[Guilhem d’Ussel 1] Marseille 1198
Chapitre 31
— eigneur ! Ouvrez-nous, le château est menacé ! criait-on. S
— Descendez, vite ! ordonna Guilhem à Roncelin.
Le vicomte se pencha par la fenêtre avec inquiétude. On ne voyait ni le sol ni le bas de l’échelle qui était extrêmement étroite. Il eut un regard dubitatif quant à la solidité du crochet scellé dans le mur et grimaça :
— Croyez-vous que cela tiendra ?
— Il n’est plus temps d’y songer ! Prévenez-moi dès que vous serez en bas. Pendant que je vous rejoindrai, rassemblez toutes les armes que vous retrouverez.
Roncelin hocha du chef puis, sans un dernier regard pour Baralle, il enjamba la fenêtre et disparut. Guilhem se pencha et le vit lentement descendre.
Il ne pouvait le suivre immédiatement, car le crochet n’aurait pas supporté leurs deux poids. Les coups redoublaient à la trappe et il se tourna vers la fermeture avec inquiétude. Les gens du château devaient maintenant frapper avec un bélier, car les encoches de fer qui tenaient les barres commençaient à se desceller. Baralle restait immobile, silencieuse, indifférente. Des larmes coulaient sur ses joues. Des larmes d’amour, de honte ou de regret ?
Guilhem se dirigea vers le huchier et, avec difficulté tant il était lourd, le poussa sur la trappe. Puis il revint à la fenêtre et se pencha à nouveau, sans rien distinguer. Tout à coup, il sentit que l’échelle s’était détendue. Sans attendre le signal de Roncelin, il enjamba l’appui. Il prenait position sur les premiers barreaux quand il entendit le vicomte lui crier qu’il était arrivé.
Guilhem eut un dernier regard vers Baralle auquel elle ne répondit pas.
La descente fut plus difficile qu’il ne l’aurait pensé, l’échelle bougeait en tous sens et il devait prendre garde à ne pas érafler ses doigts contre la falaise, même si ses gants le protégeaient. De plus, sa poitrine le faisait horriblement souffrir. En même temps, il s’inquiétait de l’indifférence qu’avait affichée la dame des Baux quand elle l’avait vu partir. Et si elle prenait sa revanche en coupant l’échelle ? Il se préparait à une chute qui heureusement ne vint pas, quand il entendit une voix très proche et pourtant étouffée.
— Vous y êtes, vous pouvez sauter maintenant !
C’était la voix de Roncelin, mais il chuchotait, comme s’il avait peur qu’on ne l’entende. Pourquoi ? se demanda Guilhem, tous les sens en alerte.
Il sauta pourtant, satisfait de retrouver le sol ferme. Aussitôt, il leva les yeux et aperçut, à une trentaine de toises au-dessus, l’ouverture par laquelle il était passé, vaguement illuminée. Baralle était-elle en train d’ouvrir la porte ou la trappe ? Elle aurait du mal à pousser le coffre, mais y parviendrait avec l’aide de sa servante.
Ils devaient avoir disparu dans la nuit au plus vite, car si les gens du château avaient des arbalètes, ils feraient des cibles faciles, d’autant que la grande salle, sous la chambre, était aussi éclairée. Elle devait être pleine de serviteurs et de gardes et si l’un d’eux avait l’idée de se pencher à la fenêtre, il les verrait.
Guilhem regarda autour de lui. La portion de lune blafarde permettait à peine de percer l’obscurité. Il se trouvait sur une étroite plate-forme au pied de la falaise. Au-delà, la pente se prolongeait, moins raide, mais envahie d’épaisses broussailles et de ronces. Roncelin lui tendit une ceinture et une épée qu’il ceignit rapidement, puis il posa sur sa tête le casque que le vicomte lui donna. Roncelin avait rassemblé presque toutes les armes qu’ils avaient jetées, mais ils ne pourraient tout emporter. Guilhem choisit les deux hauberts de mailles qu’il jeta sur son épaule, puis il hésita entre une hache et le marteau à pointes, prenant finalement le marteau qu’il savait bien utiliser. Roncelin lui proposa le bouclier qu’il refusa, en revanche il passa sur ses épaules un second baudrier avec une épée et surtout le sac contenant le butin d’or. Roncelin s’était aussi chargé de tout ce qu’il pouvait porter et avait retrouvé le pain.
