Les chroniques du royaume kanin, tome 1 - Givre enflammé
Chapitre quatre
QUATRE
* * *
Écurie
I l faisait déjà noir quand je garai la Land Rover dans le garage, coincée entre un autre VUS et un énorme Hummer. J’appuyai sur un bouton pour fermer la porte du garage derrière moi.
En théorie, nous étions dans un garage, mais en réalité, l’édifice était une forteresse en briques qui abritait des dizaines de véhicules et des réserves pour les traqueurs. À gauche du garage se trouvaient des salles de classe et le gymnase où les traqueurs s’entraînaient, ainsi que le bureau du rekteur.
Je ne m’étais pas donné la peine de remettre ma veste et mes bottes après avoir amené Linus chez les Berling, parce que je savais que je venais ici ensuite. Le garage était chauffé, comme la plupart des bâtiments de Doldastam. Même le plancher était chauffé. Quand je descendis du VUS, le béton réchauffa mes pieds nus.
Je venais à peine d’ouvrir la portière arrière pour prendre mon sac quand j’entendis une porte se fermer. Le bureau du rekteur donnait sur le garage. Je me tournai et je vis Ridley Dresden s’avancer vers moi.
— Besoin d’aide ? demanda Ridley.
— Non, c’est bon, merci, répondis-je en passant mon sac sur une épaule avant d’aller vers la rangée d’armoires de rangement.
Ridley portait un gilet et une cravate. Les manches de sa chemise étaient roulées sur ses coudes. Comme moi, il était pieds nus. Il avait des cheveux foncés qu’il portait courts, mais qui bouclaient légèrement. Sa coiffure lui convenait parfaitement. Il avait beau essayer par tous les moyens d’avoir l’air collet monté, une partie de lui refusait de se soumettre.
Je laissai tomber mon sac devant les étagères, avant de m’accroupir pour y fouiller. J’avais sorti deux faux passeports, le mien et celui de Linus, quand Ridley arriva à mes côtés.
— Tu n’es pas si mal, dit-il en plantant ses mains dans ses poches.
Je levai les yeux vers lui en esquissant un sourire en coin.
— Et moi qui croyais que tu n’aimais pas les blondes.
D’après ce que j’avais pu constater, les deux dernières filles que Ridley avait fréquentées étaient brunes, mais ce détail n’avait pas vraiment d’importance pour les Kanins. Comme tous les trolls, les Kanins présentaient certains traits physiques particuliers : ils avaient les cheveux sombres et bouclés, des yeux marron ou gris, le teint mat, ils étaient de petite taille et souvent physiquement attrayants. En fait, les Kanins ressemblaient aux Trylles, aux Vittras et même aux Omtes, si on faisait abstraction de la beauté.
Seuls les Skojares se démarquaient des autres trolls, avec leur teint pâle, leurs cheveux blonds et leurs yeux bleus. C’était le sang skojare qui coulait dans mes veines qui trahissait ma véritable nature. À Doldastam, presque toute la population avait les cheveux bruns. Mais pas moi.
— Allons donc, fit Ridley en m’adressant un large sourire. Tout le monde aime les blondes.
J’eus un rire sombre. À l’extérieur des murs de Doldastam, le monde partageait peut-être son opinion, comme il l’avait appris durant l’époque où il était traqueur. Mais ici, mon apparence n’avait jamais été qu’un handicap.
— Je parlais de ta rencontre fortuite, dit Ridley.
Je me levai pour lui lancer un regard perçant.
— Je peux me débrouiller au combat.
— Je sais, dit-il, soudain sérieux, en m’adressant un regard affichant une inquiétude qui ne lui était pas coutumière. Mais je sais aussi que cela a dû être difficile d’affronter Konstantin Black.
Je me détournai, réticente à lui révéler à quel point cette rencontre m’avait secouée.
— Merci, mais tu sais parfaitement que c’est inutile de t’en faire pour moi.
