Dark Hope - T2 - Never in my heart

Mayiah K. · Chapitre 31 sur 31

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Dark Hope - T2 - Never in my heart

-Chapitre 34- · Amber

 

 

♪ If the world was ending - JP saxe ♫

Boston — REMAKE

Je me suis débattue longuement, mais Ulysse était trop fort. À peine dans sa voiture, il n’a pas attendu une minute pour me faire un topo complet sur ce qui allait se passer. Nous allions retourner à la maison close, le point de départ…

Mon point de départ.

Le grand blond m’a confié avoir vécu un enfer depuis qu’il a quitté la villa familiale. Ne sachant pas où aller, il s’est réfugié au seul endroit qui lui semblait être le plus sécurisant pour lui : L’Odyssée. Seulement, après quelques jours à vivre dans une chambre de bonne comme celle de Côme, à l’époque où je travaillais là-bas, Alpha a eu vent de son nouvel invité. Il s’est alors retrouvé pris au piège, acceptant chaque demande les plus délurées les unes que les autres, qu’Alpha lui ordonnait. Quand nous nous sommes vus le soir des fiançailles, Ulysse voulait nous avertir du guet-apens avec Hadès. Il avait recroisé son père quelques jours auparavant à l’Odyssée, qui lui avait avoué qu’une vengeance était programmée pour ce soir-là. Quant à Alpha, il devait le former pour prendre sa place dans le club. Seulement, la jalousie maladive de son frère a tout fait foirer. Ulysse, fatigué de se faire traiter de la sorte par son frère, a préféré le laisser gérer la situation. Il n’aurait jamais imaginé que l’apocalypse allait se déchaîner cette soirée.

« — On va récupérer ta fille, Dareios et Manson. On doit établir un plan avant d’entrer en scène », avait-il dit dans la voiture pendant que nous étions en chemin.

Finalement nous avons convenu d’une entrée simple, moi bâillonnée et lui me maintenant fermement. Il allait montrer sa haine envers son frère comme il l’avait fait à Phoenix pour convaincre ses collègues.

Ulysse n’a jamais apprécié son frère, car il était présent le jour du meurtre de sa mère. Enfant, il aimait se cacher derrière les rideaux pour écouter les conversations d’adultes, de surprendre une femme de ménage voler des biens ou encore observer son grand frère jouer aux jeux vidéos, tard la nuit. Seulement, le jour où Dareios s’est jeté sur Karol il était présent, il a assisté à la violence physique entre eux, mais également au décès de sa mère.

Personne ne l’a su et personne ne le sait aujourd’hui. Il s’est gardé d’en parler, s’isolant seul dans sa peine. Lorsque je suis arrivée dans la villa, il y a vu un renouveau. Notre rapprochement était pour lui essentiel parce qu’il avait enfin quelqu’un qui n’avait pas de passé dans cette maison et avec ses habitants. Il a commencé à avoir des sentiments pour moi, mais ils n’étaient pas réciproques. Puis il a fini par accepter le fait que son frère et moi ne ferions qu’un et a surtout préféré prendre du recul.

Lorsque le drame de la soirée des fiançailles est survenu, il s’est promis de nous retrouver et de nous aider à reprendre une vie normale. Alors quand Carter a débarqué à la maison close avec des informations croustillantes à propos de nous, il s’est proposé d’aider Alpha à se venger de son frère. Mais son vrai but était surtout de reprendre contact avec sa famille et de faire table rase du passé.

Lors de notre passage à la maison close, je me suis pris en pleine face mon ancienne vie. Les murs gris moisis, l’odeur de renfermé et de tabac froid, une ambiance austère qui ne donne pas envie de s’éterniser. Quand Alpha s’en est pris à Ulysse, il m’a jetée dans le dos de Dareios pour que je commence à le libérer des liens. Pas pour que nous fuyions ensemble, mais pour aider le grand blond s’il n’arrivait pas à maîtriser le mafieux. Les hommes planqués au fond de la pièce n’ont pas bougé, cela a beaucoup étonné Ulysse, car c’était des hommes de main, fidèles à Alpha. Mais d’après ce que nous en avons conclu, ces hommes n’arrivaient peut-être plus à supporter leur chef.

