Les chroniques du royaume kanin, tome 1 - Givre enflammé
Chapitre cinq
CINQ
* * *
Souverain
L e valet de pied qui répondit à la porte du palais m’aida à retirer mon manteau, même si je lui assurai que ce n’était pas nécessaire, et il faillit m’enlever mon blazer en même temps tandis que je me tortillais pour lui échapper. Je venais à peine d’enlever mes bottes qu’il était déjà penché pour les prendre.
Si je n’avais pas été pressée, j’aurais insisté pour le faire moi-même. Ce n’était pas parce que j’étais au palais que j’avais besoin d’un serviteur. Mais j’avais eu à peine le temps de prendre une douche et je n’avais pas eu le temps de me sécher les cheveux, qui avaient gelé en chemin.
Je marmonnai des excuses au valet en le remerciant. Il m’offrit de me conduire jusqu’à la salle où la réunion avait lieu, mais ce n’était pas nécessaire. Je connaissais le palais par cœur.
L’opulence du palais me laissait de glace. Comme à l’extérieur, la plupart des murs étaient en pierre ou en briques. Deux énormes portes en bois s’ouvraient sur le grand hall majestueux, mais malgré son immensité, l’endroit paraissait sombre et caverneux en raison des teintes de gris de la pierre.
La seule lumière naturelle qui éclairait les lieux filtrait à travers les vitraux représentant des scènes de batailles et de royauté d’époques lointaines. À une certaine heure du jour, quand la lumière perçait le vitrail représentant le voyage des Kanins traversant la mer, le grand hall s’illuminait de bleu. Et quand le soleil tombait sur le vitrail immortalisant le rôle des Kanins dans la guerre du Long Hiver, le grand hall prenait une teinte rouge sang.
Le reste du palais avait été conçu selon la même approche. Il avait été construit juste après l’installation des Kanins à Doldastam, et pour se préserver du froid, l’élément clé avait été d’ériger un grand nombre de murs en briques comportant le moins de fenêtres possible. Sans parler de l’abondance de foyers, une autre raison pour expliquer l’utilisation de la pierre, qui empêchait la propagation du feu.
Le palais n’avait pas beaucoup changé depuis sa construction, du moins, pas dans l’aile où les affaires du royaume étaient menées. Les appartements privés où le roi et la reine vivaient étaient remis à neuf au début du règne de chaque nouveau monarque, et ils étaient plus personnels, avec du papier peint et des planchers en bois.
La majeure partie du palais semblait froide et sombre, mais l’endroit était décoré de fioritures et de touches royales. Des œuvres d’art et des meubles baroques antiques étaient soigneusement placés un peu partout. Les lampes au kérosène qui éclairaient encore les corridors étaient faites d’argent et ornées de joyaux. Les plafonds étaient étonnamment hauts et souvent percés de puits de lumière, que les pauvres serviteurs devaient constamment aller déblayer, pour éviter qu’ils ne s’effondrent sous le poids de la neige.
Je traversai le couloir d’un pas rapide en remontant constamment mon pantalon noir, le pantalon le plus convenable de ma garde-robe, malheureusement un peu trop grand, sans prendre le temps de remarquer les ornements majestueux qui m’entouraient. Quand j’arrivai à la salle de réunion, je m’arrêtai devant la porte pour reprendre mon souffle et passer une main dans mes cheveux, qui dégelaient.
J’inspirai profondément avant d’ouvrir les portes et je constatai que c’était exactement comme je le craignais : tout le monde était déjà arrivé et m’attendait. Une table carrée pouvait accueillir dix personnes, mais nous n’étions que cinq.
Le roi Evert Strinne était assis à l’extrémité de la table, près du foyer qui crépitait et d’un énorme portrait de lui. Il portait un complet noir taillé sur mesure, qui lui allait à ravir, mais il avait laissé tomber la cravate, et les boutons du haut de sa chemise étaient défaits.
