La Ritournelle

Aurélie Valognes · Chapitre 44 sur 44

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La Ritournelle

Épilogue

 

Un an plus tard…

 

– Maman, pourquoi on n’a pas fait de sapin cette année ? demanda Léo.

– Tu veux la version courte ou la version longue, mon chéri ? Pour la longue, tu demandes à ton père.

– Courte.

– Parce qu’on fête Noël chez Lucie ce soir. Alors, c’est elle qui a fait le sapin.

– Et toute la bonne nourriture bien saine… ajouta Antoine. Du quinoa au tofu, on va se ré-ga-ler ! Qui reveut un gâteau, un sandwich, ou un peu de raclette avant de partir ?

– Arrête de dire des bêtises, Antoine ! Et, Tom, boutonne-toi bien jusqu’en haut, il fait un froid de canard dehors.

– Ah ça, on ne risque pas d’en manger ce soir… poursuivit Antoine.

– Et ce sera sûrement pour le mieux, c’est bien de changer les traditions de temps en temps.

– D’ailleurs, en parlant de changement, il sera là son copain ?

– Oui, oui. Elle me l’a confirmé. « Ils reçoivent », qu’elle a dit. Au pluriel…

– Ça fait déjà trois fois qu’on le voit. C’est sérieux, on dirait…

– On verra. Pas de pression. On a tout ? Oui ?

Anne claqua la porte et sortit de l’appartement, chargée comme une mule. Le rehausseur, le sac à cadeaux, la bûche maison dans son étui frigorifique, une bouteille de champagne, un bouquet de fleurs…

– Dépêchons-nous. Mémé doit être prête depuis une heure, avec son manteau sur le dos et son écharpe autour du cou.

Anne appela l’ascenseur et toute la famille retint son souffle, en attendant d’entendre le bruit métallique du monte-charge. Lorsque les portes de l’ascenseur s’ouvrirent, ce fut un soulagement. Alléluia. C’était inédit pour un soir de Noël. Anne embrassa Léo, qui la fixait d’un regard mi-amusé, mi-inquiet.

– Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-elle.

– Maman… insista-t-il.

– Qu’est-ce qu’il y a ? J’ai oublié quelque chose ?

– Oui…

– Quoi ??

– Ma sœur !!!

– Oh mon Dieu !

Elle fit demi-tour et retourna chercher le petit bébé, enveloppé dans sa combinaison d’Inuit, prêt à partir dans son cosy de voiture, tout sourire.

– Tu es trop sage, toi ! la rabroua tendrement Anne, en lui faisant un baiser esquimau. Il va falloir que tu apprennes à te faire entendre dans cette famille. C’est une question de survie, ma chérie !

La voiture démarra pour de bon cette fois. Arrivée chez Mémé, Anne sortit en sautillant, le froid était mordant. Comme elle l’avait anticipé, sa grand-mère était déjà dehors à taper du pied et à faire de la fumée par la bouche, tout emmitouflée. Pas un bout de peau ne dépassait. Anne l’embrassa fort et lui donna son bras. Puis Mémé prit la place d’Antoine, Anne le volant, Antoine passa derrière avec Léo sur les genoux. Sa grand-mère s’était faite belle, les pommettes bien roses et son eau de Cologne embaumait toute la voiture.

– Ta mère sera là ? demanda Mémé.

– Sûrement. La connaissant, elle ne voudra pas manquer le premier réveillon chez sa fille préférée ! Elle s’est calmée depuis quelque temps. La retraite, peut-être…

– Et il vient, ton frère ?

– Vu que les vols en provenance du Japon sont bloqués, malheureusement, ça m’étonnerait…

– Ah ! Formidable ! Je me réjouis de le voir, s’enthousiasma Mémé.

Elle posa la main sur l’avant-bras de sa petite-fille qui conduisait.

– Et dis-moi, ma chérie, comment elle l’a connu son amoureux, Lucie ?

– Tu ne te souviens pas ? À Noël dernier…

– Ah oui… La belle tirade ! Comment il s’appelle déjà ? Elle a dû me le dire à ma fête, mais ça ne me revient pas…

– FX.

Mémé secoua la tête, atterrée.

– Idéfix !!? Mais quelle idée d’avoir le prénom d’un chien. Ça m’étonnerait qu’il fasse long feu, celui-ci…

Le téléphone d’Antoine se mit à sonner. Celui d’Anne aussi. Patrick et Nadine.

– Il est étonnant de voir comment deux personnes qui se détestent peuvent à ce point se ressembler…

– Ne réponds pas, Antoine. Ton père va vouloir s’inviter.

Nadine insista. Le téléphone ne faisait que vibrer.

Anne reçut simultanément un message de Lucie. Il se passait visiblement quelque chose. Elle arrêta la voiture et lut le message de sa sœur. Anne mit sa main sur la bouche.

– Ce n’est pas vrai ! Elle n’a pas fait ça ?

Lucie la prévenait d’un tout petit changement de plan. S’était ajouté à leur dîner, et au dernier moment, leur père, Christian.

– Je comprends mieux les vingt appels en absence de ma mère.

Anne reprit la route.

– Antoine, je pense que tu peux rappeler ton père. Foutu pour foutu…

– Oh oui ! Un homme charmant, ce Patrick ! dit Mémé.

Anne caressa tendrement la main de sa grand-mère et vit qu’Antoine lui faisait un clin d’œil dans le rétroviseur.

– Rassure-moi, chérie. Noël… c’est bien tous les ans ?

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