Dark Hope - T2 - Never in my heart

Mayiah K. · Chapitre 11 sur 31

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Dark Hope - T2 - Never in my heart

-Chapitre 13- · Amber / Naya

 

♪ Oh my god -Alec Benjamin ♫

 

Los Angeles — Aujourd’hui

Ma voix résonne dans la ruelle pendant que je distingue le visage de mon agresseur changer. Il passe d’une fierté impassible à un étonnement malheureux. Le silence naît entre lui et moi, je pourrai fuir en le laissant paralysé là. Pourtant mon corps reste immobile à quelques centimètres de cet homme. Une chaleur se manifeste en moi pendant que mon cœur tambourine violemment contre ma poitrine.

— Naya ! entends-je crier à l’autre bout de la rue.

Liam déboule en courant vers nous. Il se précipite sur l’inconnu et le pousse brusquement au sol. Le corps de mon agresseur tombe sans un mot, sans un geste de rébellion encore sous le choc. Mon patron se positionne sur lui le poing menaçant en l’air.

— Qu’est-ce que vous comptiez lui faire ? rage-t-il.

Le visage de Liam est transformé. Je m’approche d’eux et place ma paume sur la main fermée du tatoueur énervé pour le retenir de faire une bêtise.

— Laisse Liam. Ça n’en vaut pas la peine…

Lorsqu’il tourne le visage vers le mien, l’inconnu se redresse et attrape Liam par le col de sa veste en jean. Il rejette le dos de l’Amérindien contre la façade et pointe du doigt dans ma direction, fixant mes yeux.

— Mais c’est qui lui putain ! Amber !! crie-t-il à son tour.

Je recule quand ses pas se déplacent sur moi. Le corps de Liam bouge derrière l’inconnu et je continue de fuir. Je rate un battement lorsqu’il touche mon épaule, les yeux remplis de larmes que les lumières accentuent. Ses narines se gonflent et je devine facilement un sentiment coléreux chez lui.

— Mais pourquoi Amber… Je veux juste comprendre, craque-t-il en tombant à genoux face à moi.

Son changement d’humeur me foudroie. Ses mains glissent sur mon corps, frôlant mes cuisses. Je penche la tête lorsqu’il quitte mon regard, posant son visage sur mes jambes. L’ombre de Liam arrive lentement puis j’interromps son geste en levant ma main.

— Ne fais rien, dis-je la voix enrouée.

— Tu le connais ? s’interroge mon patron.

Je secoue le visage en figeant mes yeux dans ceux de Liam. Mes doigts tremblants effleurent les boucles brunes de l’homme à mes pieds, puis les caresses doucement. Je ne comprends pas pourquoi je suis aussi tactile avec cet inconnu alors qu’il m’a fallu plusieurs semaines avant d’approcher Côme. Tout semble si naturel avec cet homme que mes gestes ne répondent plus vraiment de moi.

— Écoutez monsieur. Je ne sais pas ce que vous me voulez, mais je ne peux pas répondre à vos questions. Je ne suis pas celle que vous croyez. Alors veuillez me lâcher… s’il vous plaît.

Son corps se décolle du mien et une sensation de froid me prend au ventre. Liam s’approche de nous alors que je préfère partir. Je reviens sur mes pas et retrouve mon sac de courses aux pieds de mon immeuble. J’ouvre rapidement et sans difficulté la porte puis grimpe les marches précipitamment. Je passe devant l’étage de Carlita, mais l’ignore, car j’ai réellement besoin de me retrouver seule, me reconnecter avec mon esprit avant de récupérer ma fille. Une fois dans mon appartement, je ne contrôle plus mes pieds qui me mènent à la cuisine. Le placard qui contient l’alcool de Côme s’ouvre et j’attrape la première bouteille qui me vient, défait le bouchon avant d’engloutir le liquide. Mon gosier prend feu, mais je n’arrête en aucun cas d’avaler. Lorsque je n’arrive plus à déglutir, je repose violemment la bouteille sur le plan de travail.

