Pourquoi trop penser rend manipulable

Christel Petitcollin · Chapitre 56 sur 58

Pages du PDF

Pourquoi trop penser rend manipulable

Ce qui rend l’affirmation de soi difficile face à un manipulateur

Ce qui rend l’affirmation de soi difficile face

à un manipulateur

 

Le harcèlement

 

Un manipulateur est quelqu’un de lourd, d’insistant, de menaçant. Il ira jusqu’au harcèlement, s’il sent la moindre faille dans votre refus. Si votre « non » n’est pas parfaitement aligné quand vous le prononcez, il va l’attaquer sous tous les angles où il perçoit une faiblesse, et il reviendra au combat tant qu’il sentira une faille. Le manipulateur a au moins le mérite de vous signaler toutes les faiblesses de votre positionnement. Il gère parfaitement bien les objections. Si vous vous justifiez, il va vous démontrer que votre argument n’a pas lieu d’être. Dans sa tête, si vous dites non, c’est que vous n’avez pas encore dit oui. Pire, vos dérobades maladroites l’excitent et attisent son désir de vous réduire. Sachez que, dans une situation de harcèlement sexuel, le prédateur s’imagine que la proie est aussi excitée que lui par sa traque et qu’elle joue, elle aussi, le jeu de l’esquive. La seule solution est de se planter face à ce harceleur, de le regarder droit dans les yeux et de lui signifier que vous n’êtes pas du tout intéressée par une relation sexuelle avec lui (elle). Même s’il vous traite de fou (de folle) qui a rêvé et que ce n’était pas du tout ses intentions, il arrêtera. Bon, vous ne pourrez pas rester dans cette boîte, car il vous fera payer cher cette blessure narcissique, mais vous aurez défendu votre intégrité. Laisser perdurer un harcèlement sexuel est autrement destructeur. Il n’y a que le « non » intégré, assumé, verrouillé qui fait fuir un manipulateur. C’est pour cela qu’il faut que votre « non » prenne de la consistance. Vous devrez tenir bon et lui opposer une fin de non-recevoir sans faille pour vous en débarrasser. C’est plus facile que vous ne le pensez.

 

La malhonnêteté

 

Rusé, fourbe, menteur et pratiquement toujours malhonnête, un manipulateur utilise la pression de l’urgence, cache des informations importantes pour votre prise de décision, inverse les données en vous faisant croire que c’est vous qui serez gagnant. Telles que les choses vous sont présentées, vous n’avez aucune raison de refuser : « Quelle chance vous avez que je vous fasse une telle proposition ! Moi, je n’ai rien à y gagner. C’est pour votre bien que je vous propose ça, et vous avez tout intérêt à dire oui, et vite ! Sinon vous ratez une opportunité qui ne se présentera pas deux fois ! » Bref, soyez content de vous faire plumer ! Les conséquences de n’avoir pas su dire non peuvent être réellement dramatiques : des personnes m’ont raconté s’être mariées, avoir signé des prêts qui les ont surendettées, avoir pris des engagements financiers ou juridiques dramatiques en toute conscience, juste parce qu’elles n’avaient pas trouvé le moyen de dire non. Donc, dire non à un manipulateur, c’est aussi savoir détecter les arnaques, les ruses, les chausse-trappes dans une proposition qui peut paraître très alléchante au premier abord. Il vous faudra prendre beaucoup de recul et débrancher l’urgence pour ne plus vous laisser embarquer. Fiez-vous aussi à votre ressenti : si c’est trop beau pour être vrai, c’est trop beau pour être vrai. Prenez le temps de vous renseigner, repérez les pièges et ne ratez pas les petites lettres au bas du contrat.

 

Les crises de rage Des outils d’affirmation de soi simples et efficaces

Bloqué dans sa toute-puissance infantile, le manipulateur est incapable de gérer sa frustration. Il considère que le contrarier est inadmissible ! Il écume de rage, menace, insulte, se vexe et se venge dès qu’on l’entrave. Donc, quand vous dites non, comme vous le frustrez, vous déclenchez le regard noir, haineux, la crise de rage et des représailles. Il y a beaucoup de comédie dans cette tentative d’intimidation.

 

Il faut savoir tenir bon face à cela. Il vous accusera de tout et cherchera à vous culpabiliser de l’avoir contré. Voyez ses crises de rage comme de gros caprices enfantins. D’ailleurs, comme je vous l’ai dit, j’espère bien qu’à l’avenir vous allez provoquer de plus en plus de crises de rage chez votre manipulateur. Cela voudra dire que vous vous affirmez de mieux en mieux. Rappelez-vous que le caprice passé, il plie comme un gamin.

 

Votre inconsistance dans la relation

 

À ce stade de votre lecture, vous l’avez bien compris, vous faites partie du problème. Votre souplesse, votre suradaptabilité, votre envie de faire plaisir et votre incapacité à vous définir aggravent l’illusion de toute-puissance de votre manipulateur. Dans son immaturité, il vous prend pour un parent de substitution. Imaginez ce que cela donnerait vraiment comme éducation d’être aussi permissif avec un enfant si capricieux. On ne discute pas avec un morveux : on pose le cadre et on lui met des limites. Quitte à jouer le rôle de son parent dans la relation, faites-le correctement : cadrez-le !

 

Il est temps, maintenant que vous connaissez les obstacles, d’aller voir comment les contourner ou les escalader. Ne vous en faites plus une montagne, il n’y a que le premier « non » qui coûte. Ensuite, on y prend goût et on en redemande !