— Comment se fait-il que les hommes d’Alpha n’aient pas réagi ? hurle Dareios assis à côté d’Ulysse qui s’applique à rouler dans le centre-ville de Boston.

— Tu vas arrêter avec tes questions, ça fait dix minutes qu’on est parti et je me prends des avalanches d’interrogations. Sérieux, tu ne peux pas attendre d’être à demain, à tête reposée pour qu’on mette ça au clair ?

Près de moi, Manson se réveille lentement.

— Vous allez la fermer bordel ! J’ai la migraine merde, dit-il en se redressant lentement sur la banquette. Oh, on est vivant ?

Je souris au bras droit de mon compagnon, en câlinant ma fille tendrement.

— On a un dernier truc à faire avant de disparaître, lance le blond.

— Ul ! gronde Dareios.

— Tu m’emmerdes. Je crois que tu ne m’auras jamais autant parlé de toute ta vie, raille le plus jeune, les yeux rieurs.

— On va faire un passage rapide chez Carter, annoncé-je lorsque Dareios se tourne vers moi.

Il fulmine. Je le vois perdre doucement le contrôle de la situation. Sa poitrine monte et descend rapidement pendant qu’il plaque une main dessus.

— On peut m’expliquer ? demande Manson encore sonné.

— En gros, Carter a vendu l’information de notre emplacement, à Phoenix. Alors Ulysse veut passer lui régler son compte avant que l’on parte tous ensemble.

Mon mafieux m’offre toute son attention, avant de caresser la joue d’Angela, sa fille.

— Ça va ? demande-t-il du bout des lèvres pour que je sois la seule à comprendre.

Je hoche la tête en souriant franchement pendant que mon index et mon majeur s’unissent pour tapoter ma tempe. Je lui mime que j’ai retrouvé la mémoire et ses iris éblouissants rayonnent. J’ai chaud au cœur.

— Nous y voilà, chantonne Ulysse d’excitation.

Il est le premier à sortir de la voiture. Je m’apprête à poser ma main sur la poignée quand Dareios se retourne.

— Toi tu restes ici avec Manson. Il est encore sonné donc vous restez ensemble. On ne sait pas comment vont se dérouler les retrouvailles alors si dans une heure nous ne sommes pas de retour, vous retournez à la villa.

— Non ! m’énervé-je. Je viens aussi !

— C’est hors de question Amber et non négociable.

Manson se tourne vers moi lorsque le mafieux quitte le véhicule.

— Tout ira bien, ne t’en fais pas.

∞

Mes jambes tressautent d’impatience. Cela fait exactement quarante-trois minutes que les garçons sont partis dans cet immeuble luxueux. Angela dort paisiblement tandis que Manson pianote sur son portable.

— Arrête de te mettre la pression Amber. Il va revenir…

Ses mots ne me rassurent pas, alors je lui dépose délicatement Angela dans le creux des bras. Il hoquette de surprise et sans attendre qu’il débite une autre phrase inutile, je m’échappe. Je cours rapidement jusqu’à l’entrée de l’immeuble et passe entre les battants. Je suis lentement un homme qui se dirige vers les ascenseurs, patiente derrière lui alors que les portes métalliques s’ouvrent.

— Quel étage mademoiselle ? demande gentiment l’homme en costume.

— Je… je ne me souviens pas où vit mon oncle… mens-je en baissant le regard.

— Comment s’appelle-t-il ? Je le connais peut-être ?

— Monsieur Carter.

— Oh oui je le connais, ce vieux Carter est au septième étage, dit-il en appuyant sur le numéro. Son appartement est le dernier à droite si jamais vous ne vouliez pas chercher.

