L'hiver n'est jamais froid au petit café de l'amour

22. Où je comprends que la famille, c’est ce qu’il y a de mieux

22. Où je comprends que la famille, c’est ce qu’il y a

 

de mieux

 

Le lendemain

 

En début d’après-midi, et bien qu’on soit samedi, j’envoie un mail à Agathe. Pour terminer mes mises à jour en avance, et avoir du temps à consacrer au café avant l’ouverture, j’ai travaillé quasiment la moitié de la nuit. Quelques minutes après l’envoi, le nom de ma responsable s’affiche sur mon téléphone. La coïncidence me surprend, puis m’inquiète. Ces derniers jours, je travaille vite pour glaner du temps, et j’espère ne pas avoir commis d’erreur.

— Bonjour, Agathe, dis-je en décrochant. Est-ce que tout va bien ?

L’ombre de M. Thévenot plane sur la conversation. Je l’imagine être allé se plaindre à propos de ses notes coupe-brushing.

— Très bien, dit-elle. Hier, j’ai eu une réunion téléphonique avec les responsables de Paris. J’étais censée attendre lundi pour te l’annoncer, mais je me suis dit que, vu ton investissement de ces derniers mois, tu serais ravie d’avoir la nouvelle en avant-première.

Agathe parle vite. Elle semble surexcitée.

— Les responsables de Paris ?

J’ignorais que mon nom pouvait être cité dans ce genre d’occasions. Agathe les a toujours présentés comme des actionnaires aigris et vénaux.

— Tu nous as montré que tu pouvais travailler vite et efficacement ces dernières semaines. Donc tu vas avoir une promotion.

Immédiatement, je pense à mon portefeuille de clients et l’imagine se surcharger encore. Avec l’ouverture du café et les fêtes qui se profilent, je me demande s’il est raisonnable de faire des heures supplémentaires.

— Tu veux me confier de nouvelles entreprises ?

— Mieux que ça, répond-elle, plus enthousiaste que jamais. Ce que je te propose, c’est un poste d’adjointe.

Le poste que je convoite depuis que j’ai été recrutée par le cabinet… Les battements de mon cœur s’accélèrent tandis que je l’écoute me présenter les détails de cette offre.

— Évidemment, tu ne pourras plus travailler de chez toi, poursuit-elle comme si je venais d’accepter. Mais je te rassure, nous avons prévu de t’installer dans un bureau flambant neuf. Je devrais recevoir les plans dans le courant de la semaine prochaine. On pourra les regarder ensemble.

Elle s’interrompt. Je suppose qu’elle attend une effusion de joie de ma part ou quelque chose du genre.

— C’est tellement…

— … génial ! termine-t-elle pour moi.

Je pensais plutôt à « inattendu ».

— Je savais que tu serais contente. Ça fait quoi ? Des mois, littéralement, que tu me demandes cette promotion, et enfin la voilà !

En réalité, j’attends depuis des années. Je devrais être folle de joie, mais la seule chose qui me vient est un « ça tombe mal », qu’évidemment je garde pour moi.

— Est-ce que le poste est pour maintenant ?

— Pour début janvier. Mais il faudrait que tu passes à l’agence entre Noël et le jour de l’an pour signer ton contrat. C’est bon pour toi ?

Mon cœur cogne dans ma poitrine. Je regarde le café comme si je m’apprêtais à lui dire au revoir.

— C’est parfait, m’entends-je dire.

Mon estomac se noue. Je viens d’obtenir une promotion. Celle que j’espérais. Pourtant, au moment où je raccroche, un poids semble à nouveau alourdir mes épaules.

 

Peu après, Chloé et Élisa arrivent. Ma nièce est ravissante dans un manteau noir à capuche, les cheveux détachés, sans chewing-gum et sans rouge à lèvres criard.

— Salut, les filles !

Chloé repère immédiatement les sacs remplis de décorations, près du sapin.

— La vache ! Quand tu dis qu’on va décorer, tu ne plaisantes pas !

— Autant faire ça bien, tu ne crois pas ?

