Pourquoi trop penser rend manipulable

Christel Petitcollin · Chapitre 2 sur 58

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Pourquoi trop penser rend manipulable

Introduction

 

 

Cela fait maintenant vingt-quatre ans que je suis aux côtés des victimes de manipulateurs et que j’étudie les façons de faire des uns et les réactions des autres, les mécanismes qui relient la proie à son prédateur, et, surtout, que je cherche les éléments qui permettront aux victimes de se libérer de l’emprise de leur manipulateur.

 

Tout au long de ces années de pratique, j’ai pu décrypter la personnalité des manipulateurs, puis celle de leurs victimes, et enfin étudier les composantes du lien étrange qui les relie. Au fil des séances de coaching, ces observations se sont affinées et complétées, mes hypothèses se sont infirmées ou confirmées. En comprenant mieux les composantes de la pensée complexe, j’ai aussi pu mieux comprendre comment les manipulateurs utilisent délibérément ou instinctivement votre propre toile d’araignée mentale pour y tisser leur piège. J’ai été sidérée par la complémentarité des fonctionnements. Par exemple, l’hyperesthésie de l’un et l’envahissement sensoriel opéré par l’autre (je vous explique ça en détail plus loin !), ou bien le besoin maladif de comprendre de l’un et le refus d’expliquer (tout aussi maladif) de l’autre, ou encore le besoin de paix et d’harmonie de l’un se heurtant au besoin de conflit et de rapport de force de l’autre…

 

Toutes ces observations ont fait l’objet de cinq livres : trois sur la manipulation mentale, deux sur le phénomène de pensée complexe, que j’ai baptisé « surefficience mentale » (pour me démarquer de la surdouance dans laquelle beaucoup de gens qui pensent trop ne se retrouvent pas).

L’écriture de ces livres s’est imbriquée, puisque j’ai écrit dans l’ordre :

– Échapper aux manipulateurs : les solutions existent !

– Je pense trop : comment canaliser ce mental envahissant

– Divorcer d’un manipulateur : un emploi à plein-temps

– Enfants de manipulateurs : comment les protéger ?

– Je pense mieux : vivre heureux avec un cerveau bouillonnant, c’est possible !

Dans les livres sur les manipulateurs, je consacre des chapitres entiers au profil des victimes. Dans ceux sur la surefficience mentale, je consacre aussi des chapitres à expliquer aux surefficients qu’ils doivent se méfier de la suggestibilité de leur cerveau complexe.

 

Dans l’ensemble, la lecture des livres a fonctionné comme je le voulais : vous êtes nombreux à vous être libérés de vos situations de manipulation. Vous êtes encore plus nombreux à vous être réconciliés avec votre pensée complexe et arborescente et à avoir retrouvé confiance en vous. Vous me l’avez confirmé : « Ouf, je revis ! » Mais, pour beaucoup d’entre vous, l’accalmie n’aura été que temporaire.

 

Car c’est un fait objectif : même après avoir fait un travail de sortie d’emprise, et même en en ayant bien déchiffré les mécanismes, les surefficients restent des aimants à manipulateurs. Ils ont compris, ils savent, et pourtant…, c’est comme s’il leur manquait un élément, un déclic salutaire qui les mettrait définitivement à l’abri de la manipulation mentale. Quelques-uns ont eu ce déclic, mais ils sont rares. Ils me disent d’ailleurs en riant qu’ils voient maintenant les manipulateurs arriver de loin avec leurs grosses ficelles et que ce sont eux maintenant qui font peur aux manipulateurs. Malheureusement, les autres semblent atteints d’amnésie. L’information se dilue, s’évapore. Tout est à recommencer.

 

Je travaille aux côtés des victimes de manipulation mentale depuis suffisamment longtemps pour avoir régulièrement l’occasion de revoir des clients, quelques années plus tard. À l’époque, je les avais aidés à sortir d’une relation d’emprise destructrice. Souvent, ils ressentent le besoin de revenir en consultation parce qu’ils sont retombés dans un schéma relationnel équivalent. C’est comme s’ils avaient besoin d’une piqûre de rappel. J’ai été très surprise de la vitesse avec laquelle les gens qui pensent trop « oublient » que les manipulateurs existent. Joyeux, aimants, confiants, ils retombent dans leurs travers humanistes et recommencent à signer des chèques en blanc relationnels. Est-ce en refusant d’admettre cette réalité déplaisante que les surefficients redeviennent des proies idéales pour le prochain prédateur qui croisera leur chemin ?

