Dark Hope - T2 - Never in my heart

Mayiah K. · Chapitre 21 sur 31

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Dark Hope - T2 - Never in my heart

-Chapitre 24- · Dareios

 

♪ On My Mind -Ellie Goulding ♫

 

Los Angeles

J’ouvre la porte de la chambre et un employé de l’hôtel laisse rouler son chariot jusqu’au centre de la pièce. Il ressort aussitôt, sans oublier le billet que je lui tends. Le silence commence à doucement me ronger, mais je freine mon ardeur pour éviter d’exploser tellement je suis sur les nerfs. Amber est assise les jambes croisées sur les draps du lit et continue son intimidation en me fixant avec curiosité.

— Le repas est là. Si tu veux bien t’installer à mes côtés, lui déclaré-je en montrant les plateaux sur la table.

Je m’installe sur une chaise en attendant qu’elle daigne bien vouloir me rejoindre. Après avoir levé les cloches des assiettes, j’attrape mes couverts et remarque qu’Amber n’a toujours pas bougé de sa place. La patience est une vertu qui ne fait pas partie de mon vocabulaire pourtant, je ne réagis pas en attendant, encore et encore. Ma fourchette se plante dans la viande avant de la découper tendrement. Le goût est succulent, mais l’amertume de la journée est encore logée au fond de ma gorge.

— Amber ? l’appelé-je en redressant le visage sur elle.

— Je n’ai pas faim, répond-elle en continuant de me dévisager.

— De quoi as-tu envie dans ces cas-là ?

Soudain son corps décide enfin à bouger et vient se placer à quelques centimètres du mien.

— Je ne sais pas comment tu arrives à avaler ce repas alors que tout en moi est noué. J’ai besoin que l’on discute, annonce-t-elle impassible. Lors du trajet je pensais que tu parlerais, mais tu ne m’as même pas jeté ne serait-ce qu’un regard. J’imaginais me faire incendier sur le fait que j’avais réussi à prendre la fuite, mais tu n’as même pas ouvert la bouche.

Je cille en l’écoutant et la laisse parler avant de reposer mes couverts.

— Que caches-tu ? demande-t-elle, penchant son visage si près que tout autour disparaît dans une brume imaginaire.

Je pousse la chaise en la faisant grincer au sol et surplombe de ma hauteur son frêle corps. Elle était autrefois craintive, mais je remarque qu’aujourd’hui Amber possède cette combativité et ce courage qui ne demandait qu’à ressurgir. J’aime sa fougue et sa personnalité audacieuse qui est la même qu’autrefois. À cet instant, je n’ai qu’une envie : la faire reculer pour que ses mollets butent contre le rebord du matelas, la faisant basculer en arrière. Je me positionnerais à califourchon sur elle, emprisonnant ses hanches de mes cuisses et lui prouverai qu’elle est l’unique raison de mon existence, que sans elle je ne suis qu’un minable petit individu sans valeur. Je lui montrerai l’amour qui jaillit de mon cœur lorsqu’elle est à proximité de mon âme et qu’il ne suffit que d’un simple baiser pour remémorer les souvenirs perdus.

Mais je reste planté là, nos regards plongés l’un dans l’autre.

— Que caches-tu ? répète-t-elle faiblement. Je n’arrive toujours pas à comprendre ce qui m’a fait accepter de te suivre, mais je pense avoir besoin de parler avec toi. Mon corps est considérablement attiré vers le tien alors que dans ma tête une litanie me dit de ne pas t’écouter…

Son menton s’abaisse et je décèle une incompréhension ainsi qu’un bon nombre de questions en suspens. Ma main s’approche de son doux visage et mon index glisse sous sa mâchoire — à l’endroit où se trouve sa dernière cicatrice. Je presse mon pouce sur sa peau et naturellement Amber retrouve le chemin de mes yeux.

— Je ne te promets pas d’être le meilleur homme de la terre bébé, je ne peux clairement rien te promettre en fait. Mais j’ai besoin de toi à mes côtés, besoin de toi dans ma vie, tu es l’oxygène qui me manque quotidiennement. L’amour que je te porte est peut-être un brin obsessionnel, mais tu seras heureuse dans mes bras.

— Comment puis-je y croire ? lance-t-elle les larmes aux yeux.

Mon cœur pulse quand je dévie mon regard sur cette bouche qui m’appelle.

— Tu le dois…

— Tout semble si irréaliste. Tu ne penses pas qu’il serait bon pour toi comme pour moi que l’on s’éloigne pour repartir sur de bonnes bases chacun de notre côté ?

