait-il pouvoir... Le Dauphin vit le pauvre Tristan de Meignelay navré au sol, le sang lui fuyant de la gorgière comme d'un pot fêlé et coulant sur la bannière aux armes de Normandie et du Dauphiné. Et cela, je le crains, lui donna de l'ardeur à filer. Landas et Voudenay lui ouvraient chemin dans leurs propres rangs. Ses deux frères le suivaient, pressés par Saint-Venant.
Qu'il se soit tiré de ce mauvais pas, il n'y a là rien à redire, et l'on ne doit que louer ceux qui l'y ont aidé. Ils avaient mission de le conduire et protéger. Ils ne pouvaient laisser les fils de France, et surtout le premier, aux mains de l'ennemi. Tout cela est bon. Que le Dauphin soit allé aux chevaux, ou qu'on ait appelé son cheval à lui, et qu'il y soit remonté, et que ses compagnons en aient fait de même, cela est juste encore, puisqu'ils venaient d'être bousculés par gens à cheval. Mais que le Dauphin alors, sans regarder en arrière, s'en soit en allé d'un roide galop, quittant le champ du combat, tout comme son oncle d'Orléans un moment auparavant, il sera malaisé de jamais faire tenir cela pour une conduite honorable. Ah ! les chevaliers de l'Étoile, ce n'était pas leur journée !
Saint-Venant, qui est vieux et dévoué serviteur de la couronne, assurera toujours que ce fut lui qui prit la décision d'éloigner le Dauphin, qu'il avait déjà pu juger que la bataille du roi était mal en point, que l'héritier du trône commis à sa garde devait coûte que coûte 1558
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être sauvé, et qu'il lui fallut insister fortement et presque ordonner au Dauphin d'avoir à partir, et il soutiendra cela au Dauphin lui-même... brave Saint-Venant ! D'autres, hélas, ont la langue moins discrète.
Les hommes de la bataille du Dauphin, voyant celui-ci s'éloigner, ne furent pas longs à se débander et s'en furent à leurs chevaux eux aussi, criant à la retraite générale. Le Dauphin courut une grande lieue, comme il était parti. Alors, le jugeant assez en sécurité, Voudenay, Landas et Guichard lui annoncèrent qu'ils s'en retournaient se battre. Il ne leur répondit rien. Et que leur aurait-il dit? "Vous repartez à l'engagement, moi je m'en écarte; je vous fais mon compliment et mon salut"?... Saint-Venant voulait également s'en retourner. Mais il fallait bien que quelqu'un restât avec le Dauphin, et les autres lui en firent obligation, comme au plus vieux et au plus sage. Ainsi Saint-Venant, avec une petite escorte qui se grossit vite, d'ailleurs, de fuyards tout affolés qu'ils rencontraient, conduisit le Dauphin s'enfermer dans le gros château de Chauvigny. Et là, paraît-il, quand ils furent arrivés, le Dauphin eut peine à retirer son gantelet, tant sa main droite était gonflée, toute violette. Et on le vit pleurer. VIII LA BATAILLE DU ROI
Restait la bataille du roi... Ressers-nous un peu de ce vin mosellan, Brunet... Qui donc? l'Archiprêtre?... Ah bon, celui de Verdun! Je le verrai demain, ce sera bien assez tôt. Nous sommes ici pour trois jours, tant nous nous sommes avancés par ce temps de printemps qui continue, au point que les arbres ont des bourgeons, en décembre...
Oui, restait le roi Jean, sur le champ de Maupertuis... Maupertuis... tiens, je n'y avais pas songé. Les noms, on les répète, on ne s'avise plus de leur sens... Mauvaise issue, mauvais passage... On devrait se méfier de livrer combat dans un lieu ainsi appelé. D'abord le roi avait vu fuir en désordre, avant même l'abord de l'ennemi, les bannières que commandait son frère. Puis se défaire et disparaître, à peine engagées, les bannières de son fils. Certes, il en avait éprouvé dépit, mais sans penser que rien fût perdu pour autant. Sa seule bataille était encore plus nombreuse que tous les Anglais réunis.
Un meilleur capitaine eût sans doute compris le danger et modifié aussitôt sa manouvre. Or, le roi Jean laissa aux chevaliers d'Angleterre tout le temps de répéter à son encontre la charge qui venait de si bien leur réussir. Ils ont déboulé sur lui, lances basses, et ils ont rompu son front de bataille. Pauvre Jean II ! Son père, le roi Philippe, avait été déconfit à Crécy pour avoir lancé sa chevalerie contre la piétaille, et lui se faisait étriller, à Poitiers, tout précisément pour la raison inverse. "Que faut-il faire quand on affronte des gens sans honneur qui toujours emploient des armes autres que les vôtres? " C'est ce qu'il m'a dit ensuite, quand je l'ai revu. Du moment qu'il s'avançait à pied, les Anglais auraient dû, s'ils avaient été de preux hommes, rester à pied de même. Oh ! il n'est pas le seul prince qui rejette la faute de ses échecs sur un adversaire qui n'a pas joué la règle du jeu choisie par lui !
Il m'a dit aussi que la grande colère où ceci l'avait mis lui renforçait 1560
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les membres. Il ne sentait plus le poids de son armure. Il avait rompu sa masse de fer, mais auparavant il avait assommé plus d'un assaillant. Il aimait mieux, d'ailleurs, assommer que pourfendre; mais puisqu'il ne lui restait plus que sa hache d'armes à deux tranchants, il la brandissait, il la faisait tournoyer, il l'abattait. On eût dit un bûcheron fou dans une forêt d'acier. De plus furieux que lui sur un champ de bataille, on n'en a guère connu. Il ne sentait rien, ni fatigue ni effroi, seulement la rage qui l'aveuglait, plus encore que le sang qui lui coulait sur la paupière gauche.
Il était si sûr de gagner, tout à l'heure; il avait la victoire dans la main! Et tout s'est écroulé. A cause de quoi, à cause de qui? A cause de Clermont, à cause d'Audrehem, ses méchants maréchaux trop tôt partis, à cause de son connétable, un âne ! Qu'ils crèvent, qu'ils crèvent tous ! Là-dessus, il peut se rassurer, le bon roi ; ce vou-là au moins est exaucé. Le duc d'Athènes est mort; on le retrouvera tout à l'heure contre un buisson, le corps ouvert par un coup de vouge et piétiné par une charge. Le maréchal de Clermont est mort ; il a reçu tant de flèches que son cadavre ressemble à une roue de dindon. Audrehem est prisonnier, la cuisse traversée.
Rage et fureur. Tout est perdu, mais le roi Jean ne cherche qu'à tuer, tuer, tuer tout ce qui est devant lui. Et puis tant pis, mourir, le cour éclaté ! Sa cotte d'armes bleue brodée des lis de France est en lambeaux. Il a vu tomber l'oriflamme, que le brave Geoffroy de Charny serrait contre sa poitrine ; cinq coutilliers étaient sur lui ; un bidau gallois ou un goujat irlandais, armé d'un mauvais couteau de boucher, a emporté la bannière de France. Le roi appelle les siens. " A moi, Artois ! à moi, Bourbon ! " Ils étaient là il n'y a qu'un moment. Eh oui! Mais à présent, le fils du comte Robert, le dénonciateur du roi de Navarre, le géant à petite cervelle... "mon cousin Jean, mon cousin Jean"... est prisonnier, et son frère Charles d'Artois aussi, et Monseigneur de Bourbon, le père de la
Dauphine.