— Il y a du bruit, là-bas, le prévint-il en lui désignant la muraille sur leur droite.
On sentait toujours la prenante odeur de soufre, celle de la poudre noire du Perse. Guilhem songea à la dernière déflagration qu’il avait entendue, celle qui venait de ce côté-ci du château. Comment Nedjm Arslan avait-il réussi à percer la paroi rocheuse ? C’était inimaginable, et pourtant c’était la seule explication. Quant aux bruits qu’ils entendaient, était-ce ses amis, ou des gens du château qui s’apprêtaient à les poursuivre ? Il distingua la lueur d’un falot ou d’un flambeau dans la direction indiquée par Roncelin et un amas de pierres dévala soudain la pente. En même temps retentirent des bribes de phrases incompréhensibles, des halètements et des cliquetis d’armes.
— Encore un effort et nous pourrons passer ! cria soudain distinctement une voix. Ils ne peuvent être loin !
On creusait, ou on dégageait un passage. D’après ce qu’il venait d’entendre, c’étaient des gens du château. Ils étaient donc certainement nombreux. Comment les éviter ? Roncelin attendait qu’il prenne une décision. Guilhem jeta un regard du côté opposé aux voix, mais les broussailles paraissaient infranchissables. Pour avoir regardé depuis le sommet du château, il se souvint aussi que dans cette direction la falaise était abrupte, tandis qu’une sente serpentait sur l’autre versant. Ils devraient donc passer devant le trou d’où provenaient les bruits. Il sortit son épée, tenant tout ce qu’il transportait sur son épaule de l’autre main, et s’engagea avec précaution sur le sentier obscur. Roncelin le suivit.
Ils approchaient de la lueur quand se produisirent de nouvelles chutes de pierres suivies du fracas d’un éboulement et de hurlements de douleur. Sans qu’ils s’y attendent, deux ombres surgirent devant eux :
— Ils sont là ! hurla une voix affolée. Venez vite !
— Le passage s’écroule ! lança une autre, plus étouffée.
Guilhem n’avait pas hésité et s’était jeté sur la première silhouette en brandissant son épée. L’autre avait les mains vides, car il devait être occupé à dégager des pierres. Comprenant qu’on l’attaquait, il recula et bouscula son compagnon derrière lui. La lourde épée s’abattit sur son épaule, provoquant un craquement, et il se mit à hurler. Guilhem frappa une seconde fois, lui faisant dévaler la pente, puis il donna un coup d’estoc au second homme qui tentait de s’enfuir à quatre pattes par le trou à demi bouché.
— La voie est libre, dit-il à Roncelin, déguerpissons !
Maintenant que leurs yeux étaient accoutumés à l’obscurité, ils distinguaient la sente qui descendait entre les broussailles de cistes et de ronces. Mais la pente était raide et ils tombèrent plusieurs fois, se relevant avec difficulté à cause de ce qu’ils portaient. Roncelin jurait à mi-voix, mais Guilhem ne le laissait pas s’arrêter et se reposer, certain que les gens du château finiraient par passer par le trou et les poursuivraient. Au bout d’un temps qui parut interminable, épuisés par les charges qu’ils transportaient, ils atteignirent un terrain plus plat.
— Par où allons-nous ? demanda Roncelin, à bout de souffle.
Guilhem tentait de trouver des repères, mais il faisait trop sombre. Il regarda le ciel et, malgré les nuages, reconnut les constellations qu’il connaissait.
— Allons vers l’est, dit-il. Par là.
