Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 21 sur 37

Pages du PDF

Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 19

 

OceanofPDF.com

Nath

 

Il m’énerve quelquefois, nous voilà allant en direction des quais pour

fêter une contraction musculaire de ma plante des pieds, quelle joie !

J’aurais préféré continuer mon planning, d’autant plus que j’avais kiné.

Cette séance de massage me fait du bien.

— Tu es bien silencieuse !

— Je ne te parle pas, sinon, je te crie dessus.

— Qu’est-ce que j’ai fait encore pour te déplaire ?

— Je suis fâchée contre toi, tu m’as plantée dans le cabinet de

l’ergothérapeute, en lui criant dessus. La honte ! Et après, tu te pointes sans

aucune excuse et tu décides sans me demander mon avis d’aller boire un

coup. Tu trouves cela normal ?

— Si, je dis non, tu vas demander des excuses, si je te dis oui, tu vas crier

encore plus fort. Je suis comme cela, je n’accepte pas que l’on profite des

gens, qu’on leur tende un bâton pour le retirer illico.

— Il fait son boulot, il doit te donner toutes les possibilités qui existent.

Mais, n’empêche, tu ne devais pas m’abandonner. Je me suis retrouvée

conne devant Sergio, qui en plus a compris ton coup de gueule.

— C’est un con ! Il aurait dû argumenter.

— Et là, tu me kidnappes, alors que j’avais kiné. J’ai besoin de ses

massages pour mes muscles.

— Si ce n’est que cela, je t’en ferai tout à l’heure. Je ne compterai pas

mes heures et, tu verras, ton corps en redemandera.

Je ne dis rien, car je me l’imagine, pétrissant mon dos avec ses larges

mains, qui ensuite passeraient sur tout mon corps. Moi, nue, me délectant de ses caresses. J’en rougis. J’ai chaud d’un coup. C’est d’une voix rauque

de désir que je lui réponds ;

— Non, merci. Déjà, tu me sors, tu as besoin de te libérer de ma

présence.

— Ma douce ! T’inquiète, si je suis là, c’est que je le veux. Bon ! Il faut

que j’appelle ton frère.

— Non ! Je ne veux pas qu’il sache mon avancée, j’attends d’être sûre. Je

ne veux pas lui faire de fausse joie, puis il a assez de soucis.

— Je ne peux pas ne pas le lui cacher, c’est mon prés’ et je suis tenu de

tout lui dire te concernant.

— Eh bien, attends un peu. Il n’en saura rien.

— Si tu le dis, tu sais, il a un sixième sens pour déceler les conneries.

— J’en prendrai toute la responsabilité, on n’en parle plus.

On passe plusieurs bars et il ne s’arrête pas. Son choix se porte sur un, où

je n’aurais jamais mis les pieds. Des mecs louches le peuplent, l’endroit est

tout en bois et sombre.

— Loki, tu es sûr de toi, on reste dehors, cela sera mieux, autant profiter

du soleil.

Le problème est qu’il n’y a que des tables hautes avec des tabourets. Il

me met dans un coin et rentre dans le bar, pour en ressortir avec une table

normale. Il salue de la tête quelques mecs qui nous regardent.

— Tu connais ce bar ?

— Oui, on est venus plusieurs fois, avec ton frère. Il est bien, la bière est

bonne.

— Tu m’étonnes, alors si cette boisson est délicieuse, c’est que tout va.

— T’en veux une ?

J’opine de la tête, et le voilà reparti chercher nos boissons. Je ne me sens

pas à ma place, je sais que l’on me scrute, mais je n’ose relever les yeux de mes genoux. Après avoir bu une gorgée de cette bière bien fraîche, je suis

plus décontractée. Il ne m’arrivera rien, car il est là. Son téléphone sonne. Il

hausse un sourcil.

— Quand on parle du loup, on en voit le bout de sa queue. Oui, prés’…

Non ! je ne suis pas seul… T’es con, je suis avec ta frangine… OK !

Il s’éloigne, Jason ne veut pas que j’entende. Encore un truc qui concerne

le MC. Ces machos n’aiment pas que les femmes soient au courant de leurs

trucs. Mais, on sait toutes que ce qu’ils font n’est pas légal et est dangereux.

