Dossier 64

Adler-Olsen · Chapitre 24 sur 48

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Dossier 64

23 - Novembre 2010

23

 

Novembre 2010

 

Le congrès national de Rene Linier fut une véritable fête. Curt Wad avait contemplé la foule avec fierté et une émotion qui, une fois ou deux, lui avait donné un regard humide que peu de gens lui connaissaient.

Dans l’hiver de son existence, il était enfin parvenu à rassembler suffisamment de forces vives pour fonder un vrai parti politique, et en ce moment même deux mille Danois fiers et honnêtes lui souriaient et l’applaudissaient. Il y avait de l’espoir pour le pays de ses fils. Si seulement Beate avait pu être à ses côtés.

« Dieu soit loué, vous avez réussi à arrêter ce journaliste avant qu’il n’ait eu le temps de terminer son réquisitoire ordurier », le félicita le chef d’une cellule locale.

Curt acquiesça. Quand on était prêt à monter au créneau pour défendre des idées qui vous valaient opposition et ennemis déclarés, il était important d’être entouré d’hommes forts, prêts à faire le coup de poing quand les circonstances l’exigeaient. Cette fois, il s’en était sorti sans leur aide, mais à la prochaine occasion, et il ne doutait pas qu’elle arriverait, il avait autour de lui des gens qui n’avaient pas peur de se salir les mains.

Aujourd’hui, le problème avait été vite réglé et le reste du meeting s’était déroulé dans le calme, avec une présentation réussie du programme politique du parti et de la liste des candidats aux élections législatives.

« Vous êtes en train de fonder un parti néofasciste, Curt Wad », avait crié le journaliste en se frayant un passage dans le public et en brandissant son micro sous le nez de Curt Wad.

Curt avait secoué la tête et souri. Il savait que c’était la meilleure façon de réagir quand les gens devenaient agressifs.

« Vous vous trompez, avait-il répliqué d’une voix forte. Mais je propose que nous discutions de cela ensemble dans des circonstances plus appropriées. Je ne manquerai pas de vous expliquer pourquoi vous faites erreur et m’engage à répondre à toutes vos questions. »

Il adressa un regard rapide à son service d’ordre, avant qu’ils n’aient eu le temps de mettre la main sur l’homme. Ils se retirèrent et la foule se referma sur le journaliste. On avait le droit de se défendre contre les imbéciles et les fauteurs de troubles, mais pas de s’en prendre à un journaliste dans l’exercice de ses fonctions. Il allait devoir le leur faire comprendre.

« C’était qui, ce type ? » demanda-t-il à Lønberg quand ils eurent refermé derrière eux les portes de leur ancienne salle de réunion.

« Personne d’important. Il travaille pour La Presse libre, qui œuvre pour l’arrière-garde. Il s’appelle Søren Brandt.

– Je vois. Surveillez-le.

– On le surveille.

– Je veux dire, surveillez-le bien ! »

Lønberg acquiesça et Curt lui donna une tape amicale sur l’épaule avant d’aller ouvrir la porte d’une autre salle de réunion. Une assemblée très exclusive composée d’environ une centaine d’hommes l’attendait à l’intérieur.

Il monta sur un petit podium et regarda ses plus fidèles compagnons de lutte. Tous se redressèrent dans leurs sièges et l’applaudirent. « Qu’est-ce que je vois, messieurs ? dit Curt Wad. Toute l’élite est là en train de passer outre à l’interdiction de fumer ! »

Beaucoup saluèrent son trait d’humour et un homme s’approcha du podium pour lui offrir un cigare de son étui en cuir. Curt Wad déclina d’un geste de la main en souriant.

« Non merci, mon cher. Je dois faire attention à ma santé. Je n’ai plus quatre-vingts ans ! »

Un grand éclat de rire secoua cette fois la salle. C’était bon d’être parmi eux. Ils étaient les initiés. Des gens sur qui il était sûr de pouvoir compter. Des recrues efficaces qui avaient œuvré avec énergie pour La Lutte secrète, et ce depuis de très nombreuses années. Ce qu’il était venu leur dire n’allait pas leur faire plaisir.

