Moon Spell (French Edition)

Blue Blackwell · Chapitre 11 sur 40

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Moon Spell (French Edition)

Chapitre 11

 

 

D avid me paraissait plus imposant que jamais dans l’habitacle de ma petite voiture. Sa présence était écrasante. C’était mon territoire, mon bébé, et il le saturait de son odeur entêtante. Cette voiture, je l’avais entièrement retapée avec mon père. C’était mon sanctuaire, et y voir David était déstabilisant. J’avais l’impression de ne plus avoir aucun endroit où me replier en cas de problème. Et, soyons honnêtes, les problèmes n’allaient pas tarder. Ils avaient même déjà commencé quand David avait refusé de me laisser conduire mon propre véhicule. Il n’avait rien voulu entendre, et j’avais cédé, de guerre lasse, espérant en finir le plus vite possible.

La taille de ma voiture ne le dérangeait pas. Pourtant, il avait l’air d’un géant, ainsi coincé derrière le volant malgré le siège repoussé au maximum. Pire que tout, il profitait de chaque occasion pour me frôler. Mes nerfs étaient mis à rude épreuve.

— Tout va bien, Sarah ?

Son sourire était équivoque. Tout ceci était un jeu, pour lui. C’était un fichu félin qui s’amusait avec une souris avant de la manger. Non, pas un félin. Un loup, me rappelai-je, et je n’étais pas une souris, mais j’étais bien une proie. Dire que j’avais été assez stupide pour penser que ce n’était qu’un humain se servant d’un charme. Ces fichues phéromones m’avaient bien retourné le cerveau, en tout cas. J’aurais dû le comprendre rien qu’en le regardant. Tout chez lui criait le prédateur dangereux. De son air confiant à l’assurance qui guidait chacun de ses pas. Et je m’étais laissée berner parce que je n’en avais jamais rencontré avant lui. J’aurais dû être morte, à l’heure qu’il était.

Je remarquai qu’il me fixait toujours depuis sa question, et je me sentis rougir en hochant la tête. Heureusement, il changea aussitôt de sujet, et la situation aurait presque pu paraître normale pendant un instant.

— Ça fait des années que je n’ai pas conduit de manuelle, dit-il, émerveillé. Ça m’avait manqué. Comment se fait-il que tu en conduises une ?

— Mon père est féru de vieilles voitures. Quand j’ai eu seize ans, au lieu d’investir dans un véhicule neuf et impersonnel, il a préféré investir dans du temps en ma compagnie à retaper sa première voiture et à m’apprendre comment tout fonctionnait.

Je n’avais aucune idée de la raison pour laquelle j’avais raconté ça à David. C’était la vérité. C’était ça, le problème. Je n’avais pas envie de me lancer dans une grande explication de la personne que j’étais et d’où je venais. Ça ne le regardait pas. Nous n’étions pas amis, pas même collègues. C’était mon ennemi, je ne devais pas l’oublier. Pourtant, ces mots m’avaient échappé aussi facilement que s’il m’avait juste ramenée chez moi après un rendez-vous. Et c’était dangereux. Moins il en savait sur moi, mieux je me porterais.

Toujours ces fichues phéromones. Vivement mon appartement.

— C’est surprenant, répondit-il. De nos jours, tout le monde conduit des automatiques. C’est tellement barbant.

— J’aime bien mon vieux tacot.

— Il y a quelque chose de grisant à tenir un manche, hein ?

Je clignai plusieurs fois des yeux. Il devait parler de la voiture. Déesse, faites qu’il parle de la voiture.

Bien sûr qu’il ne parle pas de la voiture, imbécile.

— Je suppose, réagis-je avec un temps de retard, et il eut le culot de se mettre à rire. À vrai dire, je n’ai jamais conduit d’automatique de ma vie.

Le sourire en biais qu’il m’adressa avant de répondre me poussa à redouter le pire.

— J’ai plein de choses à te faire découvrir, alors, dit-il, les derniers relents de son rire tremblant contre la peau nue de mes bras.