Je ressens ce besoin incontrôlable de vouloir me purger, de me débarrasser de cette foutue boule qui reste bloquée dans ma cage thoracique. Je n’avais jamais ressenti ce besoin de m’enivrer au point d’oublier ce qui vient de se passer. Cette rencontre ne me laisse pas indifférente et ses iris d’un bleu intense me ramènent à un mauvais souvenir, ou peut-être simplement un souvenir que je ne souhaite pas retrouver. Je me retourne et mes doigts passent sur le bois du tiroir à couvert, je pianote un instant puis abandonne l’idée de prendre un couteau.

La porte s’ouvre dans un bruit fracassant alors que j’ignore la personne qui entre chez moi. Je suis tourmentée, alors au point où j’en suis, je n’ai plus peur de qui que ce soit. Les semelles grincent contre le carrelage, annonçant que l’intrus s’approche de moi hâtivement. Une main me fait reculer contre l’îlot central et c’est à cet instant que mes yeux se lèvent.

— Il faut que tu lui parles, annonce Liam en me fixant. Il dit t’avoir reconnu. Tu sais… il doit faire partie de ton passé.

Je repousse mon ami d’un coup d’épaule et reprends la bouteille, en buvant directement au goulot. Mes yeux ne quittent pas le regard de Liam et une larme solitaire dévale ma joue. Ses paupières s’écarquillent quand ils se portent sur ma glotte qui monte et descend pendant ma déchéance.

— Mais qu’est-ce que tu fais Naya ! hurle-t-il en me retirant la bouteille de la bouche. Tu ne bois jamais de whisky !

Je ricane en découvrant la mine épouvantée de Liam. Pourtant, je me sens bien, après avoir bu plusieurs gorgées de cette boisson, et même plus que bien. La pièce semble tanguer comme si je me trouvais en pleine mer. Le regard dans le flou, je pose les mains sur le plan de travail.

— Arrête de bouger Liam, j’ai le mal de mer là ! raillé-je.

— Va t’asseoir sur le canapé. Je vais prévenir Carlita que tu ne te sens pas bien.

∞

J’entends une conversation non loin de moi, alors je me redresse en me réveillant, encore saoule et remarque que Liam est accompagné. Je souris pensant que son voisin de canapé n’est autre que Côme, mais je déchante rapidement lorsque la brume s’efface de mes pupilles.

— Qu’est-ce qu’il fout là Liam ? Tu déconnes putain !

— Oh tout doux ma belle, je lui ai proposé de venir discuter gentiment pour qu’il puisse avoir la chance de s’expliquer. Tu sais Naya, tu luttes contre ton passé, mais laisse-lui une chance de s’expliquer. Tu ne connais que Côme de ta vie d’avant alors écoute ce que cet homme a à te dire.

Mon regard dévisage l’inconnu qui est sous mon toit et remarque la pression que ses poings forment. Sa mâchoire est contractée et les narines dilatées. Ma lèvre supérieure tressaute nerveusement.

— Fais-toi plaisir, ouvre la porte de mon appartement à n’importe qui. Je ne peux pas avoir confiance en toi Liam. Vous savez quoi ? Dégagez ! crié-je pendant que je me lève difficilement en maintenant mon front douloureux. En plus, Côme ne devrait pas tarder et tu le connais aussi bien que moi, il va être fou furieux.

La prononciation du nom de mon fiancé fait redresser l’homme aux yeux bleus. Il remonte les manches de son sweat et je découvre de nombreux dessins qui ne me sont pas inconnus. J’imagine un instant qu’il accepte de partir, mais je comprends rapidement que non lorsque son parfum, un doux mélange de chewing-gum à la menthe et de bois de santal me percute. Soudain, il me prend dans ses bras et bien que je ne m’y attende pas, je me surprends à ne pas sursauter à son approche.

— Tu étais mienne il y a moins d’un an Amber.

Amber…

Ce prénom m’hérisse les poils. L’homme est bien plus grand que moi, alors je lève le menton pour le regarder. La sensation de ses mains autour de moi ne me rebute pas. Un parfum mentholé frappe mon visage et lorsque mes yeux se ferment, les traits de cet inconnu s’affichent sous mes paupières.

— Je vous l’ai déjà dit, je ne m’appelle pas Amber.

— Oh que si ! dit-il, les sourcils froncés.

— Mec, lâche-la, demande Liam en nous regardant. Prenez des distances pour discuter.

L’inconnu se réinstalle à sa place.

