Le Système
Les aiguilles de l’horloge tournent rapidement. Trop vite, peut-être ?
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Les aiguilles de l’horloge tournent rapidement. Trop vite, peut-être ?
Malgré l’enchaînement d’événements déconcertants, les deux femmes ont repris leur routine. La saison chaude et sereine participe à adoucir leur adaptation progressive au lieu. Les occupations matérielles éloignent les pensées du passé. Ce passé qui, si on l’observe de plus près, peut expliquer leur présence dans la forêt. Mais voilà, personne ne les regarde, hormis peut-être l’épervier, Babou et l’homme, quand il rôde dans les environs de la ferme. La petite fille, elle, ne vient jamais. Elle préfère l’opacité secrète du bois.
Depuis quelques jours, l’homme leur rend souvent visite. Il reste discret. Elles ne le remarquent jamais. Chacune est si concentrée à tenir son rôle !
Justement, à ce moment précis, il observe Holdine.
De retour du moulin, elle étend le linge fraîchement lavé. Elle aime l’odeur de sa propreté mêlée à la tiédeur de l’air. Elle le secoue pour le défroisser, avant de le placer sur l’étendage que Grace a construit à l’aide de cordes et de troncs fins. L’atmosphère matinale est encore fraîche pour la saison. De manière automatique, Holdine jette des coups d’œil circulaires et réguliers à la prairie. Au loin, la lyre couronnant la tête de Babou se détache de l’étendue piquetée de jaune et blanc.
L’Allemande s’empresse d’étaler les derniers vêtements, puis rentre enfiler un pantalon et ses bottes. Elle est seule. Grace a décidé d’inspecter une partie de la forêt, une différente chaque jour. La jeune femme ne s’éloigne jamais et s’assure de toujours bien marquer son parcours. Jusqu’à présent, elle n’a rien découvert qui pourrait les éclairer.
Holdine s’empare d’un panier qu’elle a tressé elle-même avec des branches souples, puis quitte la ferme à son tour. Après s’être assurée que la vache se porte bien, elle tapote sa tête et la quitte. À grandes enjambées, elle traverse le pâturage et écrase sans ménagement l’herbe qui libère sa chimie aromatique. En réalité, cet ensemble de composés volatils qui enchantent l’odorat est un appel à l’aide. Le parfum attire les gros insectes qui mangeront les plus petits. Ainsi, les brins d’herbe seront préservés de leurs prédateurs. Bien sûr, l’Allemande ignore l’appel, c’est le lourd bourdonnement qui grésille au creux de ses oreilles qui l’alerte. Très vite, une nuée d’abeilles l’encercle. Avant de céder à la panique, elle réfléchit et respire profondément. Elle évite les gestes amples et marche doucement.
En pénétrant dans le bois, à quelques mètres du premier alignement de résineux, elle découvre une ruche gonflée de miel. Elle note mentalement son emplacement et se dit qu’elle reviendra accompagnée de Grace pour les enfumer et récupérer le nectar doré. Son utilité est double : en plus d’être nutritif, il est aussi désinfectant.
Holdine se recentre sur l’objectif de sa sortie : cueillir des orties et de l’ail des ours, succulents, mélangés au fromage.
Sous la voûte de la cathédrale boisée, l’ombre rafraîchit l’atmosphère. Elle prend garde à ne jamais quitter la lisière du regard. D’ailleurs, c’est souvent là qu’elle trouve les plus imposants groupes d’orties. Régulièrement, l’Allemande frappe du pied pour chasser les reptiles qui pourraient se camoufler sous l’humus. Le terrain est pentu, parsemé de gros rochers recouverts de mousse. Holdine monte et descend. Elle a fabriqué une canne qui l’aide à déblayer le sol, à détecter les racines et les arbrisseaux arrachés. Aux endroits les plus humides, des champignons poussent droit. Sa connaissance en mycologie comporte des lacunes, donc elle ne prend aucun risque et les laisse là où ils se trouvent.
Elle progresse maintenant parallèlement à un groupe de gentianes lumineuses dressées en bordure, sous les arbres qui l’oppressent et l’empêchent de voir le ciel. Pourtant, la mère de famille ne désespère pas de découvrir l’emplacement dégagé qui lui permettra, peut-être, de trouver ce qu’elle cherche.
En cheminant, elle surprend quelques furtifs écureuils roux qui filent sur les troncs à toute allure pour se mettre hors d’atteinte. Dans certaines zones, des bouquets de digitales et leurs longues grappes de clochettes pourpres séduiraient n’importe qui, mais Holdine évite leur toxicité…
Le temps passe. L’Allemande traîne sans rien trouver. Son caractère devient subitement morose et tout ce qui l’entoure se transforme. Désormais lugubre, l’endroit ne produit plus que du bois mort, des pousses malingres et des rochers stériles. Elle se remémore la remarque de Grace : « L’environnement est, en réalité, ce que nous décidons d’en faire. ». Holdine se donne du courage et essaie. Lentement mais sûrement, son esprit métamorphose la terre brune foulée sous ses pieds en brassées de fleurs et de plantes riches et comestibles. Gagnée par la motivation, elle accélère le pas.
