[Guilhem d’Ussel 1] Marseille 1198

Jean d'Aillon · Chapitre 11 sur 39

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[Guilhem d’Ussel 1] Marseille 1198

Chapitre 10

 

 

Le lendemain, aux aurores, des flocons épars voletaient et commençaient à blanchir la boue des rues quand Hugues de Fer reçut le prêteur juif Samuel Botin qu’il avait fait prévenir la veille par un serviteur.

A Marseille, la puissante communauté juive était respectée et faisait partie de la bourgeoisie négociante. Il en avait été de même à Paris durant le règne de Louis VII, le père de Philippe II, mais arrivé sur le trône, le jeune roi avait confisqué les biens des juifs avant de les expulser de France. Il avait même fait abolir les dettes envers eux, pour autant que les débiteurs en versent un cinquième à son trésor. C’était une œuvre pieuse, s’était-il justifié, en obtenant l’aval de l’Église pour avoir transformé les synagogues en églises.

Ces persécutions n’étaient pourtant que peu de choses comparées à celles du prince Jean en Angleterre. On racontait qu’il avait fait arracher, chaque jour, une dent à un juif jusqu’à ce qu’il paye une énorme rançon. Cela expliquait pourquoi les juifs marseillais étaient particulièrement dévoués à leur ville.

Samuel Botin était certainement celui qui avait tissé les plus solides liens de confiance avec la bourgeoisie. Moyennant un faible taux d’intérêt, les négociants lui confiaient une partie de leur trésorerie et Botin prêtait cet argent à des taux supérieurs, mais en prenant tous les risques. Il finançait ainsi la construction, l’armement et l’affrètement de navires, sans compter les nombreuses associations commerciales auxquelles il participait, généralement avec Guillaume Vivaud. Bien qu’il ne soit pas consul, il avait un rôle politique de premier plan. Ainsi, quand les Sarrasins avaient menacé Marseille, il avait armé à ses frais une galère de guerre pour défendre la cité.

Fer le reçut dans sa grande salle et lui présenta son ami Ibn Rushd. Botin était un vieil homme ridé et édenté qui ne faisait jamais étalage de sa fortune. Quel que soit le jour de la semaine, quand il n’était pas chez lui, il portait un bonnet carré et un manteau de drap grossier avec un col de fourrure mité sous lequel on distinguait une tunique de laine à la couleur passée. Seules concessions à son confort, de larges bottes fourrées et une belle ceinture en argent à laquelle il accrochait un étui contenant son nécessaire d’écriture.

Empreint de curiosité, le juif questionna l’ancien cadi de Marrakech sur la communauté juive en Espagne et Ibn Rushd s’intéressa aux opérations de financement du prêteur. En parlant ainsi, ils découvrirent qu’ils avaient des amis communs à Cordoue et si Fer les avait laissés seuls, ils auraient passé la journée à caqueter. Mais le viguier devait se rendre à la réunion des consuls, aussi les interrompit-il pour aborder ses soucis financiers. Après avoir informé le prêteur du retard de sa galère, il lui confia qu’il avait besoin d’un prêt jusqu’à ce que son navire arrive ou que Vivaud lui rembourse les deux mille sous qu’il lui devait.

Inquiet, Botin l’interrogea, car il avait aussi une part dans les bénéfices de la galère à travers son association avec Vivaud. Hugues de Fer lui raconta ce qu’il savait : le navire rapportait le produit de ventes de savon et de draps faites à Chypre. On lui avait appris qu’il avait quitté l’île depuis plusieurs semaines. Son capitaine avait-il pris le chemin du retour et le navire avait-il été attaqué par des pirates ? Auquel cas il était perdu. Mais son capitaine pouvait aussi avoir acheté de nouvelles marchandises à des prix avantageux pour les revendre ailleurs. Tout était possible.

Botin connaissait la fortune du viguier dont les entrepôts regorgeaient de sucre et de soie. Il détacha son écritoire, s’installa à une table et prépara un rapide contrat.