— Peux-tu nous expliquer d’où vous vous connaissez ? commence Liam.

— C’est peut-être un peu difficile d’en parler ouvertement, mais nous vivions ensemble avant qu’elle ne disparaisse subitement. J’ai été agressé et plongé dans le coma pendant plusieurs mois. Elle a été enlevée chez nous après un… une agression lors d’une soirée de fiançailles et dès mon réveil nous avons fait des recherches pour savoir où Amber se trouvait.

— Comment vous appelez-vous ? demandé-je un brin curieuse.

L’homme qui regardait franchement mon ami se retourne sur moi et ses deux perles bleues me transpercent.

— Dareios Petridis.

Mon corps réagit à ce nom. Les frissons apparaissent sur ma peau, défilant sans pudeur sur mes avant-bras. Dareios le remarque instantanément et sourit. Ses yeux remontent sur mon visage, je mentirais si je n’avouais pas qu’il y a quelque chose de captivant chez lui.

— Connaissez-vous Côme Taylor ?

Dareios secoue la tête par la négative alors qu’il pose une question à son tour.

— Et toi, te souviens-tu d’Ulysse ?

— Non, avoué-je.

— De quoi te souviens-tu alors ?

— De pas grand-chose… vraiment. J’ai seulement des cauchemars qui me hantent depuis plusieurs semaines. Côme m’a touché deux mots sur mon passé de prostituée. Je présume que les souvenirs viennent de cette période.

Le visage de Dareios s’assombrit à l’énonciation de cette partie de moi. Est-il en colère par rapport à ça ? En tout cas, il semble ne pas vraiment apprécier que j’en parle.

— Comment pouvez-vous être sûr que cette « Amber » soit moi ?

— Je le sais, car tu possèdes les mêmes cicatrices. Celle de ton visage a été faite lorsqu’Alpha t’a retirée des bras de ta mère en Colombie, soupire-t-il d’un air haineux. Tu as aussi une multitude de brûlures de cigarette sur les mollets. Celle de ta gorge est la dernière en date, elle a été faite par mon père, jaloux de mon bonheur et également par vengeance.

Plus sa voix énumère les stigmates qui ornent mon épiderme, plus mes paupières s’écarquillent. Comment cet homme peut connaître tout ça de moi ? Alors que je n’arrive même pas à dégager le brouillard de ma vie d’avant ?

— Je sais que tu as un magnifique tatouage sur ton pubis.Tu l’as fait avec moi, une serrure que plusieurs tâches colorées entourent, annonce-t-il en me tendant son avant-bras. Je me suis fait faire la clé pour que l’on ait un dessin en commun.

L’alcool ingéré plus tôt commence à s’évaporer alors que mon corps réclame une dose supplémentaire. Je ne comprends rien à ce qui se passe sous mes yeux, dévastée par toutes ses révélations. Il ne peut savoir pour mes marques, mon tatouage, sauf s’il m’a vue nue.

— Vous étiez un client du bar où je travaillais lorsque j’étais une pute ? en conclus-je une boule bloquée dans ma gorge.

— Jamais ! crache-t-il furieux. Je n’ai jamais mis un pied dans ce club pourri pour profiter de toi Amber. J’ai peut-être été un enfoiré parfois, mais je ne t’aurais jamais fait de mal.Je suis l’homme qui t’a sauvée des griffes de cette maison close.

Je suis sidérée, car la sincérité qu’il dégage me touche en plein cœur. Plus je le regarde et plus je me demande si Côme m’a dit la vérité sur notre couple.

— J’avoue ne pas avoir été tendre avec toi les premiers temps, continue-t-il. Mais sache que j’ai su me faire pardonner. Au départ, je t’en voulais d’avoir donné ton corps à des hommes sans valeur, puis nous avons réussi à passer au-dessus de tout ça.

Je vois l’étonnement de Liam dans ses traits, il découvre en même temps que moi des fragments de ce qui peut être mon passé. Dareios me fait vraiment peur avec son comportement et ses révélations pourtant sa façon d’agir est familière, je n’aime pas ce sentiment qui naît en moi. Je m’intéresse à un autre homme que Côme et cela me perturbe grandement…

— Qui me dit que je devrais avoir confiance en vous plus qu’en mon fiancé ? tenté-je pour ne pas lui donner raison sur ce qu’il m’annonce.