— Je ne peux m’en empêcher, dit Ridley. C’est mon travail, ajouta-t-il, après une pause.
J’ouvris le tiroir d’un classeur pour fouiller dans les dossiers, à la recherche de celui sur lequel mon nom était inscrit, puis j’y déposai les passeports.
— Il t’a sans doute fallu faire preuve d’un sang-froid à toute épreuve pour ne pas le tuer, continua Ridley quand il constata que je ne disais rien.
Je me penchai sur mon sac pour y fouiller, refusant d’en parler, refusant même de prononcer le nom de Konstantin.
— À propos de ton travail, as-tu découvert pourquoi ils suivaient Linus ? dis-je.
— Non. Rien jusqu’à présent. J’ai demandé un entretien téléphonique avec la reine des Omtes dès demain matin, et j’ai organisé une réunion à dix heures avec le roi, la reine et le chancelier. J’aimerais que tu y sois.
— Ce n’est pas mon fort, les réunions, dis-je.
Ce n’était pas faux, mais ce n’était pas pour cette raison que je ne voulais pas être présente à la réunion.
Mon père, le chancelier, y assisterait, et je n’avais pas envie de lui dire que j’avais laissé celui qui avait tenté de l’assassiner m’échapper. Je savais qu’il ne m’en tiendrait jamais rigueur, mais je ne me sentais pas moins coupable.
Je pris les piles d’argent américain et canadien dans mon sac. Ridley sortit son trousseau de clés pour déverrouiller le coffre-fort au bout de la rangée d’armoires de rangement. Mes clés étaient quelque part au fond de mon sac, et c’était plus rapide de le laisser déverrouiller le coffre-fort.
— Tu en sais plus que nous sur cette histoire, soutint Ridley. Pour la sécurité de Linus et des autres enfants échangés, nous avons besoin de toi à cette réunion.
— J’y serai, dis-je à contrecœur.
Je me penchai de nouveau sur mon sac pour en sortir ce qu’il restait de mon attirail de traqueuse : un couteau, un téléphone cellulaire, un journal de voyage et quelques objets divers, puis je les rangeai dans les différentes armoires.
— Que fais-tu ici, d’ailleurs ? lui demandai-je. Je croyais que tu avais terminé pour aujourd’hui.
Son travail était organisé en fonction des heures de bureau, contrairement au mien.
— Je t’ai vue arriver, dit-il en s’adossant contre le VUS stationné près de moi. Je voulais m’assurer que tout s’était bien déroulé.
— Si on ne tient pas compte de la bagarre, tout s’est bien passé, dis-je en haussant les épaules. J’ai ramené Linus, et il est en train de s’installer chez ses parents. J’ai abrégé les présentations, mais Linus semble se faire parfaitement à la situation, et j’avais besoin d’aller dormir.
Ridley me fixa longuement du regard.
— Quand as-tu dormi pour la dernière fois ?
— Quel jour sommes-nous ?
— Mercredi, répondit-il en haussant un sourcil.
— Euh… lundi, dis-je, après un instant de réflexion.
— Bryn, dit Ridley en s’approchant. Laisse-moi m’occuper de tout ça. Va dormir.
— J’ai presque terminé, et de toute façon, si je ne m’en charge pas moi-même, mon salaud de patron m’arrachera la tête, dis-je d’un ton moqueur, ce qui le fit soupirer.
— D’accord. Je vais t’aider même si tu ne veux pas, dit-il, avant de prendre le journal pour le remplir.
Avec son aide, tous les documents nécessaires furent remplis en l’espace de quelques minutes. Il ne restait alors que mes vêtements et mon ordinateur portable dans mon sac. J’enfilai mes lourdes bottes d’hiver et ma veste, puis Ridley me demanda de l’attendre une minute. Il revint vêtu de son caban gris anthracite et ses bottes noires lustrées aux pieds.
— Je te raccompagne chez toi, dit-il.
— Tu es certain ?
