L'hiver n'est jamais froid au petit café de l'amour
Extrait
Prologue
Courtney sorenson
Je souris. Marcher dans la rue pour parcourir les quelques centaines de mètres qui me séparent de mon rendez-vous galant est un instant magique. L’euphorie est dans l’air, les papillons virevoltent au creux de mon ventre. Tout est à sa place.
Je pousse la porte du restaurant avec dix minutes de retard, ravie d’avoir mis en pratique le fameux adage : « Il faut savoir se faire désirer. »
Confiante, je m’avance jusqu’à l’hôtesse et lui dis, sans chercher à paraître discrète, puisque je rêve de prononcer ces mots depuis des semaines :
— M. Richardson a réservé une table pour deux.
La jeune femme me sourit poliment, dans son tailleur noir impeccable, et ouvre son cahier. En clair, Derek n’est pas arrivé. Je note dans un coin de ma tête que, la prochaine fois, il me faudra prévoir une demi-heure de plus, dix minutes sont loin d’être suffisantes pour simuler un retard.
Quelques secondes filent, pendant lesquelles je suis suspendue au doigt de l’hôtesse qui glisse sur le cahier des réservations sans paraître trouver ce nom.
Mon cœur s’emballe, et un léger vent de panique souffle sur ce qui me reste de confiance en moi. L’hôtesse finit par lever les yeux dans ma direction, un peu moins souriante et, après un mouvement de tête signifiant « J’espère qu’elle ne me fait pas le coup de la fausse réservation pour avoir une table », elle reprend depuis le début.
Cette fois, elle trouve immédiatement.
— Oh ! C’est pour Derek !
Mon enthousiasme est un peu entamé par l’étincelle qui brille dans son regard. Je me demande un instant pour quelle raison Derek lui semble si familier, avant de renoncer. Rien ne gâchera cette soirée.
— C’est ça, bredouillé-je.
Derek est donc un habitué de cet endroit. Première nouvelle. Mais nous avons beaucoup à apprendre l’un de l’autre. Ce qui est parfait, étant donné qu’aujourd’hui va débuter officiellement notre relation.
Fini le temps de l’anonymat. Les rendez-vous interminables, les promenades au zoo de Portland, les après-midi vélo… Tout ça, c’est pour nous.
L’hôtesse m’entraîne dans l’aile droite de la grande salle du restaurant. Lustres en cristal, nappes bordeaux, moquette noire, tout est à la hauteur de cette soirée. J’ai l’intention de graver chaque détail dans mon cerveau pour m’en souvenir dans quelques années, quand il me faudra expliquer comment Derek et moi avons décidé de transformer notre flirt en une relation en bonne et due forme. Notre histoire est la quintessence d’un conte de fées moderne.
Bientôt, il me présentera à ses proches, qui vivent essentiellement sur la côte Est. Pour la première fois, je rencontrerai ma belle-famille. Opération délicate qui ne m’est pas encore arrivée. Mes précédentes relations n’ont pas été suffisamment sérieuses pour que je franchisse cette étape. Aujourd’hui, je suis prête.
Je m’installe à la table, parfaitement située, nous ménageant assez d’intimité pour discuter de nos projets à venir.
Dix minutes plus tard, le serveur s’approche. Je lui souris poliment et lui explique que j’attends quelqu’un. Dès qu’il s’en va, je me mets à rêvasser. J’imagine l’arrivée de Derek. Parfait dans son costume sur mesure bleu marine.
Il a l’aura de ces hommes sûrs d’eux. Ce je-ne-sais-quoi dans l’attitude qui le rend sexy et attire tous les regards.
Il s’excusera – à moitié seulement – pour son retard, et je me mordrai la lèvre, encore très impressionnée malgré la relation secrète qu’on entretient depuis des semaines. Puis, il regardera la carte et commandera du champagne, ma boisson préférée. Un détail qu’il a sûrement noté dans un coin de sa mémoire pour me préparer quelques surprises savoureuses.
Quand le serveur repasse, m’arrachant à mes douces pensées, je m’oblige à commander à boire.
