Dark Hope - T2 - Never in my heart

Mayiah K. · Chapitre 28 sur 31

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Dark Hope - T2 - Never in my heart

-Chapitre 31- · Dareios

 

♪ Hold On - Chord Overstreet ♫

 

Phoenix — 1 heure plus tôt

Je me réveille quand un bruit résonne dans la pièce à vivre et mon cœur s’emballe de peur qu’une personne se soit introduite ici. Mes yeux scrutent le réveil sur ma gauche et remarque qu’il n’est que six heures du matin. Le chalet est habituellement plongé dans un silence étourdissant à cette heure-ci, alors qu’est-ce que cela signifie ?

Le grincement des vieilles planches du parquet du salon et les chuchotements me poussent à me lever avec prudence. J’ai été formé par la mafia pour être le plus discret possible, mon corps se déplaçant telle une ombre muette pour surprendre mes ennemis. Malgré mon inactivité depuis plusieurs mois, je n’en reste pas moins vigilant. Aujourd’hui, je ressens ce besoin de ne pas me faire voir alors je quitte la chambre en détournant un instant mon regard sur la femme qui dort paisiblement à mes côtés. Les pas se rapprochent du couloir où je me trouve. Je me place derrière le rideau tiré de l’immense fenêtre qui donne sur la forêt. Deux silhouettes ondulent en me passant devant et je ralentis ma respiration pour me concentrer sur mes autres sens. Une odeur de tabac percute mes narines, c’est foudroyant et écœurant. J’inspire lentement lorsqu’ils s’éloignent de ma position me laissant comprendre ce qui se déroule en cet instant.

Un crissement venant du salon me parvient, comme si les intrus étaient en train de cambrioler le chalet. Mes pieds décident enfin à avancer vers la pièce à vivre. Je suis curieux et affolé de voir ce qui se trame chez moi, dans mon repaire. Mon cœur s’emballe. L’ombre des corps ne me semble pas familière pourtant je suis persuadé d’en avoir déjà vu un.

— Il avait raison, chuchote une voix.

— Tais-toi ! persifle une autre.

— Mais qu’est-ce qu’il fout putain ! râle la première.

L’homme de face a le visage caché par un bandana qu’il porte sur le nez tandis que le second est de dos. Ils se tiennent l’un face à l’autre comme s’ils étaient en concurrence, en plein défi.

— Il faut vraiment qu’on se casse…

— Ta gueule ! On l’attend et on décolle.

Une troisième silhouette apparaît soudainement , un corps robuste et imposant s’installe à leur côté. Le chignon de ce dernier ressemble outrageusement à celui de mon frère, Ulysse et de l’imaginer présent ici me révolte. J’ai la sensation que rien ne va aller dans mon sens, n’ayant aucun moyen de me défendre. Mon flingue étant resté dans le tiroir de la commode, je n’ai que mes mains en guise d’arme.

Que tu es naïf, gronde ma conscience.

Putain, mais c’est pire que ça… Je ne suis qu’un pauvre idiot !

— Encore quelques minutes les gars, souffle le dernier arrivé dans le salon.

Ma jambe tressaute d’impatience. Je ne dois pas agir connement, mais je rêve d’interrompre leur conversation. Malheureusement je ne peux prévenir Manson, car les chambres d’amis se trouvent de l’autre côté de ma position. Je ne peux donc pas traverser la pièce sans passer devant ces trois enfoirés…

— C’est bon ! annonce une voix féminine.

— Vous avez eu le temps d’inscrire le mot sur le mur ? demande l’homme imposant à ses camarades.

— Oui regarde !

Le type de dos sort un portable et allume le flash pour montrer son chef-d’œuvre. Une phrase est taguée au-dessus de la cheminée et je devine facilement ce qui y est écrit.

« Je récupère ce qui me revient de droit »

Fils de pute, rage mon démon intérieur qui commence à prendre possession de mon corps. Des fourmillements naissent à chaque extrémité de mon corps comme si je me transformais en immonde personnage des ténèbres. La sensation se décuple lorsque le flash du portable se pose sur la femme tenant dans ses bras Angela. J’explose en hurlant de colère me faisant apparaître dans leur champ de vision. Je cours vers le groupe, prêt à me battre pour récupérer ma fille, mais une arme se pointe sur ma tempe au moment où je m’apprête à donner le premier coup.

— Du calme connard ! siffle l’homme derrière son flingue.

— Que voulez-vous ? réponds-je impatient.

— Ta déchéance mon frère ! raille la voix d’Ulysse.

— Espèce de bâtard, tu crois que c’est en me retirant Angela que je vais la fermer ?

L’adrénaline est trop forte pour que je reste en place, mais le type appuie le canon sur ma peau, m’obligeant à rester à ma place.

— Oh non, bien au contraire. Je n’ai qu’une hâte, celle de te retrouver à Boston pour commencer la guerre que tu ne gagneras pas !

— Tu ne peux pas lui faire ça, craché-je en parlant d’Amber.

— Dans la vie, chacun fait les choix qui lui semblent judicieux, elle a fait le sien Dareios. Son choix à elle c’était toi et pas moi… alors je n’en ai strictement rien à foutre d’elle.

— Rien à foutre ? Alors qu’est-ce qui te passe par la tête de venir t’en prendre à notre fille ? grondé-je les dents serrées.

— Tout ce qui touche à Amber te détruit, il ne faut pas être con pour le savoir. Tu as buté ma mère avant d’achever notre père ! J’ai une vengeance à assouvir.

— Il t’en a parlé ? demandé-je les yeux écarquillés par la révélation.

Le souvenir remonte comme la lave d’un volcan, imprévisible et brutal.