" A moi, Regnault, à moi l'évêque ! Fais-toi entendre de Dieu ! " Si Regnault Chauveau parlait à Dieu en ce moment-là, c'était face à face. Le corps de l'évêque de Châlons gisait quelque part, les yeux clos sous la mitre de fer. Personne ne répondait plus au roi qu'une voix en mue qui lui criait : " Père, père, gardez-vous ! A droite, père, gardez-vous ! "
Le roi a eu un moment d'espoir en voyant Landas, Voudenay et Guichard reparaître dans la bataille, à cheval. Les fuyards s'étaient-ils repris? Les bannières des princes revenaient-elles, au galop, pour le dégager? " Où sont mes fils? - A l'abri, Sire ! "
Landas et Voudenay avaient chargé. Seuls. Le roi saurait plus tard qu'ils étaient morts, morts d'être retournés au combat pour qu'on ne les crût pas lâches, après avoir sauvé les princes de France. Un seul de
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ses fils reste au roi, le plus jeune, son préféré, Philippe, qui continue de lui crier: "A gauche, père, gardez-vous! Père, père, gardez-vous à droite... " et qui le gêne, disons bien, autant qu'il ne l'aide. Car l'épée est un peu lourde dans les mains de l'enfant pour être bien offensive, et il faut au roi Jean écarter parfois de sa longue hache cette lame inutile, afin de pouvoir porter des coups d'arrêt à ses assaillants. Mais au moins il n'a pas fui, le petit Philippe ! Soudain, Jean II se voit entouré de vingt adversaires, à pied, si pressés qu'ils se gênent les uns les autres. Il les entend crier: "C'est le roi, c'est le roi, sus au roi ! " Pas une cotte d'armes française dans ce cercle terrible. Sur les targes et les écus, rien que des devises anglaises ou gasconnes. " Rendez-vous, rendez-vous, sinon vous êtes mort", lui crie-t-on. Mais le roi fou n'entend rien. Il continue de fendre l'air avec sa hache. Comme on l'a reconnu, on se tient à distance; dame, on veut le prendre vivant ! Et il tranche le vent à droite, à gauche, à droite surtout parce qu'à gauche il a l'oil collé par le sang... " Père, gardez-vous... " Un coup atteint le roi à l'épaule. Un énorme chevalier alors traverse la presse, fait brèche de son corps dans le mur d'acier, joue des cubitières, et parvient devant le roi haletant qui toujours mouline l'air. Non, ce n'est pas Jean d'Artois ; je vous l'ai dit, il est prisonnier. D'une forte voix française, le chevalier crie: "Sire, Sire, rendez-vous. "
Le roi Jean alors s'arrête de frapper contre rien, contemple ceux qui l'entourent, qui l'enferment, et répond au chevalier: "A qui me rendrais-je, à qui? Où est mon cousin le prince de Galles? C'est à lui que je parlerai. - Sire, il n'est pas ici ; mais rendez-vous à moi, et je vous mènerai devers lui, répond le géant. - Qui êtes-vous? - Je suis Denis de Morbecque, chevalier, mais depuis cinq ans au royaume d'Angleterre, puisque je ne puis demeurer au vôtre. " Morbecque, condamné pour homicide et délit de guerre privée, le frère de ce Jean de Morbecque qui travaille si bien pour les Navarre, qui a négocié le traité entre Philippe d'Évreux et Edouard III. Ah ! le sort faisait bien les choses et mettait des épices dans l'infortune pour la rendre plus amère. "Je me rends à vous", dit le roi.
Il jeta sa hache d'armes dans l'herbe, ôta son gantelet et le tendit au gros chevalier. Et puis, un instant immobile, l'oil clos, il laissa la défaite descendre en lui. Mais voilà qu'à son entour le hourvari reprenait, qu'il était bousculé, tiré, pressé, secoué, étouffé. Les vingt gaillards criaient tous ensemble : " Je l'ai pris, je l'ai pris, c'est moi qui l'ai pris ! " Plus fort que tous, un Gascon gueulait : " II est à moi. J'étais le premier à l'assaillir. Et vous venez, Morbecque, quand la besogne est faite." Et Morbecque de répondre : " Que clamez-vous, Troy? Il s'est rendu à moi, pas à vous. "
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C'est qu'elle allait rapporter gros, et d'honneur et d'argent, la prise du roi de France ! Et chacun cherchait à l'agripper pour assurer son droit. Saisi au bras par Bertrand de Troy, au col par un autre, le roi finit par être renversé dans son armure. Ils l'eussent séparé en quartiers. "Seigneurs, seigneurs! criait-il, menez-moi courtoisement, voulez-vous, et mon fils aussi, devers le prince mon cousin. Ne vous battez plus de ma prise. Je suis assez grand pour tous vous faire riches. " Mais ils n'écoutaient rien. Ils continuaient de hurler : " C'est moi qui l'ai pris. Il est mien ! " Et ils se battaient entre eux, ces chevaliers, gueules rogues et griffes de fer levées, ils se battaient pour un roi comme des chiens pour un os. Passons à présent du côté du prince de Galles. Son bon capitaine, Jean Chandos, venait de le rejoindre sur un tertre qui dominait une grande partie du champ de bataille, et ils s'y étaient arrêtés. Leurs chevaux, les naseaux injectés de sang, le mors enveloppé de bave mousseuse, étaient couverts d'écume. Eux-mêmes haletaient. "Nous nous entendions l'un l'autre prendre de grandes goulées d'air", m'a raconté Chandos. La face du prince ruisselait et son camail d'acier, fixé au casque, qui enfermait le visage et les épaules, se soulevait à chaque prise d'haleine.
Devant eux, ce n'étaient que haies éventrées, arbrisseaux cassés, vignes ravagées. Partout des montures et des hommes abattus. Ici un cheval n'en finissait pas de mourir, battant des fers. Là, une cuirasse rampait. Ailleurs, trois écuyers portaient au pied d'un arbre le corps d'un chevalier expirant. Partout, archers gallois et coutilliers irlandais dépouillaient les cadavres. On entendait encore dans quelques coins des cliquetis de combat. Des chevaliers anglais passaient dans la plaine serrant un des derniers Français qui cherchait sa retraite. Chandos dit: " Dieu merci, la journée est vôtre, Monseigneur. - Eh oui, par Dieu, elle l'est. Nous l'avons emporté ! " lui répondit le prince. Et Chandos reprit : " II serait bon, je crois, que vous vous arrêtiez ici, et fassiez mettre votre bannière sur ce haut buisson. Ainsi se rallieront vers vous vos gens, qui sont fort épars. Et vous-même pourrez vous rafraîchir un petit, car je vous vois fort échauffé. Il n'y a plus à poursuivre. - Je pense ainsi ", dit le prince. Et tandis que la bannière aux lions et aux lis était plantée sur un buisson et que les sonneurs cornaient, cornaient dans leur trompe le rappel au prince, Edouard se fit ôter son bassinet, secoua ses cheveux blonds, essuya, sa moustache trempée.
