Moon Spell (French Edition)

Blue Blackwell · Chapitre 37 sur 40

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Moon Spell (French Edition)

Chapitre 37

 

D avid ne mit que quelques minutes à se réveiller, mais, par Hécate, ce furent les plus longues de toute ma vie. Il grogna doucement, les paupières fermées, et se passa une main sur le visage. Lorsqu’il ouvrit les yeux et les cligna quelques fois avant de les plonger dans les miens, je m’autorisai à pousser le soupir que je retenais.

Je sentis une douce chaleur m’envahir, une énergie électrique qui circulait dans mes veines et faisait vibrer chaque cellule de mon corps. Il allait bien. Il s’en sortirait, comme Virginia l’avait promis. Et il se remettait vite, le bougre. Il était déjà en train de se redresser.

— Salut, la Belle au bois dormant. Bien dormi ?

Il m’observa d’un air étrange. Ses yeux étaient l’incarnation de la force et de la puissance, mais j’y lisais aussi de la tendresse et de la bienveillance, une combinaison paradoxale qui me laissa la gorge sèche après avoir parlé.

— Je croyais que c’était toi, la princesse, dans cette relation.

Je cachai ma surprise et l’aidai à terminer de se redresser, faisant de mon mieux pour ignorer qu’il était nu comme un ver et que sa peau était la plus douce des soies sur laquelle j’avais jamais promené les doigts.

— Que s’est-il passé ? demanda-t-il d’une voix endolorie.

Il porta aussitôt la main à ses côtes, là où Virginia l’avait soigné. Il n’avait pas la moindre marque, mais je ne doutais pas qu’il avait des séquelles.

— Oh, rien de spécial. Tu t’es fait poignarder par un shérif psychopathe qui bouffe de la magie noire au petit-déjeuner, l’agente spéciale du FBI t’a sauvé la vie avec sa magie d’eau, et maintenant tu es nu dans une salle d’interrogatoire. Tu sais, la routine.

Le retour de son sourire canaille m’indiqua qu’il allait aussi bien qu’il pouvait aller vu les circonstances.

— Et tu t’es rincé l’œil pendant que j’étais inconscient au lieu de me trouver des habits ?

— J’étais trop inquiète pour me rincer l’œil, répondis-je d’un ton bien plus sérieux que je l’aurais souhaité.

Il m’écouta attentivement lui résumer ma conversation avec Virginia, son sauvetage, ainsi que l’affrontement avec Dwight.

— Je comprends mieux ton nouveau brushing, dit-il en passant une main dans mes cheveux lorsque j’eus fini.

Je relevai un regard horrifié vers le miroir sans tain de la salle d’interrogatoire et croisai mon reflet pour la première fois. Et le constat fut… alarmant. Des mèches roses partaient dans tous les sens. On aurait dit qu’une coiffeuse un peu trop zélée m’avait fait un brushing digne des années 60 en se ratant lamentablement. Quant à mes habits… Ils ne ressemblaient plus à rien. Ils étaient déchirés de partout. J’allais devoir me changer au plus vite, sans quoi David et moi risquions de devoir aller sauver Sharon en tenue d’Adam et Eve.

— On devrait se dépêcher, dis-je en me relevant. On a une heure pour aller récupérer des sorts et être prêts à intervenir en cas de besoin. Et j’ai le sale pressentiment qu’on en aura besoin.

Lorsque David fit mine de se lever, sa nudité m’apparut dans toute sa splendeur.

— Tu as des habits quelque part ? Je ne voudrais pas que tu te fasses arrêter pour exhibitionnisme.

— Dans ma voiture, confirma-t-il avec un sourire en coin. Il ne reste plus qu’à espérer qu’on ne tombe pas sur un flic d’ici à ce que je l’atteigne.

— On est dans un commissariat.

Il haussa les épaules dans un geste charmant qui secoua suffisamment son service trois pièces pour me faire loucher, et je quittai la salle avant qu’il ne s’en aperçoive.