Un joli sourire sincère illumine son visage poupin.

— Je peux commencer ?

— Bien sûr. Vas-y !

Elle jette son manteau sur une banquette et s’approche des sacs, les yeux remplis d’une joie palpable. Ça me fait plaisir de la voir aussi sereine.

Ma sœur quitte sa veste et la laisse sur le comptoir, dans un geste familier qui me fait chaud au cœur. J’adore l’idée qu’elle passe du temps ici avec moi.

— Je te sers un café ?

— Et ce cappuccino dont tu m’as parlé hier ?

Je suis obligée d’admettre que la machine flambant neuve ne m’a pas encore livré tous ses secrets. Élisa, plus à même de déchiffrer le langage de cet engin du diable, passe derrière le comptoir et commence la préparation de nos boissons, tout en expliquant qu’elle me laissera une note pour m’indiquer la marche à suivre.

— Comment tu vas ? me demande-t-elle quand elle a terminé.

Hier, après le départ de Matthieu, je lui ai envoyé un message. J’avais besoin de parler.

— Je devrais me sentir mal en pensant à mon ex, dis-je. Mais c’est tout l’inverse, je me sens soulagée.

Avant de me coucher, je pensais éprouver des remords. Matthieu a été mon centre d’intérêt pendant plusieurs années. Finalement, les doutes ont cédé leur place à un profond sentiment d’apaisement. Nos routes se sont écartées il y a longtemps et il me fallait l’admettre.

Élisa sourit.

— Alors c’était la bonne décision.

La machine se met en route et une délicieuse odeur de grains moulus nous enveloppe. Élisa retire nos tasses et saupoudre le nuage de crème de cacao en poudre. Elle me tend ma boisson et précise :

— Au moins, maintenant, je peux t’avouer que tu n’avais pas l’air franchement heureuse avec lui.

Je lève les yeux et croise les siens. Puis nous nous mettons à rire, comme nous le faisions plus jeunes quand je trouvais refuge dans sa chambre pour lui raconter mes journées au collège.

— Tu n’aurais pas pu me le dire plus tôt !

Recevoir ce conseil il y a dix ans m’aurait été d’une grande aide.

— Tu crois vraiment que, ne serait-ce qu’il y a un mois, tu l’aurais pris au sérieux ?

Je réfléchis. Elle a raison. Je ne l’aurais pas écoutée. Pire, j’aurais pensé qu’elle ne me comprenait pas. Nous n’étions plus sur la même longueur d’onde, même si aujourd’hui je sais combien c’était absurde.

Chloé se lève et se tourne dans notre direction, les mains sur les hanches.

— Vous comptez boire du café toute la journée ou venir m’aider ?

Élisa et moi échangeons un regard complice. Quand nous étions petites, Madie attendait le week-end pour décorer le sapin du café avec nous. Elle passait des heures à nos côtés, tandis que nous transformions la salle en annexe de l’atelier du Père Noël. Et, quand des clients entraient, elle les faisait patienter. Nous étions sa priorité.

— On arrive tout de suite, dis-je.

Je lance la playlist de Noël que j’ai préparée hier soir et une douce musique emplit le café.

Voilà, c’est parfait !

Cette année, nous allons décorer le café en famille.

Une heure plus tard, la porte du café s’ouvre à nouveau. J’abandonne la guirlande de près de trois mètres de long que je tente d’accrocher au mur, au-dessus des banquettes, et me tourne vers l’entrée. C’est ma colocataire, suivie d’une imposante valise à roulettes.

— Amélia !

— Eh ben ! C’est plutôt sympa, ici !

Je délaisse mes décorations et m’approche pour la prendre dans mes bras, émue qu’elle ait fait la route pour me voir.

— Je ne m’attendais pas à ta visite ! dis-je en relâchant mon étreinte.

— Tu ne croyais quand même pas que j’allais manquer l’occasion de voir à quoi ressemble ce fameux café qui accapare tout ton temps depuis des semaines !

