Les Feux de l'automne

Irène Némirovsky · Chapitre 20 sur 30

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Les Feux de l'automne

Chapitre 10

 

 

Dans les querelles conjugales, celui qui, le premier, a prononcé : « Il vaudrait mieux nous séparer » sent aussitôt qu’il a commis un meurtre : l’amour était entre les époux – vivant encore ; ces mots l’ont tué. Plus rien ne pourra lui rendre le souffle ; puisque les amants ont admis qu’il pouvait mourir, c’est fait : il n’est plus qu’un cadavre. Quand Bernard eut dit à sa femme :

– Écoute, toutes ces discussions ne mènent à rien. Puisque nous ne pouvons pas nous entendre, il vaut mieux pour toi, pour moi, pour les enfants, nous séparer…

Quand il eut dit cela, il s’arrêta, pâlit excessivement, marcha quelque temps à travers la pièce, d’un mur à l’autre, puis il revint auprès de Thérèse immobile et lui caressa les cheveux. Il y avait quelque chose d’implacable dans cette douceur ; elle le sentit ; elle cessa de se débattre ; elle con-sentit à la séparation.

Cette scène était l’aboutissement de quatre années de mésentente. « Tu n’es plus mon mari, répétait Thérèse ; tu ne m’appartiens plus, tu n’es plus à moi. » Elle voulait dire que non seulement il était à une autre femme, mais encore qu’il trahissait tout un ensemble d’habitudes, d’émotions, de joies et de peines qui avait été autrefois leur bien à tous deux, inaliénable, et qu’elle demeurait seule à garder. Pen-dant les trois premières années de sa liaison avec Renée, il

 

– 175 – avait tenté l’impossible ; il avait essayé d’accorder en lui ces deux mondes irréconciliables, celui des Détang, celui des Brun. Modeste employé de banque, père de famille bour-geoise d’une part, de l’autre il était l’amant de l’une des femmes les plus élégantes de Paris, le familier de Mannhei-mer, de Raymond Détang, partageant leur vie. Il fallait de l’argent pour cette existence ; Renée le pressait d’accepter l’offre de Mannheimer, de monter son affaire à lui, avec les capitaux de ce dernier. Détang serait intéressé dans la com-binaison : Détang était intéressé dans toutes les combinai-sons. Il n’était pas ministre ; il n’était même plus député. Il était l’un des dix ou douze rois occultes de l’heure. Il savait tout ; il était bien vu de tous les partis ; tous le ménageaient ; il obtenait tout.

– Je lui tire mon chapeau, disait Bernard. Il a réussi. Or, réussir quand on a du génie, du savoir ou une intelligence extraordinaire, c’est, en somme, banal. Le malin, c’est de ré-ussir en n’ayant aucun de ces dons dans son jeu, c’est être académicien sans avoir de talent, homme d’État sans pou-voir reconnaître l’île de Java sur une carte ; c’est faire for-tune sans avoir travaillé, faire marcher le monde en demeu-rant médiocre en tout, comme Raymond Détang. Ça, c’est digne d’admiration. Ils sont deux ou trois cents comme ça en France, cent cinquante à Paris. Ce sont nos maîtres.

– Ce sont des êtres malfaisants, avait dit Thérèse avec vivacité, et qui causeront notre perte.

Il l’avait écoutée sans se fâcher ; il répondit presque humblement :

– C’est une grande tentation, Thérèse. Tu ne peux pas comprendre… Tout ce qui se fait en ce moment en France,

– 176 – en bien, en mal, qu’importe, est dans les mains de ces gens. Ainsi, il est question pour moi de retourner aux États-Unis, de faire une commande de pièces détachées pour avions, pour le compte du ministère de l’Air. C’est arrangé, par Dé-tang, naturellement… Il touchera la plus grosse part. Je le déplore, mais c’est inévitable : on ne peut pas s’en passer. Mais, pour moi, songe comme c’est intéressant : des voyages, des relations, l’espoir, si mon entreprise réussit, de monter ma propre affaire patronnée par un magnat de la fi-nance comme Mannheimer ; le plaisir de gagner beaucoup d’argent d’un coup, le plaisir de pouvoir le dépenser… Si je t’écoute, si je romps de nouveau avec eux, c’est la médiocri-té et, cette fois, définitive.

– C’est le bonheur, la paix !

– C’est une grande tentation, répéta-t-il. Et toi, Thérèse, si tu voulais… Nous pourrions avoir une existence si bril-lante !