Bon sang, ce type était beaucoup trop charmant pour ma santé mentale. Il pouvait dire n’importe quelle ânerie que je fondais quand même. Il fallait que je sorte de cette cage métallique avant de faire une bêtise. Comment étais-je censée fuir un ennemi sur lequel j’avais littéralement envie de me jeter ?

— Détends-toi, Sarah, ajouta-t-il devant mon inconfort. J’adore faire du rentre-dedans pour déstabiliser les gens, mais ce ne sont que des paroles. Je ne suis pas un mauvais bougre, au fond. Promis. J’espère qu’on apprendra à se connaître assez pour que tu me croies.

Je me contentai de hocher la tête, et le reste du trajet se déroula dans un silence pas aussi inconfortable que prévu. Contre toute attente, quelque chose dans l’attitude de David, dans cette désinvolture infinie dont il semblait faire preuve, me détendait. Alors je regardai les maisons défiler, lui indiquant le chemin à chaque carrefour, observant les rues désertes de Rosehill se succéder comme dans un film hollywoodien, dans une sorte de léthargie, envoûtée, vidée par la soirée, trop fatiguée pour continuer à me triturer l’esprit.

Lorsque nous arrivâmes devant mon immeuble, cependant, le silence qui s’étirait devint gênant.

— Eh bien, merci de m’avoir ramenée, dis-je maladroitement pour tenter d’y mettre un terme. Bonne nuit.

— Même pas un dernier verre ?

Je me tournai vers David, prête à le sermonner, mais le feu qui brillait dans ses yeux me stoppa nette dans mon élan. Il était sérieux. Pendant un instant, deux futurs bien différents se déroulèrent devant moi, et je déglutis avec peine. Il était sérieux. Bon sang. Ma respiration se coinçait dans ma gorge. Dans un de ces futurs, j’aurais pu le ramener chez moi, perdre cette fichue virginité qui me pesait comme un manteau de plomb et faire fi de centaines d’années de tradition pour m’envoyer en l’air avec le plus bel homme que j’avais jamais vu.

Dans l’autre, je me rappelais qui il était, qui j’étais, et pourquoi, malgré cette attirance que je ne pouvais expliquer que par sa nature, tout cela ne mènerait jamais nulle part, peu importait à quel point nous en avions tous les deux envie.

— Je ne crois pas que ce serait sage, finis-je par répondre d’une voix enrouée par un désir que je peinais à voiler.

David soutint mon regard en se penchant doucement vers moi. Comme au ralenti, je vis sa main se lever tandis qu’un sourire canaille prenait possession de ses traits. Il me caressa la joue, à peine un frôlement, mais qui suffit à m’électriser tout le corps.

— Qui a décrété que nous devions être sages ?

Tout en soufflant ces mots, il traça une ligne brûlante le long de ma mâchoire avant de descendre délicatement, méticuleusement dans mon cou, puis jusqu’à la naissance de mes seins.

Ma respiration se bloqua dans ma poitrine, la gonflant par la même occasion, et je sentis le regard ardent de David sur ma chair comme s’il me touchait.

— Tu devrais te laisser aller, Sarah.

La manière dont il chuchota mon nom me fit frissonner jusqu’aux orteils. C’était un murmure si rauque, si débordant de besoin et de désir que mon corps rêvait d’y répondre aussitôt. Mon esprit partait dans tous les sens, évaluant le champ des possibles, marchandant avec mes tripes et mon cœur. L’envie ne manquait pas. Mais je ne pouvais pas me lier à David. Déjà, c’était un loup que je connaissais à peine, deux raisons très valables en tant que telles, mais couplées au fait que je serais rattachée à lui pour le restant de mes jours, elles devenaient suicidaires. Pour lui, ce n’était qu’un coup d’un soir. Je représentais un défi, j’étais amusante. Pour moi, c’était fatal, définitif, et potentiellement létal.

— Je crois que tu devrais apprendre à écouter quand une femme te dit non.

Lorsqu’il soupira, son souffle chatouilla ma lèvre comme le plus triste des baisers.

— Tu as raison. Je me suis laissé emporter. Je ne sais pas pourquoi je me comporte ainsi avec toi. Je…

Il soupira à nouveau en reculant. Pourquoi était-il aussi séduisant en admettant que j’avais raison ? Et d’où venait cette légère déception qu’il n’insiste pas ?

