Dark Hope - T2 - Never in my heart
-Chapitre 23- · Dareios
♪ Rare - Selena Gomez ♫
Los Angeles
— Bouge-toi ! m’énervé-je sur Liam qui a décidé de prendre son temps pour fermer son tattoo shop.
Une fois la grille de la devanture fermée, il se retourne et fourre ses mains dans les poches de son vieux jean troué.
— Oh ça va Dareios, on est plus à cinq minutes près ! râle-t-il en prenant l’avenue remplie de palmiers.
Mes jambes flageolent et je tressaille de retrouver Amber. La garce s’est échappée de la chambre et j’aimerais savoir comment elle a réussi à la quitter sans la clé. Liam m’a canalisé et demandé de rester tranquille pendant qu’il tatouait son client. Je voulais partir directement la récupérer, mais il n’a malheureusement pas voulu me donner l’adresse de sa grand-mère. Finalement, je pense que ce temps mort a été nécessaire pour que ma colère redescende. Je ne sais pas comment j’aurais réagi si je l’avais eue devant moi au moment où j’ai compris qu’elle s’était enfuie — encore une fois.
Alors que le soleil se couche, nous longeons plusieurs rues avant de nous trouver devant la vitrine d’une librairie vintage. Liam me fait face avant d’ouvrir la bouche pour la refermer aussitôt en voyant mon regard accusateur.
— Quoi ?! m’agacé-je de son cirque.
— Écoute, ma grand-mère n’y est pour rien dans cette histoire alors ne t’en prend pas à elle. Et je ne tolèrerai pas que tu réagisses comme un con avec Amber également. Essaie de te calmer et de réfléchir avant de faire une connerie ou de dire des mots qui dépasseraient ta pensée.
Mes yeux s’écarquillent, comprenant qu’il me remonte gentiment les bretelles. Il doit avoir quoi ? Vingt-trois ans ? Ce gamin ne sait pas qui je suis, ni ce dont je suis capable lorsque j’explose.
— Je te conseille de me laisser faire ce qui me chante Liam, ce ne sont pas tes affaires. Je récupère Amber et on rentre à l’hôtel. La journée a été longue et dure donc je crois que nous avons besoin d’une bonne conversation à tête reposée.
— Bien ! dit-il en fronçant les sourcils. Je serais encore témoin de ce qui va se dérouler, mais sache que la connaissant, elle ne te suivra certainement pas aussi facilement.
Le feu s’éveille en moi alors d’un coup d’épaule je pousse violemment l’indien pour entrer dans la boutique. J’entends les pas lourds de Liam dans mon dos que je préfère ignorer. La lumière tamisée apaise ma fureur pendant que mes yeux essaient de trouver où se cache l’Amazone.
— Mamie ? gueule-t-il en avançant dans une allée chargée de livres.
Nous avançons vers le fond de la bibliothèque lorsque mon regard se pose sur une vieille dame en train de bercer ma fille dans une poussette. Ses yeux vont et viennent entre nous, comme si mon intrusion dans son cercle privé était déplorable. Le dégoût déforme son visage ridé pendant que sa bouche retombe. Je décèle un sentiment antipathique envers moi qui fait ressurgir une pointe de tristesse. Que lui a-t-elle raconté ?
— Que fait-il ici Liam ? Tu es complètement inconscient de ramener le loup dans la bergerie !
— Mamie…souffle-t-il à ma droite. Où est-elle ?
Sans cesser de balancer la poussette d’avant en arrière, la vieille Indienne pointe du doigt son petit-fils.
— C’en est trop ! clame-t-elle en haussant la voix. Je refuse qu’il s’approche de Naya encore une fois. Il a déjà trop fait de désastre depuis qu’il est arrivé comme une fleur dans sa vie. Je ne veux pas ramasser les pots cassés et cette jeune femme a besoin de moi… de nous Liam…
— OÙ. EST. ELLE ! craché-je en m’approchant de son petit corps menu.
— Vous ne me faites pas peur, Monsieur, lance-t-elle en retour. Vous pouvez m’aboyer dessus encore longtemps, je vous ferai bien plus mal avec mes crocs acérés. Sachez que j’ai dompté bien plus dangereux que vous, les chiens de votre espèce ne m’effraient guère.
Si cette bonne femme ne semblait pas être plus proche de la mort que moi je crois que je lui aurai déjà ôté la vie. Je ne l’impressionne pas et constate qu’elle en a dans la tête lorsqu’elle reprend:
— Je ne vous autorise pas à rester ici alors veuillez prendre la porte avant que je fasse intervenir la police.
Une ombre apparaît dans son dos et mon sang se glace en voyant le regard haineux que me lance Amber. Je frotte mes paumes contre ma chemise lorsque celles-ci deviennent moites.
— Dégage Dareios. C’est inutile de parler davantage puisque je ne te suivrai pas, annonce-t-elle droite comme un i.
Mes jambes tressautent nerveusement en voyant sa réaction. Je ne lui ai pas encore adressé un mot qu’elle m’envoie balader. Liam se dessine à mes côtés et s’avance vers elles en tendant les bras pour qu’elle s’approche.
— Vous avez besoin de discuter et je crois qu’il serait mieux pour vous de le faire. Je te propose que mamie et moi gardions Angela pour la nuit. C’est le week-end alors tu peux me faire confiance, ce n’est pas la première fois que nous le faisons.
Les yeux d’Amber continuent de me dévisager alors qu’elle brandit ses petits poings serrés devant elle. L’indien se place devant moi comme pour me protéger…Petit joueur! Il me suffirait de souffler un bon coup pour le faire valser. Malgré mon air détendu, c’est bien la seule fois que je me sens si petit et vulnérable face à elle. Je dépasse les bornes, je déclare la guerre dès que rien ne va dans mon sens et je deviens hystérique quand les choses ne se déroulent pas comme je l’entends. Mais cette fois, je pense avoir saisi l’importance de la menace qu’elle m’envoie. Il est clair qu’elle ne rêve que de m’en coller une.
Mon cœur bat la chamade, brisant un peu plus à chaque coup, mon organe vital. J’inspire une grande bouffée d’air en fermant les paupières, déstabilisé par la noirceur de son attention. — Liam… chuchote la grand-mère en secouant la tête. On ne peut pas les laisser seuls, on ne peut pas savoir si cet homme lui veut vraiment du bien.
— J’accepte, conclut Amber en redressant le menton dignement. Je te suis pour la soirée. Par contre si je ne veux plus te voir après ça tu accepteras de disparaître à ton tour et ne reviendras jamais me voir.
— Amber, gémis-je faiblement. Je ne sais pas si je pourrai réussir à tirer un trait définitivement sur toi, sur nous… je ne te demande pas la lune. Je peux comprendre qu’il est difficile pour toi d’assimiler toutes ces nouvelles, car en l’espace de quelques jours seulement tu as appris les mensonges de Côme, découvert mon existence… mais mets-toi à ma place. Après t’avoir cherchée pendant plusieurs semaines je te retrouve dans les bras d’un autre, un enfant en guise de surprise. J’ai autant besoin de réponse que toi… j’ai autant besoin que tu retrouves la mémoire que toi…
Pendant que je m’exprime, nos pas nous guident, inconsciemment, l’un vers l’autre. J’effleure la cicatrice sur sa tempe de la pulpe de mon pouce. Son regard enfin s’abaisse sur ma présence sans aucune méfiance de sa part et un soulagement se répand en moi comme un feu d’artifice de bonheur.
Ce n’est pas gagné et c’est loin d’être le cas. Mais je suis persuadé aujourd’hui que le pas qu’elle a fait vers moi est un début de réussite.
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