Elle détaille tout ce qui est à portée de ses yeux. Quand elle a fini, elle se tourne vers moi.

— Pas mal.

— Juste « pas mal » ? dit Chloé en approchant.

Toutes deux se toisent. Chacune évalue le look de l’autre. Jean, Stan Smith et sweat à capuche pour Chloé. Jean slim griffé, chemisier en soie et escarpins en cuir pour Amélia.

— Est-ce que tu sers de l’alcool ? me demande Amélia sans lâcher ma nièce du regard.

— Aux clients, non, mais j’ai un vin d’alsace au frais dont tu me diras des nouvelles.

— OK, dit-elle. Cet endroit me plaît encore plus.

Elle adresse un sourire à Chloé, qui le lui rend aussitôt. Élisa et moi nous regardons, comme si nous étions témoins d’une scène surréaliste. Visiblement, aux yeux de Chloé, un regard de biais et une tenue à la mode en disent plus long que les explications interminables dans lesquelles nous nous sommes noyées ces derniers jours.

Je termine les présentations autour d’un verre. Amélia dit à ma sœur qu’elle a souvent entendu parler d’elle, même si c’est complètement faux. Mais mon amie est dotée d’un sens de la relation infaillible. Ce qui explique largement sa réussite en tant que commerciale pour un cabinet d’experts-comptables.

Amélia sirote son vin, accoudée au comptoir, tandis qu’Élisa et Chloé reprennent la décoration du sapin, en fredonnant le refrain de Vive le vent. En leur présence, j’ai l’impression de comprendre enfin ce que l’on appelle les bonheurs simples de la vie. Ces petits moments doux et éphémères qui repaissent les cœurs avides d’amour et remplissent les yeux de poudre étoilée. Et il faut avouer que, depuis que je suis au village, dans ce café, j’en ai vécu beaucoup…

— Tu restes longtemps ? demandé-je à Amélia, bien que je connaisse déjà la réponse.

— Tu sais ce que c’est, dit-elle en regardant sa montre. Je repars dans une heure. Je suis passée entre deux trains pour prendre de tes nouvelles.

Amélia a un emploi du temps à faire frémir un ministre. Pour assurer la représentation du cabinet de renommée nationale pour lequel elle travaille, elle n’est jamais chez nous plus de deux jours d’affilée. Pourtant, chaque fois que j’ai eu besoin d’elle, elle a trouvé le moyen de se rendre disponible. Téléphone, mail, SMS… elle a toujours été là pour moi.

— Et toi, Lili ? Tu comptes rentrer bientôt ?

— Juste près Noël. Agathe m’a téléphoné hier. J’ai obtenu une promotion.

Mon amie me félicite chaleureusement. Elle me pose mille questions sur mon nouveau travail, auxquelles je n’ai pas toujours de réponse. Je m’efforce de me montrer enthousiaste, mais je sais qu’elle n’est pas dupe.

— Quelque chose te retient ici ? demande-t-elle.

Quelque chose…

Ce qui n’était qu’un léger vague à l’âme a pris de la consistance ces dernières heures. Ce qui me retient, c’est un kaléidoscope de visages qui me sont chers : Madie, mon père, ma mère, Élisa et Chloé, Quentin et… Tom.

Pendant que je cherche quoi répondre, mon téléphone vibre sur le comptoir. C’est un message de Tom, justement. Je souris comme une adolescente courtisée par le beau mec du cours de maths.

Toujours OK pour ce soir ? Je passe te prendre vers 20 heures. Fais attention, ils annoncent d’importantes chutes de neige.

Quand je lève les yeux, je croise ceux d’Amélia, suspicieux.

— Tu n’aurais pas oublié de me dire quelque chose ?

Grillée !

Ne me reste plus qu’à lui dévoiler cette partie de l’histoire.

— Il y a peut-être un policier qui vit dans le coin et dont je ne t’ai pas encore parlé.

Un agent zélé, adorable, qui pense à me prévenir d’un épisode neigeux. À demi-mot, j’explique à Amélia notre passé commun. Son penchant pour les coups tordus et l’aveu de son béguin passé.