— J’ai terminé pour ce soir, et tu ne vis pas très loin d’ici, dit-il en hochant la tête.
C’était peu dire. Je vivais à deux minutes de marche du garage. Ridley vivait plus loin, comme la plupart des habitants de Doldastam.
La nuit s’était rafraîchie, et Ridley remonta le col de sa veste, avant de mettre les mains dans ses poches. Comme j’avais eu la bonne idée de mettre un bonnet, le froid ne me dérangeait pas beaucoup. La neige crissait sous nos bottes tandis que nous marchions lentement sur la route pavée en direction de mon loft.
Je me tournai vers Ridley et ne pus m’empêcher de l’admirer à la lueur du clair de lune. Il était grand et fort, et son visage était garni d’une petite barbe naissante. L’apparence agréable de Ridley pouvait devenir une source de distraction, si je me laissais aller. Heureusement, j’étais passée maître dans l’art de la maîtrise des sentiments inutiles comme l’attirance et je détournai le regard.
— J’espère que je n’aurai pas de problèmes, dis-je.
— Pourquoi aurais-tu des problèmes ? me demanda Ridley en me regardant comme si j’avais perdu la tête.
— Parce que je ne suis pas certaine que les Berling pourront mettre la main sur l’argent de Linus. Il n’aura dix-huit ans que dans quelques jours, et j’ignore ce qui arrivera à son fonds en fiducie.
— Tu l’as ramené sain et sauf chez lui. C’est tout ce qui compte. Le reste n’est que la cerise sur le gâteau.
— Tu crois donc que j’ai bien fait de le ramener ici plus tôt que prévu ?
— Absolument.
Ridley s’arrêta, et je l’imitai. Il me regarda. Nous étions éclairés par les lanternes allumées et l’éclat de la lune, qui me permettaient de voir l’éclair de sincérité dans son regard noisette.
— Ton instinct ne te trompe jamais, Bryn. Si tu as cru que Linus était en danger, il l’était. Et qui sait ce que Konstantin Black aurait pu faire s’il lui avait mis le grappin dessus ?
— Je sais, dis-je en soupirant. Mais si ses parents n’étaient pas du même avis ?
— Les Berling ne sont pas comme ça. Et s’ils le sont, qu’ils aillent au diable, dit-il en haussant les épaules. Tu as protégé leur fils, et c’est tout ce qui devrait compter.
— Merci, dis-je en souriant.
— Pas de problème. Et maintenant, va dormir et n’oublie pas notre réunion demain matin, dit-il en m’adressant un grand sourire et en faisant signe en direction de l’écurie au bout de la route.
— À demain, Ridley.
— Bonne nuit.
Je courus jusqu’à l’écurie, mais Ridley resta immobile pour m’observer, attendant que j’entre avant de partir. Le rez-de-chaussée du bâtiment servait toujours d’écurie, mais un escalier à l’extérieur menait à un petit loft où j’habitais.
Il faisait froid à l’intérieur. J’avais éteint le chauffage avant de partir, puisque j’avais prévu de rester au moins un mois à Chicago. Avant d’enlever ma veste, je mis quelques bûches dans le poêle à bois, puis j’allumai un feu. J’avais une chaudière, évidemment, mais la chaleur naturelle du feu m’avait toujours semblé plus agréable.
Je pouvais entendre les chevaux trallas piaffer au rez-de-chaussée, frappant le sol en béton de leurs sabots, hennissant avant de s’installer pour la nuit. Les chevaux trallas étaient d’énormes chevaux de trait que les Kanins avaient ramenés de Scandinavie il y avait de cela plusieurs siècles. Ils étaient plus grands et plus larges d’épaules que les clydesdales. Ils avaient une longue crinière et d’épais fanons.
Les chevaux dans l’écurie appartenaient tous au roi et à la reine, et comme la plupart des trallas, ils servaient uniquement pour les parades ou pour tirer la voiture de la reine quand elle se rendait en ville.