Ils repartirent en courant à travers un herbage à moutons. Soudain, le sol se déroba sous eux et ils roulèrent dans une ravine encaissée, se blessant aux jambes et aux bras. Guilhem parvint à se relever le premier. Ils étaient au fond d’un petit torrent caillouteux et il entendit Roncelin gémir.
— Blessé ?
Malgré ses douleurs, il lui tendit une main. Le vicomte de Marseille se releva en haletant.
— Ça ira, mais j’ai bien cru m’être brisé la jambe. J’ai besoin de récupérer...
— Non, s’ils nous rattrapent, vous savez ce qui nous attend ?
La peur leur donna de nouvelles forces et ils repartirent en suivant le fossé. Plus loin, ils parvinrent à remonter de l’autre côté en s’agrippant à des branches et à des racines.
Le pâturage se terminait et ils découvrirent une piste utilisée par les moutons. Roncelin boitait et n’avançait pas vite. C’est alors qu’ils entendirent derrière eux des aboiements de chiens.
Ils reprirent leur course. Le chemin devint plus incertain, à moins qu’ils ne l’aient perdu, et ils se retrouvèrent au milieu d’épais bosquets. Ils couraient malgré les branches qui les cinglaient et griffaient leur visage et leurs mains. Au bout d’un moment, pantelants, ils s’arrêtèrent pour reprendre leur souffle. Guilhem sentait le sang couler de ses mains déchirées par les ronces. Haletant, il prit conscience que les aboiements avaient cessé. Les bêtes avaient-elles flairé une autre piste ? Peut-être avaient-elles perdu leur trace au fossé, se dit-il.
Marchant moins vite, maintenant qu’ils n’étaient plus poursuivis, ils débouchèrent dans un champ d’oliviers au bout duquel ils aperçurent des ombres mouvantes. Quelques paroles incompréhensibles parvinrent même à leurs oreilles. Était-ce leurs poursuivants qui les avaient contournés, ou avaient-ils rattrapé leurs amis ? Guilhem s’arrêta, mit un doigt sur sa bouche pour faire comprendre à Roncelin de rester silencieux. Il déposa contre un arbre tout ce qu’il transportait et dégaina lentement son épée, puis se baissa et s’avança avec précaution. Combien étaient-ils ? Quatre ou cinq, lui sembla-t-il, assis sur des souches. Ils semblaient se reposer, donc ce ne pouvait être des gens d’armes du château. C’est alors qu’il distingua, à la lueur laiteuse de la lune, le vague reflet roux d’une longue chevelure.
— Anna Maria, c’est moi, Guilhem d’Ussel ! Je suis avec le seigneur Roncelin ! lança-t-il, soulagé.
— Roncelin ? interrogea une autre voix que Guilhem reconnut comme celle du viguier Hugues de Fer.
Il était donc libre lui aussi ! Ils avaient réussi !
— Je m’apprêtais à vous tirer dessus, fit la voix peu amène de Robert de Locksley dans leur dos. Je croyais que c’étaient nos poursuivants.
— Tu nous avais vus ? demanda Guilhem en se retournant.
— Depuis longtemps, répliqua Locksley en se découvrant. La forêt est mon royaume.
Son ton restait distant, méfiant.
— On est à nos trousses. Il faut filer.
En parlant, Guilhem avait rengainé son épée et était revenu vers Roncelin pour reprendre ses bagages, tandis que les autres s’approchaient d’eux. Guilhem remarqua qu’ils n’étaient que cinq et son cœur se serra. Il essaya de distinguer les silhouettes pour savoir qui manquait.
— Comment êtes-vous sortis ? demanda-t-il.
— Avec sa poudre, Nedjm a brisé les portes des prisons et semé un effroyable désordre au château, expliqua Ibn Rushd, qui paraissait le plus heureux de le revoir, mais nous n’avons pu prendre le pont-levis, trop bien gardé. Nous avons utilisé un passage dans la muraille dont Nedjm a détruit la grille.
— Je ne le vois pas, dit Guilhem.
