Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 9 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 7

 

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Loki

 

Je rejoins Jason dans un bar. Il a le visage plus détendu que la dernière

fois.

— Alors, mec, tu te l’es faite en fin de compte, la nana de l’autre soir.

— Connard ! Tout ce que je te dirai, c’est que j’ai passé une très bonne

nuit.

Je suis surpris, lui qui ne cache pas ses ébats, on est tous un peu pareils,

on aime se vanter, là, il ne me dit rien. Cette fille doit être spéciale pour

qu’il n’en parle pas et qu’il insiste auprès d’elle. On ne fait pas dans la

dentelle, tu veux baiser tant mieux, autrement dégage, on a un choix varié,

même les filles ordinaires nous courent après, nous sommes les mauvais

garçons.

— Revenons aux choses sérieuses, je veux que tu ne quittes pas Nath des

yeux. On ne sait pas ce que ce mec compte faire. Il voulait la vendre,

maintenant qu’elle est hors de sa portée, il peut décider de se venger, ou

d’envoyer quelqu’un lui régler son compte.

— Oui, prés’ ! Ne t’inquiète pas, tu sais qu’elle compte énormément pour

moi.

— Je sais que tu la considères comme ta sœur, c’est pour ça que je t’ai

fait venir.

— Oui, mais j’aurais préféré rester au MC pour être présent lorsque vous

choperez ce connard.

— Il m’est réservé, te tracasse pas, il va souffrir lentement, si on arrive à

le maintenir en vie, tu pourras peut-être participer. Au fait, le professeur du

centre m’a dit que ma sœur a une chance de remarcher.

— Quelle bonne nouvelle, elle va y arriver !

— Ce n’est pas gagné, il lui faudra beaucoup de volonté, de courage et

du travail.

— Si, elle remarchera, c’est une bourrique quand elle veut quelque

chose.

— Tu es là aussi pour la stimuler, l’aider dans ses activités, évite de trop

baiser les infirmières, seule Nath est ta priorité.

On finit la soirée en buvant des bières et en discutant du MC, je lui fais

un compte rendu de ce qu’il a loupé de la semaine. On rigole bien des

conneries de nos frères, qui tuent sans émotion, mais qui se chamaillent

comme des gosses pour des trucs futiles.

Je dors dans sa chambre, car une fois à mon travail, je serai logé sur

place.

— Bonne nuit, prés’, et ne t’égare pas cette nuit, je ne suis pas la nana

d’hier soir, tu me touches, je te dégomme !

— Bonne nuit, connard ! Je ne risque pas de te confondre, tu es trop

poilu.

Le lendemain, devant le centre, il regarde un peu partout autour de lui,

les yeux plissés, il attend un peu en fumant une clope, puis décide de

rentrer. Il doit la chercher, mais ne l’avouera pas.

Moi, je suis un peu inquiet de me trouver face à Nath. Je me suis tant

tracassé pour elle, je ne sais pas comment me comporter devant elle. On

s’est toujours chamaillés, sera-t-elle la même ?

Une fois que j’arrive dans la chambre, elle est couchée dans son lit, elle a

maigri, mais elle est toujours aussi magnifique avec ses longs cheveux noirs

et ses yeux bleus qui, pour le moment, me fusillent. Elle n’a pas perdu de sa

combativité, tant mieux.

— Tu as l’air d’aller mieux, tu as repris des couleurs.

— Tiens, le queutard est déjà là, comment as-tu fait pour quitter un

moment tes pouffiasses ?

Je souris, moi qui craignais qu’elle soit dépressive et abattue au fond de

son lit, je la reconnais bien là. Une sanguine comme son frère, un chien qui

tient son os et qui ne lâche rien. Rider souffle, un sourire fleurit sur ses

lèvres, il voit sa sœur reprendre du piquant.

