Leçon de rouge
Chapitre 26
26
Deux jours plus tard, j’étais assise avec Alicia Ruiz dans la cour intérieure de l’hôpital. Des bouquets de palmiers nains et diverses plantes grasses nous entouraient. L’endroit était coincé entre deux hauts pavillons. Cela ressemblait moins à un jardin qu’à une portion de jungle suspendue dans les airs, sur un sol bétonné. Il n’y avait rien d’autre à faire ici que rester assises dans l’ombre douce et l’air relativement frais, en feignant de croire qu’attendre les résultats de l’intervention pratiquée sur Ray était chose apaisante, et non pas angoissante. Un ciel délavé par le smog s’étalait pesamment au-dessus de nous.
Ray avait une clavicule cassée, une omoplate fracturée, plusieurs côtes fêlées, et des lacérations au poumon droit. Durant quarante-huit heures, les médecins avaient stabilisé son état à grand renfort de perfusions, avec une écharpe pour son épaule et une intubation qui l’aidait à respirer. Il m’avait fait penser à la victime d’un accident de la route qui s’étrangle lentement dans un entrelacs translucide de plantes grimpantes. La “gravité élevée des blessures” avait incité deux chirurgiens à recommander l’opération immédiate de l’omoplate, avec le recours à des broches afin de faciliter une guérison plus rapide. Un troisième praticien avait contesté cette opinion, en soulignant les dommages de longue durée aux nerfs du bras que cette intervention risquait d’entraîner. Ray avait opté pour l’avis majoritaire, il était maintenant sous anesthésie, et nous prenions notre mal en patience.
Je ne comprenais toujours pas comment Nelson avait réussi à avoir le dessus sur lui dans une confrontation physique, même en lui tendant de nuit une embuscade dans son appartement. De Wilde n’avait pas eu d’arme à feu, seulement une matraque. Un coup porté par-derrière avait paralysé l’épaule de Ray. Celui-ci avait alors riposté, il avait presque arraché une oreille à Nelson, mais au final il avait perdu la partie. Où était passé son pistolet, et son entraînement pour désarmer un adversaire ? On en venait presque à croire qu’il avait sciemment laissé son agresseur l’emporter. Il n’avait pas pu savoir que je viendrais m’enquérir de lui, ni que Layla, une heure après nous avoir quittés, appellerait son père, Steve Goetz, utiliserait le mot de passe qu’il lui avait donné quand elle était adolescente, et qu’il préviendrait la police pour qu’elle intercepte le véhicule de Nelson. Ray avait certainement pensé qu’il allait mourir. Et pourtant il était là, toujours vivant.
Quant à moi, j’allais bien. Je n’étais encore que l’ombre de moi-même, mais je m’en tirais bien. J’avais déjà récupéré de la drogue, ma main droite était salement abîmée, sans aucune fracture toutefois, et les autres coupures étaient superficielles. Un cas banal, simple à traiter pour le médecin des urgences, mais pas pour le LAPD. Malgré l’intercession d’Alicia et d’un avocat, j’avais répondu aux mêmes questions, encore et encore. Que s’est-il passé dans le bar ? Que s’est-il passé quand vous en êtes sortie ? Que s’est-il passé quand vous êtes sortie du véhicule ? Quels ont été les mots exacts prononcés par Layla ? Qui vous a transportée dans la pièce ? Qui a verrouillé la porte ? Ray Hendricks vous a-t-il confié le moindre détail sur la façon dont il a reçu ces blessures ? Nelson et Layla avaient été arrêtés à l’extérieur de San Diego, et la police réclamait de quoi monter un dossier imparable contre le galeriste. Il était accusé de tentative de meurtre sur ma personne et celle de Ray. Prouver quoi que ce soit concernant la mort de Calvin serait beaucoup plus difficile. Aucun élément reliant cet assassinat à Nelson n’avait été trouvé.