— Il est mort, expliqua Locksley. La falaise s’est écroulée sur lui quand il tentait de refermer le trou par où nous étions sortis. Mais vous-même, d’où venez-vous, et que portez-vous ainsi ?
— Des armes du château et d’autres choses qui t’intéresseront, mon ami, et vous aussi, seigneur viguier. J’ai emporté tout ce que j’ai trouvé dans la chambre de Hugues des Baux, même votre vicomte, ironisa-t-il en désignant Roncelin qui attendait à l’écart.
À ces mots, Fer s’approcha de Roncelin et mit un genou au sol pour lui rendre hommage.
— J’ai là deux hauberts, dont un est à toi, Robert. J’ai aussi des épées, un fléau et cette masse.
J’espérais vous retrouver, et comme j’ignorais si vous aviez suffisamment d’armes, j’ai pris tout ce que je pouvais porter. Je ne suis pas fâché de vous les donner ! Maintenant, repartons vite, nous parlerons en chemin. Il y a des chiens derrière nous qui ne tarderont pas à nous retrouver.
Sans un mot, car il était fort embarrassé, Locksley prit son haubert et Hugues de Fer la seconde cotte de mailles, en les jetant sur leurs épaules, n’ayant pas le temps de s’équiper. Ils se répartirent aussi les armes. Bartolomeo choisit la masse à triple pointe et Guilhem conserva seulement son gros sac de cuir.
En repartant, Locksley s’approcha de lui, mal à l’aise :
— Je t’ai mal jugé, Guilhem.
Le troubadour le prit amicalement par l’épaule pour lui dire :
— Tu me connaissais mal, c’est tout. Et l’important est que nous soyons réunis.
En parlant, ils suivaient aveuglément Ibn Rushd qui se guidait aux étoiles. Questions et réponses se mélangeaient, souvent incomplètes, car ils s’interrompaient sans cesse.
— Ibn Rushd ne m’a pas dit grand-chose sur la façon dont tu as su que Castillon voulait faire passer ton écuyer pour Bartolomeo. Ce n’est qu’après votre départ que j’ai appris que tu n’avais pas tué le frère d’Anna Maria, expliqua Guilhem au Saxon.
— Pierre, l’homme d’armes dont Hugues des Baux a fait pendre le fils, m’avait fait prévenir de la machination de Castillon. C’est lui aussi qui nous a permis de rentrer dans le château.
Il narra alors comment Pierre les avait conduits au souterrain, le désordre et les incendies qu’Ibn Rushd et Nedjm Arslan avaient semés dans le château, puis la triste fin de Pierre, enseveli sous les rochers avec le Perse. Ce fut ensuite le tour de Guilhem qui raconta comment il était venu en aide à Baralle en l’entendant crier dans la nuit, et ce qu’il était advenu. Bien sûr il ne dit mot du comportement de Roncelin, racontant seulement la mort de Castillon, massacré par Monteil. Il rapporta aussi la confession de Basile, et Ibn Rushd, à son tour, lui dit qu’il avait découvert l’empoisonnement au colchique.
Il y eut pourtant un sujet que Guilhem n’aborda pas : le fait qu’Anna Maria soit au service d’innocent III. Locksley le savait-il ? Il demanda seulement à la jongleuse, avec une feinte indifférence :
— Où sont vos bagages, gente damoiselle ?
— Perdus ! Nous avons tout abandonné avec les chevaux en utilisant le souterrain.
— C’est dommage pour votre psaltérion...
— Sans doute, mais je le remplacerai, répondit-elle, insouciante.
Malgré l’obscurité, il se rendit compte qu’elle le regardait avec un sourire complice.
— J’ai aussi abandonné ma vielle, lui dit-il avec désinvolture.
C’est alors que les aboiements reprirent. Roncelin se mit aussitôt à courir.
— Non, seigneur ! Nous allons nous épuiser ainsi ! lui cria Locksley. Les chiens sont plus endurants que nous et nous rattraperont immanquablement. Cet endroit n’est pas plus mauvais qu’un autre pour qu’on en finisse.