– Fermer les yeux sur ta liaison avec Renée ? Sourire à ces gens que je méprise ? Les recevoir chez moi ? Chercher, plus tard, parmi eux, un patron pour Yves ? Non, jamais ! Non, jamais ! N’espère pas ça de moi. Je suis comme tout le monde, naturellement : j’aime mieux être riche que pauvre, avoir une auto qu’aller à pied, mais je n’entrerai pas dans ce monde-là. Ton affaire d’avions, tu m’en as déjà parlé. Je t’ai demandé : « On ne fabrique donc pas ça en France ? » et tu m’as répondu : « Que tu es naïve ! Si tout était si simple, que feraient des gens comme Détang et moi-même ? » Eh bien, tout cela…

 

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Elle chercha à exprimer ce qu’elle ressentait, un mélange complexe de colère, de dégoût et de peur. Elle dit seule-ment :

– Tout cela est mal.

Elle aurait pu accepter l’adultère. Tant de femmes y sont contraintes. On souffre, mais on se tait, pour les enfants ou en souvenir du passé. Ici, ce n’était pas seulement le cœur de son mari qu’on lui prenait : on le changeait lui-même, tout entier, sous ses yeux. C’était à peine si elle le reconnaissait. Ses désirs, ses opinions, ses rêves, tout lui semblait étranger. Depuis la mort de la vieille Mme Pain, mon Dieu qu’elle était seule ! Une femme ne peut aimer ni haïr dans l’abstrait : ce monde détesté par Thérèse avait pris les traits d’un visage, d’une rivale. Chaque fois qu’elle l’invectivait, il lui semblait maudire Renée. Elle éclata en sanglots :

– Mais, enfin, qu’est-ce qu’elle t’a fait pour te garder si bien, cette fille ?

La première année, il s’était défendu ; il avait juré qu’il n’était pas l’amant de Renée. La deuxième année, il avait soupiré avec lassitude : « Tu es folle, je te dis que tu es folle. » – sans rien avouer, sans rien nier. La troisième année, il n’en pouvait plus… Il était devenu brutal. Eh bien, oui, il avait une maîtresse ! Oui, c’était Renée ! Il ne savait pas si c’était de l’amour, du désir, une sorte de fièvre sensuelle qui s’apaiserait un jour… Il savait seulement qu’il la voulait, qu’il ne la lâcherait pas, qu’à leur manière ils étaient heureux.

Enfin, il avait offert à sa femme de divorcer, ou, mieux encore, une séparation à l’amiable. Ainsi, la façade du mé-nage serait sauvegardée ; les enfants ignoreraient tout. On

 

– 178 – leur dirait qu’il vivait à l’étranger pour ses affaires. Il revien-drait de temps en temps chez Thérèse, il habiterait dans le même appartement qu’elle, mais ils seraient des étrangers sous le même toit.

– Tu ne crois pas que cela vaudrait mieux ? Que ce serait plus simple ?

– Tout te paraît simple maintenant. Tu as assez d’argent pour faire vivre deux ménages. Avec de l’argent on arrange tout, on replâtre tout, n’est-ce pas ? Eh bien, que veux-tu ? Va-t’en, je n’en peux plus. J’ai tout fait pour te garder depuis quatre ans. Va-t’en ! Oui, il vaut mieux nous séparer.

À quelques jours de là, il sortit de table, un soir, pour re-joindre les Détang. Il était très beau et paraissait très jeune en habit. Sa femme et son fils le regardaient silencieusement. Il n’était pas à sa place dans cette petite salle à manger bourgeoise, pensait Thérèse, et elle imaginait avec tristesse ce monde brillant qui le lui prenait.

– Où vas-tu, papa, ce soir ? demanda Yves.

Il avait quinze ans. C’était un garçon robuste, trapu, le cou un peu court, la tête trop grosse, les épaules larges, avec quelque chose de ramassé en lui, de tendu, de volontaire qui frappait le regard. Ses traits étaient massifs, mais ils devien-draient beaux avec l’âge. Ce n’était pas la figure d’un enfant, mais celle d’un homme ; la disproportion entre ce visage dur, viril, et les vêtements, l’allure, la voix encore enfantins faisait sourire ; il avait un front blanc, barré de trois rides transver-sales, un grand nez droit aux narines bien modelées et des yeux noirs.

– Où vas-tu donc, papa ? demanda-t-il.

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– À l’Opéra, entendre La Flûte enchantée de Mozart.

– Tu devrais prendre maman avec toi. Est-ce qu’elle n’aime pas la musique ?

– Non, je n’aime pas beaucoup la musique, dit faible-ment Thérèse.

– Ta mère ne veut pas me suivre, répondit Bernard.

On s’était levé de table. Yves s’approcha de son père et caressa machinalement les revers de satin de l’habit. Bernard s’écarta de lui :

– Laisse, mon petit. Tu as de l’encre sur les mains.

– Papa… je crois que maman s’ennuie tous les soirs, toute seule.

– Tais-toi, Yves, murmura Thérèse : tais-toi, je t’en prie.