Sa femme, la reine Mina Strinne, portait sa couronne, contrairement au roi. En fait, il s’agissait plutôt d’une tiare d’argent sertie de diamants. Ses longs cheveux bruns étaient ramassés en un chignon bas, sur sa nuque. Elle m’adressa un sourire chaleureux quand j’entrai. C’était une réunion informelle, mais elle portait néanmoins une robe ornée de blanc et d’argent.
La table était assez large pour que la reine puisse s’asseoir à côté de son mari, mais son fauteuil était beaucoup plus petit que celui du roi. Le dossier du fauteuil du roi s’élevait d’au moins soixante centimètres au-dessus de sa tête, tandis que le dossier du fauteuil de Mina arrivait à sa tiare.
À la droite du roi se trouvait Ridley. Il avait une pile de papiers devant lui, et il me sourit d’un air sévère. Je sus que mon retard n’était pas passé inaperçu.
À la gauche de la reine, l’air plus grave que tous les autres, se trouvait le chancelier, Iver Aven. Mon père. Ses cheveux noirs ondulés étaient lissés sur sa tête, mettant involontairement en valeur ses tempes grises. Il portait un costume et une cravate, comme il le faisait presque tous les jours. Il m’était impossible de ne pas remarquer son regard courroucé, mais je soutins son irritation avec calme et je gardai la tête haute.
— Bryn Aven, dit le roi Evert en me regardant sévèrement, son éternel petit sourire suffisant aux lèvres. Nous sommes heureux que vous ayez pu vous joindre à nous.
— Je suis désolée, Votre Majesté, dis-je sincèrement contrite en faisant une révérence. Je ne me suis pas réveillée à l’heure.
Les derniers jours avaient été beaucoup plus difficiles que je ne l’avais cru, et mon réveil n’avait pas suffi à me tirer de mon sommeil. J’avais donc dû me préparer en vitesse pour arriver à l’heure. Je n’avais que quelques minutes de retard, ce qui montrait ma ferme détermination.
— Elle est rentrée de mission très tard hier soir. Elle n’a pas eu le temps de dormir durant le voyage en train, pendant qu’elle ramenait le garçon des Berling à la maison, dit Ridley en venant à mon aide. Elle devait rester vigilante, après la tentative d’enlèvement.
— Nous vous remercions pour votre diligence, Bryn, fit le roi Evert d’un ton équivoque.
Je n’arrivais pas à déterminer si j’avais perçu une note d’approbation ou de condescendance dans sa voix.
— Merci, Votre Majesté, dis-je en souriant poliment.
— Asseyez-vous, Bryn, suggéra la reine en montrant la table d’un geste de la main, faisant étinceler les bagues à ses doigts.
— Merci.
Je pris place à l’autre extrémité de la table, en face du roi, laissant délibérément des fauteuils vides entre mon père et moi, de même qu’entre Ridley et moi. J’aimais mon père et j’étais certaine que le roi avait une bonne opinion de lui à titre de chancelier, mais je tâchais toujours de laisser une certaine distance entre nous dans des situations comme celle-ci.
Je ne voulais pas que les gens pensent que je comptais sur mon père ou sur le poste qu’il occupait à la cour du roi pour gravir les échelons, ou que Ridley faisait preuve de favoritisme à mon égard parce qu’il était à la fois mon ami et le rekteur. Tout ce que j’avais obtenu, je ne le devais qu’à moi.
— Donc, que disions-nous ? dit le roi Evert en se tournant vers Ridley, tandis que son petit sourire s’effaçait. Comment savons-nous qu’il s’agissait bien d’une tentative d’enlèvement ?
— Eh bien, nous ne le savons pas, reconnut Ridley.
— Sommes-nous certains qu’ils voulaient le garçon des Berling ? demanda Mina en examinant la salle de ses yeux gris cendré.
— Ils m’ont presque tout avoué, dis-je.
Tout le monde se tourna vers moi.
— Tu lui as parlé ? demanda mon père, son visage se crispant d’inquiétude. Que s’est-il passé ?
— Je suis montée dans la voiture et je lui ai demandé ce qu’il faisait là, répondis-je simplement.