 

Francine m’avait consultée il y a quelque temps, pour des soucis au travail, directement liés à la méconnaissance de sa propre surefficience. Comprendre qui elle était et comment elle fonctionnait lui a permis de s’ajuster à ses collègues et de trouver le profil de poste qui lui conviendrait le mieux. Elle revient deux ans plus tard faire le point, car elle vient enfin d’être mutée à ce poste pluritâche dont elle rêvait, et « ça ne se passe pas très bien » dans son nouveau service. Sa chef est « spéciale », « probablement pas très compétente », croit-elle. En peu de temps, Francine est devenue la tête de Turc de ses nouveaux collègues, faussement défendue par cette chef « maladroite » auprès de la hiérarchie. J’écoute Francine. À travers son récit, il me paraît évident que cette nouvelle chef est une belle manipulatrice, qui a l’intention de faire porter à Francine la responsabilité de tout ce qui dysfonctionne dans son service. Il me paraît également flagrant qu’elle se régale de la mettre en échec et, jouissance suprême, qu’elle la donne en pâture à son équipe, comme une mouche qu’elle pousserait dans une toile d’araignée et qu’elle regarderait se faire dévorer. J’émets cette hypothèse. Francine ne relève pas. Elle me raconte la suite : cet été, ladite chef, spécialiste des décisions pulsionnelles, décide brusquement de changer complètement une procédure, comme par hasard, juste avant de partir en vacances. Je fais remarquer à Francine que sa chef la laisse seule, elle, la nouvelle venue, face à un travail titanesque et face à l’animosité de l’équipe à son égard. Francine prend la défense de sa chef : « Mais, non, elle n’est pas manipulatrice ! Elle ne s’est pas rendu compte du travail que cela représentait et elle n’a pas mesuré l’hostilité du service à mon encontre. » J’en suis sidérée. Alors je prends une grande respiration et je dis carrément à Francine : « Écoutez, j’ai besoin de vous. Je dois écrire prochainement un livre qui explique pourquoi les surefficients sont des proies rêvées pour les manipulateurs. Vous avez eu un conjoint manipulateur. Vous savez donc qui sont ces gens et comment ils fonctionnent. Dans tout ce que vous me racontez de votre chef, sa malveillance à votre égard est flagrante. Alors dites-moi, qu’est-ce qui vous empêche de voir que votre chef est une manipulatrice ? » Francine semble sonnée par ma question. Elle est flottante et nébuleuse comme si elle sortait d’hypnose. Elle bredouille, en proie à une grande confusion mentale. À la séance suivante, Francine est « réveillée ». Elle est présente, affirmée, structurée. Il ne reste plus de trace de cet état hypnotique de la séance précédente. Elle me dit qu’elle a réfléchi et que j’ai complètement raison. Elle valide tous les points dangereux et critiques que j’avais relevés. Puis elle m’explique, point par point, ce qu’elle a prévu comme défense assertive pour la prochaine réunion. Je ne peux que valider son plan. Quand un surefficient décide enfin de se défendre réalistement, ce qu’il prévoit est complètement pertinent ! Elle confirme aussi cette sensation d’avoir été en hypnose.

 

Il y a deux ans, Éric a quitté avec beaucoup de difficultés une femme très manipulatrice et reste encore un peu sous l’emprise de leur fille de 15 ans, instrumentalisée par sa mère. Sa nouvelle compagne semble le soutenir dans ce combat pour restaurer une bonne relation père-fille. Pourtant, peu à peu, elle apparaît comme aussi manipulatrice que la précédente et semble aggraver les relations entre Éric et sa fille en se plaçant en compétition avec l’adolescente. Tout ce qu’Éric et moi mettons en route pour améliorer les relations père-fille est systématiquement saboté par sa compagne, dont les réactions et les discours sont de plus en plus délirants. Éric ne peut pas admettre qu’il s’est trompé une deuxième fois. Il trouve mille excuses pour justifier les comportements pourtant très déviants de sa nouvelle compagne. Puis il m’avoue avec une mine coupable : il sait qui elle est, mais il l’aime. Il ne pourra pas la quitter.