Contre toute attente, la Déesse était de notre côté et nous ne croisâmes pas de flic en ressortant par là où j’étais entrée moins d’une heure plus tôt. David enfila un pantalon de survêt et un tee-shirt blanc et me rejoignit dans la voiture. Je démarrai en trombe. Les rues étaient désertes à cette heure tardive, et seul le ronronnement du moteur brisait le silence ambiant. La ville se déroula devant nous, calme et bien trop sombre malgré la présence des lampadaires. Comme si quelque chose pesait dans l’atmosphère et noircissait tout. Même les maisons de brique rouge et les parcs verdoyants semblaient glauques. Le danger planait dans l’air, et l’urgence de la situation me fit appuyer sur le champignon un peu plus que de raison.

Nous arrivâmes enfin à mon appartement. Je n’attendis pas et commençai à jeter différentes affaires dans un sac, quelques armes, tout ce qui me tombait sous la main et pouvait avoir la moindre utilité si Virginia ne m’appelait pas dans… Je vérifiais ma montre. Une demi-heure.

Je fouillai mon placard et en sortis une dague en argent, une potion de sommeil et une de guérison. C’était le mieux que j’avais à disposition, et comme je n’avais plus aucun jus, je ne serais pas en mesure d’en concocter une autre. Quelle merde.

— Une plume ? me demanda David avec un air interrogateur.

— Je suis une sorcière d’air. C’est un catalyseur comme un autre.

Il éclata d’un rire si franc et si incongru vu la situation qu’un sourire me mangea le visage.

— Tu vas combattre un type qui se sert de magie noire avec une plume ? demanda-t-il, hilare.

— Hé, je ne me moque pas de tes poils, ne te moque pas de mes plumes, rétorquai-je avec un franc manque de sérieux. Et si tu as une meilleure idée, n’hésite pas à partager, le loup.

David réfléchit un instant.

— Je ne sais pas. J’aurais pensé à des potions pour neutraliser sa magie noire, un sort de confusion, quelque chose qui le désorienterait, précisa-t-il avant de marquer une pause. Mais si tu penses qu’une plume fera l’affaire, je te fais confiance. C’est toi l’experte.

Je lui tirai la langue pour toute réponse, ce qui lui arracha un nouveau sourire tandis qu’il m’étudiait. Puis quelque chose changea dans l’air entre nous. Il se chargea d’une tension montant graduellement, comme une tempête de foudre en approche. Si j’avais écouté mon corps, j’aurais foncé sur David à ce moment précis. Quand il me souriait, en m’observant avec ces yeux-là, rongés de désir et d’affection. Pourtant, je restai figée, à deux mètres de lui, une plume à la main. La présence de David, rassurante, mais ô combien excitante, était aussi attirante qu’effrayante. Chacun de ses mouvements, chacun de ses regards, chacun de ses souffles me mettait dans un état de tension insoutenable. Son regard me faisait l’effet d’une caresse, et je dus lutter pour ne pas perdre pied. J’avais l’impression qu’une flamme brûlait, vive, dans ma poitrine, consumant tout sur son passage.

— Je vais aller me changer, annonçai-je en me dirigeant vers ma chambre.

Je n’attendis aucune réponse et filai dans mon sanctuaire, dont je claquai la porte avant de m’y appuyer. Mon cœur battait à tout rompre. J’avais vraiment besoin de remettre de l’ordre dans mes idées. Mais c’était si difficile quand David était dans les parages. Voilà pourquoi je lui avais demandé de prendre ses distances. Pour me ressaisir. Et il avait accepté. Il n’avait même pas insisté pour me retenir, alors qu’il aurait pu.

Je secouai la tête pour me vider l’esprit et me mordis la langue pour m’empêcher de l’appeler. Puis je croisai à nouveau mon regard dans une glace et soupirai devant les dégâts. Je commençais à retirer mes vêtements quand il frappa à la porte.

— Sarah ?

Je frissonnai en entendant mon nom.

— J’ai demandé à ma meute de venir. Une partie de mes hommes se rend déjà au manoir pendant que l’autre reste ici pour surveiller et sécuriser les alentours. Ils viennent d’arriver. Je vais leur parler et je reviens. Je n’en ai que pour quelques minutes.