— Tu es montée dans sa voiture ? fit mon père en haussant le ton.
Il serra alors le poing en affichant un sourire forcé, tâchant tant bien que mal de se maîtriser en présence du roi et de la reine.
— À quoi as-tu pensé ? demanda enfin mon père d’une voix tendue.
— J’ai pensé à faire mon travail, qui consistait à protéger Linus Berling, dis-je en me redressant dans mon fauteuil, sur la défensive. J’ai fait ce que j’avais à faire.
— Chancelier, mes traqueurs sont formés pour faire face à toutes sortes de situations, dit Ridley en se hérissant légèrement, comme si mon père avait remis en question ses capacités de rekteur.
— Et qu’ont-ils dit ? demanda la reine Mina, ramenant ainsi la conversation sur le sujet.
— Ils m’ont dit qu’ils suivaient Linus et qu’ils attendaient l’occasion pour l’attraper, répondis-je.
— Bon sang ! soupira le roi en secouant la tête.
— Ont-ils dit pourquoi ? poursuivit la reine.
— Non. Ils ont refusé de me dire pourquoi ils voulaient l’enlever. Ils ont ensuite tenté de m’empêcher de partir, et les choses se sont… corsées, dis-je en choisissant mes mots avec soin.
Du coin de l’œil, je vis mon père tressaillir, même s’il s’efforça de cacher sa réaction.
— L’un des hommes, celui qui s’appelle Bent, poursuivis-je, a été blessé. Konstantin Black a évité mes coups, et j’ai dû prendre la fuite.
— Tu n’aurais pas dû monter dans la voiture, chuchota mon père d’un ton sévère, incapable de s’en empêcher.
— Bryn sait très bien se défendre, monsieur, dit Ridley en lui lançant un regard noir.
— Était-ce bien Konstantin Black ? demanda la reine.
— Oui, répondis-je en hochant la tête.
— Comment pouvez-vous en être certaine ? me demanda le roi Evert en me regardant d’un air sceptique. L’aviez-vous déjà vu ?
— Tous les citoyens du royaume savent qui est Konstantin Black, dit soudainement Ridley en voulant m’éviter de devoir expliquer pourquoi je le connaissais si bien.
— Je ne l’ai vu qu’une fois, dis-je d’une voix claire et forte en me disant qu’il devenait de plus en plus difficile de parler d’une voix calme quand le roi remettait en question ce dont j’étais certaine. Le jour où il a poignardé mon père. Je me souviendrai de son visage jusqu’à mon dernier souffle.
Le roi baissa les yeux et hésita pendant un instant.
— J’avais oublié que vous étiez présente quand il s’en est pris au chancelier.
Le roi s’éclaircit la gorge avant de poursuivre :
— Et l’autre homme ? Celui qui se faisait appeler Bent ? Que savons-nous sur lui ?
— J’ai fait des recherches et passé quelques appels, répondit Ridley en fouillant dans les papiers posés devant lui et en consultant ses notes. Bryn croit que c’est un Omte, et la tribu peut se montrer réticente à nous fournir des détails. Toutefois, la reine nous a confirmé qu’un jeune homme du nom de Bent Stum avait été condamné à l’exil l’an dernier, sans nous expliquer pourquoi.
— Donc, un Kanin recherché et un Omte criminel en exil ont uni leurs forces pour traquer un enfant échangé à Chicago ? Pourquoi ? demanda mon père en secouant la tête. Et comment ont-ils réussi à le trouver ?
— J’ai fouillé dans tous les documents concernant le placement des Berling et je n’ai rien trouvé qui pourrait nous révéler pourquoi les choses ont mal tourné, dit Ridley en haussant les épaules. Les seules personnes susceptibles de savoir où il se trouvait étaient les parents de Linus et Bryn.
— Le markis ou la marksinna Berling en ont-ils parlé à quelqu’un d’autre ? demanda mon père.