 

Jean-Paul a eu maintes fois l’occasion d’éprouver la méchanceté et la cupidité de son ex-femme au cours de leur divorce. Il l’a tout à fait reconnue dans la description que je fais des manipulateurs dans mes livres. Pourtant, il semble oublier systématiquement à qui il a affaire et se comporte avec elle comme si elle était une personne fiable, raisonnable et de bonne volonté. À chaque fois qu’il est confronté à une nouvelle mesquinerie, il tombe des nues. Jean-Paul est chef d’entreprise. Il a embauché un jeune homme qui l’a touché et à qui il souhaitait « donner une seconde chance ». Peu de temps après, il m’apprend que, depuis cette embauche, il doit faire face à un taux d’absentéisme et un turn-over important, ce qui indique une grande souffrance chez son personnel. Jean-Paul minimise le problème. Certes, ce jeune homme impulsif est difficile, mais Jean-Paul est persuadé qu’il gère la situation et qu’en se montrant paternel et patient, il aura gain de cause. Deux ans plus tard, il a perdu beaucoup de temps, d’énergie et pas mal d’argent dans l’aventure, mais il est content, car il a enfin négocié une rupture conventionnelle avec son employé caractériel. Son soulagement sera de courte durée : ce charmant jeune homme a vraiment décidé de « tuer le père ». Bien qu’ayant accepté la rupture conventionnelle, il l’attaque en justice pour licenciement abusif. Jean-Paul reconnaît ne rien comprendre à ce comportement, mais il refuse d’admettre que son ex-employé est un manipulateur. Il préfère croire que ce jeune homme est en souffrance. Il est vrai que cela donne un tour plus « noble » à sa mésaventure.

 

Marianne a failli laisser sa peau dans un divorce épouvantable. Peu à peu, elle a appris à contrer ce mari qui s’avéra être un manipulateur particulièrement retors. Il n’a pas réussi à aliéner les enfants et a même lâché l’affaire en fuyant à l’étranger. Marianne semble tout à fait lucide sur le fonctionnement des manipulateurs. Elle cadre son ex-mari avec beaucoup de fermeté. Depuis quelque temps, elle a rencontré un nouveau compagnon. Il lui fait vivre une situation sentimentale aux antipodes de ses valeurs. Pourtant, elle refuse de le voir comme un nouveau manipulateur. En l’écoutant, je suis sidérée par la créativité qu’elle déploie pour excuser et justifier tous ses comportements, qui l’obligent, elle, à violer ses propres principes de vie.

 

Il y a quelques années, avec mon aide, Sonia a quitté un mari très manipulateur sans trop de dommages. Elle en a profité pour apprendre à s’affirmer dans son travail et a même rencontré un nouveau compagnon réellement adorable. Quand elle prend rendez-vous avec moi, elle est très ennuyée. Un ancien collègue « qui montait sa boîte » l’a contactée pour lui proposer le poste de directrice (en fait, de prête-nom) de cette nouvelle société. Depuis le premier jour, Sonia est au contact de ses ressentis. Elle se souvient qu’elle n’appréciait déjà pas ce collègue du temps où elle travaillait avec lui. Son récit est étonnant. Comme dédoublée, elle a vu les incohérences, les non-dits, la pression se mettre en route. Elle est très lucide sur l’enchaînement des événements. Pourtant, bien que voyant fonctionner le piège (personnage pas clair, pression de l’urgence, mise devant le fait accompli, changement des données en dernière minute…), elle n’a pas pu, pas su, éviter de tomber dedans. Elle savait qu’elle aurait dû refuser et elle en a été incapable. Heureusement, grâce à notre séance de coaching, elle a trouvé la force de poser sa démission (un mois à peine après avoir signé son embauche). Puis elle a juridiquement mis en place tout ce qu’il fallait pour que ce manipulateur ne puisse plus utiliser sa signature. Quelques semaines plus tard, elle était délivrée. Sa mésaventure aura été heureusement peu dommageable : dérouté et effrayé par le changement d’attitude et la détermination de Sonia, son manipulateur lui a même remboursé son apport sans discuter. Quand nous débriefons ensemble ce qui a bien pu se passer, elle repère deux éléments importants :

– Cet ex-collègue, pourtant antipathique, a prononcé les mots magiques irrésistibles : « J’ai besoin de toi. »

– Bien que consciente de prendre un engagement dangereux, Sonia n’a pas osé « faire un esclandre » devant l’avocat quand elle a découvert que ce qu’elle signait n’était pas ce qui avait été convenu. Pourtant, a posteriori, elle se demande comment un avocat a pu valider un contrat aussi léonin.