Une fois dans le couloir, je presse le pas pour arriver à l’appartement 762. Je plaque l’oreille contre le bois, mais la porte doit être blindée connaissant le détective. Ma main appuie lentement sur la poignée et celle-ci clique comme si elle était ouverte. J’en profite alors pour entrer avec le plus de discrétion possible.

— Que comptes-tu faire maintenant ? raille la voix d’Ulysse.

J’avance jusqu’à la pièce ouverte. Mon dos se place contre la surface lisse et blanche du mur en continuant d’écouter la conversation.

— Vous saviez tous que je suis preneur du plus offrant. Alors il ne fallait pas s’étonner du revirement de situation, annonce le détective.

— Pourquoi vendre les informations de ton premier client ? Tu ne crois pas qu’il aurait été préférable que tu passes à autre chose Carter ? gronde Dareios.

— C’est le jeu quand on embauche un détective privé.

— Privé ? Je crois plutôt que tu es attiré par le fric sale des réseaux illégaux, connard.

Je penche le haut de mon corps pour observer la scène et Carter remarque de suite ma présence. Il accourt sur moi tandis que je n’ai pas vraiment le temps de fuir. Il agrippe ma chevelure, serrant ses poings à mes racines. Je couine, car les souvenirs de ma vie en maison close sont de nouveau présents. Il me retourne violemment dans le salon face aux deux frères. Ulysse, allongé au sol, saigne au niveau de la poitrine alors que Dareios est accroupi les mains derrière la nuque.

— Amber ! Putain ! hurle-t-il. Je t’ai dit de ne pas venir merde !

Le détective attrape un couteau aiguisé maculé d’un liquide rouge vif. Il l’a utilisé pour planter Ulysse et il réitérera, sans aucun doute, l’expérience avec moi. Entre toutes mes cicatrices, celle de ma gorge est encore la plus douloureuse physiquement ainsi que psychologiquement. Le spectre d’Hadès est encore en moi, comme s’il avait pris possession d’une partie de mon être. Carter tire mes cheveux en me faisant basculer sur lui. Je pose ma tête sur son épaule et il lance menaçant.

— Ne pensez-vous pas que j’en ai déjà assez bavé dans ma vie Carter ? me confessé-je en grimaçant de douleur.

De son œil valide il me scrute et j’y discerne une sorte de peine à mon égard. Je déglutis en inspirant profondément.

— Un million et vous aurez tous la vie sauve. Je vous signe un contrat de confidentialité et vous n’entendrez plus parler de moi.

— Tu ne veux pas non plus le cul de ma femme en guise de récompense pour être aussi con ? crache Dareios colérique.

La lame s’avance lentement vers mon visage et je ferme les yeux en pensant à ma fille. Soudain, un grincement se fait entendre dans le couloir faisant retourner le vieux détective. Dareios se lève et se jette sur lui pendant que Manson entre dans l’appartement. Dans l’élan Carter perd le couteau qu’il maintenait entre ses doigts. Je suis projetée contre le buffet de la cuisine, coupant mon souffle un instant par la brutalité du choc. Ils se battent à même le sol avant que mon mafieux finisse par hurler de douleur. Carter grimpe sur lui, le rouant de coups sans que Dareios ne se défende. Au loin, j’observe Angela blottie dans les bras de Manson qui se met à pleurer. Alors je récupère la lame et sans réfléchir je la plante dans le dos du détective. Rapidement, je m’effondre par terre et mes yeux rencontrent ceux d’Ulysse, impuissant. Dans la bataille, il ne reste plus que Manson debout, la bouche ouverte, contemplant la scène désastreuse face à lui.

— On doit y aller Amber, dépêche-toi, panique le bras droit de mon homme.

— Dareios ! crié-je tremblante. Réveille-toi ! S’il te plait… Manson ! Ne reste pas comme ça. Aide-moi.

Je prends Angela dans les bras en cachant ses petits yeux innocents de la vue du sang. Les paupières d’Ulysse clignent avec difficulté et je ne sais plus où regarder. Je m’agenouille à son niveau en reniflant. Les larmes dévalent sur mon visage et il est dur pour moi de prendre la fuite à cet instant.