— Non, répondit immédiatement le roi avec un geste de la main. Dylan et Eva sont beaucoup trop intelligents pour avoir révélé quoi que ce soit. Et vous, Bryn ? demanda-t-il en se tournant vers moi.
— Non, Votre Majesté. Je ne dis jamais à personne où on m’envoie.
— En êtes-vous certaine ? insista le roi Evert. Vous n’en avez même pas parlé à vos amies ?
— Bryn est l’une de nos meilleures traqueuses, Votre Majesté, dit Ridley. Si elle affirme n’avoir parlé à personne, elle n’a parlé à personne.
— Eh bien, j’ignore comment, mais ils ont découvert l’un des enfants échangés les plus importants de la tribu, un fils de markis. Si personne ne leur a rien dit, comment ont-ils réussi à le trouver ? fit brusquement le roi Evert.
— Je ne sais pas, sire, avoua Ridley en soutenant le regard irrité du roi.
— Et vos dossiers ? Tout est écrit dedans, non ? demanda le roi.
— Oui, évidemment, mais tout est sous verrou.
— Et qui a accès à ces documents ? demanda le roi Evert.
— Seuls le chancelier et moi avons les clés, répondit Ridley. Évidemment, la reine et vous pouvez accéder à ces dossiers, si vous en manifestez l’intérêt.
— Donc, les gens ici présents, dit mon père en fronçant les sourcils.
— Évidemment, il ne s’agit d’aucun de nous. Ce doit donc être quelqu’un d’autre, dit la reine Mina.
— Et vous ? demanda le roi en se tournant vers Ridley.
— Je n’ai rien dit à personne, Votre Majesté, répondit Ridley en secouant la tête.
— Peut-être que Konstantin Black suivait les traqueurs, suggéra la reine Mina en se tournant vers moi. Avez-vous été suivie ?
— Je ne crois pas, dis-je. Konstantin ne savait pas qu’un traqueur suivait Linus Berling, et je ne crois pas qu’il ait pris conscience que j’étais Kanine.
— Enfin…, grogna le roi.
Cette fois, je ne fis rien pour masquer l’émotion dans ma voix et je faillis répondre en criant.
— Je suis née à Doldastam et j’ai grandi ici. J’ai prêté allégeance à ce royaume. Je suis tout aussi Kanine que vous tous.
— Je suis reconnaissant pour vos services, Bryn, dit le roi Evert avec un petit sourire, visiblement indifférent à mon emportement, mais vous savez que…
— Evert, mon roi, dit la reine Mina en touchant sa main, avant de lever les yeux sur lui avec déférence. Si Bryn vous a prêté allégeance, c’est une Kanine. Et en sauvant le jeune markis Berling, elle l’a prouvé.
Le roi regarda la reine, puis il s’agita dans son fauteuil, avant de hocher la tête.
— Vous avez évidemment raison, ma reine. Je vous prie de m’excuser, Bryn.
— Inutile de vous excuser, Votre Majesté, dis-je.
— Reprenons. Que faisons-nous de Konstantin Black et de Bent Stum ? demanda mon père. Les Trylles n’ont-ils pas déjà rencontré un tel problème ? Leurs enfants échangés étaient enlevés par l’ennemi. Qu’ont-ils fait alors ?
— Ils sont allés en guerre, répliqua le roi en soupirant.
— Nous ne sommes pas prêts à aller en guerre, dit rapidement la reine Mina, comme si quelqu’un l’avait proposé. Les Trylles sont moins nombreux que nous, mais étant donné qu’ils comptent davantage que nous sur la substitution, ils ont plus de traqueurs et une armée au moins deux fois comme la nôtre.
— Plus important encore, les Trylles savaient qui était leur ennemi, dit le roi Evert. Ils étaient en discorde avec les Vittras depuis longtemps et ils savaient exactement à qui ils devaient s’en prendre. Nous ne savons même pas qui est notre ennemi !
— Les Omtes pourraient-ils être responsables ? demanda la reine Mina.
