Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 13 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 11

 

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Loki

 

Deux jours que je maintiens ce rythme de fou, j’en ai ras les cacahouètes.

Je ne vois pas Nath, ne profite même pas d’un moment avec elle, le bellâtre

arrive toujours avant moi pour la transporter. Je sens que je vais

m’expliquer avec lui, qu’elle est ma chasse gardée, qu’il n’y a que moi qui

doit la faire sourire, s’occuper d’elle, pas touche, connard. Quand on se

croise, ce con me sourit ironiquement, il a décidé de lui mettre le grappin

dessus. Comme patiente, Nath est une jeune femme très attirante et son

handicap est un des moins graves de ce centre. Alors, il en profite, je vais le

dégommer s’il continue.

Puis, s’il n’y avait pas toutes ces bonnes femmes qui ont toujours une

chose à me demander, me coincer dans les coins. J’ai envie de toutes les

envoyer bouler. Mais je joue le jeu, surtout quand Nath est présente avec

son brancardier.

Je me retrouve devant l’ascenseur, attendant en râlant que celui-ci

s’ouvre, je viens de déposer un malade. Les portes s’ouvrent et il n’y a que

l’infirmière de l’autre soir dedans. Un sourire gourmand se fiche

automatiquement sur son visage.

— Ethan, tu vas bien, tu t’adaptes bien ?

— Oui ! Merci.

— Au fait ! Je m’appelle Mercie. On ne s’est pas revus depuis la dernière

fois. Cela te dirait de venir boire un verre ce soir dans ma chambre.

Elle se colle carrément devant moi, se léchant les lèvres vulgairement.

Rien ne m’attire en elle. Pourtant, je ne me passe jamais autant de sexe, mais sachant ma douce si près, je n’ai aucune envie de baiser. Il y a quelque

temps de ça, j’en aurais profité pour une étreinte rapide.

— Tu as besoin que je te montre ce que tu raterais, si tu refuses.

Elle se jette sur ma bouche, me collant en frottant son bassin contre le

mien. Juste à ce moment-là, les portes s’ouvrent. L’air surpris de Nath, qui

se transforme en une rage intense, me donne une idée. Elle qui me traite de

queutard sans raison, je vais lui donner satisfaction. J’entrouvre mes lèvres

et approfondis le baiser. Je saisis ses fesses pour la rapprocher encore plus

de moi tout en fixant ma douce. La peine que j’entraperçois se cache vite

sous du dégoût.

— Tiens, c’est intéressant et romantique, ces ascenseurs. Tu vois, Nath,

je t’avais bien dit que l’on pouvait trouver des endroits tranquilles.

Regarde-les, ils ne gênent pas.

Quel con ! Il n’a pas intérêt d’essayer ou je lui coince la tête dans les

portes et fais remonter l’ascenseur.

L’infirmière sursaute et rit bêtement d’un air pas du tout embarrassé, au

contraire, elle se lèche les lèvres et file avec un déhanché grotesque.

— À ce soir, Ethan ! On va pouvoir s’occuper toute la nuit.

— Eh bien ! Mon pote, tu ne t’ennuies pas, ta soirée va être grandiose !

— Bon, Joshua, tu m’emmènes ou il faut que je demande à ce Don Juan

de me faire faire un tour dans cet ascenseur paradisiaque.

Sa voix fuse, elle est en colère.

— Quand tu veux, ma belle, je peux rester éternellement dans ce lieu

avec toi. Quand il y en a pour une, il y en a pour d’autres, je suis

inépuisable pour ce sport en chambre.

Les portes se referment sur un :

— Connard !

Je ne suis qu’un con, j’ai encore agi comme un salopard. Nath n’a pas

besoin en ce moment de me voir comme un queutard. Même si elle le

pense, ce n’est pas comme cela que je veux qu’elle me considère.

Une fois mon travail terminé, je file en moto acheter quelques trucs pour

me faire pardonner. Mon Dieu ! Que cela fait du bien de pouvoir rouler de

nouveau. Je rallonge mon trajet pour en bénéficier le plus longtemps

possible. Je fonce, ne regardant pas la vitesse, j’en ai besoin. Plus

j’accélère, plus les soucis s’envolent avec le vent.