— Un verre de vin blanc.
Classique mais distingué. Si Derek a ses habitudes ici, mieux vaut que je sois à la hauteur. Il se peut que nous y revenions rapidement.
Peut-être la semaine prochaine. Ou après notre voyage dans les Hamptons, région située au nord-est de l’île de Long Island, à l’autre bout du pays, et qui constitue un petit paradis pour une fille comme moi, qui n’a quasiment connu que l’Oregon.
Cette escapade, Derek me la promet chaque fois qu’il sort de mon lit, encore tout chaud et ensommeillé, avant de se rendre au bureau. En clair, c’est l’équivalent d’une lune de miel, le côté ringard en moins. C’est le genre de voyage dont on peut parler durant des années, jusqu’à ce qu’un autre voyage tout aussi sophistiqué le détrône. Paris, Londres, Saint-Pétersbourg… Nous avons l’embarras du choix. Et, à partir d’aujourd’hui, nous aurons tout le temps de nous organiser.
Ce voyage dans les Hamptons sera le premier d’une longue série. D’ailleurs, pour m’assurer de faire forte impression, j’ai acheté cet après-midi une robe spéciale « Hamptons ». Une folie. Un modèle signé Valentino, qui a nécessité la moitié de mes économies. Un fourreau noir, bien rangé au fond de mon dressing, prêt à intégrer ma valise. Car, ce soir, j’ai l’intention de fixer la date de départ.
Tranquillement, je finis mon verre de vin. Après une demi-heure d’attente supplémentaire, la lumière tamisée et les conversations des autres tables m’irritent. Derek enregistre un total de soixante-deux minutes de retard. J’espère qu’il a prévu de passer la nuit avec moi pour se faire pardonner !
Tandis que mes pensées vagabondent encore vers d’autres projets : emménagement commun, mariage – est-ce que Derek est du genre à se marier ? – et autres joies de la vie à deux, le serveur revient se poster devant moi. Cette fois-ci, je capte son demi-sourire embarrassé.
— Est-ce que vous souhaitez passer commande ? Je peux vous conseiller…
— Merci, le coupé-je poliment. Je préfère attendre mon compagnon.
Il pince les lèvres et s’en va, tandis que je disserte sur le mot « compagnon », que je trouve un brin décalé. Peut-être désuet. Bref, j’entame une analyse sémantique, à la recherche d’un autre mot pour qualifier notre relation. « Ami » est trop impersonnel, « petit ami » puéril. Reste « concubin » que je trouve un peu trop formel. Après moult hésitations, j’opte pour « amoureux ».
Amoureux… La dose de guimauve et de romantisme qu’il faut pour caractériser l’étincelle entre nous. Notre lien si spécial qui est sur le point de passer de l’ombre à la lumière.
Je soupire et lève le doigt pour demander un autre verre. Derek et moi ne nous sommes jamais dit les mots qui scellent deux cœurs pour toujours. Enfin, presque toujours, la tendance étant relativement mauvaise ces dernières décennies. Et j’ignore si c’est le bon moment. « Comment savoir si l’on est réellement amoureuse ? Comment savoir à quel moment le dire ? » Si je me précipite, je risque de ne recueillir, en réponse, qu’un long silence gêné. Quand mon verre arrive, j’en suis là de mes réflexions.
Après dix nouvelles minutes, mes pensées ne sont plus aussi claires que lorsque je suis arrivée et l’élan romantique fait place à l’agacement.
Un coup d’œil à ma montre finit par me décider à lui envoyer un texto. Après tout, je mérite d’être informée de son retard et rassurée sur son arrivée imminente. C’est comme ça qu’on traite son « amoureuse » officielle.
Quand sonnent 22 heures, je n’ai toujours pas de réponse. Le seul changement notable réside dans la performance du compteur qui s’active dans ma tête. Au total, j’attends depuis quatre-vingt-onze minutes. J’admets que c’est mauvais signe. Le serveur aussi. D’ailleurs, il m’explique que, si je ne commande pas maintenant, le cuisinier ne pourra rien me préparer.