– Elle n’est pas seule, puisque tu lui tiens compagnie, dit Bernard après un instant de silence.

Tous se turent. La bonne apporta le café. Bernard le but rapidement, observa : « C’est curieux qu’il soit impossible d’obtenir de cette fille qu’elle serve le café chaud », puis il ef-fleura d’un baiser les cheveux de Thérèse :

– Je rentrerai tard, surtout ne m’attends pas. Yves, tu me feras le plaisir de ne pas toucher mes livres, n’est-ce pas ?

Il partit. La mère et le fils demeurèrent seuls. Thérèse, d’un pas un peu lourd, gagna le fauteuil au coin de la chemi-née. Elle approchait de la quarantaine ; elle paraissait encore très jeune de teint et de visage ; sa démarche seule trahissait par moments son âge. Avec un soupir elle attira vers elle une

– 180 – corbeille pleine de linge à repriser. Yves fit un mouvement ; ses lèvres s’entrouvrirent, mais il réfléchit et détourna la tête sans rien dire.

Thérèse le regarda :

– Oui ? Qu’est-ce qu’il y a ? demanda-t-elle doucement.

– Rien. Seulement tu as l’air si… découragée…

– Je suis un peu fatiguée ces jours-ci, en effet.

– J’ai dit : « découragée ».

Elle ne répondit pas ; elle chercha dans la corbeille son crochet et une pelote de laine et elle se mit à tricoter. Elle travaillait avec une rapidité qui fascinait son fils. Tout en-fant, il avait aimé s’asseoir à ses pieds quand elle prenait quelque ouvrage ; il contemplait sans se lasser le mouvement léger et preste des doigts blancs qui tiraient la laine. Pendant longtemps, le visage de sa mère lui avait été moins connu, moins familier que ses mains : une grande personne est tou-jours à demi cachée dans l’ombre aux yeux d’un enfant ; le regard, le sourire sont trop loin de lui, trop au-dessus de lui. Mais ces mains qui le bordaient, le lavaient, le caressaient étaient à sa portée. Il les avait dessinées de mémoire dès qu’il avait pu tenir un crayon et il n’avait oublié ni les petites traces laissées par l’aiguille sur l’index, ni la cicatrice sur le quatrième doigt où elle s’était brûlée en retirant sa balle tombée dans le feu, ni le lacis des veines sur le poignet, là où s’achevait la longue manche.

– Tu as fini tes devoirs ? demanda-t-elle.

– Oui, maman.

 

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– Eh bien, prends un livre. Ne touche pas ceux de ton père.

Il prit un livre et fit semblant de lire. Son regard quittait à chaque instant les pages et allait d’un objet à l’autre dans la pièce, comme s’il les comparait à quelque image inté-rieure. Il finit par demander :

– Maman, nous avons une gentille maison, n’est-ce pas ?

– Je crois… Oui… Pourquoi me demandes-tu ça ?

Et aussitôt elle s’en voulut d’avoir prononcé ces mots. Elle savait bien qu’il ne répondrait pas. Un enfant – et il n’était encore qu’un enfant – ne s’explique jamais. Celui-là surtout… Et elle savait aussi ce qu’il avait voulu dire : « Puisque nous sommes bien chez nous, puisque cet appar-tement est joli, propre, bien arrangé, pourquoi mon père le fuit-il ? »

Sur la cheminée, entre un petit vase d’argent plein de branches de houx et une lampe, il y avait quelques photo-graphies qu’Yves avait vues là de tout temps : celle de Mme Pain, jeune fille, mince et souriante, aux cheveux légers, celle d’Yves lui-même à trois ans, celle des deux petites sœurs, celle de Martial Brun. Yves avait toujours regardé cette dernière avec une étrange curiosité. On lui avait dit : « C’est un cousin de ta mère, tué pendant la guerre. Il était médecin. »

Ce soir encore, comme il le faisait souvent, Yves s’approcha de la cheminée et prit le cadre. Cet homme maigre, barbu, aux yeux enfoncés, avec son uniforme et ses décorations, lui paraissait appartenir à un autre âge. Il le considérait avec étonnement et attention. Il était mort six

– 182 – ans avant sa naissance, dans une grande guerre. Cela le rat-tachait en quelque sorte à tout un fabuleux passé de l’Histoire, de légende et cela le rapprochait en même temps d’Yves lui-même : car Yves, comme tous les garçons de cette génération, croyait qu’il était voué à la guerre. Dans cinq, dix ans ou vingt ans, elle éclaterait. Tous semblaient la haïr, et cependant tous l’attendaient, comme on redoute et comme on attend la mort, ou plutôt comme un oiseau fasciné par le serpent tremble et baisse la tête sans songer à fuir. La guerre… Il gardait le cadre entre ses mains. Il vint s’asseoir près de Thérèse :

– Il a été tué au commencement ou à la fin de la guerre ?