Je dus lutter pour ne pas répondre tout de suite. La vérité, c’était que je ne voulais pas qu’il s’en aille, pas même une seconde. Pas après avoir cru le perdre tout à l’heure. Mais je savais qu’il ne risquait rien, moi non plus, et que cette réaction était disproportionnée.

— Sarah ? insista-t-il.

J’ouvris la porte.

Il coula un regard brûlant le long de mon corps, s’arrêtant sans la moindre gêne sur chacune de mes courbes exposées pour les détailler avec une envie que je n’imaginais pas. J’avais failli le perdre, et cette idée m’avait rendue folle, bon sang.

Lorsqu’il remonta enfin les yeux vers moi, je dis au revoir à la dernière trace de bon sens qu’il me restait, l’attrapai par le cou et l’attirai à moi pour l’embrasser. Il sursauta, mais ne résista pas. Lorsqu’il me plaqua contre la porte avant de me soulever, j’enroulai les jambes autour de sa taille, me frottant avec délice à son membre imposant déjà en érection sans mettre fin au baiser. Mais ce n’était pas assez. Je n’étais pas assez près, pas assez collée à sa peau. J’avais besoin de fusionner avec lui.

— David…

— Sarah, me sermonna-t-il avant de toutefois m’embrasser à nouveau.

Il savait. Il savait ce que je voulais. Et je n’étais pas dupe. Il le voulait aussi.

— Ton coven…

— Sharon m’a pratiquement déjà excommuniée tout à l’heure, soufflai-je entre deux baisers.

Il grogna en retour, comprenant. Lui. C’était lui que je voulais. Maintenant.

— Tu es sûre ? insista-t-il, le souffle court. Ton pouvoir…

Mon pouvoir… Mon pouvoir total serait débloqué si nous couchions ensemble et, si Dwight libérait Belzébuth dans le monde ce soir… eh bien, tant mieux, je suppose. Si je mourais demain, je pourrais au moins me battre jusqu’à mon dernier souffle et n’avoir aucun regret.

— Je suis sûre, soufflai-je. J’ai envie de toi, David.

Je le sentis durcir en réponse, et je me liquéfiai. Encore plus lorsqu’il remonta une main possessive le long de mes fesses, de mes hanches, puis de mes seins, m’électrisant sur son passage. Quand il atteignit ma joue, j’étais déjà prête à le recevoir. Au lieu de le lui dire, je le laissai m’attraper par les cheveux et m’embrasser fiévreusement, approfondir le baiser encore et encore, me faisant perdre l’esprit.

Alors que je n’en pouvais plus d’impatience, David me reposa et s’éloigna de quelques pas. Je le dévisageai, surprise, me sentant soudain mise à nu sous son regard scrutateur.

— Tu es pleine de saletés, dit-il en soulevant mon menton d’une main, un léger sourire aux lèvres. Va te doucher.

J’ouvris la bouche pour protester, mais il me fit taire d’un doigt autoritaire contre mes lèvres encore gonflées de nos baisers.

— D’abord la douche, sorcière. Je dois aller parler à mes loups.

Il allait me tuer. Pour de bon. Mais je n’avais jamais été aussi décidée de toute ma vie.

— Prends-moi, lui ordonnai-je d’une voix assurée que je ne reconnus pas.

Une ombre voila son regard. Il exhala. Il luttait pour ne pas céder, ne pas obéir à un de mes ordres, pourtant il en avait envie. Je n’allais pas m’arrêter en si bon chemin.

Je fis glisser les bretelles de mon soutien-gorge et le baissai pour libérer mes seins sans quitter David des yeux.

Il s’appuya contre le mur et sourit, attendant la suite du spectacle. Mais dire que l’assurance que je ressentais n’empêchait pas la timidité de faire trembler mes mains aurait été un gros mensonge.

— Tu veux jouer, Sarah ? me demanda-t-il d’un ton provocateur.

J’acquiesçai en me mordillant la lèvre pour qu’elle ne tressaille pas.

— Douche-toi.

— Prends-moi, répétai-je.

Il grogna pour toute réponse et, cédant, m’attira à lui en tirant sur l’élastique de mon tanga en dentelle noire. Je me retrouvai collée tout contre lui, affamée de désir.

