Moon Spell (French Edition)

Blue Blackwell · Chapitre 15 sur 40

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Moon Spell (French Edition)

Chapitre 15

 

 

J e venais d’attraper mon téléphone pour appeler David lorsqu’il se mit à sonner dans ma main. Je fis un bond si monumental que mon chat

sursauta également avant de me miauler son mécontentement. Hé, j’aurais bien voulu le voir à ma place, il aurait moins fait le malin s’il avait dû collaborer avec un chien.

— Salut, Ash, dis-je en décrochant.

— Sarah ! Je n’ai pas eu le temps de passer te dire au revoir avant de partir. J’ai fait mes valises à l’arrache et… tu me connais, quoi. Tu devais être bien occupée, de toute façon, non ?

Pendant un instant, je rougis jusqu’aux racines en pensant qu’elle m’avait aperçue avec David dans ma voiture, puis je me souvins qu’elle était déjà partie au moment des faits. Elle parlait de la couverture du meurtre de Charlotte, à la fête de Martha.

— J’aimerais te dire que c’est du jamais vu à Rosehill, mais vu les derniers mois…

— Mince, un partenaire m’appelle ! lança-t-elle. Je dois te laisser. C’est toujours bon pour que tu ailles arroser mes plantes ?

— T’inquiète, aucun décès végétal ne sera à déplorer durant ton absence. File.

— T’es la meilleure. À bientôt !

— Pas de bêtises à LA.

— Jamais, tu me connais.

— C’est bien le problème.

Elle rit et raccrocha, et je restai quelques instants à fixer mon téléphone comme si le diable en personne allait m’appeler. Mais comme il n’en fit rien, je me résolus à composer moi-même son numéro.

— Princesse, quel plaisir.

— Tu as drogué mon meilleur ami.

— Moi ? demanda-t-il d’un ton faussement outré. Tu dois me confondre avec un loup moins séduisant.

— Dois-je comprendre que tu as demandé à ton larbin de le faire pour toi ?

Il ne répondit pas, ce que je pris pour un assentiment.

— Que me vaut cet appel, princesse ?

— Tu as drogué mon meilleur ami, répétai-je. C’était inconsidéré au mieux, suicidaire au pire.

— Tu comptes me suicider ?

— Ne me donne pas d’idées. Où t’es-tu procuré cette potion ? Les sorts au rabais peuvent entraîner la mort.

Je l’entendis siffler, ce qui me fit plus que suspecter qu’ils avaient eux-mêmes concocté ledit sort. Quelle bande d’inconscients !

— Ton ami est mort ?

— Non. Il vomit tripes et boyaux depuis deux jours et il n’a aucun souvenir de la soirée.

— Tout va bien, alors.

— Non, tout ne va pas bien, David. Vous auriez pu le tuer, avec vos conneries, m’emportai-je.

— Mais ce n’est pas le cas, trancha-t-il d’un ton impérieux qui devait faire des merveilles sur les gens plus impressionnables. Tu as réfléchi à ma proposition ?

J’évacuai ma frustration en soupirant vivement. Il ne ressentirait même pas une once de culpabilité à l’idée d’avoir rendu Jim malade comme un chien. Et pourquoi serait-ce le cas ? C’était une saleté de loup. Ils n’avaient aucune morale, aucune compassion. Je ne devais pas l’oublier.

Je choisis mes mots avec soin.

— J’ai eu l’aval de ma supérieure.

Hors de question de lui laisser penser que j’en avais la moindre envie.

— Merveilleux, répondit-il. J’étais en chemin pour aller la voir.

Ah oui. Elle lui avait dit de passer. J’avais déjà oublié. J’aurais adoré être une mouche pour espionner la conversation. Malheureusement, j’allais devoir me contenter des réponses évasives que l’un comme l’autre ne manquerait pas de me donner si je les cuisinais sur l’entrevue. Ça risquait fortement de dégénérer, mais je ne m’inquiétais pas pour ma prêtresse. À la mairie, en plein jour, David n’oserait rien faire.

— Comment veux-tu procéder ? demandai-je.

— Hmm…

Un frisson me parcourut en entendant ce son si masculin. Il avait produit exactement le même lorsque nous…

Reviens à toi, me sermonnai-je.

— Que dirais-tu que je passe chez toi ce soir avec le dîner ?

— David, grognai-je.

— Pour discuter, ajouta-t-il aussitôt.

— Que vient faire un dîner là-dedans, dans ce cas ?

— Nous devons apprendre à nous faire confiance. Chez nous, partager un repas est un signe de confiance. Allez, Sarah. Je n’essaierai rien. Même si je rêve encore d’hier soir, tu peux me faire confiance.

Je savais que j’aurais dû refuser. Et, pourtant, je n’en fis rien. J’avais une petite idée derrière la tête, bien sûr, et ce serait l’occasion rêvée pour la mettre en pratique.

— D’accord, répondis-je. Dix-neuf heures. Tu ne tentes rien. On parle et on dîne. Puis tu rentres chez toi.

— Promis, Sarah.

— Et tu me donnes tous les sorts qu’il te reste.

Il hésita un instant, mais grogna son assentiment avant de raccrocher.

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