— Combien voulez-vous, seigneur chevalier ?

— Disons deux cents sous d’or, ou plutôt trois cents, si Vivaud tarde à me rembourser.

Le juif termina le document et le laissa sur la table pour que Fer y appose son sceau.

— Je vous ferai porter la somme dans la journée, dit-il.

— J’irai plutôt la chercher, mais je ne vous ai pas fait venir uniquement pour cela. Je pars au conseil dans un instant pour une grave affaire. Notre noble vicomte Roncelin a disparu...

— Disparu ?

— Hier, mais tout le monde l’ignore, et je souhaite que cela ne s’ébruite pas. Voici ce qui s’est passé...

À mesure que le viguier racontait ce qu’il savait, Ibn Rushd voyait le visage de Botin s’affaisser et se décomposer. Et quand Hugues de Fer parla du tissu à l’étoile aux seize branches, le juif l’interrompit sans même se rendre compte de sa hardiesse, tant il paraissait foudroyé par cette nouvelle.

— Les Baussenques ? Ce sont eux qui l’auraient enlevé ? balbutia-t-il.

— Je le crains.

— Saint Dieu d’Abraham ! s’écria Botin en élevant ses mains tachées de vieillesse. Me voici désormais réduit à la misère de Lazare !

Devant l’air surpris de Hugues, le prêteur s’expliqua avec un regard hagard :

— J’ai prêté à Roncelin près de cinq mille sous d’or ! Je ne les retrouverai jamais, puisqu’il ne reviendra pas ici vivant...

Fer allait lui répondre quand un terrible fracas retentit venant de la pièce en dessous, puis ce furent des cris d’alerte et tout un vacarme de bousculade. Hugues se saisit d’une épée et s’approcha de la cage d’escalier tandis que son écuyer accourait de la tour, une hache à la main.

Un homme surgit en haut des marches, repoussant des pieds et des mains les serviteurs qui tentaient de le retenir.

— Seigneur, je n’ai pu l’arrêter ! se défendit l’un d’eux.

— C’est donc vous le viguier de cette ville de voleurs ! cria l’inconnu en se ruant dans la salle et en se calant contre un mur pour ne pas être pris à revers.

C’était un homme de haute taille, très brun, sans doute d’origine celte, imberbe, revêtu d’une cotte ajustée vert olive avec un lourd baudrier d’où pendait une épée à large garde. Il tenait une grande perche à la main et un carquois était attaché à sa taille.

Ê

— Êtes-vous venu ici pour m’insulter ? Auquel cas nous pouvons régler cela dans la cour à la hache ou à l’épée ! gronda Hugues en le menaçant de son arme.

— Je suis venu demander justice ! N’êtes-vous pas le seigneur viguier ?

— Je le suis ! Expliquez-vous !

— Je me nomme Robert de Locksley, je suis saxon et comte de Huntington. Je suis arrivé hier de

Palestine, où j’avais pris la croix, et j’ai été volé, dans cette ville !

La colère de Fer s’effaça à ces paroles.

— C’est impossible, fit-il, un ton plus bas, personne n’est plus honnête qu’un Marseillais, mais s’il s’avérait que vous ayez raison, je vous jure sur la croix que votre voleur aura pieds et mains coupés devant le Tholoneum.

Il s’arrêta de parler quand son regard tomba sur la perche. Une image lui revint. Celle du chevalier à l'épaisse barbe qu’il avait aperçu la veille sur le port. Celui qui demandait avec véhémence qu’on fasse attention à son cheval qui lui avait coûté cinquante bezans de Jérusalem. Ce n’était pas une perche qu’il brandissait, mais un arc sans sa corde.

— N’aviez-vous pas une barbe, hier ?

— Oui, j’avais juré de la couper en revenant en terre chrétienne et je l’ai fait. Vous m’avez vu ?