On avait fouillé l’entrepôt sur Genevieve Street, à Londres, et la police avait mis au jour des antiquités irakiennes d’origine illégale, cachées dans les emballages d’œuvres d’art contemporaines, prêtes à être expédiées aux États-Unis. Les pièces étaient toutes de petite taille, et légères. Elles occupaient des espaces habilement aménagés dans le rembourrage, afin que l’œuvre officielle ne soit pas déplacée dans son logement. Selon les dires d’un employé britannique, qui avait accepté de livrer des informations en échange de la protection de la police, la contrebande durait depuis sept ans, soit l’époque à laquelle Nelson avait acquis le local. Le même témoin avait connu personnellement James Compton, et il savait que celui-ci avait utilisé la cave du bar où Nelson travaillait pour acheter et stocker des objets pillés par les étudiants qui se rendaient en Turquie pendant les vacances de printemps. Cette activité avait constitué “un bonus éthique pour soutenir le financement d’artistes contemporains” tout en “sauvant des trésors irakiens”. Il était certain que la carrière de Nelson de Wilde avait connu son essor en observant Compton. Le témoin promettait de donner l’identité des acteurs internationaux de cette opération, contre une réduction des charges pesant sur lui.
Globalement donc, la contrebande d’œuvres d’art et la double tentative de meurtre suffisaient à jeter Nelson en prison, mais pas à prouver la tentative d’homicide volontaire sur Calvin. La fouille toujours en cours des propriétés du galeriste n’avait révélé aucune preuve. Pourquoi en aurait-il été autrement ? Qui aurait conservé d’éventuels indices prouvant qu’on avait battu quelqu’un presque à mort ?
— À votre avis, il y a la moindre possibilité que Nelson ait tué Brenae ? demandai-je à l’inspectrice. Et si elle avait établi le lien entre lui et la mort de Calvin ?
— Pas sa méthode habituelle, répondit-elle d’une voix grave. Le corps de Brenae ne portait pas de traces de coups. L’endroit était trop public. Et Nelson n’était pas aussi minutieux. S’il l’avait tuée, il aurait commis un impair quelque part, et la police l’aurait découvert. Ils ont passé des semaines sur l’affaire. Ray lui non plus n’a vu aucune faille dans l’hypothèse du suicide.
Contrairement à son habitude, elle portait un t-shirt et un jean, et était chaussée de sandales dorées à lanières. C’était l’Alicia hors astreinte, et je l’imaginais très bien renversée en arrière, en mode détente, un magazine sur les cuisses. Mais elle se tenait très droite. Elle s’inquiétait pour Ray, et elle se méfiait également de moi. J’aurais aimé savoir comment lui transmettre ma gratitude sans insinuer que nous étions désormais copines. Elle but à petites gorgées dans son gobelet, en surveillant sa montre, jusqu’à ce que son portable vibre. Elle regarda le numéro qui s’affichait, fronça les sourcils et porta l’appareil à son oreille.
— Oui, dit-elle. Oui… Excellent.
Elle se leva et alla à l’extrémité de la cour, sous une trompette des anges. Là, elle leva les yeux vers les fleurs jaunes pendantes tout en parlant. Après un échange animé, elle coupa et revint s’asseoir auprès de moi.
— C’était l’avocat de Layla, expliqua-t-elle. Elle va coopérer pleinement, contre un allègement des charges qui pèsent sur elle. Et Erik a été relâché. Hal Giroux s’est rendu au poste et a parlé en son nom. Il a déclaré avoir personnellement demandé à Erik de convaincre Brenae afin qu’elle ne partage pas la vidéo. Il a affirmé craindre que le permis de séjour d’Erik soit remis en question si l’école se retournait contre lui.