Il était possible de les monter, et je montais l’un des chevaux, Bloom, dès que j’en avais l’occasion. Bloom était un jeune coursier à la robe gris argenté. J’avais beau être terriblement fatiguée, j’avais envie de descendre pour aller lui dire bonjour et peut-être le brosser tandis qu’il fourrerait son naseau contre moi, pour fouiller dans mes poches à la recherche de carottes ou de pommes.
Je savais toutefois qu’il faudrait me lever tôt pour aller à la réunion. Je décidai donc qu’il valait mieux remettre ma visite à Bloom au lendemain.
Je m’affairai donc à ranger le reste de mes affaires. Mon petit appartement n’occupait qu’un quart de l’espace du loft. Un mur le séparait de la pièce consacrée au stockage des bottes de foin et de l’équipement d’équitation.
Il ne me fallait pas beaucoup d’espace. J’avais mon lit, un canapé usé, une armoire, quelques rayonnages débordant de livres de même qu’un bureau pour mettre mon ordinateur et une chaise. Je n’avais besoin de rien d’autre.
En attendant que mon appartement se réchauffe, j’enfilai mon pyjama. Je constatai que la température ne pourrait probablement pas grimper beaucoup plus quand j’entendis de lourds bruits de pas dans l’escalier. D’après la vitesse et l’intensité des pas, qui me faisaient penser à un troupeau de petits éléphants anxieux, je devinai qu’il y avait deux possibilités : soit il s’agissait d’une urgence, soit c’était Ember Holmes.
— Bryn, s’exclama Ember en ouvrant la porte en coup de vent, avant de se précipiter sur moi pour me serrer douloureusement dans ses bras. Je suis si heureuse que tu sois revenue saine et sauve !
— Merci, parvins-je à couiner.
Puis, elle me lâcha aussi soudainement qu’elle m’avait agrippée. À peine eut-elle fait un pas en arrière qu’elle me frappa durement sur le bras.
— Aïe, fis-je en me frottant, avant de lui lancer un regard sombre. Pourquoi m’as-tu frappée ?
— Pourquoi ne m’as-tu pas téléphoné pour me dire que tu rentrais ? me demanda Ember en me fixant d’un regard perçant, mains sur les hanches. C’est Ridley qui m’a annoncé que tu avais été attaquée et que tu reviendrais plus tôt que prévu.
— Merci, Ridley, marmonnai-je.
— Pourquoi ne m’as-tu pas dit ce qui s’était passé ? fit Ember.
— Je ne voulais pas que l’histoire s’ébruite, dis-je en m’asseyant sur mon lit. J’ai cru qu’il valait mieux passer l’incident sous silence jusqu’à ce que nous ayons compris ce qui s’était vraiment passé.
— Eh bien…, fit-elle, ne sachant pas quoi répondre, et elle chassa une mèche de cheveux qui lui tombait dans les yeux. Tu peux tout me dire, je suis ta meilleure amie.
Ember était agile et petite. Elle mesurait environ dix centimètres de moins que moi, et je ne suis pas particulièrement grande. Mais elle était bonne au combat, rapide et déterminée. Je la respectais pour cela, mais ce n’était pas ce qui nous liait.
Comme moi, elle n’entrait pas dans le moule de la société kanine. Dans son cas, c’était parce qu’elle était une Trylle. Son père avait travaillé pour la reine des Trylles, puis sa famille avait emménagé à Doldastam quatre ans plus tôt. Ils n’avaient pas été accueillis à bras ouverts par les habitants. Les étrangers ne l’étaient jamais, mais Ember et ses parents avaient fini par se tailler une place ici.
Par ailleurs, elle devait également composer avec le fait d’être une lesbienne dans une société qui n’était pas particulièrement ouverte à ce genre de chose. Mais comme elle n’était qu’une simple traqueuse, et non un membre d’une lignée royale importante ou même une Kanine, on l’avait laissée tranquille, et elle avait réussi à apprendre à passer inaperçue. Évidemment, Ember ne se laissait jamais marcher sur les pieds.