— Prends soin de cette princesse Amber. N’oublie pas de lui dire qu’elle avait un tonton extraordinaire, hein ? lance-t-il faiblement.

— Non, non Ulysse ! Tiens le coup ! l’imploré-je. Je t’en prie…Tu ne vas pas nous laisser toi aussi. Ouvre les yeux, je t’en supplie.

— Je suis heureux de t’avoir eu à mes côtés et d’avoir pu te connaître.

Je ne peux accepter de le perdre. Lui qui vient de nous sauver du plan odieux d’Alpha. Ça ne peut pas finir comme cela. Dareios et lui viennent à peine de se retrouver. Sa respiration se fait difficile mais je suis incapable de faire quoi que ce soit.

— Manson ! hurlé-je, dans un cri de désespoir. Ulysse a besoin…

Ma voix s’éteint lorsqu’Ulysse expire son dernier souffle. Je tente de le secouer mais son corps inerte reste sans vie.

La pièce de l’appartement tourne rapidement autour de moi et je suis prise d’un vertige. J’ai envie de vomir, de tomber et de ne plus voir ça. J’entends en écho la voix de Manson sans comprendre ce qu’il raconte. Ses doigts m’agrippent durement alors que je suis dans une autre dimension. Hors de la réalité. Hors service.

— Putain Amber. Bouge-toi, on y va, gronde-t-il. Le pouls de Dareios est très faible, mais il est toujours présent. On doit y aller, mais je ne peux pas porter mon pote et sa femme sur mon dos, alors maintenant tu te mets un coup de pied au cul, qu’on se casse vite.

Tel un automate, j’obéis aux ordres de Manson. Angela gesticule contre moi, mais je la serre au maximum pour ne pas la lâcher. Je vois défiler les minutes à une vitesse folle. Du couloir à l’ascenseur. De l’entrée de l’immeuble à la voiture. Dareios sur les épaules de son bras droit et moi derrière essayant de gérer mes émotions.

J’ai tué un homme.

Ulysse a lâché son dernier souffle, ses yeux marrons dans les miens.

Dareios est entre la vie et la mort.

Que vais-je devenir…

 

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- Épilogue -

 

Amber

♪ Always, i’ll care - Jeremy Zucker ♫

 

Huit ans plus tard

Jouer avec le feu n’a rien de bon.

Danser avec le diable non plus.

Pourtant, il m’aura fallu vivre un enfer, toute une vie, pour comprendre que si tu ne prends aucun risque tu ne pourras pas voir la lumière du jour.

Liberté.

Amour.

Ce sont les deux mots que je retiens de mon expérience dans cet univers sombre et malsain. Je me suis longtemps battue, j’ai grimpé des collines plus dangereuses les unes que les autres et accompli l’impensable. Je suis désormais libre de mon corps, libre de mes faits et gestes.

Ikaria.

C’est ici que je vis depuis huit ans. Une île grecque au milieu de la mer d’un bleu profond. Les yeux de ma fille Angela possèdent ce même bleu intense, similaire à celui de son père.

Dareios.

Nous avons vécu beaucoup de hauts et de bas, pourtant aujourd’hui, nous sommes sains et saufs à l’autre bout du monde. Loin des mafieux qui nous voulaient du mal, loin des malfrats qui nous ont blessés, chassés. Nous avons perdu beaucoup dans cette bataille.

Ulysse est parti en m’offrant son dernier souffle. Il m’aimait comme il n’aurait jamais aimé personne. Il était très important pour moi et je suis persuadée qu’il aurait été un très bon oncle pour mes enfants.

Manson a été arrêté quelques jours après notre départ. Il a préféré rester en Amérique, proche du peu de famille qu’il avait. Ses empreintes étaient partout sur la scène de crime chez Carter. Malgré tout, il m’a sauvé la vie, car une fois en sécurité, le bras droit de Dareios s’est empressé d’aller cacher le couteau de cuisine avec lequel j’avais tué le détective. Nous nous écrivons parfois, histoire de nous donner des nouvelles. S’il continue à se tenir à carreau, il devrait sortir d’ici 5 ans pour bonne conduite.

