Dark Hope - T2 - Never in my heart

Mayiah K. · Chapitre 10 sur 31

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Dark Hope - T2 - Never in my heart

-Chapitre 12- · Amber / Naya

 

♪ Devil Eyes -Hippie Sabotage ♫

 

Los Angeles — Aujourd’hui

Les semaines ont défilé à une allure incroyable. Le temps de prendre nos repères avec Côme, notre fille s’est mise à nous sourire, à découvrir sa voix et essaye de se retourner dans tous les sens comme le ferait un chat coincé dans la manche d’un manteau. C’est inconditionnel, l’amour que je lui porte, depuis l’instant où nos regards se sont croisés. Une force surhumaine grandit en moi chaque jour, telle une guerrière. Je la protège et ressens un énorme manque lorsqu’elle est loin.

Aujourd’hui je travaille au tattoo shop avec Liam. J’ai débuté lorsque ma fille a eu un mois tout rond. Côme semble fatigué et il disparait toujours autant, mais je ne veux plus avoir à compter sur ses ressources pour subvenir aux besoins de notre enfant. Me faire plaisir en la gâtant est ma priorité alors j’ai accepté la proposition de Liam.

Je dépose mon bébé chez sa nounou Carlita, ma voisine du premier étage. C’est un miracle de l’avoir trouvée et d’autant plus qu’elle vit dans le même immeuble que moi. Son mari est en prison et n’a jamais eu d’enfant, du coup elle materne les enfants des autres et est emplie d’un don avec les nouveau-nés. Je lui fais confiance pour garder ma fille des journées entières. Entre les jouets éparpillés dans le salon et les longues promenades, ma fille ne manque de rien avec elle.

Je file rapidement au travail après avoir couvert d’énormes bisous chatouilleux ma poupée de deux mois passés. Le studio de Liam est à cinq minutes à pied seulement de l’appartement. À peine arrivée, les rendez-vous s’enchaînent et j’admire chaque dessin élaboré sur feuille libre en tant que modèle ou sur la peau des clients de mon patron. Liam est devenu un vrai ami. Depuis ma rencontre avec mamie nous nous sommes rapprochés et même si Côme à une tendance jalouse, il accepte cette relation à la limite de la fraternité.

Je réponds au téléphone, renseigne de mon mieux les futurs clients qui passent au shop et assiste le reste du temps le tatoueur. Après avoir aseptisé la table, nous prenons une pause.

J’observe du coin de l’œil Liam se servir un café fumant tandis que la bouilloire chauffe pour le thé au citron que je m’apprête à boire. Ses larges épaules sont gonflées et droites quand il se retourne pour récupérer son portable sur la table derrière lui. Nos similitudes me perturbent toujours autant, comme celles de nos peaux mates ainsi que nos iris noir charbon. Les cils de Liam rendraient dingue n’importe quelle femme. Les mimiques que son visage forme lorsqu’il parle de divers sujets sont adorables, malgré sa carrure étourdissante, Liam est un bel homme. Un ours tout doux agrémenté d’un charme fou.

— Naya, m’appelle-t-il en me passant plusieurs fois sa main devant les yeux.

Je sursaute, surprise, alors que je matais ouvertement mon ami. Mes joues s’échauffent pendant qu’il éclate de rire autant gêné que moi.

— Heureusement que ton homme n’est pas là, car je crois que nous aurions eu le droit à une sacrée scène, raille-t-il.

— Mais ce n’est pas ce que tu crois Liam ! réponds-je du tac au tac. J’étais perdue dans mes pensées.

— Ah oui ? Quelles sont-elles ?

Je verse l’eau brûlante dans ma tasse et y dépose le sachet parfumé.

— Que nous avons vraiment beaucoup de ressemblances toi et moi, lâché-je timidement.

— Nous les Amérindiens sommes les plus sexy et attirants… pas besoin de baver, lance-t-il sur le ton de la rigolade.

— Mais bien sûr ! dis-je en levant les yeux au ciel. Ce n’est pas parce que j’ai bloqué sur toi dix secondes que tu devrais prendre ça pour un compliment.

— Oh madame Naya me lance des piques. Continue, j’adore quand tu me tailles comme ça !

