Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 5 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 3

 

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Loki

 

Je suis sur ma moto en route pour rejoindre mon prés’. J’aurais préféré

rester au MC, participer à la vengeance que Rider préparait. Sans qu’il le

sache, je voulais être celui qui tuerait le mec qui avait détruit la vie de ma

femme. Je dis ça, mais même elle, elle ne le sait pas. Je me tenais le plus

éloigné d’elle, pour ne pas franchir un cap qui m’aurait coûté cher.

Elle était la sœur de mon prés’, donc interdit. Je la connaissais depuis

toujours, l’avait vue grandir pour devenir une belle femme. Mes sentiments

fraternels s’étaient transformés en autre chose. Sachant que Rider voulait

qu’elle ait une vie en dehors du club, une vie sans violence, sans trafics, une

vie normale, je ne disais rien. Elle méritait mieux que moi, le bras droit de

son frère.

Cela fut dur de ne pas me précipiter à l’hôpital quand Rider reçut le coup

de téléphone qui annonçait l’accident de Nath. Je cassais tout dans ma

chambre, puis, ne tenant plus, je fonçais le rejoindre. Le fait d’avoir grandi

ensemble me permettait d’agir comme un grand frère.

Je fus dévasté d’apprendre qu’elle ne remarcherait peut-être plus jamais.

Quand il a pu rentrer dans sa chambre, je ne le suivis pas, préférant digérer

ce cataclysme. Elle qui aimait se promener dans les musées, dans les rayons

des bibliothèques, juste pour sentir l’odeur des livres, allait être dévastée.

Surtout qu’elle avait le même caractère que notre prés’, une sanguine, des

coups de gueule moins impressionnant que lui, mais mémorable quand

même.

Je serrai les poings quand j’entendis gueuler et pleurer. Je voulais rentrer

dans cette putain de chambre, la prendre dans mes bras, après avoir cassé la gueule à Rider pour l’avoir fait sangloter. Je me levai et tournai en rond. Il

sortit tout pâle et, d’un geste, m’entraîna dehors pour fumer une clope. Moi

aussi j’avais bien besoin d’un paquet entier pour ne pas lui sauter dessus

pour savoir comment elle allait.

Il alluma sa clope, et donna un coup de poing dans le mur en hurlant.

— Bordel ! Je n’ai pas su la protéger. Quel con !

— Que te reproches-tu ?

— Tu savais qu’elle fréquentait un mec ?

— Non !

Alors, là, c’est comme si j’avais reçu un coup de poing dans la poitrine,

elle avait un mec !

— Il est responsable de l’accident, c’est lui qui conduisait ? C’est un

homme mort.

— Oui, ça, c’est sûr, c’est un homme mort. Il est responsable de

l’accident, ça, oui, et il va payer très cher.

Il se tait, tire sur sa clope, je vais devenir fou de ne rien savoir.

— Putain, tu craches le morceau !

Il me regarde, surpris.

— Excuse ! C’est vrai que Nath est ta petite sœur aussi. Non, ce mec l’a

draguée pour nous atteindre, pour avoir main basse sur nos trafics. C’est un

foutu Russe !

— Que s’est-il passé, comment elle l’a su ?

— Elle attendait un enfant et ce con lui a tout avoué, il voulait la vendre

après s’être débarrassé du bébé.

Je me retourne pour taper plusieurs fois le mur, je ne sens pas la douleur.

Enceinte ! Elle attendait un enfant. Bordel ! Elle s’est fait avoir et, tout ça,

c’est de notre faute, de ma faute. Si je lui avais avoué mes sentiments, elle

serait avec moi et n’aurait pas à subir tout ce traumatisme. On aurait dû faire face à Rider, mais on serait ensemble, elle serait sur ses deux jambes et

porterait mon enfant.

— Le bébé, il va bien ?

— Non, elle l’a perdu. Pour le moment, ils vont lui faire plein d’examens

pour savoir exactement où la colonne vertébrale est touchée. Il faut que l’on

trouve un centre pour sa rééducation dès qu’elle ira mieux.

— Je vais la voir.

— Non, elle ne veut personne.

— M’en fous, je vais la voir.

Il me laisse faire, j’ouvre délicatement la porte. Une forme est couchée

dans un lit, elle est branchée de partout. Je sens ma poitrine se serrer de la

voir si pâle, si fragile. Je m’approche, elle dort. Tant mieux, comme ça, elle

n’a pas mal et cela lui permet d’oublier un peu ce qu’elle vient de subir.

Je tends la main et lui caresse doucement ses longs cheveux noirs

bouclés. Elle a des cernes violacés autour de ses yeux, sa lèvre est fendue.

Je vois des traces de larmes séchées sur ses joues blanches. Je me penche et

l’embrasse délicatement.

— Ma douce, je suis là maintenant.

C’est pourquoi, aujourd’hui, je fonce vers eux. Il veut que je reste avec

elle pour la protéger, si ce con décide de s’en prendre à elle. Dans un sens,

je me sens rassuré que cela soit moi qui sois près d’elle. Personne ne pourra

la toucher sans avoir affaire à moi. Dans un autre, j’aurais voulu faire

souffrir le Russe, doucement, lentement, et lui cracher à la gueule qu’elle

est à moi avant qu’il crève.

J’ai réussi à me faire embaucher en tant que brancardier dans son centre.

Killer, notre infirmier, m’a expliqué quelques trucs pour avoir l’air crédible.

Je m’en fous, du moment que je suis près d’elle.

Rider nous a dit que Nath avait une chance de remarcher. Il faut qu’elle

se batte. Je ne la laisserai pas baisser les bras. Ce qui va jouer en ma faveur,

c’est qu’elle a du mal à me supporter, m’envoyant toujours de petites

piques, je vais jouer là-dessus pour la faire avancer. J’aime nos petits

échanges, j’aime la voir sortir de ses gonds par rapport à mon

comportement, j’aime tout d’elle.

Surtout, il ne faut pas que j’oublie qu’elle est en danger tant que ce con

n’est pas mort. Je suis un biker, le bras droit du prés’, un tueur, un homme

qui est prêt à tout pour protéger sa régulière. À nous deux, ma douce !!

 

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