Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 16 sur 37

Pages du PDF

Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 14

 

OceanofPDF.com

Loki

 

Le soleil éblouit mes rétines, j’ai mal à la tronche. La bouteille vide que

je tiens encore dans la main me fait prendre conscience que j’ai pris une

sacrée cuite hier soir. Avec difficulté, la tête me tourne, je chope mon

portable pour regarder l’heure.

Bordel ! Il est neuf heures. Je me lève en titubant et me dirige vers la

douche, j’ai la bouche pâteuse. Je me grouille de la prendre froide pour finir

d’évacuer l’alcool. J’enfile mes fringues et remets enfin mon blouson avec

mes couleurs. Fini la blouse blanche, je suis redevenu ce que je suis, un

biker. Je revis, je me sens complet, mon cuir fait partie de moi.

Pas le temps pour un café, il faut que je voie Nath. Arrivé vers sa

chambre, j’entends des paroles fortes provenant de ma douce.

— Ne me touchez pas ! Vous n’êtes qu’une bande d’incapables.

— Mademoiselle !

— Il n’y a pas de mademoiselle qui compte. Vous étiez où cette nuit, j’ai

sonné et personne. Pas une visite de toute la nuit. J’ai dormi par terre,

merde !

— Nous avons fait notre ronde, nous ouvrons doucement la porte, et

tendons l’oreille, si on entend votre respiration, nous ne vous dérangeons

pas avec notre lampe de poche d’autant plus que, depuis votre arrivée, vous

ne nous avez jamais appelées.

— Eh bien, j’aurais dû vous sonner toutes les heures. Acheter des

lunettes, mon lit était vide, même si vous avez entendu ma respiration,

comme vous le dites, vous auriez pu jeter un œil sur le lit.

Comment ça, elle a dormi par terre ? Je bous. Je vois son petit corps

recroquevillé pour se tenir au chaud. La culpabilité m’envahit. Je suis aussi

fautif que ces pintades d’infirmières. J’avance dans la chambre

brusquement.

— Appelez le directeur, je veux lui parler de votre incompétence.

— Je crois, ma douce, que le directeur ne pourra pas venir entendre ta

plainte.

— Pourquoi, tu l’as tué ?

Les yeux des infirmières sont écarquillés, fixés sur ma personne,

attendant sûrement ma réponse pour colporter mon entrevue d’hier soir

avec leur boss.

— Dehors ! Dégagez, je me charge personnellement de Nath à partir de

maintenant. Je ne fais plus partie du personnel.

Elles sortent sans dire un mot, ce qui m’arrange. Toute mon attention est

fixée sur Nath qui est toujours au sol.

— Alors, Loki, tu me réponds, as-tu tué le directeur ?

— Non ! On s’est expliqués gentiment, tu me connais !

— Oui ! Je connais tes méthodes, il a dû morfler quand même, pauvre

homme.

— Bon ! On finira cette charmante discussion après. Tu comptes bouger

ou rester à terre à dénombrer les moutons sous ton lit.

— Petit malin !

Puis, je vois les larmes envahir ses beaux yeux. Je me précipite vers elle

et la prends dans mes bras.

— Vous me faites tous chier, je hais ce corps inutile. Je n’arrive plus à

faire face. Je suis devenue dépendante de connasses, qui se foutent pas mal

de moi. Même toi, tu t’en fous. Tu n’es là que parce que mon frère te l’a ordonné. Tu n’es pas venu hier soir. Tu m’as abandonnée comme les autres.

J’en ai marre.

— Ma douce, calme-toi ! Je ne t’ai pas laissée, je devais gérer ce con,

puis, après, j’ai fait autre chose. J’aurais dû venir. Je te pensais endormi.

— Eh ben, non ! Je me battais avec moi-même pour aller pisser et

essayer de me mettre au lit. Le résultat est que je me suis vautrée et que j’ai

fini ma nuit au sol comme la merde que je suis devenue.

— Ne parle pas de toi ainsi !