Francine, Sonia, Marianne, Jean-Paul, Éric et tant d’autres…

 

Nombre de mes clients, à peine sortis d’une relation d’emprise, sont redevenus insouciants jusqu’à l’amnésie et ont replongé dans une autre… Ils oublient à qui ils ont affaire et recommencent à traiter les manipulateurs comme des personnes de bonne volonté et pleines d’humanité. De l’extérieur, je les vois préparer les conditions de leur futur enfer. C’est comme s’ils donnaient aux manipulateurs les clés de la prison dans laquelle ils s’installent candidement. Mais comment font-ils pour ne pas voir ce qui est évident – si l’on s’en tient aux faits et aux actes ? Sont-ils trop confiants, trop généreux ? Ont-ils trop besoin d’être d’aimés, d’être utiles ? Où sont leurs mécanismes de protection ? S’agit-il d’un refus ou d’une incapacité à se protéger ? D’où vient cette impossibilité d’envisager qu’il existe des gens méchants et malintentionnés sur cette planète ?

 

Sonia a vu fonctionner le piège, mais n’a pas su l’éviter. Francine ne soupçonnait même pas que sa nouvelle chef puisse être manipulatrice, mais a percuté très vite après notre discussion.

 

Marianne fait l’autruche et choisit de justifier les comportements de son nouveau compagnon.

 

Éric est lucide et malheureux. Pour recevoir un peu d’amour, il est prêt à subir la tyrannie de sa nouvelle compagne, comme il a enduré celle de sa précédente épouse.

 

Jean-Paul, lui, semble simplement incapable de comprendre de quoi je parle… Le concept de « manipulateur » lui échappe complètement. Malgré le démenti continuel des faits, il reste persuadé que les humains sont faits pour s’entendre. Point.

 

J’ai longtemps hésité à écrire ce nouveau livre. Il me semblait que j’avais déjà tout dit, autant à propos des manipulateurs que des gens qui pensent trop. J’avais l’impression que l’information était déjà là, sous les yeux de qui voudrait en prendre connaissance, et cette impression s’est renforcée lorsque j’ai pris le temps de relire ma prose, pour être sûre de ne pas me répéter inutilement. « Bon sang, mais tout est là ! J’ai déjà tout dit ! », pensais-je à chaque ligne. « Comment se fait-il que l’information ne passe pas ? »

 

Dans Je pense mieux, d’ailleurs, je vous avouais ma fatigue et mon découragement à essayer de vous protéger de vous-même. Je vous disais : « Je ne supporte plus le mal que ces salauds vous font » et « Par moments, votre angélisme m’exaspère », et enfin « Je n’écrirai pas une ligne de plus pour vous convaincre ». Heureusement, chez moi, la fatigue et le découragement sont toujours passagers.

 

D’ailleurs, puisque vous avez cet ouvrage entre vos mains, vous pouvez constater que je n’ai pas tenu parole. C’est essentiellement grâce à vous. Chaque fois que j’ai évoqué mon envie d’écrire sur cette complémentarité incroyable des fonctionnements entre manipulateurs et surefficients, votre visage s’est éclairé instantanément à l’énoncé du titre. « Oh oui, écrivez-nous ce livre ! m’avez-vous dit. On en a tellement besoin ! » Vos attentes m’ont beaucoup motivée à me remettre à chercher. « Pas de problème, que des solutions ! » est une de mes devises. Je ne pouvais pas m’empêcher de penser qu’il y a forcément des pistes que je n’avais pas explorées et des solutions que je n’avais pas encore trouvées. Je me suis mise à lister les connexions, les correspondances, les similitudes, les oppositions et les complémentarités entre le manipulateur et sa proie. Quel point d’entrée ? Quel bras de levier ? Quelles résonances ? Quelles incompréhensions réciproques ? J’ai trouvé tant de complémentarités entre les agissements des manipulateurs et le fonctionnement de votre cerveau qu’il faut absolument que je vous en parle !