— Est-ce qu’on pourrait se revoir demain ? proposa-t-il.

J’entrouvris la bouche, prête à répondre par la négative, prête à être la Sarah habituelle, décidée, forte tête, qui ne se laissait pas impressionner. Et ma détermination mourut quand il baissa le regard sur mes lèvres mi-closes. Quelque chose dans le bleu de ses yeux me faisait vibrer de la plus délicieuse des manières, endormant ma méfiance alors que mon instinct me criait de fuir. Mais j’étais hypnotisée, comme un serpent dansant devant la flûte de son maître. J’observai sa bouche à mon tour, si pleine et si sensuelle que je déglutis avec difficulté tant elle appelait au péché et, pendant une fraction de seconde, je perdis pied. Purement et simplement. Un éclair de plaisir divin me parcourut quand je plaquai mes lèvres contre les siennes dans un baiser brûlant. Un éclair qui aurait dû me remémorer qui j’étais, ce que j’étais, qui il était, mais rien n’y fit.

S’il fut d’abord surpris, David se ressaisit vite et posa une main sur ma nuque pour m’attirer encore plus à lui. Il captura mes lèvres et les embrassa avec plus d’avidité encore que j’en faisais preuve. J’étais pantelante contre lui, peinant à reprendre ma respiration tant je voulais m’imprégner du nectar de sa bouche. C’était décadent. J’avais déjà embrassé auparavant, mais jamais, au grand jamais, je n’avais ressenti une telle fièvre, un tel besoin, comme si David était l’air que j’inspirais après en avoir été privée si longtemps. Je me sentais défaillir.

Il saisit l’un de mes seins et en caressa la pointe à travers le tissu. Je passai à deux doigts de me liquéfier devant l’intensité des sensations. L’interdit avait le goût du paradis. Son mouvement était lent, précis, impitoyable tandis qu’il m’embrassait avec une passion totalement débridée. Ses gestes experts m’arrachèrent un soupir. J’en poussai un second, de frustration, lorsqu’il retira sa main.

Il fit taire mes reproches en m’embrassant à nouveau, fouillant ma bouche avec une gourmandise qui me promettait mille plaisirs si je le laissais la poser ailleurs. Je n’étais pas de taille à lutter. Je ne l’avais jamais été. J’étais vaincue, battue d’avance, plus proche de capituler que je l’avais jamais été. Puis David glissa la main sur ma cuisse et la remonta sur mon bas-ventre, et j’eus besoin de quelques secondes pour comprendre que c’était le dernier moment pour faire marche arrière, qu’il était en train de déboutonner mon jean d’un geste adroit, comme s’il était rompu à l’exercice.

La panique me figea. Je le repoussai des deux mains tout en cherchant mon souffle.

— J’ai fait quelque chose qu’il ne fallait pas ? demanda-t-il, surpris.

Je n’étais jamais allée aussi loin avec quiconque et, même s’il aurait fallu être aveugle pour ne pas voir que j’en mourrais littéralement d’envie, je n’étais pas sûre d’être prête. Et pourtant. Pourtant je brûlais d’aller plus loin, juste un peu plus loin, pour savoir, pour ressentir, pour ne pas toujours devoir être la Sarah trop sage qui prenait les bonnes décisions.

— Je…

Le regard bleu de David vibrait d’un désir impossible à ignorer. Mon bon sens me poussait à fuir, mais mon corps avait faim. Si faim. Faim de David et de tout ce qu’il avait à m’offrir pour calmer mon appétit. Je n’étais pas obligée de passer à l’acte avec lui. Je pouvais… Je pouvais… Je pouvais juste goûter au plaisir. Après tout, je ne serais liée à quelqu’un que si je couchais avec. J’étais capable de résister. Il y avait tant de choses qu’on pouvait faire avant d’en arriver là.

— Sarah ?

Ce fut à nouveau moi qui amorçai le second baiser, encore plus fiévreux que le premier. Je saisis le bas du tee-shirt de David et le remontai pour glisser mes mains sur sa peau brûlante. Oh, oui, j’étais bien décidée à goûter au fruit défendu et à la recracher avant de parvenir au trognon. Pas même la nature de David n’était capable de m’arrêter, à présent. Mais je devais mettre mes limites.