Hal avait donc fini par le reconnaître ouvertement : il avait toujours pris le parti d’Erik, et non celui de Brenae. Même après avoir eu connaissance du contenu de Lesson in Red, après avoir vu le corps d’Erik clouant sur le matelas celui de la femme au regard dévasté qui exigeait d’être vue, même après avoir entendu ses paroles angoissées, il avait décidé que les actes d’Erik n’étaient pas réels, et que l’indignation de Brenae était un numéro de comédienne. Il avait eu toutes les preuves sous les yeux, et pourtant il n’y avait pas cru.
— Erik dit maintenant qu’il est bien entré dans le studio de Brenae, ce mardi-là, poursuivit Alicia. Il a demandé à voir la vidéo. Elle a refusé de la lui montrer. Elle lui a répondu qu’il devait d’abord avouer à Hal qu’il l’avait obligée à faire l’amour avec lui durant l’automne dernier, et qu’en contrepartie il avait soutenu son intégration dans l’équipe de Hal. Erik a nié l’avoir forcée. Il a affirmé que leurs rapports sexuels avaient toujours été consentis.
Elle marqua un temps après ce dernier mot et leva les yeux au ciel.
— Brenae a aussi supplié Erik d’emporter l’arme, reprit-elle, et elle a ajouté qu’elle ne savait pas ce qu’elle ferait si elle la gardait. Il a refusé.
— Il ne l’a pas prise au sérieux.
— Ça ne lui était pas nécessaire. Il avait déjà le soutien de son idole.
Quand il avait appris que Giroux était venu au poste de police pour prendre sa défense, l’étudiant s’était effondré et il s’était rétracté sur ses aveux de participation à un meurtre. Bien évidemment. C’était un drame sans raison. Et Hal l’avait secouru, une fois de plus.
J’essayai d’imaginer cette première conversation entre Erik et son mentor au sujet de la vidéo, il y avait déjà longtemps, deux hommes qui décortiquaient les accusations d’une femme sur qui ils avaient tous deux un pouvoir. Je les voyais assis face à face dans le bureau de Giroux, avec les affiches et les photos de remises de prix sur tous les murs, se réjouissant du succès de l’école. Le LAAC ne voulait pas d’un scandale. Il ne voulait pas d’une femme qui clamait qu’elle accepterait alors qu’elle pensait refuser, et qui diffusait des vidéos incriminantes. Peut-être Hal avait-il conseillé à Erik de s’excuser, de calmer les choses en privé. Peut-être même l’avait-il réprimandé. Mais quoi qu’il lui ait dit, il avait entériné son innocence. Il l’avait autorisé à ignorer la souffrance de Brenae parce que cette souffrance apparaissait démesurée.
Le manque de sens de l’autoprotection chez Hal m’étonna. Il aurait dû deviner comment tout cela risquait de lui claquer dans les doigts. Tout ce qu’il avait à faire, c’était contacter le bureau des services aux étudiants dont dépendait Erik et leur parler de la vidéo de Brenae, ils auraient aussitôt vu la jeune femme et lui auraient offert les conseils et les ressources appropriés. Il aurait également pu laisser Erik se griller, en se lavant les mains de toute l’affaire d’un simple coup de fil.
— On imagine plutôt que Hal se serait couvert, non ? dis-je. Enfin, c’est quand même le directeur du programme depuis des années. Pourquoi ne pas avoir prévenu la structure professionnelle d’aide présente sur le campus ? Brenae ne devait pas être la première étudiante traumatisée qu’il rencontrait.
Alicia croisa les jambes et tira sur l’ourlet de son jean.
— En effet, il aurait pu se “couvrir”, convint-elle. Donc, pourquoi ne l’a-t-il pas fait ?
Je pensai qu’elle allait répondre à sa propre question, mais il n’en fut rien. L’air à la fois pensif et cynique, elle se contenta de m’observer.
— Il a pensé que c’était du bluff, je crois, proposai-je.
Elle eut un petit sourire crispé.
— Et moi, je crois qu’il se fichait que ce soit ou non le cas. Il ne la considérait pas comme une personne. Pour lui, elle n’était qu’un problème en gestation. Une bombe à retardement. Exactement comme vous l’avez dit. Une éventualité néfaste dont il devait “se couvrir”.