Elle s’éloigne de la ferme, mais refuse toujours de s’enfoncer dans le bois malgré la tentation. À mesure qu’elle avance, sa motivation décline et les images enjolivées sont de nouveau remplacées par une réalité beaucoup plus terne.
Les yeux fixés sur le sol, hypnotisée par le rythme de ses pas, elle s’apprête à renoncer à l’objectif de sa sortie quand soudain, elle remarque en levant la tête que la lisière se teinte de bleu. Intriguée, elle sort de l’ombre et se dirige vers la lumière.
L’étendue claire pénètre ses rétines. Ses yeux contemplent une mer où les vagues auraient été figées en un instant avec force par une puissance supérieure. Holdine est happée au cœur d’une toile d’artiste — une explosion de bleu, de vert avec des montagnes en arrière-plan. La première teinte est en réalité une abondance de hampes florales de lupins. Un camaïeu passant du myosotis à la pervenche et tirant jusqu’au violet. La seconde, ce sont tous les arbres de la forêt encerclant les fleurs à la manière d’une couronne.
Un cervidé traverse cette multitude comme il émergerait des flots. Il replonge et ressort aussi vite, encore et encore.
Le parfum poivré des fleurs est capiteux, presque entêtant. Holdine perçoit l’énergie mouvante de chaque plante, ressent leur vibration. Elle prend conscience qu’une version magnifiée de son fantasme vient de prendre naissance dans sa réalité.
Elle entre dans le champ de lupins. Sur une hampe ployée, un minuscule oiseau l’observe. Il ne fuit pas, l’invite plutôt à pénétrer l’espace enivrant. Certaines tiges sont hautes et atteignent sa taille. Les fleurs secouées après son passage dégagent leurs effluves épicés.
Holdine veut immortaliser cet instant, posséder un peu de cette beauté, qu’elle s’inscrive sur sa peau, qu’elle garnisse son corps. Alors, avec frénésie, elle coupe les tiges et remplit ses bras et son panier de lupins.
Chargée de fleurs, l’Allemande longe la lisière en sens inverse. Elle remarque que l’épervier tournoie en silence dans le ciel. Son front se couvre de sueur et attire de minuscules moucherons qui se collent à son visage. Arrivée à proximité de la ruche, elle traverse l’essaim sans ralentir. Plus loin, elle retrouve Babou avec joie. La vache rumine, impassible, malgré la brassée odorante qui titille ses naseaux. Holdine la quitte rapidement.
Proche de la ferme, elle accélère. Avant de passer le pas de la porte, elle retire ses bottes. À l’intérieur, elle dépose sa remarquable cueillette sur la table du salon. Elle veut surprendre Grace à son retour, que tout soit parfait. Dans la cuisine, elle cherche tous les récipients en mesure d’accueillir les tiges élancées et les remplit d’eau. Elle constitue ensuite quatre bouquets. Une onde de tristesse la traverse…
Les fenêtres restées longtemps ouvertes ont fait entrer des saletés dans le salon. Holdine s’empare du balai et entreprend de nettoyer le sol du rez-de-chaussée. Ensuite, elle passe un chiffon pour récolter la poussière accumulée un peu partout : sur les meubles, le manteau de la cheminée, les contours des portes et le dessus des cadres. Pour finir, elle place ses bouquets : deux dans le salon et un dans chaque chambre. Une fois les pièces propres, elle sort battre le chiffon à l’air libre et en rentrant, constate avec satisfaction que la fragrance piquante des lupins a recouvert l’odeur de renfermé. Elle part ensuite se rafraîchir le visage dans la cuisine, puis monte dans sa chambre pour se recoiffer.
Prise d’une fatigue irrépressible, elle s’allonge sur son lit et s’assoupit…
Arrivée à proximité de la ferme, la poitrine de Grace se serre brutalement. Elle se crispe et sa nuque se raidit. Ces moments solitaires de recherche sont indispensables à son équilibre, car la présence de l’autre femme l’étouffe souvent. Mais sa déception ne cesse de grandir. Une fois de plus, elle devra annoncer à l’Allemande qu’elle a encore échoué et n’a toujours rien découvert qui puisse les aider à comprendre leur présence dans ces montagnes.
Plus elle s’approche et plus l’appréhension s’installe.
Chose inhabituelle, en apercevant les contours du bâtiment et son toit imposant, Grace se sent subitement menacée.