Quelle journée ! Il faut bien reconnaître qu'il avait vraiment payé de sa personne, galopant sans relâche, pour se montrer à chaque troupe, encourageant ses archers, exhortant ses chevaliers, décidant des points où pousser des renforts... enfin, c'est surtout Warwick et Suffolk, ses maréchaux, qui décidaient; mais il était toujours là pour leur dire: QUAND UN ROI PERD LA FRANCE
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" Allez, vous faites bien... " Au vrai, il n'avait pris de lui-même qu'une seule décision, mais capitale, et qui lui méritait vraiment la gloire de toute la journée. Lorsqu'il avait vu le désordre causé dans la bannière d'Orléans par le seul reflux de la charge française, il avait aussitôt remis en selle une partie de son monde pour aller produire semblable effet dans la bataille du duc de Normandie. Lui-même était entré dans la mêlée à dix reprises. On avait eu l'impression qu'il était partout. Et chacun qui ralliait venait le lui dire. "La journée est vôtre. La journée est vôtre... C'est grande date, dont les peuples garderont mémoire. La journée est vôtre, vous avez fait merveille. " Ses gentilshommes du corps et de la chambre se hâtèrent à lui dresser son pavillon, sur place, et à faire avancer le chariot, soigneusement garé, qui contenait tout le nécessaire de son repas, sièges, tables, couverts, vins.
Il ne pouvait pas se décider à descendre de cheval, comme si la victoire n'était pas vraiment acquise.
"Où est le roi de France, l’a-t-on vu?" demandait-il à ses écuyers. Il était grisé d'action. Il parcourait le tertre, prêt à quelque lutte suprême. Et soudain il aperçut, renversée dans les bruyères, une cuirasse immobile. Le chevalier était mort, abandonné de ses écuyers, sauf d'un vieux serviteur blessé, qui se cachait dans un taillis. Auprès du chevalier, son pennon: armes de France au sautoir de gueules. Le prince fit ôter le bassinet du mort. Eh! oui, Archambaud... c'est bien ce que vous pensez; c'était mon neveu... c'était Robert de Durazzo.
Je n'ai pas honte de mes larmes... Certes, son honneur propre l'avait poussé à une action que l'honneur de l'Église, et le mien, auraient dû lui défendre. Mais je le comprends. Et puis, il fut vaillant... Il n'est pas de jour où je ne prie Dieu de lui faire pardon. Le prince commanda à ses écuyers : " Mettez ce chevalier sur une targe, portez-le à Poitiers et présentez-le pour moi au cardinal de Périgord, et dites-lui que je le salue. " Et c'est de la sorte, oui, que j'appris que la victoire était aux Anglais. Dire que, le matin, le prince était prêt à traiter, à tout rendre de ses prises, à suspendre les armes, pour sept ans! Il m'en fit beau reproche, le lendemain, quand nous nous revîmes à Poitiers. Ah ! il ne mâcha pas ses paroles. J'avais voulu servir les Français, je l'avais trompé sur leur force, j'avais mis tout le poids de l'Église dans la balance pour l'amener à composition. Je ne pus que lui répondre: "Beau prince, vous avez épuisé les moyens de la paix, par amour de Dieu. Et la volonté de Dieu s'est fait connaître." Voilà ce que je lui dis...
Mais Warwick et Suffolk étaient arrivés sur le tertre, et avec eux Lord Cobham. "Avez-vous nouvelles du roi Jean? leur demanda le prince.
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LES ROIS MAUDITS - Non, pas de notre vue, mais nous croyons bien qu'il est mort ou pris, car il n'est point parti avec ses batailles. "
Alors le prince leur dit: "Je vous prie, partez et chevauchez pour m'en dire la vérité. Trouvez le roi Jean. "
Les Anglais étaient épars, répandus sur près de deux lieues rondes, chassant l'homme, poursuivant et ferraillant. A présent que la journée était gagnée, chacun traquait pour son profit. Dame ! Tout ce que porte sur lui un chevalier pris, armes et joyaux, appartient à son vainqueur. Et ils étaient bellement adornés, les barons du roi Jean. Beaucoup avaient des ceintures d'or. Sans parler des rançons, bien sûr, qui se discuteraient et seraient fixées selon le rang du prisonnier. Les Français sont assez vaniteux pour qu'on les laisse eux-mêmes fixer le prix auquel ils s'estiment. On pouvait bien se fier à leur gloriole. Alors, à chacun sa chance ! Ceux-là qui avaient eu la bonne fortune de mettre la main sur Jean d'Artois, ou le comte de Vendôme, ou le comte de Tancarville, étaient en droit de songer à se faire bâtir château. Ceux qui ne s'étaient saisis que d'un petit banneret, ou d'un simple bachelier, pourraient seulement changer le meuble de leur grand-salle et offrir quelques robes à leur dame. Et puis il y aurait les dons du prince, pour les plus hauts faits et belles prouesses.
" Nos hommes sont à chasser la déconfiture jusques aux portes de Poitiers ", vint annoncer Jean de Grailly, captai de Buch. Un homme de sa bannière qui revenait de là-bas avec quatre grosses prises, n'en pouvant conduire plus, lui avait appris qu'il s'y faisait grand abattis de gens, parce que les bourgeois de Poitiers avaient fermé leurs portes; devant celles-ci, sur la chaussée, on s'était occis horriblement, et maintenant les Français se rendaient d'aussi loin qu'ils apercevaient un Anglais. De très ordinaires archers avaient jusqu'à cinq et six prisonniers. Jamais on n'avait ouï telle méchéance.
"Le roi Jean y est-il? demanda le prince. - Certes non. On me l'aurait dit. "
Et puis, au bas du tertre, Warwick et Cobham reparurent, allant à pied, la bride de leur cheval au bras, et cherchant à mettre paix parmi une vingtaine de chevaliers et écuyers qui leur faisaient escorte. En anglais, en français, en gascon, ces gens disputaient avec des grands gestes, mimant des mouvements de combat. Et devant eux, tirant ses pas, allait un homme épuisé, un peu titubant, qui, de sa main nue, tenait par le gantelet un enfant en armure. Un père et un fils qui marchaient côte à côte, tous deux portant sur la poitrine des lis de soie tailladés. "Arrière; que nul n'approche le roi, s'il n'en est requis", criait Warwick aux disputeurs. Et là seulement Edouard de Galles, prince d'Aquitaine, duc de Cornouailles, connut, comprit, embrassa l'immensité de sa victoire. Le roi, le roi Jean, le chef du plus nombreux et plus puissant royaume
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d'Europe... L'homme et l'enfant marchaient vers lui très lentement... Ah! cet instant qui demeurerait toujours dans la mémoire des hommes!... Le prince eut l'impression qu'il était regardé de toute la terre.
Il fit un signe à ses gentilshommes, pour qu'on l'aidât à descendre de cheval. Il se sentait les cuisses raides et les reins aussi.