À ces mots je sentis mon visage se figer, aussi sûrement que si quelqu’un m’avait lancé de l’eau glacée en pleine face. La sensation gagna ma poitrine, me noua le ventre. Au plus profond de moi-même, était-ce ainsi que je voyais réellement Brenae – non pas en tant que personne, mais en tant que problème ? Était-ce l’attitude envers la morte qu’Alicia m’attribuait ? Qu’est-ce qui avait poussé l’inspectrice à me recommander pour mener l’enquête personnelle supervisée par Janis ? Était-ce vraiment afin que tout reste dans un cadre “légal”, ou parce qu’elle n’avait pas confiance en notre interprétation des renseignements que nous pourrions glaner ?
Tout ce dont j’étais sûre, c’était que la policière avait été présente pour nous cette nuit-là, quelles que soient ses propres réserves.
Elle s’était rendue au domicile de Nelson pour me trouver. Aucune lumière dans toute la maison. Avec son fils dans la voiture, elle n’avait pas osé remonter l’allée, et elle avait demandé du renfort. Deux voitures de patrouille étaient arrivées en urgence à Palisades pendant que je m’échinais à traverser le plafond de la galerie. Quand j’avais composé le 911 sur la ligne fixe de la Westing, je leur avais dit de contacter Ruiz. Elle était garée sur la route, au-dessus de la propriété de Nelson, où elle attendait un mandat de perquisition. Elle avait immédiatement alerté le central pour qu’il diffuse un avis général de recherche concernant toutes personnes ressemblant à Nelson et Layla.
Tous deux avaient été arrêtés dans une station-service en bordure de la voie rapide, à quelque cent dix kilomètres de la frontière mexicaine. Sans l’appel de Layla à son père et la rapidité de réaction dont Alicia avait fait preuve, ils auraient peut-être réussi à s’enfuir du pays. Si je n’avais pas été enfermée dans le réduit secret de la Westing en compagnie de Ray, ce dernier aurait peut-être succombé à ses blessures. Cette nuit-là, nous avions toutes deux rempli nos missions. Mais j’avais été chanceuse. Imprudente et chanceuse. J’en étais consciente. J’avais eu de la chance qu’il y ait une issue pour moi. Je baissai la tête.
— Je suis désolée, dis-je enfin. Vous avez absolument raison.
Je sentis Alicia se raidir, puis elle soupira. Quelque chose pesa contre mes côtes, et je me rendis compte qu’elle avait glissé son bras dans le creux du mien, pour nous unir. Elle était nettement plus petite que moi, je m’en rendais compte seulement maintenant à la façon dont le bas de ses côtes frôlait ma taille.
— Je sais, dit-elle sur un ton d’ennui tellement prononcé que je m’esclaffai.
Elle rit à son tour.
Après cela, nous nous détendîmes et nous appuyâmes l’une contre l’autre, en écoutant les coups de klaxon de la circulation et en contemplant la petite jungle de la cour intérieure, dans l’attente de nouvelles de Ray.
Il reposait dans un lit à la blancheur immaculée, toujours intubé, une perfusion fichée dans le dos d’une main, l’autre bras en écharpe. Les hématomes sur son visage et son cou avaient viré au violacé, dessinant une carte affreuse sur ses traits séduisants. Néanmoins il parut heureux de nous voir. L’infirmière se tint en retrait et s’affaira devant les moniteurs.
Alicia et moi nous plaçâmes de chaque côté du lit ; elle auprès de la perfusion, et elle lui prit la main avec douceur ; me trouvant près de son bras en écharpe, je ne le touchai pas.
— Layla veut coopérer, lui annonça la policière. À Londres, on a perquisitionné les locaux sur Genevieve Street, et on y a découvert d’autres antiquités illégales. C’est de là que Nelson de Wilde expédiait leurs commandes à ses clients, et il ajoutait par la même occasion aux colis des objets de contrebande de grande valeur.