— Je ne coucherai pas avec toi, soufflai-je entre ses lèvres.

Il grogna contre ma bouche et m’embrassa plus passionnément encore. Sa peau était un véritable délice, sa douceur insoutenable. J’explorai chaque courbe de son torse, un muscle après l’autre, sans mettre fin au baiser.

— Tes désirs sont des ordres.

Il me saisit par les hanches, me souleva comme si je ne pesais rien, et je me retrouvai à califourchon sur ses cuisses. Le volant me rentrait dans le bas du dos, mais ça n’avait aucune importance en ce moment : je ne pensais à rien d’autre qu’à David, à son corps et à la force de son désir qui palpitait entre mes jambes.

Je crus mourir de frustration lorsqu’il mit fit au baiser de manière abrupte. Je restai là, pantelante, trempée, à l’observer, le suppliant du regard de revenir à moi.

Je n’eus pas à m’impatienter trop longtemps. David saisit le bas de mon débardeur et le releva d’un coup. Je me retrouvai figée, la poitrine exposée à ses mains.

Un frisson me parcourut lorsque je me demandai ce que je faisais. Je n’avais jamais été aussi loin avec un homme et, même si je lui avais signifié que je ne coucherais pas avec lui, j’étais quand même sur le point de passer plusieurs paliers. Pourtant, tout me paraissait si… naturel. Normal. Sûr.

David attaqua la pointe d’un de mes seins avec sa langue, et toute pensée cohérente déserta mon esprit. Sentir mon mamelon entre ses lèvres était un délicieux supplice. C’était la plus exquise des sensations, la plus agréable des tortures, et je voulais qu’elle ne s’arrête jamais. J’en voulais plus, tout de suite.

J’attrapai sa tête pour l’empêcher de reculer, et il ronronna contre ma peau. C’était magique. Il releva encore plus mon débardeur, me cachant partiellement son doux visage, et je passai les mains dans ses boucles sombres pour le pousser à approfondir ses caresses.

Mon top me bandait les yeux. Je ne voyais plus rien. Je ne pouvais que sentir, et, mes déesses, je n’étais que sensations. Plus il suçait mon mamelon, plus la soif coulait entre mes jambes, impérieuse, impossible à ignorer. Je me frottai à son membre en érection comme si le tissu n’était pas là, entre nous, comme si j’étais née pour ça, pour nous, pour cet instant précis où nous ne ferions plus qu’un. À ce rythme, le pantalon de David serait bientôt aussi trempé de désir que moi. Je savais que j’aurais dû avoir honte. Que mes ancêtres devaient être en train de me maudire. Mais plus rien n’avait d’importance en ce moment en dehors des lèvres de David sur mon corps, de sa peau contre la mienne, de son souffle contre mon cœur. J’en voulais plus, toujours plus malgré mes paroles, et je savais déjà que m’arrêter serait la chose la plus difficile que j’aurais à faire de ma vie.

Je poussai un petit cri lorsqu’il referma les dents autour de la pointe de mon sein. Elles furent rapidement remplacées par sa langue, comme pour calmer la brûlure occasionnée, mais le mal était fait. J’étais si excitée que je redoublai d’efforts sur son entrejambe, ressentant son absence en moi comme un vide douloureux, et j’eus la satisfaction de le sentir gémir contre mon téton tandis qu’il le suçait. Je lâchai un sanglot que je ne reconnus pas. Je ne me reconnaissais pas. J’ignorais que je brûlais d’un tel feu avant de rencontrer David. Qu’étais-je en train de devenir ?

— David, tentai-je de protester sans conviction.

Il plongea la main dans mon jean, trouva aussitôt ma fente à travers ma culotte, et une décharge m’électrisa quand il toucha mon clitoris sous le tissu humide. Je haletai lorsqu’il se mit à décrire des cercles sur mon bouton gonflé de désir. Je ne savais plus si je voulais qu’il s’arrête ou poursuive. J’étais perdue dans les flots d’une passion ballottant mes sens de toutes parts, comme un navire en pleine tempête en proie aux éclairs.