Avec un peu de recul, je me dis que c’est à cet instant que j’aurais dû quitter le restaurant. Parce que, devant deux assiettes de gratin de fruits de mer, j’ai du mal à encaisser les coups d’œil des clients assis aux autres tables. Ils se demandent probablement si je ne suis pas atteinte de schizophrénie ou autre pathologie du genre. J’envisage de lever le majeur pour faire taire leurs interrogations, avant de me rappeler que ce type de débordement pourrait nuire à l’image de jeune femme bien éduquée que je travaille depuis des années.
La mort dans l’âme, je termine mon assiette, celle de Derek et une demi-bouteille de vin blanc supplémentaire. Le serveur m’assure que c’est ce qu’il y a de mieux pour accompagner les crustacés. Il pourrait ajouter qu’il convient très bien au lapin aussi.
Quand les dernières tables se vident, un peu après 23 heures, je décide de rentrer. La soirée restera effectivement mémorable pour deux raisons que je n’avais pas envisagées : mon téléphone est resté désespérément silencieux, et mon compte en banque vient de prendre une autre claque – après l’achat de la robe. Cette fois, je crains qu’il n’y survive pas. Je passe sur mon ego bousillé et le regard de compassion que m’adresse l’hôtesse, quand je récupère ma veste, un peu étourdie. C’est le troisième rendez-vous manqué du mois. C’est aussi la goutte de trop.
Une fois dehors, la nuit et sa fraîcheur me font frissonner. Malgré l’heure, je me refuse à rentrer. Je marche sur Madison, sans destination particulière. L’air est bon, et l’ivresse me permet de prendre l’indifférence de Derek avec philosophie.
Enfin… Presque.
La liste de ses défauts, que je me récite mentalement depuis ma sortie du restaurant, est d’une grande aide. J’en suis à « connard égocentrique », quand il daigne m’envoyer un message. À presque minuit, après trois heures trente de silence, j’ai droit à deux lignes d’explication. Sa réunion de pilotage avec Jared s’est éternisée, et il ne pouvait pas demander à s’éclipser sans attirer l’attention. Aux yeux de son associé, Derek est célibataire, donc disponible.
Je songe à partager avec lui sa liste de défauts, mais renonce à lui répondre. Je finis par rentrer chez moi, le moral dans les chaussettes, l’amour-propre aussi.
Une fois dans la cuisine de mon deux-pièces, après avoir payé le taxi, en tarif de nuit – c’est officiel, mon compte en banque vient de décéder — , je n’envisage qu’une chose, délester le congélateur d’un pot de glace triple chocolat. Méthode classique qui a déjà fait ses preuves plus d’une fois depuis que j’ai rencontré Derek. Parce que, au-delà de l’affront que je viens de subir, je sais que le plus dur reste à venir. Derek est mon amant mais aussi mon patron. Détail qui, de toute évidence, ne me permettra pas de le rayer de ma carte mentale une bonne fois pour toutes.
Demain, il me faudra l’affronter.
Le lendemain, j’arrive au bureau avec trente minutes de retard. C’est de bonne guerre. Et c’est le temps qu’il m’a fallu pour étaler la dose de maquillage qui m’assure une apparence humaine ce matin. Alcool, overdose de chocolat et déluge de larmes n’ont jamais été revendiqués par les firmes pharmaceutiques comme étant le cocktail garantissant une mine d’enfer.
Quand je m’installe derrière mon ordinateur, je ne manque pas de jeter un œil du côté du bureau de Derek. Sa porte est grande ouverte. Il m’a forcément entendue arriver.
Pourtant, une heure plus tard, c’est statu quo. Ciao les espoirs fous que j’ai nourris malgré moi ce matin : lui, devant la porte de son bureau, un bouquet de roses à la main, hurlant son amour pour moi, de sorte que chaque employé de chez Routh Protect puisse entendre que je suis la femme de sa vie. Ou encore, lui, en larmes, rampant sur la moquette, me suppliant de lui pardonner sa conduite irrespectueuse de la veille. Les peines de cœur ont toujours eu cette faculté extraordinaire de me faire envisager des scénarios de sauvetage surréalistes. Comme s’il existait une version d’Alerte à Malibu spéciale Courtney en péril, destinée à recoller les morceaux de mon cœur en miettes, une semaine sur deux.