Suzie est décédée l’année dernière. Ce fut très pénible de la laisser partir, elle qui finalement avait le rôle de la mère que je n’avais jamais eue.

Liam nous a également suivis et a stoppé sa carrière de tatoueur pour se reconvertir dans la pêche. Il s’isole parfois des journées entières sur son bateau, son seul exutoire depuis la perte de mamie.

João est retourné vivre au Brésil pour veiller sur sa mère malade.

Quant à moi, je suis devenue créatrice de bijoux fantaisies, ce qui me permet de rester à la maison avec ma famille. Je n’aurais pas pu rêver mieux comme nouveau départ, une vie saine sans l’ombre de toxicité, mais surtout au côté de mon mari.

Lorsque je me retourne dans le lit, j’observe le buste de mon époux s’élever paisiblement. Impossible de ne pas toucher sa peau hâlée du bout des doigts. Sa respiration accélère, ce qui me rassure toujours autant, surtout quand on sait par où il est passé. Il y a 5 ans, avant d’acheter notre maison, nous avons appris qu’il avait de gros problèmes cardiaques. Il ne cessait de faire des malaises, se plaignant d’une douleur étouffante au niveau du torse. Le médecin qui nous a suivis a été radical : il devait se faire opérer à cœur ouvert. La balle qu’il avait reçue lors de la soirée de fiançailles y était pour quelque chose…

— Mon amour, soupire-t-il en posant sa main sur la mienne.

Je continue de me balader sur sa peau nue, guidant mes gestes vers la longue ligne de poil sous son nombril. Seulement, il ne me laisse pas atteindre mon objectif. Il se soulève, prend place sur moi en ne quittant pas mon visage des yeux. Ce regard qui m’a toujours enivrée n’a pas changé, par contre, sa barbe est plus dense et ses cheveux si longs qu’il les attache en un bun comme les portait Ulysse. J’aime ses traits qui vieillissent, dont quelques ridules au bord de ses paupières ainsi que quelques mèches brunes devenues grisonnantes.

— Délicieuse, susurre-t-il quand il picore la peau de ma mâchoire que j’étire pour lui en offrir l’accès.

Je gesticule car je ne sais pas faire autrement sous ses caresses, haletante alors qu’il commence juste sa progression vers ma poitrine. Il adore jouer avec mes seins, titillant la pointe sensible à l’aide de sa langue. C’est à cet instant que je tente de glisser mes mains dans son dos mais il redresse la tête abandonnant mes tétons alanguis.

— Je m’occupe de toi, bébé…

Mes poignets emprisonnés de ses doigts, je ne peux qu’accepter son désir. Bien que nous ayons repris une vie normale, j’ai gardé cette soumission pendant nos rapports. C’est ce que j’aime, quand il prend des décisions pour nous…

— Écarte les cuisses, murmure Dareios en prenant appui sur le mur.

Sans demander son reste, il me pénètre de toute sa longueur, m’obligeant à me cambrer davantage pour le recevoir entièrement. Mon époux m’embrasse, avalant mes soupirs erratiques. Mes membres tremblent de plaisir sous son corps imposant. Ses hanches bougent en rythme, allant de plus en plus fort, de plus en plus vite, de plus en plus profondément, mes gémissements ne l’aidant pas à ralentir la cadence. D’un coup, il libère mes mains, lui permettant de garder son équilibre et j’arrime mes bras autour de ses épaules, m’accrochant comme si je partais à la dérive, ce qui s’avère être plutôt proche du réel. C’est encore mieux que ce que j’aurais pu croire, et ça dure depuis toutes ces années. Notre relation est basée sur une confiance indéniable, laissant l’autre libre de penser, de vivre tel qu’il le souhaite.