Par précaution, elle fait le tour avant d’entrer. Toutes les fenêtres sont fermées. Elle ouvre lentement la porte et est assaillie par un parfum fort, différent du lys, mais tout aussi intense. Elle hurle le prénom d’Holdine, puis se déplace prudemment jusqu’au salon.
L’odeur s’accroche à elle, insupportable… Grace se trouve au bord du malaise…
Les fleurs. Rupinasu…
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Holdine ouvre les yeux et se redresse brusquement. Sa tête tournoie, ses paupières sont lourdes et sa nuque est endolorie à cause du drôle d’angle qu’elle a pris en s’endormant. Elle s’étire, puis, au moment où elle entreprend de se frictionner le visage, perçoit les bruits sourds et secs d’un remue-ménage au rez-de-chaussée… Grace.
Elle réagit immédiatement. Elle s’en veut de s’être assoupie, se lève et descend aussitôt.
La porte d’entrée est grande ouverte et la jeune femme fait les cent pas dans le couloir. Son regard est hébété et tout ce qui l’entoure semble invisible à ses yeux. Une traînée de pétales bleus est répandue sur le sol. Holdine se presse dans le salon. Les deux bouquets ont disparu. L’Allemande décontenancée ne trouve qu’une chose à dire :
— Qu’avez-vous fait des fleurs ? Où sont-elles passées ?
Mais Grace continue d’arpenter le couloir sans lui prêter attention.
Holdine cherche les lupins dans la cuisine, mais c’est dehors qu’elle les découvre, déversés comme des déchets jetés à la hâte. Offensée, elle marmonne, récupère toutes les tiges encore en état, rentre, les replace et les arrange de nouveau dans leur vase.
Quel gâchis ! pense-t-elle, pleine d’amertume et de colère.
Dans le vestibule, elle évite soigneusement de croiser sa compagne et réinstalle les bouquets à l’emplacement qu’ils n’auraient jamais dû quitter : la table du salon. Ensuite, elle balaie les pétales tombés dans le couloir et s’en débarrasse dehors.
Tout est rentré dans l’ordre, sauf Grace qui arpente toujours le corridor comme une damnée. Holdine se sent démunie. La jeune Javanaise reste mutique et son regard vide lui fait peur. Comment peut-elle remédier à la situation ? Elle hésite… Tant pis, elle emploie la manière forte, la secoue en l’empoignant par les épaules. La jeune femme résiste et se débat. L’Allemande esquive de justesse un de ses poings.
— Mais que vous arrive-t-il ? Enfin ! Revenez à vous, Grace !
Elle panique et finit par lui donner une claque. Grace lui retourne immédiatement. Des larmes incontrôlables coulent le long des joues d’Holdine sous l’effet de la brûlure.
— Bon sang !
La violence appelant la violence, l’Allemande projette la jeune femme contre le mur, mais le regrette aussitôt. Ce geste a l’avantage de calmer Grace. Cette dernière se laisse glisser le long de la cloison et s’immobilise.
— Vous me voyez ? demande la mère de famille en agitant la main devant le regard vague de la jeune femme.
Elle l’imagine atteinte de catatonie et panique à l’idée de la laisser indéfiniment seule, affalée sur le sol. Elle s’assoit à ses côtés et espère qu’elle reprenne rapidement ses esprits.
Comme durant ses deux précédentes convalescences, Holdine patiente, attentive au moindre signe qui lui indiquerait que Grace sort de sa léthargie. Elle lui donne à boire régulièrement, lui parle, mais la jeune femme reste insensible à ses soins.
Une multitude de pensées précipitées passent par la tête d’Holdine. Certaines sont angoissantes, comme la peur de tout perdre, même ici, dans ces montagnes… Elle finit par l’attraper sous les aisselles et entreprend de la soulever. Grace est un poids mort dans ses bras et n’oppose aucune résistance. Comment va-t-elle pouvoir la transporter dans sa chambre ? Incapable de la mettre debout, elle décide de la traîner sur le parquet jusqu’à l’escalier. Les talons nus de la jeune Javanaise tressautent au contact du bois.
Arrivée dans l’étroite montée, Holdine transpire. De larges gouttes de sueur glissent le long de son dos et trempent l’arrière de son chemisier. Après avoir atteint la quatrième marche avec difficulté, elle pense à la haute structure du lit et se dit qu’elle n’aura plus suffisamment de force pour déposer son amie dessus. Elle abandonne, retourne à son point de départ et l’installe contre le mur, à côté de l’horloge.
— Attendez-moi là !
Où pourrait-elle bien aller, imbécile ?
Au même moment, sur la face décorée de l’horloge, l’oiseau sort de sa boîte et chante deux fois. Holdine sursaute, se sent idiote et grimpe l’escalier en vitesse.