Il se tint sur la porte de son pavillon. Le soleil, qui inclinait, traversait le boqueteau de rayons d'or. On les aurait bien surpris, tous ces hommes, en leur disant que l'heure de Vêpres était déjà passée. Edouard tendit les mains au présent que lui amenaient Warwick et Cobham, au présent de la Providence. Jean de France, même courbé par le destin adverse, est de plus grande taille que lui. Il répondit au geste de son vainqueur. Et ses deux mains aussi se tendirent, l'une gantée, l'autre nue. Ils restèrent un moment ainsi, non pas s'accolant, simplement s'étreignant les mains. Et puis Edouard eut un geste qui allait toucher le cour de tous les chevaliers. Il était fils de roi ; son prisonnier était roi couronné. Alors, toujours le tenant par les mains, il inclina profondément la tête, et il esquissa une pliure du genou. Honneur à la vaillance malheureuse... Tout ce qui grandit notre vaincu grandit notre victoire. Il y eut des gorges qui se serrèrent chez ces rudes hommes. " Prenez place, Sire mon cousin, dit Edouard en invitant le roi Jean à entrer dans le pavillon. Laissez-moi vous servir le vin et les épices. Et pardonnez que, pour le souper, je vous fasse faire bien simple chère. Nous passerons à table tout à l'heure. "
Car on s'affairait à dresser une grande tente sur le tertre. Les gentilshommes du prince connaissaient leur devoir. Et les cuisiniers ont toujours quelques pâtés et viandes dans leurs coffres. Ce qui manquait, on alla le chercher au garde-manger des moines de Maupertuis. Le prince dit encore : " Vos parents et barons auront plaisir à se joindre à vous. Je les fais appeler. Et souffrez qu'on panse cette blessure au front qui montre votre grand courage. " IX LE SOUPER DU PRINCE
C'est chose qui fait songer au destin des nations, que de vous conter tout cela, qui vient de survenir... et qui marque un grand changement, un grand tournement pour le royaume... justement ici entre toutes places, justement à Verdun... Pourquoi? Eh! mon neveu, parce que le royaume y est né, parce que ce qu'on peut nommer le royaume de France est issu du traité signé ici-même après la bataille de Fontenoy, alors Fontanetwn... vous savez bien, où nous sommes passés... entre les trois fils de Louis le Pieux. La part de Charles le Chauve y fut pauvrement découpée, d'ailleurs sans regarder les vérités du sol. Les Alpes, le Rhin eussent dû être frontières naturelles à la France, et il n'est pas de bon sens que Verdun et Metz soient terres d'Empire. Or, que va-t-il en être de la France, demain? Comment va-t-on la découper? Peut-être n'y aura-t-il plus de France du tout, dans dix ou vingt ans, certains se le demandent sérieusement. Ils voient un gros morceau anglais, et un morceau navarrais allant d'une mer à l'autre avec toute la Langue d'oc, et un royaume d'Arles rebâti dans la mouvance de l'Empire, avec la Bourgogne en sus... Chacun rêve de dépecer la faiblesse.
Pour vous dire mon sentiment, je n'y crois guère, parce que l'Église, tant que je vivrai et que vivront quelques autres de ma sorte, ne permettra point cet écartèlement. Et puis le peuple a trop le souvenir et l'habitude d'une France qui fut une et grande. Les Français verront vite qu'ils ne sont rien s'ils ne sont plus du royaume, s'ils ne sont plus rassemblés dans un seul État. Mais il y aura des gués difficiles à traverser. Peut-être serez-vous mis devant des choix pénibles. Choisissez toujours, Archambaud, dans le sens du royaume, même s'il est commandé par un mauvais roi... parce que le roi peut mourir, ou être déchassé, ou tenu en captivité, mais le royaume dure. La grandeur de la France, elle apparaissait, au soir de Poitiers, dans les égards mêmes que le vainqueur, ébloui de sa fortune et presque n'y
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croyant pas, prodiguait au vaincu. Étrange tablée que celle qui s'installa, après la bataille, au milieu d'un bois du Poitou, entre des murs de drap rouge. Aux places d'honneur, éclairés par des cierges, le roi de France, son fils Philippe, Monseigneur Jacques de Bourbon, qui devenait duc puisque son père avait été tué dans la journée, le comte Jean d'Artois, les comtes de Tancarville, d'Étampes, de Dammartin, et aussi les sires de Joinville et de Parthenay, servis dans des couverts d'argent ; et répartis aux autres tables, entre des chevaliers anglais et gascons, les plus puissants et les plus riches des autres prisonniers.
Le prince de Galles affectait de se lever pour servir lui-même le roi de France et lui verser le vin en abondance.
" Mangez, cher Sire, je vous en prie. N'ayez point regret à le faire. Car si Dieu n'a pas consenti à votre vouloir et si la besogne n'a pas tourné de votre côté, vous avez aujourd'hui conquis haut renom de prouesse, et vos hauts faits ont passé les plus grands. Certainement Monseigneur mon père vous fera tout l'honneur qu'il pourra, et s'accordera à vous si raisonnablement que vous demeurerez bons amis ensemble. Au vrai, chacun ici vous reconnaît le prix de bravoure, car en cela vous l'avez emporté sur tous. "
Le ton était donné. Le roi Jean se détendait. L'oeil gauche tout bleu, et une entaille dans son front bas, il répondait aux politesses de son hôte. Roi-chevalier, il lui importait de se montrer tel dans la défaite. Aux autres tables, les voix montaient de timbre. Après qu'ils s'étaient durement heurtés à l'épée ou à la hache, les seigneurs des deux partis, à présent, faisaient assaut de compliments. On commentait haut les péripéties de la bataille. On ne tarissait pas de louanges sur la hardiesse du jeune prince Philippe qui, lourd de mangeaille après cette dure journée, dodelinait sur son siège et glissait au sommeil.
Et l'on commençait à faire les comptes. Outre les grands seigneurs, ducs, comtes et vicomtes qui étaient une vingtaine, on avait déjà pu dénombrer parmi les prisonniers plus de soixante barons et bannerets ; les simples chevaliers, écuyers et bacheliers ne pouvaient être recensés. Plus d'un double millier assurément ; on ne saurait vraiment le total que le lendemain... Les morts? Il fallait les estimer en même quantité. Le prince ordonna que ceux déjà ramassés fussent portés, dès l'aurore suivante, au couvent des frères mineurs de Poitiers, en tête les corps du duc d'Athènes, du duc de Bourbon, du comte-évêque de Châlons, pour y être enterrés avec toute la pompe et l'honneur qu'ils méritaient. Quelle procession ! Jamais couvent n'aurait vu tant de hauts hommes et de si riches lui arriver en un seul jour. Quelle fortune, en messes et dons, allait s'abattre sur les Frères Mineurs ! Et autant sur les Frères Prêcheurs. Je vous dis tout de suite qu'il fallut dépaver la nef et le cloître de deux 1568
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couvents pour mettre dessous, sur deux étages, les Geoffroy de Charny, les Rochechouart, les Eustache de Ribemont, les Dance de Melon, les Jean de Montmorillon, les Seguin de Cloux, les La Fayette, les La Rochedragon, les La Rochefoucault, les La Roche Pierre de Bras, les Olivier de Saint-Georges, les Imbert de Saint-Saturnin, et je pourrais encore vous en citer par vingtaines. " Sait-on ce qu'il est advenu de l'Archiprêtre? " demandait le roi. L'Archiprêtre était blessé, prisonnier d'un chevalier anglais. Combien valait F Archiprêtre? Avait-il gros château, grandes terres? Son vainqueur s'informait sans vergogne. Non. Un petit manoir à Vélines. Mais que le roi l'ait nommé haussait son prix.
" Je le rachèterai ", dit Jean II qui, sans savoir encore ce qu'il allait coûter lui-même à la France, recommençait à faire le grandiose.
