Dark Hope - T2 - Never in my heart

Mayiah K. · Chapitre 25 sur 31

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Dark Hope - T2 - Never in my heart

-Chapitre 28- · Dareios

 

♪ Bird Set Free - Sia ♫

 

Phoenix

Du bout des doigts je masse mes tempes douloureuses.

Elle m’a embrassé.

Mon pouce migre sur la peau de mes lèvres que je finis par aspirer entre mes dents. Son goût est le même que dans mes souvenirs. Soudain, je me redresse faisant basculer la chaise au sol dans un bruit strident. J’attrape l’avant-bras d’Amber pour la traîner derrière moi. J’extirpe un billet vert de la poche avant de mon pantalon et nous sortons du restaurant sans avoir avalé le repas qui s’apprêtait à arriver. Une fois devant la portière passager, je pousse l’Amazone contre celle-ci et bloque son corps en faisant une barrière avec le mien. Je surplombe cette femme qui m’enivre et me rend dingue puis approche mon visage pour décoder ses émotions. Je rêve de la serrer contre moi, de sentir son parfum épicé et sa bouche sur ma peau.

— Que fais-tu ? baragouine Amber en levant ses yeux hésitants sur moi.

— Nous avons besoin de nous retrouver, mais ce restaurant n’est pas assez privé pour entamer une conversation comme celle que nous devons avoir.

Les tendons de sa nuque s’étirent lorsqu’elle avale sa salive. Elle comprend certainement où je veux en venir. En me penchant davantage vers elle je rajoute :

— J’aimerais reprendre là où tu t’es stoppée au restaurant…

Amber retient fermement sa respiration suscitant un rire nerveux.

— Je ne sais pas ce qui m’a pris, balbutie-t-elle. Il y a cette tension entre nous qui m’appelle. Comme une voix profondément enfouie qui réclame ton…

Je me rue sur elle, sur sa bouche attirante légèrement brunie par son rouge à lèvres. Nos dents s’entrechoquent par la brutalité de mon baiser, mais elle ne semble pas m’en tenir rigueur car un grognement de plaisir retentit lorsque ma langue s’immisce entre ses lèvres. Mon cœur est prêt à exploser tellement cette sensation m’avait manqué.

Je l’aime…

J’inhale son haleine sucrée et n’interromps à aucun moment notre échange. Mes mains glissent du toit de la voiture sur sa nuque en tirant délicatement ses cheveux désormais courts, mais que je commence à apprécier. Quant à elle, ses doigts s’invitent sous ma chemise et ses ongles griffent la peau de mes hanches. Nous sommes deux animaux, nous agissons comme deux bêtes sauvages qui se battent autant qu’elles s’attirent. Je referme mon poing sur sa crinière et Amber lâche un gémissement qui me fait perdre mes moyens. Je la soulève par les cuisses et ses jambes s’enroulent dans mon dos. Mes doigts pressent la chair tendre de ses fesses tandis qu’elle s’agrippe à mes racines. Nos bouches ne se quittent jamais, allant jusqu’à nous mordre chacun notre tour. J’aspire sa langue furieusement en frissonnant de l’avoir pour moi, aussi ouverte et accueillante. De fines perles de sueurs naissent sur son visage lorsque j’ouvre les yeux, je découvre par la même occasion qu’elle me dévisage avec envie, les yeux emplis de désir.

— Tu m’avais manqué, murmuré-je soulagé de la sentir contre moi.

Je desserre mon emprise sur son corps tandis qu’elle relâche mon cuir chevelu devenu douloureux à l’assaut de ses doigts impatients. Une fois déposée sur le sol, je déverrouille la voiture et ouvre la portière pour qu’elle puisse s’installer sur le siège. Je m’assois à ses côtés en insérant la clé dans le contact et démarre. Seulement, mes pieds refusent de se mettre sur les pédales. Je pivote sur le fauteuil et admire les yeux bruns de cette femme qui semble perdue.

— Qu’y a-t-il ? lui demandé-je perplexe.

— Je ne comprends pas pourquoi je suis tant attirée par toi…

— Tu sais Amber, commencé-je, parfois deux êtres sont simplement faits l’un pour l’autre. Il n’y a pas d’explication pour tout ce qui existe sur terre. C’est comme ça…

— J’ai encore beaucoup de mal à me dire que je m’appelle Amber. Depuis mon réveil tout le monde m’appelle Naya, pourtant avec toi je me reconnais. Ta voix me rassure également alors que tu sembles être un homme à fuir…

— Ne me fuis plus bébé… je ne suis pas sûr de pouvoir survivre à une énième disparition de ta part, lui avoué-je mes yeux plongés dans les siens.

Et c’est vrai. Aujourd’hui j’ai réussi à m’en sortir grâce à elle, mais qu’en sera-t-il si elle décidait de partir à nouveau et cette fois-ci de son plein gré ? Arriverais-je à accepter son choix ? Je n’en suis vraiment pas sûr…

— Que souhaites-tu alors ? demande-t-elle en plaçant sa main droite sur mon cœur.

— J’aimerais que tu viennes vivre avec Angela chez moi à Boston. Que nous reprenions une vie normale en essayant de stimuler ta mémoire pour qu’elle te revienne entièrement. Repartir sur de bonnes bases ensemble, reprendre notre histoire là où elle s’était arrêtée.

En disant cela, je me suis avancé sur elle. Mon souffle percutant la peau de son visage comme je l’ai fait plus tôt au restaurant. Voir sa mine se voiler face à mon approche me fait sourire. Les yeux d’Amber se plantent dans les miens pendant qu’elle inspire lentement.