Il retira mon soutien-gorge d’un geste expert et le laissa tomber au sol, puis ma culotte suivit le même chemin. Il ne me quitta pas une seconde des yeux, et, bon sang, ce que j’y lus me glaça non pas d’effroi, mais d’anticipation. Son regard me promettait mille supplices plus délicieux les uns que les autres si je voulais bien me plier à sa volonté. Mais je ne voulais pas. Je voulais qu’il me prenne, là, maintenant, tout de suite.

Il me saisit soudain par les fesses pour me soulever, un large sourire sur son visage trop parfait. Puis il me porta jusqu’à la salle de bain et me déposa dans la cabine de douche. J’arrivai à mi-chemin entre l’hilarité et la contrariété, mais le premier prenait le pas sur la deuxième.

J’étais sur le point de protester quand il retira son tee-shirt, et je perdis mon souffle. Je venais de le voir nu pendant de longues minutes, au commissariat, et pourtant, c’était comme si mon cerveau avait déjà oublié la beauté sans pareille de son corps. Je mourais d’envie de lécher chaque centimètre de sa peau dorée. Chacun de ses muscles était taillé avec précision, témoignant de sa force et de son agilité, et ses épaules, larges et puissantes, tout comme son torse, auraient donné des rêves de gloire à un sculpteur. En le regardant, je ne pouvais m’empêcher de faire le parallèle avec toutes les statues de dieux que j’avais croisées au cours de ma vie. Il était à couper le souffle.

Je tendis la main pour atteindre son pantalon, mais David m’interrompit. Il me poussa délicatement sous la douche et actionna l’eau. Cette dernière, d’abord glacée, m’arracha un sursaut ainsi qu’un juron, ce qui le fit sourire, mais les jets brûlants se mirent bientôt à rouler sur ma peau tout aussi brûlante. Ce fut à cet instant qu’il décida de retirer son pantalon et, ô Déesse, cesserais-je un jour d’être abasourdie par la beauté sans pareille de cet homme ?

Son érection jaillit à l’air libre, prête au combat, et je déglutis d’envie. David lâcha un râle de satisfaction en me voyant faire, et je passai à deux doigts de me ruer sur lui sans autre forme de procès lorsqu’il promena sa langue sur ses lèvres pleines. Il semblait aussi affamé que je l’étais.

Je me collai à lui quand il entra finalement dans la cabine de douche, mais il me repoussa à nouveau, amusé.

— Bon sang, David ! pestai-je.

J’en aurais pleuré de frustration.

— Quelle impatience, femme ! se défendit-il en riant.

Il attrapa mon éponge rose comme s’il avait déjà effectué ce geste mille fois et y versa du gel douche. Puis, après m’avoir saisie par la taille et m’avoir retournée d’un mouvement gentiment brusque face au mur, il se mit à me savonner le dos de manière tendre. Bon sang, il avait décidé de faire durer le supplice.

— Tu vas me rendre dingue, grognai-je tandis qu’il nettoyait mes épaules.

Il rit derrière moi.

— Patience, Sarah. Tu as besoin d’une douche. Et il est hors de question que ta première fois se passe à la va-vite sous une douche.

— Monsieur serait-il un romantique ? Ce n’est pas l’impression que tu m’avais donnée, le provoquai-je en frottant mes fesses contre érection.

— Vilaine petite sorcière, me gronda-t-il en plaquant mes reins contre son bas-ventre pour m’empêcher de bouger.

Mais j’étais encore plus près de ce que je convoitais, dans cette position, et il le sentit aussi bien que moi.

— Tu mériterais une fessée.

Je gémis pour toute réponse, et sa paume claqua dans un bruit humide contre mon derrière rebondi. Je hoquetai de surprise et de plaisir mêlés.

— Encore, soupirai-je.

Peu importe ce qu’il faisait tant que j’avais ses mains sur moi. Il ne se fit pas prier. Le deuxième coup fut plus fort que le premier, et je mouillai encore plus. Je sentis son membre puissant contre la raie de mes fesses la seconde suivante.

— Tu vas me rendre fou, Sarah. Mais ne t’en fais pas, je serai doux.

— S’il te plaît, non.