Si cela leur permet de se sentir plus virils, grand bien leur fasse. Moi, je

m’en fous, j’ai toujours fui ce monde, cela ne m’a pas apporté la sécurité,

au contraire, une fois né dans ce milieu, il te colle à la peau, jusqu’à la fin

de sa vie.

D’un coup, je vois Loki, taper ses poings contre le mur et hurler de rage.

Merde ! Il est arrivé quelque chose à un de ses frères. Il regarde la mer et

respire de grandes goulées d’air. Il essaye de se reprendre.

Lorsqu’il se dirige vers moi, la colère luit dans ses yeux.

— Loki, tes mains saignent. Que t’a dit Jason ?

— Rien !

— On ne me la fait pas, celle-là. N’oublie pas que j’ai grandi au MC. Il y

a un problème avec un des gars.

— Nath ! Cela ne te concerne pas.

Il descend une bière cul sec et en redemande une autre qui subit le même

sort. Une autre est décapsulée.

— Si, c’est tous des amis.

— Bordel, tais-toi ! Ce n’est pas tes affaires.

— Tu veux jouer à ce jeu. Que les nanas ne doivent rien savoir, que vous

êtes là pour nous protéger de cette violence. Eh bien, c’est trop tard, car je

viens de prendre votre monde en pleine face et personne n’était là pour me défendre. Alors, tes trucs de mecs, tu te les carres au cul, je me tire. Et

arrête de boire.

— C’est ça ou il faut que je baise.

— Allez, viens avec moi, Loki, ou dis-moi ce qui se passe.

— Non !

Je vois une fille s’approcher de nous, elle se baisse vers Loki.

— J’ai entendu ta conversation. Moi, je veux bien rester avec toi, et tu

peux me baiser tout en buvant une bière, tu as les deux comme ça.

Non ! Mais, et moi ? Je suis invisible, connasse. Loki se retourne, la

détaille et lui sourit.

— J’aime bien tes paroles, miss.

— Et moi ? Je compte pour des prunes !

Il enlace la fille, me regarde en haussant les sourcils.

— Tu ne voulais pas ton indépendance ? Il est temps de le montrer. Cela

te fera du bien de rentrer en poussant ton fauteuil. Si tu te dépêches, tu

trouveras peut-être un kiné de disponible. Comme tu ne voulais pas de mes

massages, je vais les proposer à la miss.

— Connard !

Je lui fais un doigt d’honneur et fuis comme je peux en faisant rouler mes

roues. Quelle honte, il m’a plaquée devant tout le monde, moi, la

handicapée. Les larmes coulent seules sur mes joues, je sanglote.

J’avais cru pendant tous ces jours merveilleux que quelque chose s’était

tissé entre nous. La chute est dure, mon cœur se pince. Que je suis conne

d’avoir pensé à une relation entre nous, il ne faut pas croire au père Noël,

tout le monde sait qu’il n’existe pas, sauf moi, comme une imbécile.

Je vais appeler mon frère. Je me rends compte que s’il avait voulu que je

sache le sujet de leur discussion, Loki serait resté près de moi. Pas la peine

qu’il s’inquiète si un truc grave est arrivé. Il n’a pas besoin d’avoir sa petite sœur pleurnicher au téléphone en se plaignant de son VP et ami qui veut

baiser une autre nana qu’elle. Je ne crois pas qu’il apprécierait. Ne

rajoutons pas une couche d’engueulade à la peine que je ressens.

Alors, comme je ne veux pas être seule dans ma chambre, je vais voir si

l’esthéticienne est disponible, j’ai su qu’il y en avait une tous les soirs. Au

moins, avec mes jambes inertes, je ne ressentirai rien. Je profite du fait que

je suis son unique rendez-vous pour tout faire, les jambes, le maillot, les

aisselles, les sourcils, et même un gommage du visage et du corps.

Je me sens mieux après, je me sens de nouveau féminine, même s’il n’y a

aucun homme pour en profiter. Le seul que je veux est actuellement occupé

avec une fille. Dépitée et triste, je monte dans ma chambre et me couche.

Oui, maintenant, j’y arrive, à force de m’entraîner, je réussis sans trop de

chutes à faire beaucoup de choses que je faisais avant sans problème ! Je

mets la télé pour me changer les idées. Je finis par m’endormir.

 

OceanofPDF.com