Dark Hope - T2 - Never in my heart

Mayiah K. · Chapitre 24 sur 31

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Dark Hope - T2 - Never in my heart

-Chapitre 27- · Amber / Naya

 

♪ You Say - Lauren Daigle ♫

 

Phoenix

Le serveur tire ma chaise, m'invitant à m’asseoir du revers de la main pendant que Dareios s’installe à son tour face à moi. L’ambiance chaleureuse du lieu me calme, car au fond de moi tout est sens dessus dessous. La table est ornée d’innombrables pétales de roses rouges et en son centre les flammes des deux bougies virevoltent, m’hypotonisant par la même occasion.

Où serait-ce le regard bleu de Dareios qui m’intimide ?

— Souhaitez-vous boire un apéritif ? propose le serveur debout sur ma droite.

— Un muscat pour madame et pour moi un bourbon, annonce Dareios sans me quitter des yeux.

Je redresse le nez sur lui et mes lèvres se redressent d’elles-mêmes. Le silence s’invite entre nous lorsque le jeune homme quitte notre table. Préférant ignorer l’attention du mafieux, je contemple la beauté du restaurant. Les sculptures à chaque coin de la pièce sont impressionnantes, autant que l’immense lustre au-dessus de nos têtes.

— C’est magnifique, soupiré-je en attrapant un pétale entre mon index et mon majeur.

— Je te l’accorde, complète Dareios avant d’avaler d’une traite son nectar.

Le son de sa voix rauque et grave me provoque des frissons, parcourant mon échine. Sa prestance anime un sentiment en moi autant qu’il dégage une sorte de crainte. Peut-être est-ce simplement lui qui me rend si nerveuse.

— Je te remercie pour Angela… enfin, pour avoir réussi à la canaliser et m’avoir laissée un peu de répit aujourd’hui.

— Tu n’as pas à me remercier. J’ai bien remarqué à quel point tu sembles épuisée. Angela est encore petite, mais elle a besoin d’une maman en forme pour grandir et s’épanouir.

Pourquoi mon cœur fait ça ? Pourquoi tambourine-t-il si brutalement contre ma poitrine ? Ma main se déporte sur mon thorax, massant la zone douloureuse. Dareios a cette façon de me dire les mots qui me rassurent et pénètrent directement en moi comme une évidence.

Je retire ma paume pour récupérer mon verre et le guide aussitôt à mes lèvres. Le sucre du vin vient chatouiller mes papilles gustatives et je ne peux retenir le gémissement qui s’échappe de ma gorge. Dareios sourit en retombant sur le dossier de sa chaise, ses bras se croisent et je devine un malaise sur son visage. Il contient ses émotions, ses paroles et ses gestes.

— Que se passe-t-il ? m’empressé-je de demander avec curiosité.

Ses narines se dilatent et son soupir laisse sous-entendre qu’il a en effet beaucoup à dire.

— Penses-tu qu’un jour tu me feras confiance ? demande-t-il avant de reprendre. Penses-tu qu’un jour ta mémoire reviendra ? Car ça devient vraiment très ennuyeux pour moi. Ton corps est celui que le mien réclame sans cesse, seulement ma tête a conscience que la tienne ne se souvient pas de moi. Jamais je n’aurais pensé vivre ça une fois dans ma vie. Je tiens à toi, mais qu’en est-il de toi ?

— Aucun souvenir n’est revenu…

— Que dois-je faire pour qu’ils reviennent ? As-tu vraiment envie de les retrouver ? me coupe-t-il.

Je m’offusque en dévisageant l’homme en face de moi. S’il dit être le père d’Angela, bien sûr que je souhaite retrouver ma mémoire. Malgré le fait qu’il m’insupporte et que je n’arrive pas à comprendre la raison pour laquelle j’ai bien pu m’intéresser à un type pareil, au fond oui, je rêve de reprendre ma vie là où elle s’est arrêtée. Seulement, je ne veux pas avoir à me forcer, je ne veux pas qu’après tout ça il m’oblige à rester si je décide de partir.

— Je suis amoureux de toi Amber, enchaîne-t-il sans lâcher mes yeux des siens. Je t’aime depuis l’adolescence et je me suis promis de te retrouver — encore une fois — car il est impossible pour moi de voir mon avenir sans ta présence à mes côtés. Nous sommes liés. Nous sommes faits l’un pour l’autre et je suis persuadé qu’au fond de toi, tu le sais. Tu te mets en permanence des œillères pour ne pas tomber avec moi dans cette relation peut-être trop excessive, mais je suis comme ça. Tu es ma femme et tu m’appartiens.