— Non Dareios… j’étais présent ce jour-là ! Je t’ai vu violenter ma mère, je t’ai vu t’en prendre à elle, je t’ai vu décharger ta colère tel un fou furieux… puis elle a fini par succomber à ta démence…

Je m’étais promis de ne plus jamais penser à cette affreuse journée qui m’a rendu aussi froid que le marbre. Malgré les tremblements de mon corps, j’arrive à dompter les larmes qui demandent à quitter l’angle de mes paupières. Je ne dois pas m’effondrer devant lui et son impassibilité. Pour la première fois de ma vie, Ulysse, mon frère, m’impressionne et me surprend.

— Tu ne comptes pas lui faire de mal, murmuré-je plus pour le convaincre que pour connaître la réponse.

— Tout dépendra de toi mon frère, murmure-t-il d’une voix rauque.

Il tend son bras vers la femme qui tient Angela et elle le suit sans rechigner. Je le regarde s’éloigner tandis que ses deux collègues font barrière entre lui et moi.

— Tu vas où putain ! m’énervé-je.

— On se retrouve sur la côte est ! lance Ulysse sans se retourner, me saluant une main en l’air.

Le ronronnement de sa voiture s’éloigne, laissant les deux autres gars en face de moi. Ils reculent pour sortir du chalet alors que l’un d’eux me menace toujours avec son arme.

— Tu vas rester ici tranquillement pendant que nous, nous allons retourner à Boston.

Mais je continue de les suivre jusque dans la forêt. L’homme qui maintient le calibre s’installe au volant d’un 4x4 alors que son pote tire la poignée de la porte passagère. Je ne lui laisse pas l’occasion de s’y asseoir, le tirant par les cheveux. Il bascule dans les feuillages au sol et je grimpe sur lui à califourchon en enchaînant les coups. Le son de ses cris est sectionné par mes poings qui percutent ses pommettes. Le sang chaud gicle sur mon torse nu avant que le second type ne me maîtrise. Mon dos heurte la carrosserie noire en même temps qu’il se met à cogner mon visage. Ma peau se déchire comme l’a fait mon cœur plus tôt, lorsqu’Angela s’est évaporée de ma vue tel un mirage. Un cri strident résonne dans le chalet pendant que je tente de dominer l’homme en face de moi. Je suis si faible que mes genoux retombent au sol lourdement.

Je suis un moins que rien putain !

— On va te saigner Petridis ! hurle le plus amoché des deux.

Je m’effondre par terre, laissant les deux hommes s’échapper. C’est inutile de les retenir, car je finirai par les revoir dans les prochains jours, si ce n’est les prochaines heures…

En me relevant, j’aperçois à l’entrée de la forêt le corps inanimé d’un chevreuil. Ses yeux ouverts apeurés et le sang rouge sur sa douce fourrure me retournent l’estomac, me rappelant l’acte de barbarie dont j’ai été coupable adolescent. J’ai tué Karol, la mère d’Ulysse, la femme de mon père.

« Elle était si violente envers moi qu’il était difficile de passer une bonne journée avec elle dans les parages. Je n’ai pas su répondre de ma folie lorsqu’elle s’est jetée sur moi un matin, alors que je venais simplement l’avertir que nous allions prendre le petit déjeuner. Elle m’a d’abord répondu par une gifle claquante sur la joue droite qui m’a fait tomber au sol, puis son talon de douze centimètres était venu se loger dans mon ventre. Elle appuyait si fort que ma respiration s’était coupée, suffoquant de douleur. J’étais terrifié par cette femme, et elle n’avait qu’une envie, celle que je déguerpisse le plus vite possible de chez mon père. Alors quand j’ai réussi à reprendre un brin de souffle, je me suis jeté sur elle. Étant plus grand et plus fort, je me suis empressé de lui rendre chaque blessure infligée depuis son arrivée dans ma vie. J’ai bloqué ses griffes en tordant chacune de ses phalanges et à chaque craquement de ses os, je me réjouissais de la souffrance qu’exprimait son visage. Elle m’insultait et gesticulait si faiblement sous moi que ça en était presque drôle. Piéger la garce qui me faisait vivre l’enfer depuis l’enfance était tellement hilarant, qu’une petite voix me chuchotait de continuer. C’est au moment précis où mon front percutait sa cloison nasale qu’elle perdit connaissance. Alors je me suis glissé dans sa salle de bain, cherchant un outil pouvant l’achever… »

J’attrape le chevreuil et remarque qu’un collier est accroché sur l’une de ses cornes. Le pendentif n’est autre que l’emblème de la mafia Gréco-Américaine, un éclair entouré de plusieurs symboles rappelant la mythologie grecque. Je me déplace sur le perron en entrant dans le chalet, suivant le bruit des sanglots qui résonne dans la pièce. Suzie est en larmes, regardant Amber qui me sonde confuse, essayant de comprendre ce qui se passe. Ses yeux endormis s’emplissent d’humidité et je m’en veux de la décevoir à ce point. Je l’aime et j’ai été incapable de protéger notre fille, j’ai été incapable de me défendre face à ces intrus. Je ne mérite pas son amour. Je ne la mériterai jamais.

Je me tords de douleur, réalisant à quel point je suis immonde et je retiens le démon en moi qui ne demande qu’à jaillir. Mon cœur s’arrête de battre au moment où Amber s’écroule par terre, alors je lâche la bête et me rue sur l’Amazone en détresse.

— Je vais la retrouver bébé, reste avec nous je t’en prie. Je vais tout faire pour me venger et Angela sera dans tes bras très bientôt, annoncé-je en la secouant. Regarde-moi, regarde-moi putain !

Elle tombe dans les pommes et je tombe avec elle, au sol, anéanti.

 

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