Au premier étage, elle ouvre la chambre de Grace. Elle est saisie par le parfum entêtant des lupins. Elle retire les draps du lit, tire le matelas et le dépose sur le sol. Il est ensuite traîné dans le couloir. Pour réussir à le faire passer par la montée étroite, elle le place sur la tranche, non sans mal, puis le pousse. Dans sa chute, il heurte les murs avant de terminer sa course en bas en émettant un claquement sourd. Holdine récupère la literie, le traversin, et descend. Le matelas est tiré dans le salon et le couchage est réinstallé.
Lorsqu’elle vient chercher Grace dans le couloir pour l’allonger, Holdine ne se préoccupe pas de l’horloge. Pourtant, en observant de plus près, des modifications subtiles ont été apportées au décor : les deux personnages féminins ont disparu, laissant le chemin de terre désolé.
Choc. Instantanément, le monde a perdu toute consistance autour de Grace. Il a tournoyé comme quand elle était enfant, lorsque sa Babou lui tenait les mains et que, les bras tendus, elle la faisait graviter hors du sol comme sur un carrousel… Sa Babou dont désormais le visage s’efface petit à petit.
Son corps s’est alors raidi, mêlé d’effroi et de colère.
Une pulsion en elle n’a pas voulu voir les fleurs et devait s’en débarrasser. Détachée, elle a observé ses propres mains s’en emparer, ses doigts crispés les agripper et les lancer au loin, le plus loin possible, loin de sa nouvelle vie. Ensuite, elle a cru reconnaître la voix familière de son amie, celle qui depuis son arrivée dans la forêt a toujours été présente pour elle. Oui, elle la nomme maintenant son amie, malgré la haine que lui inspire le rôle qu’elle a joué avant d’être amenée ici.
Grace frappe contre les surfaces épaisses de la grotte à l’intérieur de laquelle elle est enfermée, s’écorche les paumes des mains. Elle hurle le prénom d’Holdine, mais l’autre ne l’entend pas. Un monde les sépare. L’endroit est ténébreux. Les parois rocheuses sont comme un théâtre de silhouettes étranges. Dans la pénombre, elles s’agitent, trop nombreuses. Grace les sent l’observer, vouloir la toucher. Elle les évite comme elle peut, mais finit par être attrapée. Elle se débat, donne des coups, en prend en retour. Elle sait qu’elle ne gagnera pas, alors, elle se recroqueville dans un coin et guette.
Certains sons traversent la roche. Elle reconnaît la voix de son amie, étouffée derrière les strates minérales, puis ce sont des gouttes qui tombent sur le sol : un léger filet d’eau auquel elle se désaltère. Elle tend l’oreille, attend, et finit par s’allonger sur la terre humide.
Des voix murmurent, des voix inconnues. Un souffle discret dérange ses cheveux trop courts. Elle est soudain enveloppée dans une couverture… de fleurs. Des fleurs au parfum si lourd et entêtant que chacun pourrait s’en vêtir et ne pas avoir la sensation de se sentir nu. Mais Grace perçoit le signal : la grotte s’est fissurée et a laissé entrer le mal. Il a l’art de se cacher derrière le beau, par exemple : une fragrance de fleurs de montagne.
Grace se redresse et une lumière intense l’éblouit. C’est une brèche dans la roche sombre, juste assez large pour qu’elle puisse s’y faufiler. Alors, sans réfléchir, elle tente sa chance.
Dans la cuisine, Holdine l’entend. L’espace d’un instant, elle se réjouit, puis lorsqu’elle perçoit ses pas saccadés sur le sol, son cœur se met à battre plus rapidement. Elle lâche la cuillère qui tombe et rebondit sur les dalles de pierre et s’élance en direction du salon.
Grace a déjà passé la moitié du corps par la fenêtre. Holdine voudrait l’interpeller, mais estomaquée par la vitesse et la fluidité avec lesquelles la jeune femme se déplace, les mots restent coincés dans sa gorge. Grace court maintenant dans la prairie, en direction de la forêt. Il vient à l’esprit d’Holdine qu’elle est en train de fuir comme une biche aux abois. L’Allemande plonge quelques secondes son regard dans le camaïeu des lupins déjà moins éclatants, puis sur le matelas aux draps arrachés. Enfin, sur la fenêtre ouverte.
Elle sort de sa torpeur et s’élance en direction de la porte.
Grace a disparu de son champ de vision. Holdine court dans les herbes, mais une douleur aiguë la ralentit rapidement. Un caillou tranchant vient de s’enfoncer dans la plante de son pied droit, il saigne. Non sans une pointe de frustration, elle constate qu’elle a quitté la ferme sans chaussures. Prise au dépourvu, elle se dirige en boitant jusqu’au centre du pré pour tenter d’apercevoir sa compagne.
Au loin, la jeune femme court toujours et s’apprête à s’engouffrer dans les profondeurs de la forêt.
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