— David, soufflai-je encore, mais d’extase cette fois.

Il écarta ma culotte et glissa deux doigts en moi. Aucun homme jusque-là ne m’avait touchée ainsi, n’avait eu accès à mon intimité. Et David prenait possession de chaque parcelle de mon corps, le faisant totalement sien. Je perdis pied pour de bon et me noyai dans les sensations quand il commença à faire des va-et-vient. Malgré moi, mon corps se mit à tanguer sur ses caresses, trouvant un rythme naturel qui allait me propulser sous peu vers un orgasme inoubliable si nous ne nous arrêtions pas. Et déesse, comme je regrettais qu’il ne s’agisse que de ses doigts. J’en voulais plus. Tellement plus.

Par Hécate, je ne pouvais pas faire ça. Je savais déjà que je ne me contenterais pas d’un simple orgasme donné par sa main. Ce n’était plus qu’une question de secondes. Et je risquais d’abandonner tout bon sens pour le supplier de me prendre ici, dans ma voiture, au mépris de la pudeur. Je frémis à l’idée de le repousser pour m’empaler pour de bon sur son membre en érection. J’avais besoin de le sentir en moi, entier, puissant.

Des hurlements s’élevèrent au loin, et je revins aussitôt à moi. J’étais une sorcière, c’était un loup. Même sans ça, ma magie était menacée.

— Chut, dit-il contre mes lèvres. Ils ne viendront pas, ils montent la garde.

— Je ne peux pas, David, soufflai-je. Je ne dois pas…

— Jouis pour moi, Sarah, dit-il d’une voix irrésistible. C’est tout ce que je te demande. Je veux sentir ton plaisir contre ma langue quand tu prendras ton pied.

Il m’embrassa sur ces mots, un baiser lent et profond qui allait à l’encontre de ses mouvements en moi, et je sentis l’orgasme monter, puissant, impérieux, dévastateur. Le râle qui m’échappa lui arracha un sourire et il augmenta la cadence, m’accompagnant dans la vague sans pitié qui m’assaillait. Je me défis dans ses bras, vaincue, incapable de réfléchir, de bouger, de respirer alors que je manquais d’air.

Il grogna, un bruit si mâle, si intime, que je faillis jouir une deuxième fois en l’entendant. Mais il ralentit petit à petit les mouvements, m’embrassant dans le cou comme pour me ramener à l’instant présent. Et, lorsque ce fut le cas, l’horreur me submergea. J’étais passée à deux doigts de coucher avec lui. Parce qu’il fallait être honnête : s’il avait baissé son pantalon, je me serais empalée sur lui sans l’ombre d’une hésitation. Il n’aurait pas eu un mot à dire. J’aurais fait tout le travail. Et cette pensée était terrifiante.

— C’était une erreur.

Je le repoussai à contrecœur. Il parut surpris. Déçu, aussi.

— Non, dit-il malgré tout d’un ton enroué par le désir. Tu en avais autant envie que moi. J’ai senti ton excitation sur mes doigts, ton corps se cambrer contre ma queue, ton souffle impatient contre ma peau, j’ai senti ton orgasme jusque dans ma bouche, à défaut de le goûter.

Bon sang, était-il obligé de me parler si crûment ? Parce que ça fonctionnait. Je ne luttai même pas quand il se mit à onduler sous mon bassin comme s’il me faisait l’amour.

— Je ne te forcerai jamais à faire quelque chose que tu ne veux pas, Sarah. Mais il est là, le problème. Tu me veux, affirma-t-il en appuyant mes fesses plus fermement contre la bosse dans son pantalon, marquant une pause douloureuse dans ses mouvements. Au moins autant que je te veux. Et je te veux à en devenir fou. Je t’ai voulue dès l’instant où je t’ai vue, Sarah.

Il recommença à onduler du bassin et, déesse, je sentis un second orgasme monter tant la friction était divine.

— Ce n’est qu’une question de temps avant que ma queue ne se retrouve exactement là où elle doit être, Sarah. Partout où elle doit être.

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