Dark Hope - T2 - Never in my heart
-Chapitre 30- · Amber
♪ Levitating - Dua Lipa ♫
Phoenix
Je n’imaginais pas ce matin que la journée allait être aussi intense. Dareios me tire à lui, une fois la porte de sa chambre fermée et me bascule en avant contre la commode. Mes fesses se relèvent, se cambrant sous ses caresses ardentes et pressées. J’ondule à chaque assaut de ses doigts dont la pulpe rugueuse s’éternise à l’orée de ma poitrine. Je m’insulte intérieurement, puisque je m’étais promis de ne pas craquer mais bon sang, mon corps ne demande que ça. Ma robe mouillée par mes sous-vêtements reste plaquée sur ma peau et le tissu semble s’être moulé à mes formes. Les doigts de mon amant glissent par-dessus, dessinant des cercles sur mon épiderme frissonnant. Je suffoque de plaisir alors qu’aucune frontière n’a cédé entre nous. C’est si bon que j’halète, la tête posée sur le revêtement en bois. Je me retiens de ne pas le dévorer sachant pertinemment les paroles que je lui ai dites plus tôt, mais il est si dur de lui résister, surtout à cette tension sexuelle qui virevolte entre nous. Mes coudes m’aident à me redresser et je remarque le mafieux qui recule d’un pas en découvrant mon regard menaçant.
— C’est dur bébé… râle-t-il en inclinant le visage sur le côté.
— Je sais, ça l’est également pour moi, mais tu sais, je pense que ça ne nous aidera pas de craquer si vite. Il nous faut du temps… il me faut du temps, avoué-je les jambes flageolantes.
Je m’avance vers lui et mes mains se déposent sur sa poitrine, essayant de capter le battement de son cœur. Il ne me faut pas longtemps pour le sentir et les frissons dévalent mon épine dorsale tant ils sont puissants. Son cœur frappe si fort contre mes doigts et ça me rend toute chose de réaliser qu’il pulse de cette manière pour moi.
— Allons dormir, chuchoté-je en me décollant de son corps imposant et attirant.
Son soupir indique qu’il aurait aimé plus, mais ce n’est pas le moment. Nous avons désormais le temps d’en parler, d’apprendre à nous connaître ou du moins réapprendre à nous comprendre.
La salle de bain attenante à la chambre possède une baignoire en son centre qui ne m’est pas inconnue, comme si j’étais déjà venue ici avant. Je glisse le bout de mon index sur la porcelaine froide et je m’imagine prendre un bain bouillant à l’intérieur. Face au miroir je découvre que mon mascara a bavé sous ma paupière et que mes cheveux sans forme sont encore humides. Je retire ma robe d’un mouvement de hanche alors que Dareios pénètre dans la pièce. Son aura voluptueuse est fascinante, tellement présente qu’il devient pénible pour moi de déglutir.
— Prends un bain, ordonne-t-il le sourcil gauche relevé.
— Pas si tu restes dans le coin, murmuré-je faiblement.
— Je peux venir avec toi aussi au lieu de rester dans le coin…annonce-t-il au creux de ma nuque qui se tend aussitôt à l’assaut de ses lèvres.
Son souffle chaud percute ma peau alors je ferme les yeux pour ne pas craquer.
— S’il te plait, pars !
— Et si je cache mes yeux avec mes mains, je peux rester ? tente-t-il d’une voix terriblement enivrante.
Je secoue la tête en riant pour lui montrer qu’il n’arrivera pas à me faire changer d’avis, mais surtout pour me donner une contenance.
— Même avec beaucoup de mousse dans l’eau ?
— Dareios ! Oust ! Ça suffit maintenant… râlé-je en ouvrant les yeux sur lui dans le reflet du miroir.
— Tu ne me résisteras pas longtemps Amber, lâche-t-il d’un ton boudeur en reculant. Tu finiras par me supplier de te rejoindre un jour et je refuserai pour te punir !
Il finit par quitter la chambre pour me laisser prendre une douche rapide. En plus d’avoir un caractère de merde, Dareios possède une bonne dose d’humour et je comprends à cet instant ce qui a pu m’attirer chez lui… ce qui a pu attirer l’autre moi avant ce drame.