La clochette au-dessus de la porte d’entrée retentit. Le prochain rendez-vous entre et je l’installe dans la pièce isolée avant de revenir sur Liam.

— Va bosser au lieu de dire des conneries.

Mon ami passe sur ma droite et lorsqu’il est à mon niveau, s’arrête en posant sa paume sur mon épaule.

— J’aime beaucoup cette Naya taquine. Mais mon cœur est déjà pris ma belle. Miss Suzie prend l’intégralité de mon petit cœur d’indien. Je n’ai pas de place pour une autre chieuse dans ma vie.

En riant, il quitte la salle de pause et rejoint son client.

Les deux heures suivantes, je m’installe dans sa pièce, le son du démographe me berce et m’inspire. Je griffonne sur des pages blanches, esquisse toujours plus ou moins les mêmes idées. Un regard sombre sur un visage métissé, des plumes formant une couronne et des marques claires comme un maquillage loufoque. Liam regarde de temps en temps dans ma direction et nous nous sourions quand nos yeux s’aimantent.

Mes cauchemars me pourchassent encore aujourd’hui. Si je peux appeler cela des cauchemars… deux foutues billes bleues s’ouvrent sur un visage inconnu allongé au sol. Dans mes songes rien ne nous entoure, mais son corps étalé par terre me pétrifie autant qu’il m’attire. L’homme qui apparaît pendant mon sommeil semble troublé par ma présence, un tantinet excessif, mais l’attention qu’il me porte est douce. L’image que je découvre dans mes rêves reflète les réponses que je recherche, surtout lorsque j’aperçois le matin, au réveil, la similitude avec les iris de ma fille.

Il y a quelques jours j’ai croisé un jeune homme, faisant un jogging proche de l’école où je prends des cours du soir. J’ai éprouvé quelque chose en ancrant mon regard dans le sien, j’ai décelé une sorte de tristesse. Sa peine s’est engouffrée en moi comme un coup en plein cœur. N’ayant eu aucune réponse de sa part lorsque je lui ai rendu son téléphone tombé au sol, je me suis précipitée à l’intérieur de l’école. Dans le hall, mon dos s’est plaqué contre les casiers métalliques et ma respiration s’est accélérée. Un mouvement douloureux dans ma poitrine me lançait, alors mes mains se sont rapprochées de mon buste, entreprenant un massage lent sur ma peau. Je n’ai pas compris quand les larmes ont dévalé sur mon visage tétanisé. La seule chose qui m’a marquée sont ses iris un regard si clair et sombre à la fois. Ce dégradé de bleu intense me dévisageait sans filtre. Ce qui reste le plus traumatisant dans cette rencontre inopinée est le torrent d'émotions que cet homme dégageait.

Les jours suivants j’ai surveillé chaque comportement des piétons qui marchaient autour de moi dans les rues. Je me suis surprise à plusieurs reprises à me retourner, j’avais l’impression que quelqu’un m’observait. J’ai eu peur, pourtant mon cœur semble plus soulagé depuis ce jour-là. Je n’ai plus recroisé cet inconnu dans mes cauchemars ni revu l’homme au regard troublant.

— Naya, si tu veux partir, vas-y.

Je redresse le nez sur Liam qui termine de nettoyer le bras de son client. Je hoche la tête et saute de la chaise. Une fois dans l’entrée du shop, j’attrape mon sac.

— À demain, Liam, bonne soirée monsieur.

Côme ne m’a pas donné de nouvelle de la journée, habituellement quand il ne trouve pas le temps d’envoyer un message, c’est qu’il est trop occupé. Je sais d’emblée qu’il ne rentrera pas à l’heure du dîner. Je passe devant l’épicerie en bas de chez moi et entre en saluant Maria la caissière et femme du gérant. Après l’achat de quelques ingrédients pour le repas de ce soir, je ressors le sac en main et tourne en direction de la porte de mon bâtiment.

Je dépose le plastique par terre le temps de chercher mes clés en pensant qu’à une seule chose : serrer ma poupée dans les bras. L’embrasser à la faire tellement rire que ça lui provoquera une crise de hoquet et je sais que je m’en voudrai la seconde suivante voyant son étonnement dans ses yeux clairs, en découvrant le son sortir de sa petite bouche.

— Fait chier… râlé-je en n’arrivant pas à ouvrir la porte.