« Le congrès national se passe à merveille et si leur ferveur est le reflet des opinions d’une large frange de la population danoise, je crois que nous pouvons nous attendre à obtenir un grand nombre de sièges au Folketing lors des prochaines élections. »

Tous se levèrent et applaudirent en poussant des exclamations enthousiastes.

Curt les laissa se réjouir quelques instants, puis il les fit taire en levant les bras. Il prit une longue inspiration « Nous tous, ici réunis, avons posé les fondations de Rene Linier. D’année en année, nous sommes montés sur les barricades pour accomplir le travail nécessaire à la création de ce parti. Nous avons lutté coude à coude sur le front de la morale et de la raison et nous avons accepté d’être des soldats de l’ombre, travaillant dans le silence et la discrétion. Mais, comme le disait souvent mon père, il n’y a pas plus grande satisfaction que celle d’agir dans le seul but de glorifier le Seigneur. »

Une nouvelle salve d’applaudissements accueillit cette maxime.

Curt sourit. « Merci. Mon père aurait été heureux d’être là aujourd’hui. » Il baissa les yeux vers le premier rang. « La stérilisation et l’avortement de femmes indignes de mettre au monde une progéniture à la hauteur de notre pays est une longue et noble tradition de notre organisation et nous l’avons perpétuée parce que, tous ici, nous savons que le laxisme et l’indifférence ne mènent à rien de bon. » Il leva les deux mains vers l’assemblée. « Et aucun d’entre nous n’a jamais fait preuve de laxisme ou d’indifférence. » Il y eut quelques applaudissements. « À présent, un nouveau parti est né de nos idées et, par la voie politique, il va contribuer à construire une société au sein de laquelle ce que nous avons fait clandestinement et en dehors de la loi sera bientôt une pratique courante transparente et légale.

– Oui ! Oui ! cria quelqu’un.

– En attendant que cela arrive, je crains que nous ne devions suspendre nos activités dans ce domaine. »

Sa déclaration provoqua un brouhaha dans la pièce. Certains restèrent hébétés de surprise, leur cigare se consumant entre leurs doigts.

« Vous avez tous entendu comment ce journaliste a cherché à nous attaquer tout à l’heure. Il en viendra d’autres et notre mission la plus importante sera désormais de désamorcer ces gens-là avant qu’ils ne puissent nous nuire. C’est pour cette raison que nous tous dans cette pièce allons devoir interrompre nos activités. » Il y eut quelques marmonnements ici et là qui cessèrent dès que Curt Wad leva la main. « Vous avez entendu ce matin que l’un de nos meilleurs amis, Hans Christian Dyrmand, de Sønderborg, s’est donné la mort. Je sais que beaucoup d’entre vous le connaissaient personnellement. »

Il observa l’expression des visages en dessous de lui. Certains exprimaient l’affliction, d’autres, la réflexion.

« Vous savez aussi que Hans Christian faisait depuis une quinzaine de jours l’objet d’une enquête du Comité national d’éthique. Comme cela peut arriver, même si cela ne doit pas arriver, Hans Christian a bâclé un avortement et la stérilisation qu’il avait jugée nécessaire d’effectuer en même temps. La fille a dû aller se faire soigner en urgence à l’hôpital de Sønderborg. Mon ami et confrère a assumé les conséquences de son erreur. Il a détruit la totalité de ses dossiers compromettants ainsi que ses courriers confidentiels, avant d’opter pour cette solution définitive. » Quelques commentaires fusèrent mais Curt n’en perçut aucun distinctement.