— Je vous ai vu. Prenez un siège, noble comte, et expliquez-moi ce qui vous est arrivé.

Locksley considéra à tour de rôle le viguier, son écuyer et le Sarrasin au turban puis, rasséréné, il fit quelques pas vers un banc.

— J’avais pris chambre à l’auberge du Grand-Puits, en face de l’église de Saint-Martin. Hier après-midi, je suis resté seul à garder mes armes et mes bagages pendant que Cédric, mon écuyer, partait recruter des hommes d’armes et des cavaliers. Je dois rejoindre Richard, mon roi, en Aquitaine et je veux arriver en chevalier banneret.

Un chevalier banneret commandait quatre à six lances.

— Cela vous coûtera cher.

— J’ai ce qu’il faut pour cette levée d’hommes, ou en réalité je l’avais. La soirée approchant, surpris de ne pas voir revenir mon écuyer, je suis allé l’attendre dans la salle commune, puis, comme il n’arrivait toujours pas, je me suis rendu à l’écurie interroger mon valet d’armes et l’esclave sarrasin qui gardaient mes chevaux et mes autres bagages. Il n’y avait personne. Tout avait disparu ! J’ai couru vers l’aubergiste qui m’a dit que mon écuyer était revenu et qu’il l’avait vu transporter des affaires. Je suis monté dans ma chambre où tout ce qui avait de la valeur avait été vidé, en particulier une cassette contenant cinq cents pièces d’or, tout mon butin !

— Votre écuyer avait-il la clef ? demanda Ibn Rushd.

— Bien sûr que non ! La clef était à mon cou !

Il montra la chaîne d’un signe de la main.

— Qui a ouvert, alors ?

— J’y ai réfléchi, mon esclave sarrasin était fort adroit de ses mains, ce ne peut être que lui.

— Qu’avez-vous fait ?

— J’avais encore mon escarcelle avec quelques pièces (il frappa dessus), j’ai acheté un cheval à l’aubergiste et je suis parti à leur poursuite. Ils n’avaient même pas une heure d’avance. A la première porte, je crois que vous l’appelez la porte de La Calade, personne n’avait vu de cavaliers leur ressemblant. J’ai un peu perdu de temps à suivre les lices pour me rendre aux autres portes, finalement j’ai découvert qu’ils étaient sortis par la porte de l’Annone. Je suis parti sur leur trace.

— Quelle heure était-il ?

— Je l’ignore, mais la nuit tombait. J’étais pourtant certain de les rattraper et de les tailler en pièces, mais j’ai assez vite perdu leur trace, ils avaient dû prendre un sentier sans que je m’en rende compte, ou s’être cachés. Bref, quand l’obscurité a été totale, je m’étais égaré. J’ai passé la nuit dehors et suis revenu à Marseille à l’ouverture des portes. Je suis rentré à l’auberge et un valet m’a accompagné jusqu’ici. Vous devez envoyer des gens à leur recherche !

Fer se tourna vers son écuyer.

— Tu as entendu. Rassemble une dizaine d’archers et rattrape-les. Ils ne peuvent être loin. Combien sont-ils ? demanda-t-il au comte saxon.

— Trois. Avec six chevaux et mes bagages, ils ne peuvent avancer rapidement.

Le Tholoneum, ancien palais des vicomtes, était une construction massive en forme de tour avec une façade bombée, à peu près à mi-chemin entre l’église des Accoules et la porte du

À

Marché. À son sommet flottait l’étendard de la ville : une croix d’azur sur champ d’argent.

Au niveau de la rue, la tour n’était qu’une grande voûte où se retrouvaient les marchands du quartier, bouchers, fruitiers et tripiers pour parler des taxes et des approvisionnements. Un escalier de pierre permettait d’accéder au bureau de la douane et, encore au-dessus, à la grande salle où se réunissait le conseil consulaire.