— Si, regarde-moi ! Je suis une handicapée, une fille qui s’est fait berner

par un con de Russe, qui a mis en danger votre MC, qui a réussi à se faire

faire un gamin et qui n’a pas pu le protéger, pour ensuite finir dans un

centre à la charge de personnes incapables. Je t’empêche d’être avec tes

frères, avec les brebis que tu affectionnes et ton boulot. Lâche-moi !

— Non ! Tu vas te calmer. Je suis là parce que je le veux. Tu crois que je

ne pouvais pas dire non à mon prés’. J’ai déjà refusé des missions. Puis,

comme le dit ton frangin, quand on tombe après une connerie, on se relève

et on fait face. C’est ce que tu fais. Avance un pas après l’autre.

— Même ça, je n’y arrive pas. Je vais appeler mon frère et lui dire que tu

rentres. Je ne risque rien ici. Qui voudrait d’une handicapée ? Puis, si

Vladimir se pointe, que veux-tu qu’il me fasse ? Je suis déjà abîmée.

— Te tuer, par exemple.

— Le problème serait résolu pour tout le monde, plus d’infirme à charge,

plus de souffrance pour moi.

— Nath, cela suffit, je ne veux plus t’entendre te dénigrer.

— Lâche-moi, dégage !

Elle essaye de me repousser avec ses bras. Ses tentatives sont minables,

elle est vraiment à bout. Elle pleure, tape mon torse de ses poings. J’ai le

cœur qui se serre devant son désespoir. Il faut qu’elle se calme, alors, sans réfléchir, je saisis son menton, et l’embrasse. Je force ses lèvres pour jouer

avec sa langue.

Bordel ! Que c’est bon ! Enfin, je peux la savourer. Après un petit

moment, elle me rend mon baiser, ses mains agrippent mes cheveux et me

rapproche d’elle. Un gémissement rauque sort de sa bouche. Ma queue se

met au garde-à-vous. Je la couche sur le lit et me positionne au-dessus

d’elle sans interrompre le baiser. Je ne sais pas où cela va nous mener. Je ne

sais pas si je vais aller plus loin. Je suis juste perdu dans cette étreinte, je ne

réfléchis plus. Je savoure ce moment, je l’ai enfin dans mes bras, à l’abri de

tout danger. Là où est sa place.

— Eh ben ! Mon pote, tu ne te fais pas chier !

Je bondis en un instant, sortant mon couteau pour faire face à l’intrus.

C’est ce con de brancardier.

— Qu’est-ce que tu fous là ?

— Mon boulot, je viens chercher Nath pour sa séance de kiné.

— Dégage !

— Non ! J’ai su que tu avais été renvoyé, donc je viens la chercher.

— Tu n’as écouté que ce que tu voulais savoir. Si tu avais bien ouvert tes

oreilles, tu saurais que la demoiselle présente est sous ma garde et que je

m’en occupe personnellement.

— Oui ! C’est ce que je viens de voir, que faut-il faire pour postuler à cet

emploi ? On peut être deux à pourvoir à tous ses besoins.

Mon poing fuse dans sa tronche de con.

— Je ne te le redirai pas, dehors. Ne t’approche plus d’elle et, si un jour,

je te surprends à faire un truc débile envers elle, tu regretteras d’être né.

— C’est toi qui vas regretter ton geste. Je connais du monde.

— Oh là, là, j’ai peur. Je crois que tu ne sais pas qui je suis.

J’avance vers lui, il se retourne et part en courant en se tenant le nez qui

pisse le sang.

— Une bonne chose de faite. Maintenant, je vais t’emmener à la douche,

et on ira faire un tour en ville.

— Non ! Loki, j’ai mes séances.

— Pas aujourd’hui, tu as besoin de sortir de ce putain de centre et de

toutes ses règles.

Je prends mon portable et appelle le kiné et les autres qui devaient

s’occuper de Nath pour les prévenir de reporter les rendez-vous. Aucun ne

manifeste son mécontentement.

Une bonne explication, quelques coups de poing et tout roule.

— Allez, à la douche !

 

OceanofPDF.com