— J’en doute, dit Ridley en secouant la tête. Ils ne sont pas assez intelligents pour avoir trouvé l’enfant Berling. Par ailleurs, si la reine des Omtes avait été au courant des agissements de Bent Stum, elle aurait simplement nié son existence.
— Nous ne savons même pas si ce genre d’incident se reproduira, fit remarquer mon père. Le garçon des Berling était peut-être la seule cible.
— C’est le markis le plus en vue de la tribu des Kanins, dit Ridley. Jusqu’à ce que le roi et la reine aient un enfant, Linus est le prochain sur la liste pour prendre le trône. Nous ne savons pas ce que Konstantin Black voulait à Linus, mais cela n’augure rien de bon. Il prévoyait peut-être de l’assassiner.
— Il avait peut-être l’intention de demander une rançon, suggéra mon père. Konstantin et Bent sont tous deux des exilés. Konstantin est en cavale depuis plusieurs années. Il a certainement un besoin pressant d’argent.
— Jusqu’à ce que nous en sachions plus, dit le roi Evert en hochant la tête, je crois que nous devrions considérer cet incident comme un cas isolé.
— Et si ce n’était pas le cas ? demandai-je.
— C’est peut-être effectivement le début d’une série d’événements, reconnut le roi, mais que devrions-nous faire ? Ramener tous les enfants substitués à la maison immédiatement ? Envoyer tous nos traqueurs sur la piste de Konstantin Black et de Bent Stum, laissant ainsi Doldastam sans défense ?
— Non, bien sûr que non, sire. Mais il doit y avoir un compromis, suggérai-je. Nous pourrions ramener les enfants échangés de haut rang, particulièrement ceux qui ont plus de douze ans, puis envoyer quelques traqueurs aux trousses de Konstantin Black et de Bent Stum. Je me porterais volontaire pour cette mission avec joie.
— C’est hors de question, dit le roi si brusquement que j’en perdis la voix pendant un instant.
Il n’avait même pas pris ma suggestion en considération.
— Mais, Votre Majesté…, dis-je enfin, quand j’eus trouvé mes mots.
— Nous ne pouvons nous permettre de ramener autant d’enfants échangés ici. Pas si tôt, dit le roi Evert pour défendre son veto.
— Et pouvons-nous nous permettre de voir nos enfants se faire enlever ou tuer ? répliquai-je.
— Bryn, dit mon père pour me faire taire.
— Je crois que vous oubliez votre place, traqueuse, dit le roi Evert, ce qui me fit déglutir. Je suis responsable du royaume, et cette décision me revient. Nous vous avons invitée à cette réunion uniquement par courtoisie.
Je baissai les yeux.
— Je vous prie de m’excuser, sire. Je pensais seulement agir dans l’intérêt du royaume.
— Nous aussi, Bryn, dit la reine Mina avec beaucoup plus de douceur que son mari. De nombreux markis et marksinnas kanins de haut rang, de même que les rois et les reines des tribus amies, vont venir à Doldastam cette fin de semaine. Si une menace plane sur notre royaume, nous devons nous assurer que tous nos gardes sont présents. Par ailleurs, si cette attaque ciblait Linus Berling en particu lier, il est impératif que vous, sa traqueuse, veilliez à sa sécurité.
— La reine a raison, Bryn, dit Ridley, mais sa voix me laissait deviner qu’il était plutôt d’accord avec moi. Nous ne savons pas grand-chose pour l’instant, et notre priorité doit être d’assurer la sécurité du royaume.
— Alors, c’est réglé, déclara la reine. Je ne veux plus entendre parler de cette histoire durant la fin de semaine. Nous avons beaucoup de raisons de célébrer, et nos amis et dignitaires arriveront en ville dès demain.
— Vous resterez avec Linus Berling et vous le suivrez comme son ombre, m’ordonna le roi. Aidez-le à se familiariser avec nos coutumes, comme vous le feriez pour n’importe quel autre enfant échangé. Mais vous devrez être vigilante, au cas où sa tête serait mise à prix.
— Oui, sire, dis-je en hochant la tête.
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