« Je vous laisse imaginer ce qui se serait passé si l’appartenance de Hans Christian à La Lutte secrète avait été révélée au grand jour. Il le savait et il a compris aussi que le scandale aurait réduit à néant tout le travail de Rene Linier. »

Un long silence tomba sur l’assemblée.

« Il est hors de question que ce type de dérapage ternisse notre image à présent que nous allons promouvoir et ancrer Rene Linier au sein de la population danoise », conclut Curt Wad quand il reprit la parole.

Plusieurs de ses collaborateurs vinrent le trouver ensuite pour lui dire qu’en dépit de ses mises en garde, ils n’avaient pas l’intention de cesser leur activité secrète mais qu’ils mettraient de l’ordre dans leurs papiers afin de ne rien laisser traîner qui puisse nuire à la cause.

C’était exactement ce que Curt Wad souhaitait obtenir par son discours. Précaution avant tout.

« Tu vas à l’enterrement de Hans Christian ? » lui demanda Lønberg un peu plus tard.

Curt sourit. Une bonne recrue, ce Lønberg. Toujours à l’affût du moindre signe de faiblesse. Même Curt n’échappait pas à sa vigilance.

« Bien sûr que non. Mais il va nous manquer, n’est-ce pas, Wilfrid ?

– Oui », répondit Lønberg. Il n’avait pas dû être facile pour lui de convaincre son ami d’avaler ces somnifères.

Pas facile du tout.

Quand il rentra, Beate était déjà couchée.

Il alluma l’iPhone que son fils lui avait offert et constata qu’il avait un grand nombre de messages.

Ça attendra demain, se dit-il. Il était trop fatigué maintenant.

Il s’assit quelques instants au bord du lit pour contempler le visage de son épouse. Il plissait un peu les yeux, comme pour effacer les marques cruelles du temps. En réalité, il la trouvait encore très belle. S’il préférait la regarder de cette manière, c’était surtout pour oublier à quel point elle avait l’air fragile à présent.

Il lui posa un baiser sur le front, se déshabilla et alla prendre sa douche.

Sous le jet ruisselant, il redevenait le vieillard qu’il était. Impossible d’ignorer sa déchéance. Baissant les yeux sur son corps, il voyait ses mollets réduits à presque rien, sa peau pâle et glabre là où jadis elle était recouverte d’une épaisse toison brune. Le savon ne glissait plus de la même manière sur la peau de son ventre et ses bras n’étaient plus assez souples pour atteindre son dos.

Il mit la tête en arrière et laissa le jet de la douche effacer la tristesse sur son visage.

C’était dur de vieillir, presque impossible de lâcher les rênes. Certes, aujourd’hui, le public l’avait acclamé, mais c’était l’hommage rendu à un homme qui se retire. Un homme qui a accompli sa tâche. Une figure de proue à qui on demanderait désormais d’être en représentation. À partir de maintenant, d’autres parleraient en son nom. Il aurait toujours un rôle de consultant, bien sûr, mais les représentants du parti avaient été désignés de façon démocratique lors de l’assemblée générale et rien ne prouvait que ces hommes se rangeraient toujours à son avis.

« Toujours. » Il se répéta le mot à mi-voix. Quelle drôle d’idée d’employer encore ce mot quand on a quatre-vingt-huit ans ! La notion d’éternité paraissait terriblement limitée pour lui à présent.

Il se passa la main sur le torse pour enlever le surplus d’eau, fit attention de ne pas glisser sur le carrelage en sortant de la cabine de douche et remarqua que son iPhone vibrait sur l’abattant des toilettes.

« Allô ! dit-il dans le mobile tandis que l’eau dégoulinait sur le tapis de bain.

– Herbert Sønderskov à l’appareil. J’ai essayé de t’appeler toute la journée.

