Loki (The Dark Riders) (French Edition)
Chapitre 7
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Loki
Je rejoins Jason dans un bar. Il a le visage plus détendu que la dernière
fois.
— Alors, mec, tu te l’es faite en fin de compte, la nana de l’autre soir.
— Connard ! Tout ce que je te dirai, c’est que j’ai passé une très bonne
nuit.
Je suis surpris, lui qui ne cache pas ses ébats, on est tous un peu pareils,
on aime se vanter, là, il ne me dit rien. Cette fille doit être spéciale pour
qu’il n’en parle pas et qu’il insiste auprès d’elle. On ne fait pas dans la
dentelle, tu veux baiser tant mieux, autrement dégage, on a un choix varié,
même les filles ordinaires nous courent après, nous sommes les mauvais
garçons.
— Revenons aux choses sérieuses, je veux que tu ne quittes pas Nath des
yeux. On ne sait pas ce que ce mec compte faire. Il voulait la vendre,
maintenant qu’elle est hors de sa portée, il peut décider de se venger, ou
d’envoyer quelqu’un lui régler son compte.
— Oui, prés’ ! Ne t’inquiète pas, tu sais qu’elle compte énormément pour
moi.
— Je sais que tu la considères comme ta sœur, c’est pour ça que je t’ai
fait venir.
— Oui, mais j’aurais préféré rester au MC pour être présent lorsque vous
choperez ce connard.
— Il m’est réservé, te tracasse pas, il va souffrir lentement, si on arrive à
le maintenir en vie, tu pourras peut-être participer. Au fait, le professeur du
centre m’a dit que ma sœur a une chance de remarcher.
— Quelle bonne nouvelle, elle va y arriver !
— Ce n’est pas gagné, il lui faudra beaucoup de volonté, de courage et
du travail.
— Si, elle remarchera, c’est une bourrique quand elle veut quelque
chose.
— Tu es là aussi pour la stimuler, l’aider dans ses activités, évite de trop
baiser les infirmières, seule Nath est ta priorité.
On finit la soirée en buvant des bières et en discutant du MC, je lui fais
un compte rendu de ce qu’il a loupé de la semaine. On rigole bien des
conneries de nos frères, qui tuent sans émotion, mais qui se chamaillent
comme des gosses pour des trucs futiles.
Je dors dans sa chambre, car une fois à mon travail, je serai logé sur
place.
— Bonne nuit, prés’, et ne t’égare pas cette nuit, je ne suis pas la nana
d’hier soir, tu me touches, je te dégomme !
— Bonne nuit, connard ! Je ne risque pas de te confondre, tu es trop
poilu.
Le lendemain, devant le centre, il regarde un peu partout autour de lui,
les yeux plissés, il attend un peu en fumant une clope, puis décide de
rentrer. Il doit la chercher, mais ne l’avouera pas.
Moi, je suis un peu inquiet de me trouver face à Nath. Je me suis tant
tracassé pour elle, je ne sais pas comment me comporter devant elle. On
s’est toujours chamaillés, sera-t-elle la même ?
Une fois que j’arrive dans la chambre, elle est couchée dans son lit, elle a
maigri, mais elle est toujours aussi magnifique avec ses longs cheveux noirs
et ses yeux bleus qui, pour le moment, me fusillent. Elle n’a pas perdu de sa
combativité, tant mieux.
— Tu as l’air d’aller mieux, tu as repris des couleurs.
— Tiens, le queutard est déjà là, comment as-tu fait pour quitter un
moment tes pouffiasses ?
Je souris, moi qui craignais qu’elle soit dépressive et abattue au fond de
son lit, je la reconnais bien là. Une sanguine comme son frère, un chien qui
tient son os et qui ne lâche rien. Rider souffle, un sourire fleurit sur ses
lèvres, il voit sa sœur reprendre du piquant.
