Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 17 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 15

 

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Nath

 

Lorsque Loki me propose une douche, je ne dis pas non. Avoir passé la

nuit au sol m’a contracté les muscles, et j’ai besoin de me détendre après

m’être énervée auprès de ces infirmières. Quelle honte de se faire découvrir

couchée à terre, d’être dépendante de ces pouffiasses, en plus, cela serait

presque de ma faute d’être une malade modèle !

— Rassure-moi, tu ne vas pas me laver ?

Il rit et hausse un sourcil. Il me met dans mon fauteuil et se dirige vers la

salle d’eau. Je ne suis pas rassurée. Il est tout à fait capable de le faire. Il

positionne le fauteuil près de la douche, me porte et m’installe sur le siège

prévu à cet effet. Il se met à genoux et délace mes chaussures. Je retiens ma

respiration. Il lève les yeux, me fixe et sourit.

— Veux-tu que je continue ?

Son regard dérive sur mon corps, je rougis.

— Merci, mais non, je vais me débrouiller comme une grande.

— T’es sûre ? Cela ne me dérange pas.

— Oui, oui ! Tu peux sortir.

Il n’est pas question qu’il me voie nue, mes jambes ont perdu des

muscles, j’ai l’impression d’avoir des membres en caoutchouc flasque et

fripé. De plus, j’ai maigri et mon ventre est mou. Et surtout, je ne me suis

pas épilée depuis mon accident. Il faudra que je me renseigne pour savoir si

une esthéticienne est présente dans le centre. Mon corps n’a rien à voir avec

celui des femmes qu’il a l’habitude de baiser.

On a quand même échangé un baiser, et quel baiser, j’en suis toute

remuée en y repensant. Pour lui, c’était une façon de me calmer, je pétais un neurone sous la pression de ce corps inerte. Depuis mon adolescence, je

l’attendais, ce baiser. Il me l’a donné, mais pas dans les conditions que

j’avais rêvé. Une soirée étoilée, un discours romantique, une déclaration

enflammée. La réalité est autre, un lit dans une chambre de malade, moi,

une infirme qui hurle et pleure et lui qui, au lieu de me secouer, n’a trouvé

que cette solution. Merde ! Cela fait mal. Je n’ai même plus la force de

pleurer. Je ne me fais pas d’illusion sur ce que je suis devenue. Il est là juste

pour rendre service à mon frère.

Je me lave rapidement et, au moment de l’appeler pour qu’il me remette

sur le fauteuil, je m’aperçois qu’il n’a pas prévu le peignoir ou une

serviette. Il faut que je me débrouille seule, pas question qu’il me voie. Je

me laisse glisser du siège et rampe vers mon fauteuil, en priant pour qu’il ne

rentre pas.

Pas de chance, la porte s’ouvre.

— C’est devenu une habitude pour toi de regarder de près le carrelage.

Qu’est-ce que tu fous ?

— À ton avis ! Je regarde si les joints sont bien faits. Connard, tu ne m’as

pas donné mon peignoir.

— T’avais qu’à m’appeler !

— Oh, que je suis bête, je n’y avais pas pensé ! Au lieu de zieuter mes

fesses, retourne-toi et lance-moi mon peignoir.

— J’aime bien la vue.

— Dégage, Loki !

Je le reçois sur la tête. Pensant qu’il m’a obéi, je me tortille pour l’enfiler.

Essayer de passer un truc, mouillée, couchée et ne pouvant que s’aider de

ses bras. Je jure, râle.

— Tu es sûre que tu ne veux pas d’aide, car, là, j’ai pitié du pauvre

peignoir.

Je crie sous la surprise, puis rougis fortement en me rendant compte qu’il

me regarde me rendre ridicule depuis le début.

— Dégage, Loki ! Je te jure que si tu restes un moment de plus, je me

lève et te fous une baffe.

— Même pas cap’ !

— Dehors !

Je hurle, serre les poings, attrape le gel douche et le lui balance. Mes

yeux se gorgent de larmes que j’essaye de retenir. Il a dû les voir, car, sans

un mot de plus, il sort.

Mon Dieu ! Rien ne me sera épargné. Il voit le pire de ma personne, ma

décadence. Comment lui faire face après cela ? Je sèche mes larmes,

maintenant il faut que j’aille dans la chambre me vêtir. La porte s’ouvre de

nouveau et un bras tatoué et musclé me tend des fringues : un legging et un

sweat. Enfin, je peux sortir de cette pièce infernale.

— On va où ?

Je fais comme si rien n’était arrivé. Il me scrute un moment, soupire et se

dirige derrière moi.

— La plage n’est pas loin, cela te dit de voir la mer ?

— Oui !

Après dix minutes de trajet, nous voici devant le sable avec un gros

problème. Impossible de rouler jusqu’au bord de l’eau, rien n’est prévu

pour cela. En sachant que le centre est proche, la commune aurait pu penser

à adapter un parcours pour les handicapés.

— Bon, je l’ai vue, on peut rentrer.

— Non ! Tu vas tremper tes orteils dans cette eau.

