Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 19 sur 37

Pages du PDF

Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 17

 

OceanofPDF.com

Nath

 

Ce matin, je me réveille plus détendue, la journée d’hier était prenante,

pleine de surprises pas toujours drôles, mais bénéfique. Quelle surprise de

voir comment Loki a pris ma défense, je ne le pensais pas si protecteur

envers ma petite personne. Tous les frères bikers de Jason m’ont toujours

protégée, sachant les représailles, s’il m’arrivait quoi que ce soit. Mais là,

nous n’étions que tous les deux et, sachant qu’il aime draguer, je pensais

qu’il en aurait profité.

Bref, l’infirmière entre, depuis mon coup de gueule, elle ne me parle

plus, fait son travail correctement et s’enfuit de ma chambre. Je suis prête

pour une séance avec l’ergothérapeute, Loki m’emmène, il a le sourire,

nous ne disons pas un mot jusqu’au bureau. Je suis surprise qu’il s’installe

dans un fauteuil.

— Loki, il faut que tu sortes, c’est une discussion privée.

— Non ! Il faut que je sois au courant de toutes les possibilités que tu

peux avoir.

— Je suis assez grande pour les transmettre à mon frère, j’ai perdu

l’usage de mes jambes, pas de la langue.

— Je m’en suis rendu compte. Mais tu seras prise par tes autres examens,

pendant ce temps, je papoterai avec mon prés’ pour commencer les

démarches rapidement.

— Excusez-moi, mademoiselle, mais votre compagnon a tout à fait

raison, c’est très long et très prenant, toutes ces demandes.

Je sursaute, n’ayant pas fait attention à la personne derrière le bureau.

L’homme d’une trentaine d’années porte de petites lunettes rondes. Il se lève et nous serre la main.

— Je suis Sergio, et je suis là pour essayer d’améliorer votre quotidien,

que cela soit à votre domicile, votre véhicule et pour l’emploi, les études.

Il me tend un dossier plein de documents, de papiers à remplir.

— Cela en fait de la paperasse et de la lecture.

— Nous allons survoler le principal, vous les lirez quand vous aurez du

temps, je serai à votre disposition pour vous aider. Je vous préviens dès

maintenant, l’État n’offre pas beaucoup d’aides.

— Vous m’étonnez ! Déjà sans handicap, nous n’avons pas grand-chose,

alors là !!

— Bon, commençons. Il faut tout d’abord vous inscrire à Medicare6 et

Medicaid7, je ne vous cache pas qu’il faut remplir certaines conditions tels

les revenus du foyer de l’État dont vous dépendez. Mademoiselle, étiez-

vous étudiante ou travailliez-vous avant votre accident ?

— Je faisais des études pour devenir bibliothécaire.

— Il existe une grande variété de subventions et de bourses d’études

privées. Bien qu’il n’ait pas de bourses fédérales vous étant destinées

spécifiquement, vous devez tout de même en faire la demande.

Contrairement aux prêts, les subventions 8 ne doivent pas être remboursées.

Vous pouvez demander aussi un prêt d’urgence de la Sécurité sociale 9. Tous

les documents à remplir sont dans votre pochette.

— Et si je veux arrêter de faire des études, car c’est compliqué, votre

truc.

— Il y a le SSI. Il est conçu pour aider ceux qui ont peu de revenus, il

fournit de l’argent pour les dépenses telles que la nourriture, les vêtements

et le logement. Les montants des paiements varient selon les États. Il existe

une variété de programmes et de possibilités d’aide à l’emploi conçus pour faciliter la recherche d’un emploi rémunéré, dont la principale est

AbilityOne 10.

— Tout cela est démoralisant, je ne sais plus quoi faire, je suis perdue.

— Pour le moment, pensez à votre rééducation, je vous en parle quand

même, car comme je l’ai spécifié, tout cela demande du temps et très

nombreux coups de téléphone, sans parler de se rendre dans les agences.

Habitez-vous seule ?