 

Je suis arrivée à la conclusion surprenante que plus on est intelligent, plus on est manipulable. Le paradoxe n’est qu’apparent : une personne intelligente cherche à comprendre, essaie d’intégrer le point de vue de l’autre, veut trouver un terrain d’entente et refuse de se décourager. Pire, une personne intelligente est naïvement persuadée que le dialogue règle forcément tous les malentendus. Or, un manipulateur ment, nie la réalité et crée délibérément les conflits dont il se nourrit. On ne peut pas discuter avec quelqu’un de mauvaise foi.

 

La dernière difficulté à surmonter avant de me remettre à écrire était ce fossé dont je vous ai parlé dans Je pense mieux : celui qui se creuse entre mon expertise approfondie des manipulateurs et ce que vous pouvez (ou voulez bien) en entendre. Avec le nombre de victimes que j’ai écoutées et accompagnées et tout ce que j’ai entendu en vingt-quatre ans, je n’ai plus de doutes ou d’illusions sur qui sont réellement les manipulateurs.

Je vois bien que vous pensez souvent que c’est moi la psychopathe parce que j’attribue des réflexes de psychopathes aux psychopathes. Je dénonce des vérités qui vous dérangent. Ou sont-elles simplement inconcevables ? Pourtant, il existe vraiment des gens cruels, malveillants, dangereux, cachés derrière un masque social irréprochable. Ce n’est pas en niant ce fait que vous pourrez vous en protéger.

 

Quelquefois, en séance, vous me regardez de travers pendant que je vous explique la noirceur d’âme de votre manipulateur. Le discours angélique qui se met en route automatiquement est « qu’il y a forcément quelque chose de bon en chacun et que je ne dois pas condamner les gens d’une façon aussi catégorique ». Pourtant, votre théorie ne résiste pas à la confrontation avec la réalité. Certains faits, certains actes ne peuvent pas être cautionnés. « Si c’était votre fils, votre fille ou votre meilleure amie qui vivait cela, lui diriez-vous qu’il y a forcément quelque chose de bon chez la personne qui lui fait vivre cela ? – Ah, tiens ? Non, finalement ? » Je complète ma démonstration en vous rappelant quelques récents faits divers bien sordides, qui démontrent que certaines personnes peuvent être dans une cruauté froidement préméditée. « Alors, comment expliquez-vous les agissements de cette personne ? Où est sa part de bonté humaine ? » Votre air penaud en dit long : « Je sais bien que ça existe, mais je n’arrive pas à donner du sens à ces actes. Ça me dépasse complètement. »

 

J’ai eu accès à tant de témoignages réellement dramatiques et j’ai tellement essayé de comprendre les ressorts de ces situations que j’ai effectivement maintenant un accès quasi direct à la pensée psychopathe. En séance, je me concentre sur les données que me fournit mon client et je peux lui permettre d’anticiper et de prévenir les ennuis. Je dis : « Alors, si j’étais votre manipulateur et si je voulais vous nuire, voici ce que je ferais. » Et je me trompe rarement, y compris sur leur degré de dangerosité. Ma clientèle commence à m’appeler « Madame Irma ». Mes clients reviennent en séance en me disant : « Il (elle) a fait exactement ce que vous aviez dit ! Heureusement que j’ai pu anticiper. »

Alors, puisque ces comportements vous dépassent, au lieu de vous braquer devant ce que je dénonce, faites-moi confiance, je peux vous l’expliquer, et je sais de quoi je parle !

 

Plus nous serons nombreux à savoir, à comprendre, à dénoncer et surtout à contrer ces comportements inacceptables, plus la paix et l’harmonie auxquels vous aspirez pourront s’installer dans le monde.

 

Et entre nous, franchement, n’avez-vous pas mieux à faire de votre joie de vivre, de votre amour, de votre énergie que de les laisser vidanger par un sinistre sire ? Êtes-vous prêt à changer ? Voulez-vous une fois pour toutes ouvrir les yeux ? Voulez-vous vivre ce déclic salvateur ? Oui ?

 

Alors, laissez-moi vous expliquer comment les manipulateurs tricotent leur piège dans votre toile d’araignée mentale et surtout comment ne plus jamais les laisser faire !

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