Pourquoi trop penser rend manipulable
La désintégration positive
Depuis l’enfance, le surefficient est habitué à douter de ses propres perceptions, puisque son entourage ne capte rien de ce que lui saisit. Faire cohabiter le monde extérieur avec sa réalité interne le place dans un conflit permanent, au cœur des trois aliénations : culturelle, sociale et mentale. Une cliente me dit : « Je préfère me déconnecter de mon ressenti, plutôt que de risquer de laisser voir que je pense que c’est une connasse. » Organiser tout cela dans une structure complexe cohérente est un tour de force. Le surefficient fait un grand écart mental permanent et se sent souvent au bord de la folie. Le manipulateur aggrave cette impression.
Quand une personne entame un travail de sortie d’emprise, elle est extrêmement fragilisée. Vous vous rappelez, elle était sur le point « d’y laisser sa peau ». Elle est en overdose de stress et a l’esprit complètement éparpillé, fragmenté, morcelé délibérément par son manipulateur. Au fur et à mesure qu’elle émerge de son hypnose et qu’elle commence à comprendre les mécanismes du piège, elle se met aussi à faire des analogies avec certaines de ses autres relations. Les prises de conscience se font alors en cascade et ébranlent toutes les fondations de son monde psychologique. C’est extrêmement inconfortable. Quand un surefficient réorganise sa pensée, c’est toute la structure mentale qui est impactée, puisque toutes les idées sont connectées les unes aux autres. Le Dr Kazimierz Dabrowski parle de « désintégration positive » pour décrire la façon dont un surdoué