Roncelin s’arrêta.
— Vous voulez combattre ? Dans le noir ? Mais c’est folie ! fit-il, interloqué.
— Ils seront aussi désavantagés que nous et ils ignorent combien nous sommes. Ils ne sont d’ailleurs peut-être pas très nombreux. Je vais mettre ma cotte de mailles et les attendre.
À part Roncelin, tous approuvèrent tant ils étaient épuisés. Durant l’attente, ils reprendraient des forces et ils seraient plus gaillards que leurs poursuivants fatigués par la poursuite.
Ils se placèrent en demi-cercle autour de Locksley, Anna Maria et Ibn Rushd restant en arrière. Chacun tenait solidement une arme et Locksley avait déjà une flèche empennée sur son arc et quatre autres à la main.
Les aboiements se rapprochèrent, la meute était lâchée. Si les trois chevaliers n’avaient pas peur, Roncelin et Bartolomeo étaient terrorisés, sans pour autant envisager de fuir. Anna Maria, une miséricorde à la main, priait le Seigneur et Ibn Rushd se fiait à la volonté d’Allah.
Ce furent plus les craquements dans les buissons que les aboiements qui leur indiquèrent que les bêtes arrivaient sur eux. Immédiatement après ils distinguèrent une haleine de viande pourrie, mais déjà les molosses les attaquaient.
Le premier dogue reçut une flèche dans le poitrail, les autres étaient trop près pour que Locksley puisse tirer à nouveau. Deux chiens sautèrent sur Guilhem et Hugues de Fer. Guilhem fendit le crâne du sien avant même qu’il parvienne à lui. Le second, de sa mâchoire puissante, saisit le viguier au bras, mais sans parvenir à percer le haubert de fer. Ce fut Anna Maria, avec sa dague, qui lui trancha la gorge tandis qu’il se débattait.
Le combat cessa aussitôt, car il n’y avait que trois molosses. Dans un buisson, l’un d’eux remuait encore et geignait doucement. Guilhem abrégea ses souffrances d’un coup d’épée.
C’étaient les chiens qui dormaient dans la grande salle, remarqua-t-il en reconnaissant leur museau plissé. Des bêtes puissantes, mais affectueuses tant qu’on ne leur demandait pas de se battre. Quel dommage que leur mort soit inutile, se dit-il en se souvenant de les avoir caressés.
Des appels retentirent :
— Rigault ! Souillard ! Perro !
— Où êtes-vous, bons chiens ?
Les voix se rapprochaient.
Devant ses compagnons stupéfaits, Guilhem se mit alors à grogner comme le faisaient les dogues, puis il aboya avec une telle véracité que Roncelin prit peur. Bartolomeo comprit ce que voulait faire Guilhem et aboya à son tour.
— Ils sont là ! lança une voix toute proche.
Entrant dans la clairière, celui qui venait de crier reçut une flèche dans la poitrine sans que ses compagnons s’en aperçoivent, car Bartolomeo aboyait à qui mieux mieux. Les autres s’approchèrent sans plus de méfiance et s’écroulèrent à leur tour sous les traits de l’archer.
— Attention ! cria enfin l’un d’eux, voyant tomber son voisin, c’est un guet-apens !
Fer s’était déjà précipité vers lui et le coupa en deux d’un coup de taille. Immédiatement, ce fut la débandade.
— Nous serons tranquilles un moment, souffla Guilhem. Le temps qu’ils retournent au château et ramènent du renfort, nous serons loin.
— Sauf qu’ils vont maintenant nous poursuivre à cheval, remarqua Roncelin sombrement.
Pendant qu’il s’inquiétait ainsi, Locksley récupérait ses flèches.
— Combien en as-tu ? lui demanda Guilhem.
— Moins de vingt.
— Ils seront certainement plus de vingt à notre poursuite.
— Sans doute. Sans chevaux, nous ne nous en tirerons pas, mon ami.
Pour la première fois, il s’était adressé à Guilhem chaleureusement, comme au temps de leur amitié.
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