On la laisse un petit moment pour faire le tour du centre, où il me montre

toutes les portes, les caméras, le grillage qui cerne la propriété. Je le suis

sans rien dire, j’ai fait imprimer le plan par notre hacker, je le connais par

cœur. Personne ne touchera à un de ses cheveux tant que je serais présent.

Après les dernières recommandations à sa sœur, et une phrase d’elle :

— Super ! Entre deux baises avec les infirmières, il me pourrira la vie.

Je lui fais un clin d’œil et souris. Il faut qu’elle continue à croire que je

saute sur tout ce qui a des nichons, cela lui permettra d’avancer, sa rage la

nourrit pour combattre.

Si elle savait que je ne baise que quelques fois pour évacuer la pression et

à chaque fois en pensant à elle, c’est dégueulasse pour la nana qui m’offre

son corps, mais je l’aime trop. J’ai l’impression de ne pas la tromper en

songeant à elle. C’est tordu, j’en conviens, mais je ne peux faire autrement.

Cette fille a pénétré mon âme et reste bien ancrée dans mon cœur.

— Tu couches où ?

— Tu te fais du souci pour moi, que c’est gentil de ta part.

— Connard ! Non, c’est pour savoir si tu vas rester tout le temps dans

mes pattes.

— Dès lundi, je commence un job de brancardier ici, alors, oui, tu vas me

supporter souvent et, cerise sur le gâteau, je crèche dans le centre.

— Merde ! Il n’y aura pas d’horaires de visites à respecter pour toi,

quelle poisse !

— Ma douce, mon corps est à toi pour tout ton séjour ici, tu peux en faire

ce que tu veux, je suis disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre.

Elle lève les yeux au ciel, en marmonnant. Je reprends espoir, l’accident

ne l’a pas esquintée moralement.

— Pourquoi mon frère t’a dit de venir me surveiller ? Je ne risque rien.

— Ce connard est toujours vivant.

— Et alors, il a obtenu ce qu’il voulait, nous détruire, c’est fini.

— Non ! Tant qu’il respire, ce n’est pas terminé.

— Qu’est-ce qu’il en a à foutre maintenant ?

— Ma douce, ce genre de mec n’aime pas perdre, tu t’es enfuie, il n’a pas

dû aimer qu’une nana lui échappe. Il peut décider de se venger. Tant qu’il

n’est pas enfermé au MC, je resterai près de toi.

— Mais qu’est-ce que cela peut te faire ?

— J’obéis aux ordres de mon prés’.

— Un petit chien bien dévoué à son maître. Mais si, moi, ta maîtresse, je

te dis de dégager, tu vas m’écouter.

— Oh ! Maîtresse ordonne et j’exécuterai tous tes souhaits.

— Connard ! Retourne au MC, je n’ai besoin de personne ici. Puis s’il

tente quoi que ce soit, je le recevrai.

— Nath, tu es affaiblie, ton corps ne te répond plus pour le moment, tu ne

pourrais pas te défendre.

— Ah ! C’est un scoop. Tu crois que je ne le sais pas. Que je ne vois pas

ce que je suis devenue. Un boulet ! Une immondice qui s’est bien fait

baiser, une cruche inutile.

— Ne parle pas ainsi ! Tu es importante pour nous tous. On te chérit

depuis si longtemps, tu fais partie de notre famille, on fera tout pour toi.

— Arrête ! Ne parle pas au nom des autres. Toi, que penses-tu ?

— Ne m’oblige pas à répondre, tu n’aimerais pas la réponse.

Quel con, ce n’est pas ce que je voulais dire. Je ne peux pas avouer que je

voudrais qu’elle soit ma régulière, elle n’aimerait pas. Elle a fréquenté ce

type pour fuir notre façon de vivre. Alors, si un biker jette son dévolu sur

elle, elle va péter un plomb.

Mais elle a pris ma phrase comme une insulte, comme si elle était bien un

boulet pour moi. Ses yeux débordent de larmes silencieuses. Je fais un pas

vers elle.

— Dégage ! Sors de ma chambre, connard !

 

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