— Vas-y bébé, m’autorise-t-il à lâcher prise.

En glissant sa main entre nos deux corps moites, il vient jouer avec mon clitoris et enfin mon râle explose. Mais je sais très bien qu’il lui en faut plus pour hurler de plaisir, alors instinctivement je me retourne sur le ventre. Il crochète ma taille et me redresse, tirant mes fesses à son bassin.

— Tu seras la raison de ma déchéance…

Une de ses mains m’aide à basculer le buste en avant, m’offrant à sa verge prête à s’enfoncer une nouvelle fois. Je soupire quand sa grosseur s’introduit doucement, si lentement que l’air en vient à me manquer. J’explose une dernière fois quand il reprend un rythme déchaîné, brutal mais surtout grâce à ses grognements de plaisir. Le son de nos peaux humides qui butent l’une sur l’autre ainsi que la chaleur de nos corps me manquent dès qu’il retombe sur moi. Son poids ne me dérange pas, et c’est presque rassurant de l’entendre exhaler tout son air dans mes cheveux. Ses lèvres picorent ma nuque lorsque je me retourne pour le sonder.

— Je t’aime, chuchoté-je, en lui volant un baiser.

— Je t’...

Il n’a pas le temps de me répondre qu’une voix résonne dans le couloir.

— Maman ! Tonton Liam est arrivé, s’égosille Angela.

Le sourcil relevé de mon époux me fait comprendre que je n’ai pas vraiment le choix de sauter du lit, ce que je fais promptement. Après avoir enfilé des sous-vêtements et un peignoir gris, je sors de la chambre en rejoignant notre invité.

— Comment vas-tu ? demandé-je à Liam en l’embrassant sur la joue.

Les cheveux de l’améridien sont proprement coupés, l’odeur de son après rasage envahit la pièce.

— Merveilleusement bien, réplique-t-il aussitôt. J’ai fait la connaissance d’une étudiante hier soir…

— Stop ! le coupé-je en plaçant mon index sur ses lèvres. Angela, ma chérie tu veux…

Je me retourne vers ma fille et elle comprend sans que je lui en dise davantage.

— Oui ça va maman, je vais chercher les terreurs, répond-t-elle sans attendre.

Lorsqu’elle s’échappe dans le couloir à l’opposé de la pièce à vivre, je pointe du doigt mon ami tandis qu’il sourit à pleines dents.

— Ne parle jamais de tes plans culs devant Angela, tu veux finir avec la langue coupée ? s’enquiert Dareios en entrant dans le salon.

— Oh ça va, soupire Liam en se renfrognant. Vous n'êtes vraiment pas drôle !

Je laisse les deux hommes discuter le temps que je sorte le brunch dominical. Nos habitudes sont un rituel qui fait du bien à notre famille, Liam inclus. J’installe sur la table plusieurs assiettes et vivres pour régaler tout le monde, jusqu’à ce que le reste de ma tribu nous rejoigne. Paco et Ulysse, nos fils de 4 et 5 ans s’assoient de chaque côté de leur tonton adoptif, quant à Angela, elle prend place entre son père et moi.

Nous n’avons pas besoin d’être nombreux pour être heureux. Certes, je n’ai pas eu l’occasion de retrouver ma mère, ni mes origines, mais je m’estime heureuse d’avoir des êtres comme Dareios et Liam à mes côtés en guise de point d’ancrage. Je ne manque de rien, j’ai tout l’amour que j’espérais grâce à eux et mes enfants.

J’ai longtemps pensé que j’avais besoin de revenir sur les traces de mes origines pour savoir qui j’étais, mais c’est en regardant mon homme, le père de mes enfants et mon meilleur allié que je suis vraiment à ma place. Il n’y avait que Dareios pour guider mes pas dans la bonne direction. Celle de l’amour. Celle du bonheur. Celle que j’attendais depuis longtemps.

Il suffit d’y croire.

Il suffit de peu.

Une étincelle d’espoir peut s’embraser pour illuminer une vie.

 

FIN

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