Pourquoi trop penser rend manipulable
Le besoin de clôture cognitive
En ce qui concerne le besoin de clôture cognitive, les enjeux sont les suivants : le cerveau complexe ne supporte pas l’inachevé ou les dossiers ouverts et en attente. C’est difficile pour lui de se concentrer sur autre chose tant qu’un dossier reste en suspens. Il déteste aussi l’impermanence des choses et le fait de devoir tout recommencer quand il croit avoir enfin terminé. Pour archiver un dossier, ce cerveau a besoin d’avoir compris toutes les données et, nous l’avons vu, de les avoir intégrées dans la structure en cohérence avec les autres données. Bref, votre cerveau a besoin que la boucle soit bouclée. C’est cela que l’on appelle la « clôture cognitive ». Le travail de rangement et d’archivage est impossible à faire tant que l’on ne peut arriver à un niveau de compréhension satisfaisant. Les données fournies par un manipulateur sont impossibles à caser dans cette structure mentale si on n’a pas la bonne grille de décodage. Vous pourrez passer des heures à essayer de comprendre, en vain. Pourquoi a-t-il dit cela ? Pourquoi a-t-il fait cela ? Pourquoi un manipulateur agit-il ainsi ? La seule bonne réponse est : « Parce que. » Beaucoup de ses motivations étant perverses, elles vous resteront incompréhensibles. De plus, là encore, on peut reconnaître la stratégie délibérée de l’emprise. Le manipulateur adore mettre votre esprit en béance. Il ne finit pas ses phrases. Il prononce des paroles obscures que votre esprit ne pourra pas décoder. Il considère les refus comme temporaires et reviendra systématiquement à la charge, comme si la question n’avait pas été réglée. Sadiquement, il adore rouvrir les dossiers que vous croyiez enfin clôturés. Et, quand vous cherchez à rompre, fidèle à ses principes de « Cause toujours » et de « Rendors-toi », il ignore votre point de vue et se contente d’attendre que votre colère se soit apaisée, pour reparaître comme s’il ne s’était rien passé. Enfin, sachant que ça vous rend dingue, il adore vous laisser dans la béance de l’attente. Il dit : « J’arrive ! » puis ne répond plus au téléphone. Si vous attendez qu’il ait lui-même accompli une tâche pour pouvoir vous-même enchaîner la suivante, il se fera un plaisir d’en retarder l’exécution. Pour pouvoir garder votre sang-froid face à ces comportements, il faudra mettre en place vos propres stratégies de clôture cognitives. Ne comptez pas sur un manipulateur pour vous y aider.