Avachie sur mon bureau, je soupire avant de me rendre à l’évidence : j’ai beaucoup trop misé sur cette relation.
En fin de matinée, mon amant mystérieux, et qui compte le rester, me demande de venir dans son bureau. Rien d’inhabituel en vue, car nous faisons un point chaque vendredi pour préparer la semaine à venir. Je lui demande de patienter dix minutes. Je songe plutôt à cent quatre-vingt-treize minutes, laps de temps durant lequel j’ai attendu, assise à la table du restaurant, sous le regard de clients amusés par la situation, mais je ne veux pas risquer de perdre l’occasion qui m’est donnée d’avoir une vraie conversation avec lui.
Onze minutes plus tard, après avoir avalé ma salive et lissé ma jupe un peu trop courte, j’entre dans la grande pièce baignée de lumière et referme derrière moi.
Derek est occupé à lire un courrier, assis dans son imposant fauteuil en cuir noir. Ma gorge se noue à mesure qu’une foule de détails absurdes me revient en tête. La douceur de ses cheveux, son odeur, sa voix rauque quand il se réveille le matin. Et le contact de sa peau chaude et rugueuse en même temps, quand il se plaque contre moi, brûlant de désir.
L’esprit torturé, je toussote pour m’annoncer. Il lève les yeux et sourit. Après discussion avec moi-même, impliquant des neurones définitivement acquis à sa cause, je décide, d’une part, de me séparer du morceau de mon cerveau aussi faible que corrompu, et, d’autre part, de ne pas lui rendre son sourire. L’image des deux gratins de fruits de mer suffit à me faire garder le cap.
Visiblement amusé de me voir bouder, il m’invite à m’asseoir et me scrute de la tête aux pieds. Ma jupe semble lui plaire.
— Tu m’en veux ? demande-t-il en se mordant la lèvre.
D’habitude, au bureau, il me vouvoie. Je vois dans ce signe une volonté de faire amende honorable. Tandis qu’il attend ma réponse, il m’adresse ce regard que je ne connais que trop bien, celui qui me donne l’impression d’être une pâtisserie qu’on offre à une fille au régime depuis six mois. Mais il ne va pas s’en sortir si facilement ! Ce rendez-vous manqué m’a ouvert les yeux sur la réalité de notre relation. Ça ne peut plus durer comme ça.
— Je t’ai attendu des heures.
L’amertume est perceptible dans ma voix.
— Je sais. Le travail est compliqué en ce moment. Jared songe à développer le réseau d’agences. Il cherche quelqu’un pour prendre en charge la partie opérationnelle. C’est un dossier qu’il veut que nous traitions en priorité.
Il m’adresse un clin d’œil, et c’est tout. Voilà l’unique compensation censée panser l’horrible blessure qu’il m’a infligée, en me laissant l’attendre toute une soirée.
Il enchaîne sur le bilan hebdomadaire. Plus particulièrement sur les réclamations des clients. Routh Protect est une entreprise qui vend des assurances. Elle s’est implantée sur le secteur spécifique des conditions extrêmes. Parce que, comme le dit le slogan, « Quelqu’un doit veiller sur vous, même lorsque vous avez adopté un mode de vie extraordinaire. » Comprendre « déluré et stupide, qu’aucune autre assurance ne veut prendre en charge ». Dans ce cas de figure, les petites lignes qu’on oublie de lire, au bas du contrat, sont aussi nombreuses que les réclamations des clients. Celles qui sont traitées ici, au bureau de Portland.
Je l’interromps, décidée à remettre le sujet sur le tapis.
— Derek, il faut qu’on parle.
Il s’adosse à son siège et tord la bouche en une moue contrariée. Je sais d’avance ce qu’il va dire.