— Non, je vis chez mon frère.

— Le logement est-il adapté à votre handicap ?

— Pas du tout, c’est une petite chambre, il y a des marches, la salle de

bains n’est pas conforme pour que je rentre mon fauteuil.

— Il y a plusieurs subventions gouvernementales et à but non lucratif

destinées à améliorer la sécurité de votre logement. Elles sont disponibles

au niveau local, étatique et fédéral.

— Bordel !

Je regarde Loki qui s’est levé, il est en colère, il se penche vers Sergio.

— C’est que de la fumisterie, si vous êtes pauvres, vous avez droit à

quelques sous et vous resterez quand même dans votre merde, si vous êtes

dans une classe moyenne, vous n’avez droit à rien. C’est un pays de merde !

— Loki, Sergio n’y est pour rien !

— Il t’annonce ça comme s’il récitait une poésie, il n’en a rien à foutre,

du moment qu’il touche sa paie. Allez, viens, on se tire !

— Non ! Je veux tout savoir pour prendre une décision.

— Tu n’en a pas besoin, le MC payera pour tout.

— Non ! Je ne veux pas être à votre charge, je veux mon indépendance.

— Conneries ! On est une famille qui prend soin des siens et tu en fais

partie.

— Je sais, mais je veux mon autonomie, un travail, un logement adéquat.

— Tu auras tout ceci, on en a les moyens.

— Arrête ! Tu ne comprends pas, je ne veux pas dépendre du MC, je ne

veux rien devoir à personne.

— Tu veux être libre, alors démerde-toi, je me tire !

Et sans un mot de plus, il part, me laissant embarrassée devant Sergio.

Notre vie personnelle ne le regarde en rien, je n’aime pas l’étaler d’autant

plus que l’argent de mon frère n’est pas vraiment gagné légalement. Puis,

j’aime avoir toutes les cartes en main.

— Mademoiselle, ne vous faites pas de soucis, beaucoup réagissent ainsi.

En plus de digérer votre handicap, vous êtes confrontée à tous les

changements que celui-ci vous impose au niveau du logement et du travail.

Prenez le temps de tout lire, de vous renseigner. Vous avez droit à une

assistante sociale qui vous aidera dans vos démarches. Bonne fin de

journée.

Je quitte la salle par la force de mes petits bras, découragée. Loki m’a

abandonnée, me laissant seule pour me rendre à la piscine. Premier cours

dans l’eau, j’ai peur. Je ne sais pas vraiment nager en temps normal, mais,

là, avec des poids au bout de mon corps, je vais directement me noyer.

J’aurais voulu que Loki soit présent à ce cours.

Nous sommes plusieurs fauteuils dans le vestiaire, on nous fournit un

maillot de bain noir d’une pièce, tout simple. Ceux qui peuvent le mettre

sans aide le font, pas de cabines privées. Mais tous ces déhanchements à

faire pour l’enfiler ne nous permettent pas de zieuter notre voisin. Enfin,

nous sommes devant le bassin. On me pare de brassières et d’une ceinture,

comme les enfants. Le bassin descend en pente et, comme des otaries, nous

rampons pour nous mettre dans l’eau. En fin de compte, c’est bien que je

sois seule. Je me suis tortillée une fois de trop devant Loki, je sais que le

ridicule ne tue pas, mais il ne faut pas pousser le bouchon trop loin.

Une fois dans l’eau, je m’accroche à une frite qui flotte devant moi et

suis surprise de me sentir légère et à l’aise. Notre prof de ce jour est une

femme, assez forte et boitant.

— Bonjour à tous, je suis devant vous aujourd’hui grâce à ce centre. J’ai

continué mes études pour aider ceux qui sont comme vous et comme je l’ai

été il y a quelques années. Alors, ne vous découragez pas, tout est possible.

Vous allez apprendre à maîtriser votre corps dans cet élément qui est une

aide précieuse.

Et me voilà transformée en petite sirène, pour un moment.

 

OceanofPDF.com