Je sens une main caresser ma chevelure et cette sensation m’électrise. Je sursaute et fais volte-face pour découvrir l’ombre d’un homme. Ses traits sont cachés, assombris par le lampadaire dans son dos.

— Que voulez-vous ?

Soudain, l’homme plaque sa paume sur mes lèvres, me coupant la parole. De son autre main, il me tire à lui pendant que je tente de me libérer de sa prise, sa voix moqueuse s’immisce dans mes oreilles en riant. Il est costaud et me traîne dans la ruelle en face de mon immeuble.

— Arrête, tu te fais du mal pour rien bébé, chuchote-t-il à mon oreille.

Une odeur ambrée pénètre dans chacun de mes pores et m’écœure. Une fois enfoncés dans la ruelle, son corps bloque le mien contre la façade en brique rouge. Je donne des coups dans le vent, j’essaie de viser son entre-jambes, en vain. Au contraire, il se plaque davantage sur moi et à travers nos vêtements je capte la bosse de son sexe frotter contre mes cuisses. Je couine en continuant de m’agiter et mon regard dévie sur les yeux de mon agresseur, paralysant mes mouvements d’un coup. C’est lui…

— Je vais te libérer de ma main, mais promets-moi avant tout de ne rien faire.

J’accepte d’un hochement de tête, encore sous le choc de la découverte qui m’assaille. Que me veut-il ? Sa rencontre m’a déjà bouleversée quelques jours plus tôt et le voici face à moi aujourd’hui. Je ne quitte pas ses yeux bleus et sa silhouette tamisée par la fine lumière du lampadaire et l’obscurité de la ruelle.

— Amber… chuchote-t-il. Que se passe-t-il ?

Je fronce les sourcils.

Amber.

Mes oreilles bourdonnent et ce prénom résonne dans ma tête, prise dans un écho répétitif. La pulpe de ses doigts coulisse sur mon épiderme tendu. Je recule mes membres supérieurs, collant mon dos au maximum dans les briques. J’inspire longtemps l’air qui veut bien entrer dans mes poumons et souffle le tout violemment. La haine me monte au visage, lorsque sa main continue de me toucher. Je la balaye sauvagement, en frictionnant la zone qu’il a palpée, car je refuse que cet inconnu m’effleure, me regarde comme il est en train de le faire. J’ai cette sensation qu’il essaie d’entrer en moi, comme s’il tentait de voler mon âme sans mon accord. Je déglutis péniblement et suffoque en baissant la tête alors que sa voix m’interroge.

— Peux-tu m’expliquer ce que tu fous ici ?

Le son rocailleux et brisé de sa voix tranche avec la tonalité qu’il m’a donnée plus tôt. Je ne le connais pas, je ne lui dois rien… je suis persuadée qu’il me confond avec quelqu’un d’autre.

— Je ne sais pas de quoi vous voulez parler, dis-je en redressant le menton pour le menacer le poing serré sur son torse. Je vous reconnais, je vous ai rendu votre téléphone l’autre jour ! Vous voulez quoi à la fin ? Je n’ai pas le droit de faire ma béate sans être agressée en rentrant chez moi ?

— Qu…

Je n’en ai pas terminé avec toi, salaud ! Ma voix s’emporte et lui coupe la parole avant même qu’il réussisse à terminer sa phrase.

— Que voulez-vous à la fin ?

Ses yeux s’agrandissent tandis qu’il fixe les stigmates de mon passé habituellement assumés. Seulement, son regard brûle ma peau abîmée quand il la fixe en respirant fortement.

— Tu ne me reconnais vraiment pas ? Tu te fous de ma gueule Amber ? Après tout ce que nous avons vécu ensemble ! s’énerve-t-il en se rapprochant brusquement de mon visage.

Prise de panique, je repousse son corps en me redressant. Il est hors de question que ma vie d’avant me rattrape. Je refuse de me laisser marcher dessus par un sale type comme lui. Je plaque mes doigts sur sa poitrine, agressive et sur la défensive. Nos regards s’entrechoquent tandis que je hurle.

— Je ne m’appelle pas Amber connard !

Et son poing s’abat sur le mur dans mon dos, me faisant tressaillir.

 

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Partie III :

 

La Rédemption

 

Amber & Dareios

 

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