— Il t’a dit qu’il en pinçait pour toi ? s’écrie-t-elle.

Les visages d’Élisa et de Chloé se tournent dans notre direction. Je vire au rouge écarlate.

— Chut ! dis-je pour l’inviter à la discrétion. C’était il y a longtemps.

— Longtemps… , répète-t-elle sans en croire un mot. Mais vous allez dîner ensemble ce soir. Et, si j’ai bien suivi, vous êtes célibataire, l’un et l’autre.

Je n’aurais jamais dû la tenir informée des derniers déboires de ma vie sentimentale. Sans compter qu’Amélia s’emballe un peu trop vite à mon goût. D’ici quelques jours, je serai de retour à Lyon, alias l’autre bout de la planète. Détail qui anéantit tout espoir de relation durable entre Tom et moi.

— C’est vrai qu’il est devenu… plutôt pas mal, dis-je en tâchant de me montrer neutre.

— Ah oui ?

Mon amie plisse les yeux dangereusement… On croirait un félin aux aguets. Elle soupçonne quelque chose, à juste titre. Je mens outrageusement pour ne pas avoir à m’étendre sur le sujet.

— Il n’y a rien entre nous. C’est juste un repas entre amis.

— Entre amis, bien sûr… Donc je suppose que tu ne verras aucun inconvénient à me fournir un compte rendu détaillé demain à la première heure !

— D’accord, dis-je en souriant. Si ça peut te faire plaisir !

Amélia, qui ne croit pas un mot de cette histoire de relation amicale avec le policier du village, passe le quart d’heure suivant à me conseiller sur le choix de ma tenue. Parce que, selon elle, même un repas avec un ami nécessite que je me mette sur mon trente et un. Elle me recommande d’appliquer une généreuse couche d’anticernes et m’ordonne de coiffer mes boucles blondes.

Le temps passe à toute vitesse jusqu’à l’heure de son départ. J’ai l’impression qu’elle vient tout juste d’arriver, mais son taxi est là, il patiente sur la place du village.

À regret, je dois la laisser filer. J’enfile mon manteau pour la raccompagner. Quand nous arrivons à hauteur de la voiture, le chauffeur prend sa valise et la range dans le coffre.

Amélia se tourne vers moi.

— Si tu décides de rester, prépare-moi une chambre pour le jour où je repasserai.

— Tu n’auras pas cette occasion. Je vais rentrer. Mon travail et le reste de ma vie sont à Lyon.

Elle éclate de rire.

— Quel reste de ta vie ? J’ai l’impression que tout est là.

Mimant la vexation, je lui décoche un regard assassin. Amélia rit de plus belle. Et, sans me laisser le temps de riposter, elle s’approche et m’étreint longuement.

— Tu vas me manquer, murmure-t-elle.

Je ferme les yeux pour profiter de ce moment. Déjà, elle s’écarte.

— Merci d’être venue voir le café. Ça compte beaucoup pour moi.

— Ce fut un plaisir !

Elle grimpe sur la banquette arrière et referme sa portière avant de m’adresser un dernier signe de la main à travers la vitre. La voiture démarre et prend la direction de la sortie du village.

Je soupire. Ce fut si court…

En marchant en direction du café, je remarque qu’il commence à neiger. Une demi-heure plus tard, en regardant à travers les vitres du café, je constate que Tom a raison. Le rideau de flocons qui s’abat sur le village ne laisse planer aucun doute. Il va neiger pour de bon.

Comme j’ai prévu de passer à la déchetterie d’Albertville pour me débarrasser des bâches de peinture déjà chargées dans la camionnette et de tous les cartons et emballages que j’ai remisés à la cuisine, je décide d’accélérer la cadence.

Élisa et Chloé ont fait du bon travail. Le café est superbement décoré. Le sapin est recouvert de boules aux tons rouge et doré, des guirlandes ornent le comptoir et les baies vitrées.

— Vous avez fait du beau boulot, c’est magnifique !