Alors le prince Edouard de répondre: "Pour l'amour de vous, Sire mon cousin, je rachèterai moi-même cet archiprêtre, et lui rendrai la liberté, si vous le souhaitez. " Le ton montait autour des tables. Le vin et les viandes, goulûment avalés, portaient à la tête de ces hommes fatigués, qui n'avaient rien mangé depuis le matin. Leur assemblée tenait à la fois du repas de cour après les grands tournois et de la foire aux bestiaux. Morbecque et Bertrand de Troy n'avaient pas fini de se disputer quant à la prise du roi. " C'est moi, vous dis-je ! - Que non ; j'étais sur lui, vous m'avez écarté! - A qui a-t-il remis son gant?" De toute manière, ce ne serait pas à eux qu'irait la rançon, énorme à coup sûr, mais au roi d'Angleterre. Prise de roi est au roi. Ce dont ils débattaient, c'était de savoir qui toucherait la pension que le roi Edouard ne manquerait pas d'accorder. A se demander s'ils n'auraient pas eu plus de profit, sinon d'honneur, à prendre un riche baron qu'ils se seraient partagé. Car on faisait des partages, si l'on avait été à deux ou trois sur le même prisonnier. Ou bien des échanges. " Donnez-moi le sire de La Tour; je le connais, il est parent à ma bonne épouse. Je vous remettrai Mauvinet, que j'ai pris. Vous y gagnez; il est sénéchal
de Touraine. "
Et le roi Jean soudain frappa du plat de la main sur la table.
" Mes sires, mes bons seigneurs, j'entends que tout se fasse entre vous et ceux qui nous ont pris selon l'honneur et la noblesse. Dieu a voulu que nous soyons déconfits, mais vous voyez les égards qu'on nous prouve. Nous devons garder la chevalerie. Que nul ne s'avise de fuir ou de forfaire à la parole donnée, car je le honnirai. "
On eût dit qu'il commandait, cet écrasé, et il prenait toute sa hauteur pour inviter ses barons à être bien exacts dans la captivité.
Le prince de Galles qui lui versait le vin de Saint-Émilion l'en remercia. Le roi Jean le trouvait aimable, ce jeune homme. Comme il était attentif, comme il avait de belles façons. Le roi Jean eût aimé que
QUAND UN ROI PERD LA FRANCE
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ses fils lui ressemblassent! Il ne résista pas, la boisson et la fatigue aidant, à lui dire : " N'avez-vous point connu Monsieur d'Espagne? - Non, cher Sire; je l'ai seulement affronté sur mer... " II était courtois, le prince ; il aurait pu dire : " Je l'ai défait... " " C'était un bon ami. Vous m'en rappelez la mine et la tournure..." Et puis soudain, avec de la méchanceté dans la voix : " Ne me demandez point de rendre la liberté à mon gendre de Navarre ; cela, contre ma vie, je ne le ferai point. " Le roi Jean II, un moment, avait été grand, vraiment, un très bref moment, dans l'instant qui avait suivi sa capture. Il avait eu la grandeur de l'extrême malheur. Et voici qu'il revenait à sa nature : des manières répondant à l'image exagérée qu'il se faisait de soi, un jugement faible, des soucis futiles, des passions honteuses, des impulsions absurdes et des haines tenaces. La captivité, d'une certaine façon, n'allait pas lui déplaire, une captivité dorée, s'entend, une captivité royale. Ce faux glorieux avait rejoint son vrai destin, qui était d'être battu. Finis, pour un temps, les soucis du gouvernement, la lutte contre toutes choses adverses en son royaume, l'ennui de donner des ordres qui ne sont point suivis. A présent, il est en paix ; il peut prendre à témoin ce ciel qui lui a été contraire, se draper dans son infortune, et feindre de supporter avec noblesse la douleur d'un sort qui lui convient si bien. A d'autres le fardeau de conduire un peuple rétif! On verra s'ils parviennent à faire mieux...
"Où m'emmenez-vous, mon cousin? demanda-t-il. - A Bordeaux, cher Sire, où je vous donnerai bel hôtel, pourvoyance, et fêtes pour vous réjouir, jusqu'à ce que vous vous accommodiez avec le roi mon père. - Est-il joie pour un roi captif?" répondit Jean II déjà tout attentif à son personnage. Ah ! que n'avait-il accepté, au début de cette journée de Poitiers, les conditions que je lui portais? Vit-on jamais pareil roi, en position de tout gagner le matin, sans avoir à tirer l'épée, qui peut rétablir sa loi sur le quart de son royaume, seulement en posant son seing et son sceau sur le traité que son ennemi traqué lui offre, et qui refuse... et le soir se retrouve prisonnier! Un oui au lieu d'un non. L'acte irrattrapable. Comme celui du comte d'Harcourt, remontant l'escalier de Rouen au lieu de sortir du château. Jean d'Harcourt y a laissé la tête ; là, c'est la France entière qui risque d'en connaître agonie.
Le plus surprenant, et l'injuste, c'est que ce roi absurde, obstiné seulement à gâcher ses chances, et qu'on n'aimait guère avant Poitiers, est bientôt devenu, parce qu'il est vaincu, parce qu'il est captif, objet d'admiration, de pitié et d'amour pour son peuple, pour une partie de son peuple. Jean le Brave, Jean le Bon...
Et cela commença dès le souper du prince. Alors qu'ils avaient tout à reprocher à ce roi qui les avait menés au malheur, les barons et
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chevaliers prisonniers exaltaient son courage, sa magnanimité, que sais-je? Ils se donnaient, les vaincus, bonne conscience et bel aspect. Quand ils rentreront, leurs familles s'étant saignées et ayant saigné leurs manants pour payer leurs rançons, ils diront, soyez-en sûr, avec superbe: "Vous ne fûtes pas comme moi auprès de notre roi Jean... " Ah! ils la raconteront, la journée de Poitiers! A Chauvigny, le Dauphin, qui prenait un repas triste en compagnie de ses frères et entouré seulement de quelques serviteurs, fut averti que son père était vivant, mais captif. " A vous de gouverner, à présent, Monseigneur", lui dit Saint-Venant.
Il n'y a guère dans le passé, à mon savoir, princes de dix-huit ans qui aient eu à prendre le gouvernail dans une situation aussi piteuse. Un père prisonnier, une noblesse diminuée par la défaite, deux armées ennemies campant dans le pays, car il y a toujours Lancastre au-dessus de la Loire... plusieurs provinces ravagées, point de finances, des conseillers cupides, divisés et haïs, un beau-frère en forteresse mais dont les partisans bien actifs relèvent la tête plus que jamais, une capitale frémissante qu'une poignée de bourgeois ambitieux incite à l'émeute... Ajoutez à cela que le jeune homme est de chétive santé, et que sa conduite en bataille n'a pas fait grandir sa réputation.
A Chauvigny, toujours ce même soir, comme il avait décidé de rentrer à Paris par le plus court, Saint-Venant lui demanda : " Quelle qualité, Monseigneur, devront donner à votre personne ceux qui parleront en son nom? " Et le Dauphin répondit : " Celle que j'ai, Saint-Venant, celle que Dieu me désigne: lieutenant général du royaume." Ce qui était parole sage... Il y a trois mois de cela. Rien n'est tout à fait perdu, mais rien non plus ne donne signe d'amélioration, tout au contraire. La France se défait. Et nous allons dans moins d'une semaine nous retrouver à Metz, d'où je ne vois pas trop, je vous l'avoue, quel grand bien en pourrait sortir, sauf pour l'Empereur, ni quelle grande ouvre s'y pourrait faire, entre un lieutenant du royaume, mais qui n'est pas le roi, et un légat pontifical, mais qui n'est pas le pape. Savez-vous ce qui vient de m'être dit? La saison est si belle, et les journées sont si chaudes à Metz, où l'on attend plus de trois mille princes, prélats et seigneurs, que l'Empereur, si cette douceur se maintient, a décidé qu'il donnerait le festin de Noël au grand air, dans un jardin clos.