On la laisse un petit moment pour faire le tour du centre, où il me montre
toutes les portes, les caméras, le grillage qui cerne la propriété. Je le suis
sans rien dire, j’ai fait imprimer le plan par notre hacker, je le connais par
cœur. Personne ne touchera à un de ses cheveux tant que je serais présent.
Après les dernières recommandations à sa sœur, et une phrase d’elle :
— Super ! Entre deux baises avec les infirmières, il me pourrira la vie.
Je lui fais un clin d’œil et souris. Il faut qu’elle continue à croire que je
saute sur tout ce qui a des nichons, cela lui permettra d’avancer, sa rage la
nourrit pour combattre.
Si elle savait que je ne baise que quelques fois pour évacuer la pression et
à chaque fois en pensant à elle, c’est dégueulasse pour la nana qui m’offre
son corps, mais je l’aime trop. J’ai l’impression de ne pas la tromper en
songeant à elle. C’est tordu, j’en conviens, mais je ne peux faire autrement.
Cette fille a pénétré mon âme et reste bien ancrée dans mon cœur.
— Tu couches où ?
— Tu te fais du souci pour moi, que c’est gentil de ta part.
— Connard ! Non, c’est pour savoir si tu vas rester tout le temps dans
mes pattes.
— Dès lundi, je commence un job de brancardier ici, alors, oui, tu vas me
supporter souvent et, cerise sur le gâteau, je crèche dans le centre.
— Merde ! Il n’y aura pas d’horaires de visites à respecter pour toi,
quelle poisse !
— Ma douce, mon corps est à toi pour tout ton séjour ici, tu peux en faire
ce que tu veux, je suis disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre.
Elle lève les yeux au ciel, en marmonnant. Je reprends espoir, l’accident
ne l’a pas esquintée moralement.
— Pourquoi mon frère t’a dit de venir me surveiller ? Je ne risque rien.
— Ce connard est toujours vivant.
— Et alors, il a obtenu ce qu’il voulait, nous détruire, c’est fini.
— Non ! Tant qu’il respire, ce n’est pas terminé.
— Qu’est-ce qu’il en a à foutre maintenant ?
— Ma douce, ce genre de mec n’aime pas perdre, tu t’es enfuie, il n’a pas
dû aimer qu’une nana lui échappe. Il peut décider de se venger. Tant qu’il
n’est pas enfermé au MC, je resterai près de toi.
— Mais qu’est-ce que cela peut te faire ?
— J’obéis aux ordres de mon prés’.
— Un petit chien bien dévoué à son maître. Mais si, moi, ta maîtresse, je
te dis de dégager, tu vas m’écouter.
— Oh ! Maîtresse ordonne et j’exécuterai tous tes souhaits.
— Connard ! Retourne au MC, je n’ai besoin de personne ici. Puis s’il
tente quoi que ce soit, je le recevrai.
— Nath, tu es affaiblie, ton corps ne te répond plus pour le moment, tu ne
pourrais pas te défendre.
— Ah ! C’est un scoop. Tu crois que je ne le sais pas. Que je ne vois pas
ce que je suis devenue. Un boulet ! Une immondice qui s’est bien fait
baiser, une cruche inutile.
— Ne parle pas ainsi ! Tu es importante pour nous tous. On te chérit
depuis si longtemps, tu fais partie de notre famille, on fera tout pour toi.
— Arrête ! Ne parle pas au nom des autres. Toi, que penses-tu ?
— Ne m’oblige pas à répondre, tu n’aimerais pas la réponse.
Quel con, ce n’est pas ce que je voulais dire. Je ne peux pas avouer que je
voudrais qu’elle soit ma régulière, elle n’aimerait pas. Elle a fréquenté ce
type pour fuir notre façon de vivre. Alors, si un biker jette son dévolu sur
elle, elle va péter un plomb.
Mais elle a pris ma phrase comme une insulte, comme si elle était bien un
boulet pour moi. Ses yeux débordent de larmes silencieuses. Je fais un pas
vers elle.
— Dégage ! Sors de ma chambre, connard !
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