— Alors accepte que si je décide de partir, tu me laisseras faire sans chercher à me retrouver…

Abasourdi par ses mots, je me recule comme s’ils avaient frappé pile où ça fait mal. J’hésite avant de lui accorder son vœu, sachant pertinemment que je ne m’y tiendrai pas, sachant pertinemment qu’elle ne partira plus après avoir retrouvé sa mémoire. Je décide de l’ignorer et commence à conduire dans le centre-ville sans savoir où me guide la bagnole. La silhouette de l’Amazone se fond dans le siège, les bras croisés sur la poitrine laissant comprendre son mécontentement. Je roule quelques minutes dans un silence étourdissant jusqu’à un feu où se trouve un stand de hot dogs. Je coupe le moteur et sors du véhicule pour en commander, Amber doit avoir faim alors que la soirée est loin d’être finie. En attendant que l’employé termine de les préparer, je scrute l’Amazone dans la voiture qui évite mon regard en tournant le visage de l’autre côté. Je récupère les hot dogs et retourne auprès d’elle en lui posant le sachet sur les cuisses. J’entends un faible « merci » sortir de sa bouche, mais elle ne touche pas le plastique pour autant.

— Mange ! lui ordonné-je en reprenant la route.

Je quitte les rues animées et bruyantes du centre de Phoenix pour me rapprocher des collines et sentiers de sable proches du chalet. Au lieu de tourner en direction de la forêt, je continue en longeant les immenses cactus qui indiquent que nous ne sommes pas loin du point d’ancrage que je prévois de faire découvrir à Amber. Un nuage de poussière apparaît derrière la voiture lorsqu’on approche de notre destination.

La nuit est bien installée désormais et le rayon de lune se réverbère à la surface du lac, l’eau est nuancée de noir et de blanc quand les petits clapotis forment des vagues en bordure. Je gare le véhicule sur un parking ensablé et quitte mon siège pour rejoindre l’étendue d’eau et de sable seulement éclairée par la nuit. La portière claque derrière moi et le bruit du sachet en plastique approche de ma position.

— C’est splendide, chuchote Amber en se postant à mes côtés.

Je ne détourne pas le visage sur elle, car je comprends qu’elle a besoin de temps pour digérer ce qui s’est produit quelques minutes plus tôt. J’ai envie de lui sauter dessus, mais je me retiens. Une idée me traverse l’esprit alors je desserre ma ceinture ainsi que les boutons de mon pantalon, le laissant glisser au sol. En retirant ma chemise, je m’aperçois qu’Amber n’a pas bougé de sa place. Une fois simplement vêtu de mon boxer noir, je prends de l’élan et cours pour sauter dans le lac.

L’eau fraîche me crispe un instant avant de me détendre. Je commence des longueurs sous cette pleine lune qui me donne de l’espoir et lorsque mes muscles commencent à tétaniser, je retourne vers le bord du lac. Amber est encore droite comme un i, le plastique dans la main droite. Elle me regarde intensément. Non ! Elle me dévore passionnément des yeux. Je sors de l’eau et me dirige vers elle, la tirant à moi, mais elle résiste ce qui me fait éclater de rire.

— Viens ! dis-je en passant mes doigts entre les siens.

— Non, j’ai peur… avoue-t-elle.

Je me bloque face à sa confession.

— Peur de ? demandé-je en me retournant face à elle.

— Je ne sais pas nager !

Elle s’aperçoit de mon étonnement et récupère sa main pour la placer dans son dos. Son menton s’abaisse et ses chaussures poussent le tas de sable à ses pieds.

— Arrête tes conneries, tu nageais comme une sirène chez moi !

— Tu… enfin, je ne sais pas comment on fait… ajoute-t-elle timidement.

— Mais tu ne peux pas avoir oublié ça Amber ! m’indigné-je

Je fais volte-face et pose mes paumes contre ses épaules en la secouant délicatement pour lui faire redresser le nez.

— Tu vas apprendre à me faire confiance…

Ses paupières se plissent me faisant comprendre son hésitation, mais les larmes qui apparaissent me percutent en plein cœur. Je comprends sa détresse alors je récupère le sac, le jette par terre puis tente de lui retirer la robe bordeaux qu’elle a mise pour l’occasion. Mes doigts frôlent la peau chaude de ses cuisses et glissent sur l’ourlet délicatement. Je comprends qu’elle accepte de me laisser faire tandis que son corps réagit par spasme. Sa bouche entrouverte m’appelle, mais je continue de coulisser le tissu sur ses hanches en la dévisageant. Des frissons apparaissent sur ses bras nus lorsque la robe dépasse le haut de son ventre à l’orée de sa poitrine. Troublée, elle remonte ses bras au-dessus de la tête ce qui me permet de retirer l’ensemble avec douceur.

— Ça va ? soufflé-je à son oreille quand la robe retombe au sol près de mes vêtements.

Seul un hochement de tête affirme qu’elle se porte bien. J’évite de déposer mon regard sur sa lingerie de dentelle noire et transparente. Ma main attrape la sienne et je la guide vers le bord du lac. Nos pieds franchissent les premières vaguelettes, et je progresse lentement vers le centre du lac, mais Amber résiste.

— Je ne te lâcherai pas…

Elle avance avec prudence, ses doigts resserrant leur prise tandis que nous entrons jusqu’au ventre dans le lac.

— Dareios, soupire-t-elle apeurée.

 

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