Les consuls étaient élus par les marchands et leur élection proclamée par les cloches de Notre-Dame-des-Accoules. Ils avaient en charge les affaires de la ville basse, sauf la justice dévolue au viguier. C’étaient eux qui décidaient des droits de douane pour l’entretien des remparts et du port, ainsi que des gages des arbalétriers génois. Comme ils se chargeaient aussi de l’encaissement des droits féodaux, le viguier, représentant du vicomte, participait à leurs délibérations.

Quand Hugues de Fer entra dans la salle éclairée seulement par deux torches de résine (deux archères au fond de profondes embrasures faisaient à peine entrer un rayon de lumière), ils étaient tous présents, autour d’une lourde table. À la mine sombre des participants, on devinait que Guillaume Vivaud les avait prévenus que le viguier allait leur annoncer une bien mauvaise nouvelle.

Fer salua chacun gravement. À droite de son ami Vivaud était assis Raymond Sarraset, le plus important fabricant de savon et vendeur d’huile de la ville. Son hérigaud cramoisi au col en fourrure de renard avait la même couleur que son visage sanguin. On disait que s’il portait une épaisse moustache et des cheveux longs, c’était pour dissimuler ses traits grossiers et ses oreilles pendantes.

Sur le même banc, de l’autre côté de Vivaud, se tenait Benoît Aurélien, syndic de la corporation des tanneurs et gros vendeur de cuir vers l’Espagne. Comme toujours lors des réunions municipales, sa tête de furet était penchée en avant tandis qu’il égrenait les perles de son chapelet en remuant silencieusement les lèvres.

En face de Vivaud, le riche négociant de drap Pierre Barthélémy, qui avait des comptoirs chez les Lombards, les Pisans, les Génois et les Syriens, était un homme corpulent aux yeux sombres et au regard lointain qui ne laissait jamais rien paraître de ce qu’il pensait. Il était à côté de son ami Grégoire Ratoneau, importateur d’épices et d’armes de Damas. Ratoneau avait la peau mate et le nez busqué. Large d’épaules, hardi et pénétrant, c’était un homme d’un tempérament cruel et violent. On disait qu’il pratiquait facilement la piraterie. Il était redouté des pêcheurs barbaresques qu’il faisait fouetter à mort, tant il haïssait les infidèles, peut-être à cause de son origine orientale.

Enfin le dernier consul était Antoine Ansaldi, le procurateur de la confrérie du Saint-Esprit, petit homme vigoureux au visage osseux, très imbu de son importance de prêtre, de chef de l’hôpital de la ville et de noble chevalier.

La confrérie du Saint-Esprit était un ordre à la fois religieux et laïc fondé en 1180 par un Templier, fils du comte de Montpellier. Si c’était un ordre charitable qui avait pour but de construire des hôpitaux et de soulager la maladie, c’était aussi une organisation quasi militaire, peu différente de celle des chevaliers de Saint-Jean ou des Templiers. Le Saint-Esprit rassemblait à la fois des frères et des sœurs religieux, des clercs, des oblats et des notables. Au sommet de l’ordre se trouvaient les chevaliers et chaque hôpital était dirigé par un procurateur, prêtre et chevalier. On les reconnaissait à la double croix blanche sur leur écu et leur manteau : une croix à huit branches, comme les hospitaliers, mais dont les deux parties supérieures étaient remplacées par une seconde croix plus petite.

Partout où l’ordre s’installait, son essor était immédiat, car il proposait le salut éternel à ceux qui lui faisaient des donations ou lui accordaient des privilèges. À Marseille, où elle s’était établie dix ans plus tôt, la confrérie du Saint-Esprit avait construit son hôpital sur une butte derrière le cimetière des Accoules. Le vicomte Barrai lui avait accordé l’exemption de toutes servitudes. En quelques années, l’hôpital était devenu si riche, grâce aux aumônes et aux dons, que le conseil de la ville avait décidé de le contrôler. Chaque année, deux consuls, qu’on appelait les recteurs du Saint-Esprit, étaient désignés pour vérifier ses comptes.

