Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 8 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 6

 

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Nath

 

Le transport se fait en hélicoptère, premièrement pour éviter toute

secousse sur mon corps meurtri, secondement, pour aller plus vite.

L’établissement est agréable, entouré de bois, d’allées aménagées, j’ai hâte

de m’y promener. La chambre est très simple et fonctionnelle. Le lit est

médicalisé, tous les objets nécessaires sont adaptés à tous les handicaps :

fonctions vocales, douche accessible avec un fauteuil, toilettes fixées en

hauteur avec barre de soutien, des sonnettes à tous les coins de la pièce. On

nous explique que l’on peut décorer à notre convenance, ce que je vais

faire, c’est bon pour le moral. Jason a pensé à emporter mon PC, je ne suis

pas trop réseaux sociaux, mais je vais pouvoir acheter ou créer ma

décoration. Il faudra aussi que je commande des vêtements adaptés à ma

situation.

J’ai le moral encore un peu bas, mais le fait que je vais pouvoir

commencer ma rééducation me fait plaisir.

Jason est parti voir le directeur qui est aussi le spécialiste du centre, pour

tout lui expliquer, quand une jeune femme pénètre dans ma chambre. Elle a

l’air perdue, je la prends pour un membre du personnel, elle s’empresse de

le nier et me promet de revenir, ce que j’apprécierais vraiment, car elle a

une attitude sympathique et doit avoir mon âge. Cela m’aiderait de pouvoir

parler avec une personne jeune comme moi.

Jason rentre à ce moment-là, et n’a pas fait attention à la fille. J’aimerais

tant qu’il se trouve une nana pour le soutenir, lui rendre son sourire et le

détendre. Mon frère gueule souvent pour un rien, il a trop de responsabilités et, moi, je lui en rajoute, une femme lui permettrait d’avoir un soutien

moral.

Ce ne sont pas les brebis qui vont l’aider, écarter les cuisses à la demande

de n’importe quel biker, c’est tout ce qu’elles savent faire. Je n’ai jamais

compris leur façon de voir leurs corps et d’accepter cette condition de vie,

les hommes ne te considèrent que comme un vulgaire objet sexuel. Et

même eux, je n’arrive pas à concevoir comment ils peuvent coucher avec

elles qui prêtent leurs corps à tout le monde. C’est dégueulasse, pas de

sentiments, pas d’amour.

Maintenant que je sais que Vladimir m’a utilisée pour attraper mon frère,

je me sens violée, alors laisser n’importe qui me tripoter, c’est au-dessus de

mes forces. Le problème ne se pose plus, car qui voudrait de moi ?

On a passé la journée à visiter le centre, il y a des salles pour tout. Des

pièces pour les kinés avec du matériel qui a l’air d’engins de tortures.

Certaines servent pour des thérapies de groupes, d’autres pour les massages,

sans parler des piscines, avec vagues, avec des vélos, des saunas, des

jacuzzis. Il y a même un cinéma où quelquefois des conférences et

spectacles peuvent avoir lieu. Il y a la salle à manger, je ne suis pas obligée

d’y manger, mais cela est conseillé pour sortir de sa monotonie, et voir que

certains sont plus atteints que toi et arrivent à avancer. Il y a la salle de jeux

de société, de télévision, même si ta chambre en a une. Le sous-sol sert pour

les radios et les IRM, le centre ne lésine pas sur l’avancée médicale. Cela

me confirme que Jason va dépenser une fortune pour moi.

Une fois qu’il sera parti, je ferai des recherches pour en trouver un moins

cher et voir si j’ai droit à des aides financières.

Des sorties pour des visites ou sportives telles que l’équitation sont

également au programme. Je ne vais pas m’ennuyer, cela est sûr.

Encore une chance que, dans ma chambre, il y ait le plan du centre,

autrement, je vais me perdre. Le soir, une fois que mon frère est parti, j’ai la

visite du professeur.

— Mademoiselle Jackson, vous êtes bien installée ?

— Oui, merci !

— On vous a tout expliqué ? Maintenant, je vais vous parler un peu de

votre accident. Vous allez pouvoir attaquer la rééducation à partir de la

semaine prochaine. Cette semaine est consacrée à votre intégration et aux

consultations avec des psychiatres. Régulièrement, vous les verrez pour

discuter de vos progrès ou de votre stagnation, il n’y a pas de défaites ici.

Tout geste, même minimal, est une victoire. Je ne vous cache pas que

quelquefois vous aurez envie de tout abandonner, vous pleurerez, vous

crierez, ne vous retenez pas, c’est normal. J’ai discuté avec votre frère de

votre handicap. Si vous suivez bien le programme, il y a un espoir que vous

remarchiez, peut-être pas comme vous le pensez, mais vous serez sur vos

deux pieds. Votre choc spinal n’est pas le plus grave et, avec de la volonté,

vous y arriverez.

— Oh, mon Dieu ! C’est super !

— J’aimerais savoir si votre moral va mieux. À ce que j’ai lu dans votre

dossier médical, votre accident vous a fait perdre votre bébé. Il est

important d’avoir un moral en béton, autrement, on reporte la rééducation

de quelques semaines.

— Non ! Je veux avancer, laisser loin derrière moi cette histoire. Je ne

veux pas être à la charge de mon frère. Il a déjà fait beaucoup pour moi,

depuis mon enfance. Je veux être une jeune femme comme les autres. J’en

sortirai plus forte.

— Oui ! Mais surtout, il ne faut pas hésiter à parler de tous vos ennuis,

tracas. Nous sommes tenus au secret professionnel, l’honnêteté est primordiale. Même un souci minime pour vous peut être important pour

nous et retarder votre perfectionnement. Vous avez tout le personnel à votre

disposition, de la femme d’entretien au spécialiste, confiez-vous. Tout sera

consigné, il y a des personnes à qui on se confie plus que d’autres, alors

n’hésitez pas. Je m’entretiendrai avec vous une fois par semaine. Voici

votre planning de soins, consultez-le tranquillement, je vous ai joint mon

numéro de bureau, si vous ne comprenez pas quelque chose ou si vous avez

des questions. Bonne soirée, mademoiselle Jackson.

— Merci, à vous aussi, professeur.

Je souris toute seule, je vais m’en sortir, malgré la noirceur de ces

dernières semaines, je vois une petite lueur d’espérance.

Le planning est bien chargé, je n’ai pas un moment de repos, seulement

pour le repas du midi. Je commence vers les huit heures et finis à dix-sept

heures. Bon, ça va, il y a des séances de massage qui me permettront de

souffler.

Je sais très bien que je vais souffrir, que je vais souvent péter les plombs,

mais il faut que je me mette bien en tête qu’il le faut si je veux remarcher.

Je ferme les yeux, avec de l’espoir.

 

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