Il grogna contre ma nuque. Mon derrière rencontra son membre dur lorsque je m’arcboutai et je me frottai contre lui. J’étais liquéfiée de désir et je le masturbai sans gêne avec mes fesses. Ce contact prolongé lui arracha un gémissement sourd qui fit mon bonheur. Je voulais en entendre davantage comme celui-là.

— Prends-moi, le suppliai-je, haletante. Je ne peux plus attendre.

Il écarta mes fesses, et sa main partit à la recherche de mon intimité, dans laquelle il enfonça deux doigts. Je couinai de délice. Il se mit à me pilonner avec force, allant contre sa promesse précédente de se montrer doux, et j’imprimai instinctivement le même rythme, me propulsant contre sa main impitoyable. Le plaisir monta.

— David…

Il retira ses doigts, et je sentis le bout si soyeux de son gland presser contre ma fente.

— Moi qui voulais te savonner avec tendresse…

Il me retourna d’un coup pour lui faire face et m’embrassa profondément. Puis il me souleva et…

Me sortit de la douche pour m’emmener sur mon lit.

— Merde, soufflai-je en rigolant à moitié. Tu es vraiment un romantique.

— Tu es sûre de toi ? demanda-t-il d’une voix vibrante dont le sérieux me ramena aussitôt au présent.

Sûre de moi ? Oui, plus que jamais, et, à la fois… La peur se mêlait à l’excitation. J’étais impatiente de connaître toutes les sensations d’une véritable union avec un homme qui me plaisait au-delà des mots et, en même temps, terrifiée par ce que la libération de mes pouvoirs allait signifier. Je me sentais si vulnérable à l’idée de devenir dépendante de David, à l’idée qu’il puisse se lasser un jour et de perdre le contrôle… Ce moment créerait un lien fort entre nous, étais-je réellement prête pour ça ?

— Oui, soufflai-je.

C’était une réponse à sa question et la mienne. Oui, j’étais sûre de moi. J’étais sûre de vouloir coucher avec lui. Malgré ma peur, il n’y avait aucun doute dans mon esprit. Je ne pourrais jamais maîtriser les retombées, mais, s’il me quittait, j’aurais au moins le pouvoir d’arrêter Dwight si les choses en venaient là. Mais la vraie raison, c’était que j’étais prête. Prête à découvrir ce que partager cette intimité avec David signifiait. Prête à vivre cette expérience, enfin, à prendre tous les risques que cela impliquait et, si ça voulait dire perdre une petite partie de moi pour en gagner une plus grande, eh bien, ainsi soit-il. Je savais que cette décision changerait ma vie de manière irréversible, mais j’étais prête à en assumer les conséquences. J’avais confiance en David.

— Oui, répétai-je.

Il me pénétra du bout du membre et se figea presque aussitôt, à peine en moi de quelques courts centimètres. Je crus d’abord que c’était sa propre appréhension, ses propres peurs qui le faisaient s’arrêter, mais ce qu’il chuchota ensuite me rassura.

— Mon Dieu, Sarah. C’est si bon, tu vas me tuer.

Il souleva ma jambe pour s’enfoncer un peu plus, et je me sentis défaillir. C’était le moment. J’y étais. Et c’était divin. Une douce torpeur s’insinua en même temps que lui, et je me laissai aller à mes sensations, la douleur se transformant rapidement en plaisir tel que je faillis pleurer de bonheur. J’avais l’impression que nous ne formions plus qu’un et, lorsqu’il se mit à bouger en moi, le plaisir augmenta, encore et encore, implacable, jusqu’à ce que je ne sois plus que halètement et cris.

Un mélange de chaleur et de froid remonta de la pointe de mes pieds au sommet de ma tête, comme si une énergie mystérieuse s’infiltrait en moi, m’emplissant d’un sentiment que je n’avais jamais connu auparavant à mesure que David m’emplissait de lui. Je me sentais à la fois légère et lourde, comme si je flottais dans les airs tout en étant ancrée au sol sous le corps de David. Des picotements électriques commencèrent à faire crépiter ma peau et vibrer chaque fibre de mon être.