Je rejoins le lit king size du mafieux et me faufile dans les draps. N’ayant pas de vêtement dans sa chambre, j’ai pioché dans son dressing un boxer ainsi qu’une chemise verte. L’odeur de ses vêtements et de ses draps m’enivre, jusqu’à ce que mes pensées dérivent sur Angela qui dort dans la chambre de Suzie. Je n’ai pas osé passer la tête dans l'entrebâillement de la porte, de peur de la réveiller. Personne n’était debout quand nous sommes rentrés, alors je présume que la soirée a été calme. Je me positionne sur l’oreiller et il ne me faut pas longtemps pour sombrer seule.
∞
Un cri strident me sort du sommeil et d’un bond je me retrouve les pieds cloués au sol. Dareios n’est pas dans le lit, mais je comprends qu’il a dormi à mes côtés par les draps froissés. Mon cœur bat la chamade pendant que je traverse le chalet pour retrouver la pièce à vivre. Je remarque directement des écritures sur le mur blanc au-dessus de la cheminée et Suzie à genoux au sol se tenant la tête dans ses mains.
— Mamie ! hurlé-je apeurée.
— Naya… pleure-t-elle le corps tremblant.
— Tu vas bien ?
— C’est l’œuvre du diable Naya, dit-elle à plusieurs reprises en pointant du doigt le mur blanc taché.
Alors je relève le menton pour mieux analyser ce qui est inscrit dessus.
« Je récupère ce qui me revient de droit »
Plantée devant la cheminée mes larmes dévalent mon visage sans réussir à les retenir.
— Suzie ne me dit pas…
Les sanglots de ma grand-mère adoptive redoublent d’intensité tandis que mon cœur tente de quitter mon corps. Des voix hargneuses se font entendre à l’extérieur, mais je n’arrive pas à quitter cette phrase peinte d’un rouge vif, semblable à du sang dégoulinant. J’essuie mes joues et me retourne face à mamie.
— Ne me dit pas que quelqu’un est mort Suzie… balbutié-je hésitante avant de hausser la voix. Tu vas me dire ce qui se passe ?
— Ils l’ont enlevée, pleure-t-elle.
— Quoi ? Qui ont-ils enlevé ? Et qui sont-ils ? paniqué-je en m’agenouillant face à elle en la secouant fermement.
Suzie se lève en m’incitant à faire de même. Je suis son regard rouge et vide qui observe les graffitis dans mon dos quand un hurlement bestial résonne à l’entrée. Je détourne les yeux sur la porte, terrifiée par cette atmosphère morbide. L’odeur de sang séché m’écœure autant que l’image qui se dessine au fond de la pièce. Dareios avance vers moi un chevreuil égorgé dans les bras.
C’est un cauchemar !
La tristesse de mamie s’entend et mon cœur se comprime dans ma poitrine impuissante face à ce qui se déroule au chalet. Un sautoir pend sur la corne de la pauvre bête, mais ce n’est pas ce qui retient mon attention. Le visage décomposé du mafieux, déformé par la douleur et je perçois des traces de lutte sur ses bras. Son torse découvert est orné de griffures, de bleus et de rougeurs.
Soudain je lis dans son regard qu’il a tout essayé, mais qu’il a échoué.
A cet instant, je comprends que le pire drame qui puisse m’arriver est en train de se produire. Je suis incapable de tenir sur mes jambes, tout devient flou autour de moi et le son s’atténue chaque seconde. Mon cœur a décidé de me lâcher alors que j’avais terriblement besoin de lui. Un bruit sourd accompagne ma chute et rapidement on me soulève. Le parfum rassurant de Dareios s’immisce dans mes narines et ses paroles dans mes oreilles.
— Je vais la retrouver bébé, reste avec nous, je t’en prie. Je vais tout faire pour me venger et Angela sera dans tes bras dès que possible. Regarde-moi, crie-t-il. Regarde-moi putain !
Mes yeux se closent lorsque je réalise vraiment ce qui se passe. Ils m’ont enlevé Angela…
Qui ?
Pourquoi ?
N’allons-nous jamais être en paix ?
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