Soudain il se retrouve sur moi les pupilles noires, remplies de haine.

— Tu es fiancée ? lance-t-il avec véhémence. Ne me dis pas ça Amber… je pourrai tuer celui qui a osé s’approcher de toi.

Liam le retient pendant que je recule. Mon attention se porte sur l’horloge et je pense en avoir assez entendu pour aujourd’hui.

— Dareios, vous allez quitter mon appartement. S’il vous plaît, dis-je en insistant sur les trois derniers mots.

— Je veux te revoir. Avoir la possibilité de te montrer que tu te trompes sur l’homme qui vit à tes côtés, car il te ment depuis le début crois-moi. Je t’en prie, dis-moi que nous pourrons nous revoir… très prochainement ?

Mes paupières se ferment et je prends une grande inspiration.

— Je vais y réfléchir, en attendant je vous laisse prendre la porte.

Je tends le bras vers l’entrée, en rouvrant les yeux. Un combat visible commence dans la tête de Dareios, il me défie ouvertement. Lorsqu’il passe devant moi, ses mains frôlent la peau de mes doigts et je tressaille. Il sort de mon appartement avant de s’immobiliser sur le seuil. Il se décale, laissant Carlita apparaître dans le chambranle, en évitant le corps imposant de Dareios. Elle entre chez moi en voyant bien que ce n’était vraiment pas le bon moment pour intervenir.

— Tu as un enfant ? demande-t-il en se retournant vers moi, étonné.

Je récupère ma fille des bras de la nounou et l’embrasse dans le cou. Lorsque je cherche Dareios dans mon champ de vision, il se trouve déjà en face de moi. Il a le don de se déplacer dans un silence inouï. Je resserre la petite contre ma poitrine quand elle scrute le regard bleuté de l’inconnu. Ils se fixent et mon cœur rate un battement quand elle lui sourit tendrement. Angela n’offre pas souvent de sourire par son jeune âge, mais j’avoue que je reste stupéfaite de voir sa réaction à cet instant. Ma fille s’agite au moment où il approche sa main de son visage.

— Ne t’avance pas ! Ne la touche pas, craché-je en l’avertissant.

Il a un élan de recul face à ma menace, mais répond d’un ton blasé en visant du bout de l’index ma fille.

— Je n’en reviens pas putain ! Tu as un bébé Amber !

Son visage devient livide alors qu’il nous dévisage à tour de rôle.

— Tu sais… tu peux ignorer ce que je t’ai appris ce soir, mais tu ne peux pas fermer les yeux sur la couleur des iris de cette enfant. Tu dois simplement comprendre Amber, que ton « fiancé » n’est pas celui que tu crois, dit-il en insistant sur le mot fiancé.

Il s’éloigne à reculons, nous regardant toujours. Je comprends qu’il est autant perdu que moi face à cette situation. Notre rencontre ne semble pas être anodine, car je suis persuadée qu’il a cherché à me retrouver, mais qu’en est-il de ce qu’il découvre ce soir ? Dareios paraît ébahi face à tout ça et je le suis tout autant quand je remarque qu’il a également eu le même ressenti à propos des yeux de ma fille. Il me parle de Côme comme s’il était un imposteur et je me demande s’il n’a pas raison. Depuis mon accouchement quelque chose s’est brisé entre lui et moi…

— Je serais chaque jour dans le café au bout de la rue, en terrasse… je t’attendrai. Pour une conversation plus poussée et si tu as des questions, je te répondrai.

Dareios quitte enfin mon appartement, laissant malgré tout un vide dans mon cœur. La minute qui suit, Liam et Carlita se ruent sur moi, posant une avalanche de questions dont je ne connais pas les réponses. L’adrénaline de cette rencontre retombe en même temps que la descente de l’alcool ingéré plus tôt.

Mon patron m’explique que j’avais laissé traîner mon portable sur la caisse du shop et quand il s’en est aperçu il a filé directement jusqu’à chez moi. Il se remercie sans cesse d’avoir été présent pour intervenir, car personne ne sait vraiment ce que Dareios aurait pu faire. Je sombre dans un sommeil étourdissant après avoir couché ma fille et viré ma voisine et Liam.

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