Je déglutis lorsque ses doigts effleurent la peau fine du dos de ma main. La connexion entre nos deux âmes se forme tandis que mon corps se met à tanguer lentement.

Il a raison sur un point : nous sommes liés. De quelle manière ? Ça, je n’en sais encore rien, mais j’ai envie de le découvrir. En effet, Dareios est excessif, jaloux, possessif. Cependant je suis une femme libre. Libre de ses choix, de ses opinions et de ses envies. Personne ne doit me forcer, personne ne doit juger ce qui me semble être le plus juste pour moi. Ma mémoire reviendra peut-être avec des éléments qu’il m’apportera les prochains jours.

— Je refuse que tu penses de moi que je suis ta chose Dareios. Je suis un être humain faite de chair et de sang, et surtout avec un cœur. Je vais être franche avec toi, j’aimerais vraiment retrouver ne serait-ce qu’un fragment de souvenir, car aujourd’hui je suis perdue. Je suis influencée par tout ce qui se déroule sous mes yeux sans pouvoir affirmer chaque dire et c’est dur, très dur pour moi d’être dans cette situation.

Les phalanges du mafieux vont et viennent sur ma peau, apportant la touche rassurante dont j’avais besoin. Je suis déroutée par la douceur de ses caresses qui soulage les battements de mon cœur. Se voiler la face ne m’aidera aucunement à avancer.

— Je ne demande qu’à te croire, te faire confiance, mais comprends ma situation. Je rêve tellement de vivre une vie normale avec Angela…

— Je t’apporterai tout le bonheur dont vous avez besoin, souligne-t-il.

Un raclement de gorge retentit, nous coupant dans la conversation. Le serveur apporte les menus, mais Dareios commande pour nous deux, congédiant hâtivement le jeune homme.

— Accepterais-tu de me laisser au moins faire le test de paternité pour qu’on puisse avoir la confirmation à propos d’Angela ? s’obstine-t-il.

Il semble vraiment vouloir s’investir dans ma vie et celle d’Angela, et c’est un bon point pour lui.

— Si tu acceptes de me laisser libre et d’arrêter ton discours d’homme des cavernes ! dis-je en dictant mes choix. Si je dois te suivre à Boston, sache qu’il est inconcevable pour moi d’être la femme d’un mafieux jaloux et possessif. Accepte que je sois une femme avant d’être ton objet.

Ses paumes claquent contre le bois brut de la table, faisant s’entrechoquer nos verres trop proches dans un tintement aigu. Je sursaute et mes yeux s’écarquillent de stupeur du geste violent qu’il vient de faire. Le son des voix des clients du restaurant s’atténue et je m’aperçois que plusieurs têtes se tournent dans notre direction, créant un malaise autour de nous.

— Tu n’es pas mon objet ! crache-t-il le corps penché sur la table, son visage plaqué au mien. Tu es ma femme ! MA. FEMME.

Je plaque mon dos contre la chaise pour imposer une distance. Mes bras se croisent sur ma poitrine, gardant la tête droite, lui montrant à quel point je ne suis pas prête à accepter ce qu’il revendique.

— Pour l’instant je ne suis rien de tout ça Dareios, réponds-je sur le ton de la provocation. Et tu n’es rien non plus pour moi, mis à part un intrus qui est venu chambouler le peu de vie que j’ai réussi à me reconstruire après cet accident.

Les iris de ses yeux, habituellement d’un bleu clair, s’assombrissent. Il inspire si fort que son haleine alcoolisée frappe contre mon nez, évoquant un flash furtif. Si impénétrable, si mystérieux et incompréhensible. Mais mon corps semble reconnaître cette sensation, guidant mes lèvres sur les siennes. La chaleur de sa bouche pulpeuse et immobile m’incite à apprécier davantage l’instant. Je ne contrôle rien quand d’un léger mouvement de tête j’accentue notre baiser. Je perçois un étonnement dans ses yeux lorsque j’ouvre les miens puis décide de reculer en baissant le menton sur mes cuisses.

Dareios se remet en place, les coudes sur la table et le visage plongé dans ses mains.

— C’était quoi ça ? m’interroge-t-il.

— Je n’en sais rien, avoué-je en récupérant mes mains pour les placer sous la table.

J’ai agi sans réfléchir, laissant faire mes sens qui ne demandaient que ça…

En fait, je pense avoir réagi comme celle que j’étais avant. J’ai voulu canaliser son accès de colère en y apportant ma touche de douceur et ça a fonctionné. Dareios s’est calmé instantanément et je crois même que mon geste l’a étonné.

 

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