— Plus tard. J’ai une pile de candidatures à étudier.
Il prend cet air indéchiffrable. Celui qui ne me permet pas de savoir ce qui se trame dans sa tête. Celui qui lui a valu d’être à la tête d’une entreprise prospère. Le regard d’un joueur de poker face à son adversaire lors de la finale internationale. Mais aujourd’hui, ça ne prend pas. La partie est sur le point de se terminer.
— Non, maintenant. Je ne peux pas continuer comme ça.
Nos regards restent rivés l’un à l’autre. Lui, dans l’attente de ce que je vais annoncer, et moi, déterminée à clarifier notre relation.
Je veux qu’il entende mon ultimatum : soit on passe à la vitesse supérieure, soit on met un terme à nos rendez-vous.
— Tu veux arrêter ?
Pour ménager mon effet et le mettre face à la situation de crise, je décide de hocher la tête. J’ai besoin qu’il comprenne l’urgence de la situation. Je m’apprête à enchaîner par une réplique bien pensée, qui le pousse à prendre la bonne décision – à savoir, officialiser — , quand la porte s’ouvre brusquement. Un éclat de voix nous parvient. En me tournant, je reconnais Debby et sa voix exaspérante. Une femme trop blonde qui a deux défauts insupportables : elle est la sœur de Jared, l’autre associé de l’entreprise, et l’ex-copine de Derek. Ayant eu de surcroît l’honneur de faire partie des officielles.
— Je savais que je te trouverais là !
Elle s’adresse à lui évidemment. Elle ne gaspille pas sa salive à échanger avec des filles comme moi, parce qu’à ses yeux j’ai également deux défauts insupportables. Le premier est que je me trouve socialement en dessous d’elle ; Debby est responsable marketing dans une entreprise qui vend des vêtements pour enfant. Elle n’est pas assistante, comme je le suis, puisque aucune de mes demandes de promotion n’a abouti. Le deuxième est que je suis du même sexe. Debby est ce genre de femme qui privilégie les contacts avec la gent masculine, qui d’ailleurs le lui rend bien.
Derek m’adresse un regard lourd de sous-entendus. Je dois me taire. S’il y a quelques jours encore ces deux yeux bleus, me fixant avec complicité, me donnaient le sentiment d’être privilégiée, ce matin, ils me font mal.
— Je dérange ? demande Debby d’un air taquin.
Oui, effectivement.
— Non, bien sûr, répond Derek, on avait fini.
Je mets cinq secondes pour comprendre qu’il s’adresse à moi. Mon sang quitte mon visage d’un coup quand je réalise qu’il ne compte pas la faire attendre, le temps pour nous de terminer notre conversation.
Debby s’installe sur ma chaise aussitôt que je suis debout et commence à raconter son week-end, comme si d’un claquement de doigts je venais de disparaître.
J’ai envie de vomir.
Malgré l’étourdissement, je quitte la pièce, faisant comme si elle n’était pas arrivée au mauvais moment. Comme si Derek et moi n’avions rien d’important à nous dire. Nous deux, ce n’est pas si fondamental que ça. C’est même déjà du passé, car Derek n’a pas eu l’air si offusqué que je propose que nous en restions là.
Une fois à mon bureau, je me remets au travail, comme le gentil soldat que je suis. Je réponds au téléphone, tâchant d’ignorer le rire de crécelle de Debby qui ne se gêne pas, elle, pour flirter sur le lieu de travail de Derek.
Le choc est difficile à absorber. Mais je sais, au plus profond de moi, que notre relation ne peut pas se terminer ainsi. Aucun conte de fées n’a prévu que la fille sournoise et trop maquillée s’accapare le prince charmant, et qu’ils vivent heureux avec leurs enfants arrogants, malpolis mais surdoués.
Aucun n’a jamais connu de fin aussi atroce.
OceanofPDF.com
OceanofPDF.com
Vous avez terminé L'hiver n'est jamais froid au petit café de l'amour
Julia Nole