— Il manque encore quelques bougies à installer. On le fera plus tard. C’est plus prudent de rentrer maintenant, déclare ma sœur en regardant la neige s’accumuler.

Élisa et Chloé m’aident à terminer le chargement de la camionnette. Quand nous avons fini, je me repasse à voix haute les derniers détails pour être certaine que tout sera prêt pour la venue de Madie, la semaine prochaine.

La semaine prochaine. Ce sera Noël. Enfin.

Élisa m’observe avec attention et sourit.

— Arrête de stresser. Je suis sûre qu’elle va adorer.

Je l’espère aussi. Mais surtout j’espère que chacun sera aussi heureux que moi à la perspective de passer du temps ensemble. Parce qu’au terme de ces trois semaines j’ai compris que la famille, c’est ce qu’il y a de mieux.

Mon passage à la déchetterie est plus long que prévu. On dirait que la moitié des habitants d’Albertville se sont donné rendez-vous ici.

Quand vient mon tour, la route est déjà couverte d’une épaisse couche de neige. L’employé chargé d’aiguiller les usagers vient à ma rencontre.

— Un coup de main ?

— Ce ne serait pas de refus.

Emmitouflé dans sa tenue orange, il m’aide à vider la camionnette, tout en me faisant la conversation. Il est surpris d’apprendre que je prévois de remonter à Saint-Martin.

— Ce n’est pas très prudent, dit-il en regardant mes pneus.

— J’ai un jeu de chaînes, au cas où.

Comme je n’ai jamais équipé une voiture – sans parler d’une camionnette –, je décide que la meilleure stratégie consiste à quitter la déchetterie au plus vite, avant que la neige ne s’accumule sur la route. Dès que le coffre est vide, je remercie l’employé et me jette au volant de mon engin.

Sur le chemin du retour, la neige s’est considérablement épaissie. Elle colle sur la route comme de la glu. À plusieurs reprises, mes pneus patinent dans les virages et j’entrevois le fossé de bien trop près. Si bien qu’à mi-chemin je n’ai pas d’autre option que de me ranger sur le bas-côté.

Ne manquait plus que ça !

Prête à en découdre avec les éléments, je referme mon vieux manteau et je vais récupérer le jeu de chaînes. Durant quelques minutes, je tente de déchiffrer le mode d’emploi fourni avec. Je finis par admettre que j’ai plus de chances de croiser le Père Noël que de parvenir à équiper mes pneus.

Moi qui pensais avoir le temps de me doucher, me changer, me maquiller et me parfumer avant mon rendez-vous avec Tom !

Après une autre tentative, je finis par renoncer. Déçue, je prends mon téléphone et lui envoie un message.

Je crains qu’il faille remettre notre repas. Je suis coincée sur la route entre Albertville et Saint-Martin. Je vais appeler mon frère pour qu’il m’aide à mettre des chaînes.

Je m’apprête à contacter Quentin, mais la réponse de Tom s’affiche aussitôt.

Ne l’appelle pas. J’arrive.

Je reste une seconde interdite, devant l’écran de mon téléphone. Puis je réalise que Tom va prendre sa voiture, me rejoindre et me voir dans cet état, c’est-à-dire dans la tenue de Cendrillon si sa bonne fée avait oublié de passer la voir.

Non. Non. Non… Penchée sur mon téléphone, je cherche une excuse valable pour le faire changer d’avis. J’envisage toutes les options, quitte à prétendre avoir réussi à mettre ces fichues chaînes moi-même et passer la nuit dans ma camionnette.

Je tape un message à toute vitesse.

C’est inutile ! J’ai réussi à m’équiper. Mais on devrait reporter à demain soir. Avec cette neige, c’est plus prudent.

Je reste immobile devant l’écran de mon téléphone dans l’attente de sa réponse.

Je suis sur la route.

Je blêmis. Non seulement Tom sera là d’ici quelques minutes, mais très vite il va se rendre compte que je lui ai menti. Je dispose donc d’un quart d’heure pour trouver le moyen de mettre ces fichues chaînes.

OceanofPDF.com