— Loki, laisse tomber !

Quelle tête de mule ! Il me porte jusqu’au bord de l’eau, sous les regards

de toutes ces personnes qui bronzent, en se faisant chier, donc qui regardent avec attention leurs voisins, pour pouvoir se mettre quelque chose sous la

dent et le relater après. Je cache mon visage dans l’épaule de Loki, qui lui,

je le sais, s’en fout des autres.

Il m’assoit tout près de l’eau et me déchausse pour que je puisse y

plonger mes pieds.

— Nath, cela ne te dérange pas si je pique une tête, j’ai besoin d’évacuer.

— Non, vas-y, je ne bouge pas, je n’ai pas envie de faire un jogging, tu

me retrouveras à la même place.

— Petite maligne !

Et le voilà se déshabillant, je bave sur ce corps musclé et tatoué à damner

une sainte. En caleçon, il se retourne vers moi et me fait un clin d’œil. Son

dos tatoué de l’emblème du MC recouvre tout son dos, et ses fesses sont si

fermes que je m’en lèverais pour les tâter, miam ! Et il plonge. Je regarde

autour de moi et découvre que toutes les nanas ont la bouche ouverte. Elles

ont l’air ridicules, merde ! Je dois avoir la même tronche. Je le regarde

s’éloigner.

Un groupe de jeunes se pose près de moi.

— Tu crois que ce beau mec est avec elle ?

Ils ne chuchotent pas, non, ils le font exprès. Je n’en fais pas cas. Il y a

deux mecs et deux filles.

— Une handicapée, non, il doit être un membre de sa famille. Qui

voudrait d’une fille comme elle ? Tu l’as vu, il est magnifique.

— Oui ! Tu as raison, il a pitié d’elle et la sort un peu, on va l’attendre.

On ne sait jamais, il a peut-être envie de se changer les idées après sa B.A.

de la journée.

Et là, ils chuchotent entre eux. Quels débiles, ces jeunes ! Perdue dans

mes pensées, je sursaute au son d’une voix.

— Bonjour !

Je lève les yeux vers les deux filles qui se sont accroupies devant moi,

des bimbos avec un corps splendide. Elles me font coucou de la main.

— Tu comprends ce que l’on te dit. On va attendre avec toi ton frère.

Comme cela, il pensera que l’on s’est occupé de toi.

— Pourquoi elle ne me répond pas ?

— C’est une handicapée, il ne faut pas s’attendre à grand-chose.

Elle fait le geste de tourner son doigt vers sa tempe. Je vois rouge.

— Connasses ! Je suis peut-être infirme au niveau de mes jambes, mais

je ne suis pas conne, dégagez !

— Oh ! Ça ne va pas, ne me parle pas ainsi. Tu te prends pour qui,

l’impotente ?

— Pour une gourde imbue de sa personne, qui met tout le monde dans le

même sac, si on est différent de toi.

— Ah oui ! Mais moi j’ai un corps parfait et le mec qui est avec toi aura

une vraie femme dans son lit ce soir ! Alors, rampe jusqu’à ton fauteuil et

dégage.

Elle me pousse de son pied et je tombe sur le dos. Les deux mecs se

lèvent, ils m’entourent en ricanant. Je saisis une poignée de sable et la leur

balance dans la tronche.

— Dégagez !

— Blake, viens mettre cette conne dans l’eau, on verra si elle sait nager.

Un des mecs s’approche de moi, j’essaye de ramper loin de lui.

— Toi, si tu me touches, je te coupe les couilles, bien qu’en regardant

mieux, je ne vois pas ce qu’il y aurait à castrer.

Les filles rigolent et se marrent encore plus en me voyant me traîner. Je

regarde autour de moi, des regards se détournent, d’autres nous regardent

avec le sourire. Bande de connards, cela les amuse que l’on martyrise une

personne faible.

Il me prend à bras-le-corps et rentre dans l’eau. Il a en a jusqu’aux

épaules et tends ses muscles pour me jeter. Derrière, les filles rigolent.

— À l’eau, l’invalide, montre-nous tes capacités.

J’ai peur, je vais me noyer sous les regards des gens, sans que personne

ne bouge le petit doigt.

Soudain, une gerbe d’eau éclate devant nous, de celle-ci sort Loki, il est

furax, ses yeux sont remplis de colère, mais il parle doucement.

— Si j’étais toi, je n’essayerais pas. Tu vas me passer ma nana gentiment.

Si un de ses cheveux prend l’eau, je te tue.

— Eh, beau mec ! Tu ne veux pas plutôt profiter d’un vrai corps ?

Le mec n’a pas l’air de vouloir obéir à Loki, ses muscles se tendent

encore plus. Ses comparses l’entourent, lui redonnant confiance dans le

geste qu’il veut à tout prix faire pour m’humilier. J’ai ouvert ma gueule en

le rabaissant devant tout le monde, alors, là, il tient sa vengeance et ne

compte pas l’abandonner.

Je me sens partir en l’air, inspire un bon coup pour retenir ma respiration,

le choc va être rude.

 

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