Bordel ! Je suis un biker, un homme fait pour vivre avec le danger,

profiter de nanas, de ma bécane, pour se taper dessus avec ses frères. Et

non, être le garde-chiourme d’une malade. Puis, je me souviens que c’est

ma douce, qu’elle est en danger, affaiblie et blessée dans son cœur et son

corps. Je rentre direct pour installer ce que j’ai prévu.

J’ouvre sa porte et la retrouve allongée sur son lit.

— Allez, je t’emmène dans le parc.

— Non ! Je suis fatiguée.

— Nath, ne joue pas à l’enfant ! Tu as besoin de décompresser, de

prendre un peu l’air.

— Je ne voudrais pas abuser de toi, si je me souviens bien, tu as rendez-

vous ce soir.

— Jalouse ?

— N’importe quoi ! Mais tu as raison, j’ai besoin de sortir, je vais

demander à Joshua de m’y emmener. Je ne voudrais pas casser ton coup.

— Bordel ! Nath, ne me cherche pas. Tu laisses ce con de côté. Il n’y a

que moi qui suis autorisé à te sortir. Plus aucun imbécile ne te fera du mal.

Je n’attends pas sa réponse et l’installe dans son fauteuil. J’ouvre la porte

et regarde si personne ne traîne dans les couloirs. Je fonce vers l’ascenseur,

en priant qu’il s’ouvre rapidement. Je nous descends au sous-sol. Je sais qu’il y a une porte de secours qui donne dans le parc. J’emprunte de longs

couloirs sombres en courant. Nath rit !

C’est un peu épique de pousser son fauteuil dans les buissons, je pousse,

râle, ce qui la fait encore plus rigoler.

— Oh, c’est magnifique !

À l’ombre des arbres, j’ai installé une couverture, un pique-nique, un

bouquet de fleurs et des bougies.

— C’est pour moi que tu as fait ça ?

— Pour qui veux-tu que ça soit ?

— Ton infirmière, elle t’a posé un lapin, alors tu t’es rabattu sur la pauvre

handicapée.

— Tu en dis, des conneries. Tu crois qu’une nana me ferait ça, au

contraire, elles me courent toutes après.

— Je n’en doute pas !

— Non ! C’est bien pour toi que j’ai organisé ce pique-nique.

Je sors du sac aussi des bombes de peintures, des autocollants. Elle me

regarde, ébahie.

— On va customiser ton fauteuil, lâche-toi.

De vrais gosses, son fauteuil est paré de couleurs dorées sur le dossier, les

roues sont devenues roses. Elle a fixé des ballons sur les accoudoirs qui

flottent à l’air. Elle a collé sur les ballons des têtes de mort, des poignards.

Bref, un vrai fauteuil de bikeuse. On a bien ri. Surtout quand un air

malicieux apparaît sur son visage, elle lève une des bombes et me pulvérise

la tête de rose. Je me venge en l’aspergeant de paillettes multicolores. On se

regarde et on pouffe comme deux adolescents.

Je la soulève et l’installe confortablement avec des coussins. Je lui sers

un peu de tout dans une assiette que je pose sur ses jambes. Elle me regarde

sans rien dire. Un petit sourire fleurit sur ses lèvres.

— Merci, Loki ! Je suis vraiment heureuse de cet imprévu. Je revis.

— Tout pour te faire plaisir, ma douce. Allez, mange !

Nous mangeons en silence, juste entourés par les bruits des oiseaux et du

vent dans les branches. C’est divin. Je ne suis pas un romantique ni un

tendre. Je ne sais même pas comment l’idée m’est venue, mais je ne regrette

pas de passer pour un romantique. Elle est heureuse, alors je suis content.

— Monsieur Fabre ! De quel droit vous permettez-vous de sortir une

patiente hors de sa chambre, si tard et sans autorisation ? Dans mon

bureau !

Je regarde le directeur, me lève tranquillement. Je remets Nath dans son

fauteuil et le suis. Il va savoir qui je suis, on ne traite pas un biker ainsi.

Autant être à l’abri dans son bureau pour avoir ce genre de discussion. Je

m’en fous que mes cheveux soient roses, que je sois vêtu d’une blouse plus

tout à fait blanche, dans l’âme, je sais qui je suis et ce que je vaux.

 

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