Dîner dehors à Noël, en Lorraine, encore une chose que l'on n'avait jamais vue !
RÉPERTOIRE BIOGRAPHIQUE
Les souverains apparaissent dans ce répertoire au nom sous lequel ils ont régné ; les autres personnages à leur nom de famille ou de fief principal. Nous n'avons pas fait mention de certains personnages épisodiques, lorsque les documents historiques ne conservent de leur existence d'autre trace que l'action précise pour laquelle ils figurent dans notre récit. Alençon (Charles de Valois, comte d') (1294-1346).
Second fils de Charles de Valois et de Marguerite d'Anjou-Sicile. Tué à Crécy. Andronic II Paléologue (1258-1322).
Empereur de Constantinople. Couronné en 1282. Détrôné par son petit-fils Andronic III en 1328. Anjou (saint Louis d') (1275-1299).
Deuxième fils de Charles II d'Anjou, dit le Boiteux, roi de Sicile, et de Marie de Hongrie. Renonça au trône de Naples pour entrer dans les ordres. Évêque de Toulouse. Canonisé sous Jean XXII en 1317.
Anjou-Sicile (Marguerite d'), comtesse de Valois (vers 1270-31 décembre 1299). Fille de Charles II d'Anjou, dit le Boiteux, roi de Sicile, et de Marie de Hongrie. Première épouse de Charles de Valois. Mère du futur Philippe VI, roi de France.
Artevelde (Jakob Van) (vers 1285-1345).
Marchand drapier de Gand. Joua un rôle capital dans les affaires de Flandre. Assassiné au cours d'une révolte de tisserands.
Artois (Jean d'), comte d'Eu (1321-6 avril 1386).
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LES ROIS MA UDITS
Fils de Robert d'Artois et de Jeanne de Valois, fut emprisonné avec sa mère et ses frères après le bannissement de Robert. Libérés en 1347. Chevalier (1350). Reçut en donation le comté d'Eu après l'exécution de Raoul de Brienne. Fait prisonnier à Poitiers (1356). Il avait épousé Isabelle de Melun dont il eut six enfants.
Artois (Mahaut, comtesse de Bourgogne puis d') (1-21 novembre 1329).
Fille de Robert II d'Artois. Épousa (1291) le comte palatin de Bourgogne, Othon IV (mort en 1303). Comtesse-pair d'Artois par jugement royal (1309). Mère de Jeanne de Bourgogne, épouse de Philippe de Poitiers, futur Philippe V, et de Blanche de Bourgogne, épouse de Charles de France, comte de la Marche, futur Charles IV.
Artois (Robert III d') (1287-1342).
Fils de Philippe d'Artois et petit-fils de Robert II d'Artois. Comte de Beaumont-le-Roger et seigneur de Conches (1309). Épousa Jeanne de Valois, fille de Charles de Valois et de Catherine de Courtenay (1318). Pair du royaume par son comté de Beaumont-le-Roger (1328). Banni du royaume (1322), se réfugia à la Cour d'Edouard III d'Angleterre. Blessé mortellement à Vannes. Enterré à Saint-Paul de Londres.
Arundel (Edmond Fitzalan, comte d') (1285-1326).
Fils de Richard Ier, comte d'Arundel. Épouse Alice, sour de John, comte de Warenne, dont il eut un fils, Richard, qui épousa la fille de Hugh Le Despenser le Jeune. Grand Juge du Pays de Galles (1323-1326). Décapité à Hereford.
Asnières (Jean d').
Avocat au Parlement de Paris. Prononça l'acte d'accusation
d'Enguerrand de Marigny. Aubert (Étienne) (voir Innocent VI, pape). Auch (Arnaud d') (7-1320).
Évêque de Poitiers (1306). Créé cardinal-évêque d'Albano par Clément V en 1312. Légat du pape à Paris en 1314. Camérier du pape jusqu'en 1319. Mort en Avignon. Aunay (Gautier d') (7-1314).
Fils aîné de Gautier d'Aunay, seigneur de Moucy-le-Neuf, du LES ROIS MA UDITS
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Mesnil et de Grand-Moulin. Bachelier du comte de Poitiers, second fils de Philippe le Bel. Convaincu d'adultère (affaire de la tour de Nesle) avec Blanche de Bourgogne, il fut exécuté à Pontoise. Il avait épousé Agnès de Montmorency.
Aunay (Philippe d') (7-1314).
Frère cadet du précédent. Écuyer du comte de Valois. Convaincu d'adultère avec Marguerite de Bourgogne, épouse de Louis, dit Hutin, roi de Navarre puis de France. Exécuté en même temps que son frère à Pontoise.
Auxois (Jean d').
Évêque de Troyes, puis d'Auxerre (de 1353 à 1359).
Bagîioni (Guccio) (vers 1295-1340).
Banquier siennois apparenté à la famille des Tolomei. Tenait, en 1315, comptoir de banque à Neauphle-le-Vieux. Épousa secrètement Marie de Cressay dont il eut un fils, Giannino (1316), échangé au berceau avec Jean Ier le Posthume. Mort en Campagnie. Baldock (Robert de) (7-1327).
Archidiacre du Middlesex (1314). Lord du sceau privé (1320). Mort à Londres. Bar (Edouard, comte de) (1285-7).
Fils d'Henri III, comte de Bar (mort en 1302). Épousa en 1310 Marie de Bourgogne, sour de Marguerite. Beau-frère de Louis X, d'Eudes de Bourgogne et de Philippe de Valois. Barbette (Ëtienne) (vers 1250-19 décembre 1321).
Bourgeois de Paris, appartenant à une des plus vieilles familles de notables. Voyer de Paris (1275), échevin (1296), prévôt des marchands (1296 et 1314), maître de la Monnaie de Paris et argentier du roi. Sa demeure, la courtille Barbette, fut pillée lors des émeutes de 1306. Béatrice de Hongrie (vers 1294-7).
Fille de Charles-Martel d'Anjou. Sour de Charobert, roi de Hongrie, et de Clémence, reine de France. Épouse du dauphin de Viennois, Jean II de La Tour du Pin, et mère de Guigues VIII et Humbert II, derniers dauphins de Viennois.
Beaumont (Jean de), dit le Déramé, seigneur de Clichy et de 1574
LES ROIS MAUDITS
LES ROIS MA UDITS
1575
Courcelles-la-Garenne (7-1318).
Succéda en 1315 à Miles de Noyers dans la charge de maréchal de France.
Bec-Crespin (Michel du) (7-1318).
Dizenier de Saint-Quentin en Vermandois. Créé cardinal par Clément V le 24 décembre 1312. Benoît XII (Jacques Nouvel-Fournier) (vers 1285-avril 1342).
Cistercien. Abbé de Fontfroide. Évêque de Pamiers (1317), puis de Mirepoix (1326). Créé cardinal en décembre 1327 par Jean XXII auquel il succéda en 1334.
