Loki (The Dark Riders) (French Edition)
Chapitre 18
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Loki
Je sors en colère de cette pièce, avant de fracasser la tête du mec. Car, si
je continue ainsi, il n’y aura plus personne pour aider Nath. Non ! Mais
quelles conneries ce mec a débitées ! Je fume une clope pour passer mes
nerfs, puis retourne chercher ma douce pour son cours de natation. J’entre
sans frapper, pensant la trouver, essayant de s’excuser pour mon coup de
gueule.
Ce n’est pas elle que je vois, mais un brancard, avec un mec branché de
partout.
— Votre amie est déjà partie, vous vouliez d’autres renseignements ? Car
j’ai l’impression que vous n’en aviez pas besoin.
— Tout compris, mec ! Ah ! Si, connais-tu un garage pour transformer un
véhicule ?
— Oui, à la sortie nord de la ville, mais il faut que vous contactiez avant
l’agence de réadaptation professionnelle.
— T’inquiète, je gère, merci !
Cette nuit, j’ai réfléchi, je ne peux pas la pousser tout le temps, et nos
promenades seront toujours les mêmes. Je suis un biker et je vis pour me
déplacer à moto. J’ai regardé sur internet et vu certaines modifications
faites sur des motos pour que les handicapés les conduisent. Nath ne les
conduit pas, mais moi si, donc je vais bidouiller un truc pour l’avoir assise
derrière moi. À nos temps perdus, nous bricolons pas mal sur nos bécanes,
j’ai une petite idée.
J’irai ce soir, là, il faut que je voie si tout va bien. Je sais qu’elle
appréhendait cette séance. Puis, j’ai encore agi comme un con. Non, mais quelle idée de vouloir se débrouiller seule, elle sait très bien que son frère
ne la laissera pas faire, ni le MC, et encore moins moi. Je comprends qu’elle
ne veuille pas être une charge, mais elle peut avoir un appart, reprendre ses
études ou trouver un job sans s’endetter. On a du fric et elle est de la
famille, elle peut tout avoir.
J’arrive devant la piscine et entre en me déchaussant. Je ne fais pas un
bruit et m’assois sur un banc. Tu me diras, vu le bruit que la nana fait en
donnant ses cours, cela aurait permis à un éléphant de passer sans que
personne ne l’entende. Un vrai colonel, cette fille ! Elle hurle, donne des
directives, tout en aidant les malades.
Elle se dirige vers Nath, lui relève le bassin, installe une frite sous mon
ventre.
— Bats des pieds, petite chose.
— Je n’y arrive pas !
— Essaye, c’est facile de dire « je n’y arrive pas », il faut persévérer.
Lève tes fesses et trémousse-les, alors, essaye de faire un truc quoi, même
un orteil sera un plus.
Je l’entends marmonner quelques jurons, son visage se crispe sous
l’effort. Elle tourne la tête pour regarder ses fesses et souffle, dépitée.
— Encore ! Tu fais comme si tu voulais attirer un beau mec, bouge ton
popotin, attire-le dans tes filets.
Elle se concentre, essaye, recommence.
— Bravo, ma belle. Dès que l’on parle mec, cela marche toujours.
Nath se retourne, surprise.
— Hein !
— Recommence, bouge !
— Mais je vois rien, j’ai bougé ?
— Oui ! C’est très léger, mais ton corps t’a obéi.
— C’est vrai !
— Oui ! C’est peut-être grâce au beau mec assis sur le banc.
Je la vois me chercher. Quand elle m’aperçoit, elle lâche la frite, essaye
de soulever la main, elle sourit, heureuse. Puis, coule ! La monitrice la
récupère et l’emmène vers le bord. Je la récupère, crachant, mais riante.
— Loki, tu as vu, j’ai bougé.
— Non, je n’avais pas mes yeux collés à ton charmant derrière.
— Tu crois qu’elle dit vrai.
— Je le pense, allez, je t’emmène voir le professeur pour contrôler ce
mouvement.
— On ne peut pas, on n’a pas rendez-vous !
— Pas besoin, depuis notre petite entrevue privée, il est devenu mon
pote, il nous recevra.
Je la frictionne vigoureusement, car elle tremble, ses lèvres sont bleues.
Elle se laisse faire tout en marmonnant.
— Mes fesses ont bougé ! Mes fesses ont bougé !
Je suis très fier d’elle, mais, avant de me réjouir, je veux une
confirmation.
Une fois devant le bureau, je frappe et pousse la porte. Le directeur
blanchit lorsqu’il me voit, mais souffle de soulagement en apercevant ma
douce.
— Doc, je t’emmène Nath, il est arrivé quelque chose à la piscine.
— Rien de grave, ne vous énervez pas.
— Non ! Loki, laisse-moi lui dire. La monitrice, en me forçant à faire un
exercice, m’a signalé que mon postérieur avait bougé.
— Ouf ! Je vais vous ausculter. Monsieur Loki, si…
— Non !
Il fait plein de tests au niveau de ses pieds.
— C’est mes fesses qui ont remué, pas mes orteils.
— Oui, j’ai compris, mais les sensations commencent à se faire ressentir
en bas pour remonter doucement.
À ma plus grande surprise, il lui plante une aiguille à la plante des pieds,
Nath a le réflexe de la crisper. À son visage, je comprends qu’elle n’a rien
ressenti. Nous nous fixons et sourions à ce geste.
— Quoi ! Pourquoi vous vous marrez ? Il n’y a rien de drôle.
— Ton pied s’est contracté.
— J’ai rien senti.
— C’est normal, vous n’avez plus l’habitude de ressentir à ce niveau et
c’est vraiment minime. Nous allons vous faire passer un scanner et nous
aviserons.
Je la repositionne dans son fauteuil et allons au service concerné. Dans
l’ascenseur qui nous descend, je me penche et vois des larmes couler,
silencieuses. Je me mets à genoux devant elle.
— Ne pleure pas, ma douce.
— Et si c’était juste un réflexe.
— Mais non, le doc est sûr de lui, c’est la meilleure nouvelle de la
journée.
— S, tu le dis.
— Sois optimisme, aie confiance en toi.
— Tant que je ne remarcherai pas, je ne serai pas contente.
— Tu y arriveras, c’est de famille d’être têtue, j’ai confiance.
L’examen passé, nous remontons et le doc nous explique.
— L’hématome qui compressait les vertèbres est parti, ce qui vous
permet de rebouger quelques muscles. Il vous faudra plus de kiné et
d’exercices à la piscine, je vais refaire votre emploi du temps.
Je la sors et me dirige vers un bar sur les quais. Je soupire, enfin un truc
positif pour ma douce, je suis heureux, soulagé. On va pouvoir prévoir
l’avenir ensemble, je vois le bout du tunnel.
— Loki, j’ai encore des séances.
— On s’en fout, on va fêter cette petite victoire.
— Oui, mais si, au moindre truc, on arrête le reste, je suis encore là pour
une éternité.
— Non ! Tu es une battante, puis, dans la vie, il faut savoir apprécier les
bons moments, et celui-ci en est un. J’ai besoin d’un verre.
— C’est bien un truc de biker, de boire à la moindre occasion.
— On ne me refera pas !
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