– Ah ! vraiment, dit Curt. Il y a bien longtemps que je n’ai pas eu de tes nouvelles, mon cher. Je suis désolé, mon portable est resté éteint toute la journée. Notre assemblée générale constitutive avait lieu aujourd’hui à Tåstrup. »

Son interlocuteur le félicita, mais sa voix n’avait rien d’enjoué. « Écoute, Curt. Nous avons reçu la visite de la police aujourd’hui. Ils enquêtaient sur des disparitions de personnes, dont celle de Philip. L’inspecteur s’appelle Carl Mørck. Il travaille à l’hôtel de police à Copenhague. Mie a cité ton nom à plusieurs reprises. Elle a aussi évoqué La Lutte secrète. »

Curt laissa s’écouler quelques secondes avant de commenter l’information.

« Que sait-elle de La Lutte secrète ?

– Pas grand-chose. Moi, je ne lui en ai jamais parlé en tout cas, et je ne pense pas que Philip l’ait fait non plus. Je pense qu’elle a dû apprendre des choses à droite et à gauche. Elle a aussi parlé de Louis Petterson. Je n’arrivais pas à la faire taire. Elle n’en fait qu’à sa tête ces temps-ci. »

Tout cela n’était pas bon du tout. « Répète-moi ce qu’elle a dit, exactement. » Curt était gelé à présent. Les pores de sa peau s’étaient resserrés et ses poils se hérissaient.

Il écouta sans l’interrompre le récit de Herbert Sønderskov.

« Sais-tu si cet enquêteur a pris contact avec Louis Petterson ? demanda-t-il lorsqu’il eut terminé.

– Non. J’ai voulu vérifier mais je n’ai pas son numéro. Et je ne risquais pas de le trouver sur Internet, n’est-ce pas ? »

De nouveau il y eut un long silence aux deux extrémités de la ligne pendant lequel Curt essaya de mesurer les conséquences de ce qui était arrivé. Ce n’était pas bon. Pas bon du tout.

« Notre cause n’a jamais été aussi gravement compromise. Alors maintenant, tu vas bien écouter ce que je te dis. Mie et toi allez partir en voyage, tu m’entends ? Je prends tous les frais à ma charge. Vous allez partir pour Ténérife. La côte ouest est constituée de hautes falaises. L’endroit s’appelle Acantilado los Gigantes. Ce sont des falaises très abruptes et elles tombent directement dans la mer.

– Oh ! mon Dieu », murmura Herbert.

« Il n’y a pas d’autre solution, Herbert, tu m’entends ? Et il faudra que cela ait l’air d’un accident. »

Une respiration pénible se fit entendre à l’autre bout du fil.

« Herbert, il y va de ton frère, de toi, de tes amis, de tes collègues et de bon nombre de tes relations. Ce sont plusieurs années de travail qui risquent d’être réduites à néant. Cela pourrait conduire à la chute du parti. Si Mie ne tombe pas, beaucoup d’autres tomberont. Je te parle de procès à n’en plus finir. De longues, très longues peines de prison, de réputations détruites et de faillites. Tout le travail que nous avons accompli pour mettre cette organisation sur pied sera perdu. Des milliers d’heures d’efforts et des millions de couronnes de dons gaspillés. Je te l’ai dit, aujourd’hui s’est tenu pour la première fois le congrès national de Rene Linier. Nous allons entrer au Parlement cette fois, Herbert. Et c’est tout cela que Mie et toi allez compromettre si tu ne fais rien. »

Toujours cette respiration difficile au bout du fil.

« Est-ce que au moins tu t’es occupé de faire disparaître les archives de Philip comme nous en étions convenus ? Tous ses dossiers ont-ils été détruits ? »

Herbert ne répondit pas à la question et Curt en fut horrifié. Il allait devoir s’en occuper lui-même et envoyer d’urgence quelqu’un pour tout emporter.

« Je suis désolé, Curt. Je ne peux pas faire ça. Est-ce qu’on ne pourrait pas simplement partir et attendre que ça se tasse ? » supplia Herbert comme s’il ignorait que pleurnicher ne lui serait d’aucun secours.