— Je sais, je suis désolée, dis-je. Je te tiendrai au courant la prochaine fois.
— Alors, que s’est-il passé ? demanda-t-elle en prenant place à côté de moi sur le lit.
— Il n’y a pas grand-chose à dire, répondis-je en secouant la tête.
— Ridley m’a dit que…, fit Ember d’une voix lourde d’inquiétude, avant de s’arrêter. Ridley a dit que l’incident impliquait Konstantin Black.
Je baissai les yeux en inspirant profondément, mais je pouvais sentir le poids de son regard sur moi. Elle cherchait des signes de traumatisme ou de désespoir. Quand Ember avait emménagé à Doldastam, Konstantin venait de disparaître, à peine quelques jours auparavant. Elle n’avait peut-être pas été présente lors de l’attaque, mais elle avait indéniablement été témoin de ses conséquences.
Le souvenir de l’attaque de Konstantin sur mon père était alors toujours cuisant, et je m’efforçais tant bien que mal de maîtriser la colère que j’éprouvais, tant contre Konstantin que contre moi-même. Contre moi parce que je n’avais pas été capable de protéger mon père et parce que j’avais éprouvé des sentiments pour Konstantin.
Ember de même que mon amie Tilda Moller avaient joué un rôle important et m’avaient aidée à traverser cette épreuve. Mais cela ne voulait pas dire que je voulais qu’Ember ou quiconque se mêle de cette affaire maintenant.
— C’était bien Konstantin, dis-je enfin.
Ember resta silencieuse pendant une minute, attendant de voir si j’allais continuer, puis quand elle constata que je ne dirais rien de plus, elle m’interrogea :
— Tu l’as tué ?
— Non.
Le mot me semblait si lourd, si terrible dans ma bouche. Je sentis une boule de douleur grandir dans mon ventre, comme l’inflammation soudaine d’un ulcère oublié.
— Bien, dit-elle. Tu n’as pas besoin d’avoir sa mort sur la conscience.
Je la regardai, surprise.
— Je suis parfaitement à l’aise à l’idée de le voir mort, dis-je d’un ton cynique. C’est de le savoir en vie qui me pèse.
— Je n’étais pas là, alors je ne sais pas ce qui s’est passé, mais je sais que tu as fait ce qu’il fallait faire, dit Ember en posant une main chaleureuse et rassurante sur mon épaule. Tu fais toujours ce qu’il faut. Tu as ramené le fils des Berling sain et sauf et tu es revenue en vie. Tu as fait ce qu’il fallait.
— Merci, lui dis-je en lui adressant un pâle sourire.
— Tu sembles exténuée. Je suis persuadée que le voyage de retour a été très long.
Ember était traqueuse depuis un peu moins d’un an, mais elle savait déjà à quel point le périple pouvait être pénible, même sans rencontre avec mon pire ennemi.
— Je te laisse dormir, dit-elle.
— Tu n’as pas idée à quel point je suis fatiguée, reconnus-je avec un petit rire sec.
— Je suis contente que tu sois revenue, dit Ember en se levant. Tu arrives pile au bon moment.
— Que veux-tu dire ?
— Vendredi, c’est mon anniversaire, et la grande cérémonie d’anniversaire a lieu samedi. Tu es revenue juste à temps pour t’amuser, répondit Ember avec un grand sourire.
— Oh, oui, pour m’amuser, dis-je en tâchant de ne pas grimacer.
La fête d’anniversaire d’Ember serait amusante, oui, mais j’avais espéré éviter la cérémonie d’anniversaire, parce que je savais qu’il me faudrait être de garde au palais toute la nuit, ce qui était généralement mon rayon, mais chaque fois que j’avais été de garde durant une fête ou un bal, il était arrivé quelque chose.
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