L’ingérence du conseil communal dans le fonctionnement de l’hôpital, et donc indirectement dans la confrérie, avait fortement déplu à la maison mère qui avait nommé Antoine Ansaldi comme procurateur afin d’y remédier.

Ansaldi était le cadet d’une famille noble de Montpellier qui avait pris la croix avant de rejoindre l’ordre. Homme énergique, bon administrateur ne s’embarrassant guère de scrupules quand il s’agissait des intérêts du Saint-Esprit, il avait très vite été membre du conseil supérieur de la confrérie. Depuis qu’il dirigeait l’hôpital de Marseille, il était parvenu à modifier radicalement les rapports entre la maison marseillaise et les consuls. Dans une politique d’ouverture, il avait reçu beaucoup de bourgeois comme membres laïcs de l’ordre. Le consul Benoît Aurélien, qui était recteur, donc chargé de la vérification des comptes, l’avait rejoint et, l’année précédente, Antoine Ansaldi s’était lui-même fait élire consul grâce à ses soutiens dans la bourgeoisie marchande. Tout naturellement, il avait lui aussi reçu la charge de recteur.

Ainsi c’étaient deux membres de la confrérie qui étaient chargés de la surveiller, et l’un d’eux en était le procurateur ! Cette situation déplaisait à Hugues de Fer, mais il n’avait pu s’y opposer. Antoine Vivaud en avait aussi perçu les dangers. Les desseins de l’ordre du Saint-Esprit n’étaient pas ceux des marchands et des armateurs pour qui les échanges avec l’Orient étaient source d’enrichissement. La confrérie visait à sauver les hommes et leur âme. Régulièrement, elle désapprouvait le commerce avec les Sarrasins et la liberté dont jouissaient les juifs dans la ville, aussi les affrontements entre Ansaldi et le viguier étaient-ils continuels.

Hugues s’installa au bout de la table et garda son manteau tant la pièce était glaciale, car il n’y avait ni cheminée ni foyer. Il se servit un gobelet de vin chaud au miel que Vivaud avait fait porter de l’auberge voisine, puis il résuma ce qui s’était passé la veille, comment il avait découvert Madeleine Mont Laurier et la disparition de Roncelin.

Le viol et la mort d’une des bourgeoises les plus respectées de la ville provoquèrent un long brouhaha, mélange de menaces contre les infidèles, principalement de la part de l'armateur Ratoneau et d’Ansaldi, et d’inquiétudes, surtout du côté de Sarraset et de Barthélémy. Ce coup de main pourrait bien être le prélude d’une attaque plus importante des infidèles, ce qui signifierait à la fois un arrêt du commerce et des dépenses vertigineuses pour renforcer les défenses de la ville.

Aurélien n’avait rien dit et Fer, étonné de son silence, lui lança un regard appuyé.

— Constance, ma voisine, m’a appris hier soir la mort de sa sœur, déclara le syndic de la corporation des tanneurs en réponse à la question non exprimée. Elle ne m’a rien dit d’autre, mais j’ai deviné que la réunion de ce matin était en rapport avec ça, aussi j’ai demandé à un de mes domestiques de se renseigner et il m’a rapporté quelle avait été égorgée...

En parlant d’une voix calme, il égrenait son chapelet.

— ... Mais j’ignorais pour Roncelin. Croyez-vous qu’il soit mort lui aussi, ou que ces pirates vont demander une rançon ?

Le viguier n’avait pas parlé du morceau d’étoffe à l’étoile, voulant observer les réactions de chacun, mais ne constatant aucune attitude singulière, il reprit la parole.

— Vous ne savez pas tout. Ce ne sont pas les Sarrasins qui ont enlevé Roncelin et violé Madeleine...

Il posa sur la table la pièce d’étoffe.

— ... C’est Hugues des Baux. Elle tenait à la main ce morceau de tissu qu’elle avait arraché.

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