Berkeley (Thomas, baron de) (1292-1361).
Chevalier (1322). Fait prisonnier à Shrewsbury et libéré en 1326. Gardien du roi Edouard II en son château de Berlekey (1327). Maréchal de l'armée en 1340, commanda les forces anglaises à Crécy. Marié à Marguerite, fille de Roger Mortimer.
Bersumée (Robert).
Capitaine de la forteresse de Château-Gaillard, il fut le premier gardien de Marguerite et Blanche de Bourgogne. Il fut remplacé, après 1316, par Jean de Croisy, puis André Thiart. Bertrand (Robert de) (7-1348).
Baron de Briquebec, vicomte de Roncheville. Lieutenant du roi en Guyenne, Saintonge, Normandie et Flandre. Maréchal de France (1325). Il avait épousé Marie de Sully, fille d'Henri, grand bouteiller de France.
Boccacio da Chellino ou Boccace.
Banquier florentin, voyageur de la compagnie des Bardi. Eut d'une maîtresse française un fils adultérin (1313) qui fut l'illustre poète Boccace, auteur du Décaméron. Bohême (Jean de Luxembourg, roi de) (1296-1346).
Fils d'Henri VII, empereur d'Allemagne. Frère de Marie de Luxembourg, deuxième épouse (1322) de Charles IV, roi de France. Épousa (1310) Elisabeth de Bohême, dont il eut une fille, Bonne, qui épousa en 1332 Jean, duc de Normandie, futur Jean II, roi de France. Tué à Crécy. Boniface VIII (Benoît Caëtani), pape (vers 1215-11 octobre 1303). D'abord chanoine de Todi, avocat consistorial et notaire apostoli-
que. Cardinal en 1281. Fut élu pape le 24 décembre 1294 après l'abdication de Célestin V. Victime de l'" attentat " d'Anagni, il mourut à Rome un mois plus tard. Bourbon (Louis, sire, puis premier duc de) (vers 1280-1342). Fils aîné de Robert, comte de Clermont (1256-1318), et de Béatrice de Bourgogne, fille de Jean, sire de Bourbon. Petit-fils de Saint Louis. Grand chambrier de France à partir de 1312. Comte de la Marche (1322). Duc et pair en septembre 1327.
Bourdenai (Michel de).
Légiste et conseiller de Philippe le Bel. Fut emprisonné et eut ses biens confisqués sous le règne de Louis X, mais retrouva biens et dignités sous Philippe V.
Bourgogne (Agnès de France, duchesse de) (vers 1268-vers 1325). Dernière des onze enfants de Saint Louis. Mariée en 1273 à Robert II de Bourgogne. Mère de Hugues V et d'Eudes IV, ducs de Bourgogne, de Marguerite, épouse de Louis X Hutin, roi de Navarre puis de France, et de Jeanne, dite la Boiteuse, épouse de Philippe VI de Valois.
Bourgogne (Blanche de) (vers 1296-1326).
Fille cadette d'Othon VI, comte palatin de Bourgogne, et de Mahaut d'Artois. Mariée en 1307 à Charles de France, troisième fils de Philippe le Bel. Convaincue d'adultère (1314), en même temps que Marguerite de Bourgogne, fut enfermée à Château-Gaillard, puis au château de Gournay, près de Coutances. Après l'annulation de son mariage (1322), elle prit le voile à l'abbaye de Maubuisson où elle mourut.
Bourgogne (Eudes IV, duc de) (vers 1294-1350).
Fils de Robert II, duc de Bourgogne, et d'Agnès de France, fille de Saint Louis. Succéda en mai 1315 à son frère Hugues V. Frère de Marguerite, épouse de Louis X Hutin, de Jeanne, épouse de Philippe de Valois, futur Philippe VI, de Marie, épouse du comte de Bar, et de Blanche, épouse du comte Edouard de Savoie. Marié le 18 juin 1318 à Jeanne, fille aînée de Philippe V (morte en 1347). Bourgogne (Jeanne de France, duchesse de) (1308-1347).
Fille aînée de Philippe V et de Jeanne de Bourgogne. Fiancée en juillet 1316 à Eudes VI, duc de Bourgogne ; mariée en juin 1318.
1576 LES ROIS MA UDITS
Bouville (Hugues III, comte de) (7-1331).
Fils de Hugues II de Bouville et de Marie de Chambly. Chambellan de Philippe le Bel. Il épousa (1293) Marguerite des Barres dont il eut un fils, Charles, qui fut chambellan de Charles V et gouverneur du Dauphiné.
Bretagne (Jean III, dit le Bon, duc de) (1286-1341).
Fils d'Arthur II, duc de Bretagne, auquel il succède en 1312. Marié trois fois, mort sans enfants. Briançon (Geoffroy de).
Conseiller de Philippe le Bel et l'un de ses trésoriers. Fut emprisonné en même temps que Marigny sous le règne de Louis X, mais fut rétabli par Philippe V dans ses possessions et dignités. Brienne (Raoul de) (7-1345).
Comte d'Eu et de Guines. Connétable de France (1330). Lieutenant du roi en Hainaut (1331), en Languedoc et Guyenne (1334). Mort en tournoi,
Brienne (Raoul de) (?-novembre 1350).
Comte d'Eu et de Guines. Fils du précédent, lui succéda dans la charge de connétable. Prisonnier en Angleterre et libéré sur parole par Edouard III, fut décapité sans jugement, par ordre de Jean II, le lendemain de son retour.
Burghersh (Henry de) (1282-1340).
Évêque de Lincoln (1320). Recueillit, avec Orleton, l'abdication d'Edouard II (1327). Négocia la paix avec les Écossais (1328). Succéda à Orleton dans la charge de trésorier (mars 1328). Accompagna Edouard III à Amiens pour l'hommage (1328) en qualité de chancelier. A nouveau trésorier de 1334 à 1337. Accomplit de nombreuses missions diplomatiques en France. Bucy (Simon de).
Ancien chancelier du duc de Normandie. Premier président du Parlement de Paris à partir de 1345.
Caëtani (Francesco) (?-mars 1317).
Neveu de Boniface VIII et créé cardinal par lui en 1295. Impliqué dans une tentative d'envoûtement du roi de France (1316). Mort en Avignon.
LES ROIS MA UDITS
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Capocci (Nicola, cardinal) (7-1368).
Romain. Petit-neveu d'Honoré IV (pape) par sa mère. Docteur en droit. Évêque d'Urgel. Cardinal (1350). Envoyé en mission de négociation entre le roi de France et le roi d'Angleterre par le pape Innocent VI (1356). Mourut à Monte-Falcone le 26 juillet 1368 et fut enterré à Sainte-Marie Majeure.
Caumont.
Membre de la ligue d'Artois en révolte contre la comtesse Mahaut. Cervole (Arnaud de), seigneur de Vélines en Périgord (7-1366). Laïc, se fit attribuer le titre honorifique d'archiprêtre qu'il dut abandonner en 1352. Au service de Jean II à partir de 1351. Promu chevalier en 1355. Blessé à la bataille de Poitiers. Mena ensuite, avec des compagnies de routiers, des chevauchées en Provence, en Nivernais, en Lorraine, et fut tué par un de ses cavaliers en mai 1366.
Chambly (Égidius de) (?-janvier 1326).
Dit également Égidius de Pontoise. Cinquantième abbé de Saint-Denis.