Je refuse catégoriquement qu’elle songe à faire ce qu’elle vient de me dire. La puce GPS toujours implantée dans son bras me mènerait directement, à elle, peu importe où elle se trouverait et je ne lâcherai pas tant qu’elle n’accepte pas elle-même de me rejoindre.

— Donne-moi cette chance de me rattraper et de te prouver à quel point tu m’es indispensable.

À force de la dominer, Amber finit par retomber sur les draps comme je l’imaginais faire plus tôt. Elle ne lutte pas, ne se débat pas non plus alors je profite pour m’installer sur elle en ne quittant pas ses iris bruns des miens. Nous sommes comme portés par le moment, isolés du monde extérieur et nos esprits continuent de se tourner autour comme le feraient deux vautours dans un ciel bleu. J’hume ce parfum en avançant mon visage au creux de sa nuque et Amber étire son cou pour me faciliter l’accès. J’y dépose mes lèvres une fois, deux fois et à la troisième ma langue goûte sa peau ambrée aux arômes épicés. Son épiderme réagit par frissons me faisant sourire de fierté. Les mains de l’Amazone s’immiscent sous ma chemise après avoir retiré les pans de mon pantalon. Tout semble déraper, aller très vite, trop vite. Mes baisers migrent sur sa mâchoire, ses pommettes et lorsqu’ils décident de s’entreprendre à cette bouche envoûtante, quelqu’un frappe à la porte.

Confuse, Amber se redresse sur le lit, les yeux papillonnants et je la quitte pour découvrir qui a bien pu interrompre notre rapprochement. Furieux, j’ouvre pour me retrouver face à mes associés. João entre sans demander son reste tandis que Manson et Carter plissent les paupières de colère. Mon entraîneur, quant à lui, émet un hoquet de surprise dans mon dos ce qui fait pivoter ma tête dans sa direction.

— Elle fout quoi ici ? s’étonne le brésilien en indiquant l’Amazone des mains.

— Je vais vous expliquer, soufflé-je troublé par leur intrusion.

Carter claque ma nuque avec sa main pour me faire comprendre qu’il est en colère.

— Nous sommes tout ouïe, annonce Manson en s’asseyant à ma place, grignotant dans mon plat.

Pendant l’heure suivante, je leur raconte ce qui s’est passé le soir où j’ai bloqué Amber dans la ruelle, l’explication que nous avons eue et mon retour chez elle pour la confrontation avec Côme. Je n’oublie pas de leur conter également son arrivée à l’hôtel, ainsi que sa fugue et ma rencontre avec la vieille Indienne et son petit-fils. L’Amazone n’intervient aucunement, mais je vois dans son regard qu’elle est à l’écoute, attentive à chaque détail que j’expose à mes amis. Carter quant à lui paraît hors de lui, mais je l’ignore pour l’instant, car lui et moi devons avoir une discussion en privé.

— On arrête la mission alors ? questionne Manson ébahi par le retournement de situation.

— Il n’y a plus de mission, lâche le détective déçu.

— C’est pas plus mal parce que je commençais à m’emmerder ici, avoue Jo en s’installant sur le matelas à côté d’Amber. Tu te souviens de moi alors ? questionne-t-il en se tournant vers elle.

L’Amazone secoue le visage par la négative et nous sonde tous l’un après l’autre sans ouvrir la bouche.

— Nous avons besoin de repos, annonce Manson en se levant. Et si nous prenions des congés mérités ?

— Des congés ? demandé-je en haussant les sourcils.

— Un petit séjour ailleurs tous ensemble nous ferait le plus grands bien, tu ne crois pas ?

Je ne sais pas si c’est une bonne décision que de partir d’ici. Amber m’interroge du regard tandis que j’inspire pour me poser les bonnes questions. Si ce que m’a annoncé Manson au sujet de mon réveil est avéré, personne ne se doute que je suis encore en vie. Alors est-ce judicieux de me déplacer encore une fois, au risque de croiser un autre mafieux ?

— Tu aimerais t’éloigner quelques jours de Los Angeles ? fais-je en direction d’Amber.

— Je ne sais pas… je ne les connais pas, en plus je ne veux pas partir trop loin d’Angela ou de Liam et mamie, se confie-t-elle.

Je resserre la mâchoire, en assimilant qu’elle n’arrive pas encore à me faire confiance.

— Alors si tu veux que je vienne j’aimerais qu’ils nous accompagnent, lance-t-elle la tête haute.

 

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