– Qui donc ?

– Ton cousin.

– Au bout de quelques mois.

– Comment a-t-il été tué ?

– Je ne te l’ai jamais dit ? Il est mort, dit Thérèse, en al-lant chercher sous les balles un blessé que l’on avait aban-donné.

Yves ferma les yeux pour mieux se représenter la scène qu’il imaginait avec une netteté, une vivacité presque dou-loureuses. Ces grands champs de boue de la guerre, si sou-vent détruits, un soldat agonisant entre les barbelés, un autre qui rampe vers lui à la lueur des fusées, qui finit par le tou-cher, par le soulever, par l’emporter. Puis tous deux sont at-teints par une rafale de mitrailleuses. Tous deux tombent et la mort, avant de broyer et de disperser leurs os, les mêle l’un à l’autre de telle sorte que ces combattants ne sont plus

– 183 – seuls, mais unis à leurs frères d’armes, aux cadavres déjà tombés et à la terre. Mais Thérèse lui raconta la fin de Mar-tial :

– L’homme qu’il a sauvé vit encore. C’est un paysan de Bourgogne. Après la guerre, il m’a écrit et il m’a dit ce que Martial avait fait pour lui, comment il était revenu le cher-cher quand tous l’avaient abandonné. Ce n’était pas sur le champ de bataille, mais dans une maison bombardée, à quelques kilomètres des lignes. La cave où le poste de se-cours était installé venait d’être inondée. Le paysan m’a écrit : « Votre mari a été bien brave, Madame. Il est resté près de moi toute la nuit. Il m’a tenu la main. Il est mort pour moi. C’était un brave homme. »

– Votre mari ? répéta Yves.

– Oui, dit Thérèse qui avait rougi sous son regard. J’avais épousé mon cousin Martial en 1914. Nous n’avons été mariés que quelques mois.

– Pourquoi ne me l’as-tu jamais dit, maman ?

– Je ne sais pas. Je ne pensais pas que cela pût t’intéresser.

– Mais moi…

Il s’arrêta.

– Toi ?

– Oui, moi, je ne suis pas son fils, n’est-ce pas ?

– Le fils de Martial ! Mais réfléchis, mon chéri : il est mort six ans avant ta naissance.

 

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– Oui, c’est vrai… C’est dommage…

– Qu’est-ce que tu dis ? s’écria Thérèse. Es-tu fou ?

– J’aurais aimé être son fils. Il a une bonne tête, et puis c’est bien, c’est brave ce qu’il a fait là.

– Mais, Yves, ton père s’est conduit aussi bravement. Il n’était pas beaucoup plus vieux que toi, il n’avait pas dix-huit ans quand la guerre a éclaté. Il s’est engagé, il s’est battu dans l’Aisne, en Champagne, partout. Il a été blessé, décoré. C’est un brave. Tu peux être fier de lui.

– Je crois, dit Yves, que je me serais mieux entendu avec l’autre…

– Il ne faut pas dire ça, mon enfant.

– Maman, vous n’avez jamais eu de fils, ton premier ma-ri et toi ?

– Non.

– Alors, tu trouves ça juste, qu’il soit mort sans laisser personne derrière lui pour le… enfin, pour le regretter, quoi ?

– Mais je l’ai regretté… Je l’ai pleuré…

– Personne pour l’admirer, non plus ? Oui, je sais bien. Tu vas me dire que tu l’as admiré. Ce n’est pas la même chose. Si j’avais été son fils…

– Tu es un peu son fils, comme celui de tous les soldats qui sont morts pour toi, dit Thérèse.

Il la regarda, mordit sa lèvre inférieure et finit par mur-murer :

 

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– Papa a vécu, lui…

– Tu n’aimes donc pas ton père ? demanda Thérèse en lui saisissant les mains, en cherchant ses yeux.

– C’est lui qui ne nous aime plus. Ne me raconte pas de blagues, maman. J’ai quinze ans, je sais des choses. Je sais que vous voulez vous séparer.

Thérèse hésita un instant, puis résolut de lui dire la véri-té. Oui, ils ne s’entendaient plus ; ils se sépareraient, mais lui, naturellement, devrait toujours aimer et respecter son père.

– Tu sais qu’il ne faut pas juger ses parents, Yves ?

– Je sais. Je ne le juge pas. Enfin, il est libre… Mais je ne le comprends pas.

– Hélas, on ne comprend jamais ses parents.

– Mais je te comprends, toi, dit le jeune garçon en em-brassant sa mère.

Il reposa pendant quelques instants sa tête sur l’épaule de Thérèse, puis il montra le portrait de Martial qui avait glissé sur le tapis :

– Et je le comprends, lui.

 

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