Charles IV, empereur d'Allemagne (1316-1378).
Fils de Jean de Luxembourg, roi de Bohême, dit l'Aveugle, et petit-fils de l'empereur Henri VII. Élevé à la cour de France. Épouse (1329) Blanche de Valois, demi-sour de Philippe VI. Couronné roi de Bohême en 1346 et empereur l'année suivante. Blessé à la bataille de Crécy. Publie (1356) la Bulle d'Or.
Charles IV, roi de France (1294-1er février 1328).
Troisième fils de Philippe IV le Bel et de Jeanne de Champagne. Comte apanagiste de la Marche (1315). Succéda à son frère Philippe V (1322). Marié successivement à Blanche de Bourgogne (1307), Marie de Luxembourg (1322), et Jeanne d'Évreux (1325). Mourut à Vincennes, sans héritier mâle, dernier roi de la lignée des Capétiens directs.
Charles V, roi de France (21 janvier 1338-16 septembre 1380). Fils aîné de Jean II et de Bonne de Luxembourg. Né à Vincennes. Reçoit le titre de Dauphin (1349) après la cession du Dauphiné à la France. Marié (1350) à Jeanne de Bourbon. Chevalier la même année. Lieutenant du roi en Normandie (1355), puis duc de Normandie. Participa à la bataille de Poitiers (1356) et assuma le gouvernement du royaume pendant la captivité de Jean IL
1578 LES ROIS MA UDITS
Devint roi sous le nom de Charles V à la mort de Jean II (1364). Mort le 16 septembre 1380. Inhumé à Saint-Denis.
Charles II, roi de Navarre, dit le Mauvais (1332-1387).
Fils de Philippe d'Évreux et de Jeanne de France, reine de Navarre. Roi à la mort de sa mère. Sacré à Pampelune le 27 juin 1350. Frère de Blanche, deuxième épouse de Philippe VI, et d'Agnès, épouse de Gaston Phoebus, comte de Foix. Marié (1352) à Jeanne de Valois, fille aînée de Jean II. En 1351, nommé par Jean II lieutenant général en Languedoc, charge qui lui fut retirée au profit de Charles d'Espagne qu'il fit assassiner (1354). Mort le 1er janvier 1387. Charles-Martel ou Carlo-Martello, roi titulaire de Hongrie (vers
1273-1296).
Fils aîné de Charles II d'Anjou, dit le Boiteux, roi de Sicile, et de Marie de Hongrie. Neveu de Ladislas IV, roi de Hongrie, et prétendant à sa succession. Roi titulaire de Hongrie de 1291 à sa mort. Père de Clémence de Hongrie, seconde épouse de Louis X, roi de France. Charles-Robert, ou Charobert, ou Caroberto, roi de Hongrie (vers
1290-1342).
Fils du précédent et de Clémence de Habsbourg. Frère de Clémence de Hongrie. Prétendant au trône de Hongrie à la mort de son père (1296), il ne fut reconnu roi qu'en août 1310. Charnay (Geoffroy de) (?-18 mars 1314).
Précepteur de Normandie dans l'Ordre des chevaliers du Temple. Arrêté le 13 octobre 1307, fut condamné et brûlé à Paris.
Châtillon (Gaucher V de), comte de Porcien (vers 1250-1329). Connétable de Champagne (1284), puis de France après Courtrai (1302). Fils de Gaucher IV et d'Isabeau de Villehardouin, dite de Lizines. Assura la victoire de Mons-en-Pévèle. Fit couronner Louis Hutin roi de Navarre à Pampelune (1307). Successivement exécuteur testamentaire de Louis X., Philippe V et Charles IV. Participa à la bataille de Cassel (1328), et mourut l'année suivante ayant occupé la charge de connétable de France sous cinq rois. Il avait épousé Isabelle de Dreux, puis Mélisinde de Vergy, puis Isabeau de Rumigny.
Châtillon (Guy V de), comte de Saint-Pol (?-6 avril 1317).
Second fils de Guy IV et de Mahaut de Brabant, veuve de
LES ROIS MA UDITS
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Robert Ier d'Artois. Grand bouteiller de France de 1296 à sa mort. Épousa (1292) Marie de Bretagne, fille du duc Jean II et de Béatrice d'Angleterre, dont il eut cinq enfants. L'aînée de ses filles, Mahaut, fut la troisième épouse de Charles de Valois.
Châtillon (Guy de), comte de Blois (7-1342).
Fils de Hugues VI de Châtillon, comte de Saint-Pol, et de Béatrix de Dampierre, fille du comte de Flandre. Épouse (1311) Marguerite, fille de Charles de Valois et de Marguerite d'Anjou-Sicile, sour de Philippe VI, roi de France. Leur fils, Charles, fut prétendant à la succession de Bretagne à la mort du duc Jean III.
Châtillon-Saint-Pol (Mahaut de), comtesse de Valois (vers 1293-1358). Fille de Guy de Châtillon-Saint-Pol, grand bouteiller de France et de Marie de Bretagne. Troisième épouse de Charles de Valois (1308).
Cherchemont (Jean de) (7-1328).
Seigneur de Venours en Poitou. Clerc du roi (1318). Chanoine de Notre-Dame de Paris. Chancelier de France de 1320 à la fin du règne de Philippe V. Réintégré dans ces fonctions à partir de novembre 1323.
Clémence de Hongrie, reine de France (vers 1293-12 octobre 1328). Fille de Charles-Martel d'Anjou, roi titulaire de Hongrie, et de Clémence de Habsbourg. Nièce de Charles de Valois par sa première épouse, Marguerite d'Anjou-Sicile. Sour de Charles-Robert, ou Charobert, roi de Hongrie, et de Béatrice, épouse du dauphin de Viennois, Jean II. Épousa Louis X Hutin, roi de France et de Navarre, le 13 août 1315, et fut couronnée avec lui à Reims. Veuve en juin 1316, elle mit au monde en novembre 1316 un fils, Jean Ier. Mourut au Temple. Clément V (Bertrand de Got ou Goth), pape (7-20 avril 1314). Né à Villandraut (Gironde). Fils du chevalier Arnaud Garsias de Got. Archevêque de Bordeaux (1300). Élu pape (1305) pour succéder à Benoît XI. Couronné à Lyon, il fut le premier des papes d'Avignon. Clément VI (Pierre Roger) (1292-1352).
Natif du Limousin. Bénédictin, puis archevêque de Rouen et de Bordeaux. Chancelier de Philippe VI. Cardinal (1337). Élu pape
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en 1342. Acheta à la reine Jeanne de Naples la propriété d'Avignon (1348). Clermont Robert, comte de) (1256-1318).
Dernier fils de Saint Louis et de Marguerite de Provence. Marié, vers 1279, avec Béatrice, fille unique et héritière de Jean, sire de Bourbon. Reconnu sire de Bourbon en 1283. Colonna (Jacques) (7-1318).
Membre de la célèbre famille romaine des Colonna. Créé cardinal en 1278 par Nicolas III. Principal conseiller de la cour romaine sous Nicolas IV. Excommunié par Boniface VIII en 1297 et rétabli dans sa dignité de cardinal en 1306.
Colonna (Pierre).
Neveu du cardinal Jacques Colonna. Créé cardinal par Nicolas IV en 1288. Excommunié par Boniface VIII en 1297 et rétabli dans sa dignité de cardinal en 1306. Colonna (Sciarra).