Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 27 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 25

 

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Nath

 

Que j’ai eu peur, ficelée sur ce siège, je ne pouvais même pas voir ce qui

se passait derrière, le haut dossier m’empêchait de voir ce véhicule fou. Il y

a vraiment de grands malades dans la vie. Il avait la place de nous doubler,

malgré la route étroite. D’un côté des rochers, de l’autre le vide, j’ai

vraiment cru que l’on allait soit s’écraser sur les blocs de pierre, soit piquer

une tête dans la mer, aucun des deux n’était la bonne solution.

Loki n’a pas perdu la tête malgré le vrombissement de ce véhicule qui

nous touchait presque, il a fait une sacrée manœuvre qui nous a sauvé la

vie.

Maintenant, nous sommes en sécurité, enfin, c’est vite dit, car Loki fonce

dans les buissons pour nous cacher. Je tremble de trouille dans ses bras.

Puis, sans prévenir, mon sauveur tombe en arrière.

— Eh bien, si, tu es un bon pilote, tu es nul en porteur.

Pas de réponses, pas un seul mouvement.

— Loki ?

Je tourne la tête et je distingue de la sueur coulant sur son visage, il est

pâle. Mon héros est tombé dans les pommes, c’est un sacré biker, lol !

Je suis assise sur son bassin, mes jambes inertes de chaque côté de son

corps. Mon regard se porte sur une de ses jambes.

— Merde !

Tu m’étonnes qu’il se soit évanoui, avec ce bâton dans la cuisse, cela

aurait fait longtemps que moi, j’aurais viré de l’œil. En plus, il m’a portée

pendant un petit moment avant de s’écrouler.

Nous voilà bien, perdus je ne sais où, avec des tueurs à nos trousses, une

handicapée et un biker dans les pommes, sacrée soirée.

— Tu les vois ?

— J’ai trouvé la moto, mais pas de traces d’eux.

— Tu me diras, avec la nuit qui tombe, on ne verra plus rien. On va

attendre un moment dans la voiture, il faudra bien qu’il remonte par le

chemin pour reprendre la route.

Un ennui en moins, il n’est pas tout à fait parti, mais, pour le moment, on

est tranquilles. Il faut que je fasse quelque chose pour Loki. Je sais qu’il ne

faut pas que je retire le morceau figé dans sa jambe. Il fait compression, si

je l’enlève, il va pisser le sang. Je ne peux pas aller chercher du secours, je

me vois mal ramper jusqu’à la route, éviter les cons et me faire voir d’une

voiture sans me faire écrabouiller comme un serpent.

Je tourne mon buste, tapote sa joue.

— Loki ? Loki ?

Pas un mouvement, je le gifle, toujours rien. Je fouille ses poches et

trouve son portable ainsi qu’un couteau. Je ne peux pas appeler les secours,

je ne sais pas où on est. Je cherche dans ses contacts et appuie sur le bouton.

— Loki ! Tu as intérêt à avoir une bonne excuse pour me déranger, je

suis occupé avec ma princesse, tu fais chier !

— Jason !

— Nath ! Pourquoi tu as le portable de Loki ?

— On a eu un accident de moto.

— Que faisais-tu sur sa moto, pourquoi il t’a mise sur sa bécane…

— Stop, tu as entendu, un accident ! Une bagnole nous a foncé dessus,

Loki a évité le pire, mais on s’est plantés, il est là, inconscient, avec un

morceau de bois enfoncé dans sa cuisse.

Mes nerfs lâchent, je pleure.

— Nath, ne pleure pas, il respire ?

— Snif, snif, oui, mais il ne veut pas reprendre connaissance, snif, snif.

— Tu sais où vous êtes ?

— Non ! Autrement, j’aurais appelé les secours, banane !

— Calme-toi ! Tu n’as rien, et le véhicule qui a essayé de vous foutre en

l’air ?

— On est planqués dans un fourré, deux mecs sont venus, mais ne nous

ont pas vus, ils attendent dans leur véhicule.

— Bordel ! Planque-toi mieux !

— Mais oui, c’est ce que je vais faire, me lever sur mes jambes invalides,

porter un biker plus grand et musclé que moi, et avec mes super yeux, je

vais nous enfoncer encore plus dans les taillis.

— Nath ! Bordel ! Je suis à des kilomètres de toi, laisse le portable

allumé, je vais vous localiser et envoyer les secours avec les flics pour faire

fuir les cons. Reste en ligne, ne pars pas.

— Ah bon ! Je croyais que je devais nous dissimuler plus, avec mes

super pouvoirs.

Je sens une poitrine bouger sur un rire.

— Loki !

— Oui ! Qui veux-tu que cela soit ! Tu parles à qui ?

— À mon frère !

— Pourquoi tu l’as au téléphone ? Passe-le-moi !

— Fais gaffe, il est énervé, je l’ai dérangé dans ses ébats avec sa

princesse.

— Nath ! Ta gueule, passe-moi Loki !

Je hausse les épaules, fataliste.

— Prés’ ? … Je n’ai pas essayé, ta frangine m’écrase.

Je marmonne, et rampe hors de son buste, en faisant attention que mes

jambes inertes ne touchent pas sa blessure. Il s’assoit, essaye de se lever. Il

est debout, fait un pas, grimace et titube quand il pose son poids sur sa

jambe abîmée.

— Si j’étais seul, j’arriverais à marcher, mais, si je dois porter Nath, je

n’y arriverai pas.

— Dis tout de suite que je suis grosse, je t’écrase et là…

— Nath !

Mon frère hurle dans le téléphone.

— Tu vois, il est mal luné, car mal baisé.

Loki essaye de retenir un rire, mais Jason l’entend.

— Bordel ! Vous faites une sacrée paire, tous les deux, pas un pour

rattraper l’autre. Bon, raconte-moi l’accident.

Loki se rassoit et lui relate les événements et ses conclusions. Rien qu’en

écoutant le récit, je tremble de nouveau, d’autant que s’il a couché sa moto,

c’était pour nous éviter de plonger dans la mer. Et quand je comprends que

le mec qui conduisait ce tank infernal est Vladimir, je disjoncte. Je ne l’ai

même pas reconnu quand il parlait. Il était à deux pas de moi, il aurait pu

me trouver, me traîner jusqu’au bord de la falaise et m’y jeter.

Je pleure, j’ai froid, je ne me sens pas bien, j’ai du mal à respirer.

— Ma douce, c’est fini, on ne risque plus rien.

— Nath !

Mon frère s’énerve au téléphone, j’entends les sirènes.

— Prés’, les secours sont là, je te laisse.

— Tu n’as pas intérêt à me raccrocher au…

Son portable sonne tout de suite, Loki ne répond pas, cela recommence, il

finit par l’éteindre et le mettre dans sa poche, en soufflant.

Des lumières nous cherchent, Loki signale notre présence. Les

ambulanciers examinent sa jambe, lui mettent une perf et le posent sur un

brancard.

— Madame, vous n’avez rien ?

— Non, ça va, merci, juste le contrecoup.

— Bien, suivez-nous, on vous examinera mieux dans l’ambulance.

Il se tourne et se dépêche de retrouver ses camarades pour leur éclairer le

passage.

— Bordel ! Mais t’es con ! Elle ne peut pas marcher, autrement, elle

serait allée chercher du secours, connard, va chercher ma femme, et fais

doucement, ne la fais pas tomber.

Je souris, ah ! Un au moins qui réfléchit comme moi, mon homme, mon

héros, n’empêche, il est tombé dans les pommes, ce grand biker.

Je passe près de lui dans les bras d’un pompier, je suis hilare.

 

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