Je fermai les yeux et laissai cette énergie mystérieuse me traverser. Je me sentais vivante comme jamais auparavant. Plus forte. Plus redoutable. J’inspirai, me perdant dans l’odeur musquée de David qui gémissait contre moi, puis écartai les bras comme une fleur s’épanouissant au soleil. Chacun de mes pores semblait pulser d’une vivacité nouvelle, comme si un torrent de magie parcourait désormais mon être tout entier. J’avais l’impression d’avoir été transformée en tempête de pouvoir, en ouragan se déchaînant avec une puissance indomptable. Et, au cœur de cette tempête, se trouvait David, ma force, mon tout. Je savais que notre union avait déclenché cette vague et je me sentais prête à tout. Pour lui. Pour moi. Pour nous.

J’ignore combien de temps s’était écoulé et le nombre de positions que nous avions essayées lorsque je criai son nom. Je n’étais plus que sensations et je ne voyais rien en dehors de la bulle de son corps se fondant dans le mien.

Il sortit d’un coup sec, et je me sentis plus vide que jamais.

J’allais protester lorsqu’il me retourna vivement et me plaqua au matelas trempé tant par la douche que par la sueur.

— Je veux te voir pendant que tu jouis, Sarah.

Je faillis défaillir lorsqu’il s’enfonça à nouveau en moi. J’enroulai les jambes autour de sa taille pour l’attirer encore plus près, encore plus profondément. Il me pénétra de toute sa longueur, sans rien retenir, et je crus mourir de plaisir. Il accéléra ses va-et-vient, allant de plus en plus loin, de plus en plus vite, et glissa une main entre nous pour caresser mon clitoris. Je décollai pour de bon. Mes gémissements se transformèrent en hurlements tandis que je me sentais exploser. De magie. De délice. D’infini.

— David ! hoquetai-je lorsque l’orgasme me percuta de plein fouet.

Je me décomposai entre ses bras. Le plaisir me submergea et me ravagea. David me lança un regard empli de désir brut. Il accéléra encore ses coups de boutoir avant de mieux ralentir pour leur donner plus d’ampleur. Puis ses yeux se voilèrent et il plaqua ses lèvres contre les miennes. Il me baisa sauvagement, sans plus aucune retenue, grondant son extase dans ma bouche. Je faillis jouir une deuxième fois en entendant ce son et, le remarquant, il s’appropria à nouveau mon clitoris et le malaxa jusqu’à m’arracher un nouvel orgasme. J’étais encore en train de gémir lorsqu’il finit de se vider en moi et retomba contre ma poitrine, inerte.

Je ris doucement en me disant que, en fin de compte, il était possible de terrasser un loup. Je ne m’y étais juste pas prise comme il faut jusque-là…

— Il va falloir être prudent, Sarah, grogna-t-il dans un son étouffé contre mon sein, pantelant. Ma queue a beaucoup trop aimé ça…

Amis du romantisme, bonsoir.

— …je risque de tomber amoureux.

Je cessai aussitôt de rire et me figeai. J’étais trop abasourdie pour réagir, et je n’avais qu’une envie, cacher ce demi-aveu dans un nouveau baiser.

David se retira, et le vide en moi me parut insupportable.

— Encore, grognai-je en utilisant ma magie d’air d’une simple pensée pour le propulser contre moi.

Il éclata de rire. La facilité avec laquelle j’avais canalisé ma magie aurait dû m’effrayer, mais je n’étais que calme et désir.

— C’est de la torture, Sarah, dit-il après m’avoir embrassée. Je déteste devoir te dire ça, mais je dois vraiment aller parler à ma meute. Je crois qu’on a déjà… pris trop de temps.

Je me redressai d’un coup, le faisant tomber dans le mouvement, pour vérifier ma montre. Bon sang, l’heure était écoulée, et je n’avais pas eu de nouvelles de Virginia.

…ou peut-être que je n’avais juste pas entendu mon téléphone, occupée comme je l’étais.

— Je reviens.

Il m’embrassa tendrement sur le front, puis me tendit une serviette dans laquelle je m’enroulai. Il s’essuya à son tour et se rhabilla à ma plus grande tristesse. Puis il me jeta un dernier regard brûlant de mille promesses et quitta la pièce.

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