« Deux personnes âgées voyageant avec un passeport danois. Réfléchis un peu, Herbert. Tu es stupide, ou quoi ? Comment voulez-vous vous fondre dans la masse ? La police vous retrouvera, et si eux ne le font pas, nous le ferons.

– Oh ! mon Dieu », gémit-il de nouveau.

« Tu as vingt-quatre heures. Tu iras acheter les billets chez Star Tour demain. S’il n’y a pas de charter ou pas de place, tu achèteras un vol pour Madrid et là-bas vous prendrez une ligne intérieure pour Ténérife. Quand vous serez là-bas, je veux que toutes les cinq heures, tu prennes une photo de l’endroit où vous vous trouvez et que tu me la fasses parvenir par mail afin que je puisse suivre vos mouvements. Le sujet est clos. »

Il y eut un silence. « Entendu, Curt », dit enfin Herbert Sønderskov

La communication était terminée.

Nous ne les perdrons pas de vue, se promit Curt. Et nous irons dès demain chercher ces fichues archives pour les faire disparaître.

Curt consulta le journal d’appels de son téléphone et constata que Herbert avait dit vrai. Il avait essayé de le joindre toutes les demi-heures depuis midi et demi. Quant à Louis Petterson, il l’avait appelé quinze fois en vain.

Merde. Voilà qui n’augurait rien de bon.

Curt n’avait aucune inquiétude quant à l’enquête sur la disparition de Philip Nørvig. Il n’y était pour rien. Il se faisait du souci pour toutes les autres choses que Mie avait dites à la police.

Ce n’était pas faute d’avoir mis Philip en garde contre cette bonne femme à l’époque, et Herbert ensuite !

Une demi-heure passa, dans une ambiance de crise, et il dut composer le numéro de Louis Petterson un nombre incalculable de fois avant que le jeune journaliste ne le rappelle.

« Je suis désolé, monsieur Wad. J’ai éteint mon mobile après chaque appel passé sur votre numéro pour qu’on ne puisse pas me repérer, expliqua-t-il. Je n’ai pas du tout envie que ce Carl Mørck et son assistant, qui est assez terrifiant, je dois dire, me téléphonent.

– Faites-moi un résumé concis », exigea-t-il.

Une fois que Petterson eut fini Curt lui demanda où il se trouvait.

« Je suis sur une aire d’autoroute à la hauteur de Kiel, en Allemagne.

– Où allez-vous ?

– Vous n’avez pas besoin de le savoir. »

Curt hocha la tête.

« Ne vous faites pas de souci, j’ai emporté avec moi tous les documents concernant Benefice.

– Bravo ! »

Ils raccrochèrent et Curt décida de se rhabiller. Son lit attendrait.

Il monta au premier étage, dans la pièce qui était à la fois une cuisine d’appoint et un atelier, ouvrit un tiroir sous le tableau porte-outils, posa un plateau en plastique rempli de vis sur l’établi et prit le vieux portable Nokia qui était fixé dessous avec une bande d’adhésif.

Il le mit en charge, gratta une mobicarte, l’activa et composa le numéro de Caspersen, qui répondit au bout de vingt secondes.

« Il est bien tard, Curt. Pourquoi m’appelles-tu depuis ce numéro ?

– Il y a urgence. Note-le et rappelle-moi avec un téléphone à carte. Dans cinq minutes exactement. »

Caspersen fit ce que Curt lui avait demandé et l’écouta exposer le problème sans piper mot.

« Est-ce que nous avons quelqu’un à l’hôtel de police en qui nous puissions avoir confiance ? » lui demanda Curt pour finir.

« Non. Mais nous avons quelqu’un au commissariat de Station City », répondit Caspersen.

« Tu l’appelles et tu lui dis de faire en sorte que cette enquête soit abandonnée. Coûte que coûte. Dis à ton contact que nous paierons ce qu’il faut. Du moment que ce Carl Mørck se calme. »

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