Ray cligna des yeux.
— Si vous avez quelque chose à me dire, vous pourrez le faire demain, le rassura Alicia. Je reviendrai avec de quoi noter.
Il y eut un silence.
— On a réussi, fis-je en m’efforçant d’adopter un ton encourageant.
Il tourna la tête et son regard bleu se posa sur moi. J’avais bien plus à lui dire, mais rien ne vint. Ma respiration se bloquait dans ma gorge. De l’autre côté du lit, j’entrevis l’inspectrice qui lui lâchait lentement la main.
— Willow et Nathaniel veulent venir ici, mais je me suis efforcée de les en dissuader, révéla-t-elle. Parce que vous avez refusé qu’ils viennent. Vous en êtes bien sûr ? – Elle hésita une seconde. – En toute franchise, ils sont fous d’inquiétude.
Ray secoua la tête, et sa main perfusée se leva vers le fin tuyau pour le débrancher.
— Monsieur, intervint l’infirmière, monsieur, vous ne pouvez pas faire ça.
Elle s’approcha vivement, et il laissa retomber son bras.
— Tout va bien, dit Alicia. Ne parlez pas. Je vais les calmer.
Sur son visage, je vis passer une expression fugace de culpabilité, et je compris : Willow et Nathaniel ne communiquaient pas directement avec elle. Ils parlaient à Ynez, l’ancienne petite amie de Ray, et celle-ci rapportait leurs propos à l’inspectrice. Elle n’était qu’un relais. Ma place est auprès de lui, avait-il déclaré. Sa place était auprès de Nathaniel. Et pour Ynez ?
Un geignement se fit entendre, et une civière passa rapidement dans le couloir, propulsée par une infirmière et un aide-soignant. Le corps qui y reposait, couvert d’un drap, semblait à peine plus grand que celui d’un enfant. Le gémissement se mua en une série de glapissements rauques et torturés.
Je voulus soudain soustraire Ray à cet endroit. Je savais que c’était simplement une chambre d’hôpital pareille à n’importe quelle autre, et que tous ces tuyaux, tous ces moniteurs et toutes ces infirmières n’étaient là que pour la sécurité de Ray et des autres patients, pour aider à leur rétablissement. Je savais que je devrais être reconnaissante qu’il soit aussi bien suivi. Malgré tout, une colère impatiente me terrassait à le voir bâillonné, le corps percé d’aiguilles, ses cheveux bruns emmêlés, avec un bandage en fin coton jaune enserrant sa poitrine meurtrie. Je voulais retrouver son éternel regard somnolent et rassurant, sa courtoisie et ses questions absurdes. Je voulais qu’il soit sorti de tout cela. Des blessures et de leur guérison. De la douleur à vif qu’engendrait chez lui la mort de Calvin. Je voulais qu’il réintègre son foyer, où que soit ce foyer. Je le voulais entier de nouveau. Le seul fait de me tenir là, immobile, penchée sur lui, exigeait de moi un effort énorme. J’avais l’impression qu’on détachait des morceaux de ma personne, de l’intérieur.
— On ferait bien d’y aller, dit Alicia à mi-voix.
Je tendis la main, la passai sur le front de Ray, au-dessus de son œil épargné, et lissai en arrière sa chevelure.
— Faites tout ce qu’ils vous disent de faire, pour qu’ils vous laissent sortir très bientôt, murmurai-je, et je me détournai avant qu’il puisse répondre.
À l’extérieur des urgences, le couloir était si propre que de vagues reflets luisaient sur ses murs.
— Dieu soit loué, pas vrai ? dit Alicia qui marchait à côté de moi. Il a l’air bien.
J’acquiesçai, toujours incapable de parler.
— Vous ne pensez pas ? insista-t-elle en secouant la tête. Il va se lever et filer d’ici dès qu’il en aura l’occasion.
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