Loki (The Dark Riders) (French Edition)
Chapitre 12
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Loki
Il se prend pour qui, ce mec ? On ne me donne pas d’ordres, je n’obéis
qu’à mon prés’. À peine la porte de son bureau fermée, il se retourne et me
toise d’un air dégoûté.
— Monsieur, dès notre première rencontre, j’ai hésité à vous embaucher,
votre style n’est pas celui qui est habituel dans notre établissement. De plus,
votre comportement envers le personnel médical laisse à désirer. Et
maintenant vous vous permettez des familiarités avec une malade. Je vais
être obligé de prendre des sanctions en vous renvoyant. Vous ne faites plus
partie de notre personnel.
Je le laisse finir son petit discours de merde. Je m’approche de lui, le
regard dur. Il recule, il n’est pas si con en fin de compte. Il voit bien que,
même si je suis calme, je représente un danger.
— Vous êtes prié de sortir de mon bureau. Je…
Je le saisis par le col de sa blouse blanche impeccable, le hisse vers moi
et le pousse contre le mur.
— Écoute-moi bien, connard ! Je n’ai pas d’ordres à recevoir de toi. Sais-
tu qui je suis ?
— Non, lâchez-moi ! Je vais appeler la police !
— Ta gueule ! Je suis le vice-président du MC the Dark Rider.
Devant l’air ahuri du type, je comprends qu’il ne sait même pas ce qu’est
un MC. Je le laisse tomber et retire mon tee-shirt.
— Regarde bien mon emblème tatoué sur mon dos. Nous sommes un
club de bikers et je suis le second du prés’.
— Je ne vois pas le rapport avec votre présence ici.
— Tu es con pour un directeur. La patiente avec qui je dînais
tranquillement avant que tu viennes foutre la merde est la sœur de notre
chef. T’as compris !
— Oui ! Mais pourquoi êtes-vous là ?
— Désespérant ! Tu crois qu’on laisserait une des nôtres, en plus si
fragile, sans surveillance. Je suis là pour veiller à ce que rien ne lui arrive.
— Elle est en danger ?
— Cela ne te regarde pas. Chacun son job.
— Si, si mon centre risque d’être menacé. C’est inadmissible, je vais
joindre la police, et vous partirez. Dès qu’une place se libérera dans un
autre centre, M lle Jackson sera contrainte de quitter mon établissement. Je
ne veux en aucun cas avoir affaire avec des personnes comme vous.
Je me contiens avec peine. Rider aurait dû dès le début lui imposer notre
présence et lui expliquer les retombées d’une réponse négative. Je n’en
serais pas là, à discuter avec un bouffon qui se croit supérieur.
— Mec, je vais être direct. Tu ne peux pas nous foutre dehors. On a
choisi ton centre, car il est le meilleur pour Nath. Donc, on restera jusqu’à
son rétablissement.
— Non ! Pas question que mes autres patients subissent votre présence.
Il s’assoit dans son fauteuil et décroche son téléphone. Ses mains
tremblent, de la sueur coule de son front. J’avance rapidement, me saisis de
l’inter, le lance contre le mur et arrache les fils.
— Alors, on va faire simple, avant que je pète un câble. On reste, je vais
faire mon job. Toi, le tien en fermant ta gueule sur qui on est. Tu me fais
plus chier et je resterai à ma place. Sinon, je vais me fâcher et tu n’aimeras
sûrement pas ça, je ne suis pas un mec gentil.
— Non !
Il sort un revolver de son tiroir et me braque. Il est tout blanc, il est
obligé de le maintenir avec ses deux mains, pour le stabiliser.
— Tu crois que ton joujou va m’arrêter. Il faut avoir des couilles pour
pouvoir s’en servir. Je ne pense pas, vu ta dégaine, que tu en asie. Alors,
pose ce truc. Viens m’affronter comme un homme, avec tes poings.
J’avance, ne quittant pas l’arme des yeux. Ce con serait capable de me
tirer dessus et de me toucher malgré ses tressaillements. Je sens la colère
m’envahir et cela n’est pas bon. Il n’en sortira pas indemne. Rider ne sera
pas content s’il faut remplacer le directeur.
Je vois son doigt appuyer sur la détente. En fin de compte, il a des
couilles, ce connard. La balle effleure mon bras, cela n’a pas arrêté ma
progression. Je bondis au-dessus du bureau, le poing en avant. Il percute le
directeur directement dans son nez. Son fauteuil bascule en arrière sous la
force du coup. Une autre balle part du canon, elle s’enfonce dans le plafond.
En un mouvement, je suis au-dessus de lui. J’attrape sa main et serre si fort
que j’entends l’os craquer. Il hurle en lâchant l’arme.
Je tire toujours sur son poignet abîmé pour le redresser sur ses deux pieds
face à moi. Je lui donne un coup dans son bide, me saisis de sa tête que
j’éclate sur le bureau.
— Tu as de la chance que l’on ait besoin de tes services, connard. Alors,
écoute bien. Je vais sortir de ce bureau. Tu trouves une explication plausible
pour le bordel que tu viens de mettre. Tu fermes ta gueule sur qui je suis. Tu
continues à tenir ton petit centre. Si j’apprends que tu ne m’as pas obéi, mes
frères viendront te rendre une petite visite charmante. Tu risques d’avoir de
longues vacances et on rachètera ton centre. Plus de job, esquinté à vie. Le
choix est simple. As-tu compris ?
À chaque phrase, je continue à lui marteler la tronche sur son bureau. J’ai
l’impression ainsi que mes mots pénètrent mieux son cerveau. Il n’a pas voulu me croire au début quand j’essayais d’être un mec poli. La façon
biker a l’air de mieux lui convenir. Pourquoi se compliquer la vie quand les
vieilles méthodes marchent mieux ?
Je laisse tomber son corps comme un déchet et, sans un regard en arrière,
je sors. Il y a un petit attroupement dans le hall d’entrée. Le raffut que l’on a
fait a attiré quelques membres du personnel de nuit.
— Voilà, je garde mon job, j’ai même été promu brancardier personnel de
Mlle Jackson. Le directeur est un homme compréhensif quand on sait
trouver le bon procédé.
Je sors fumer une clope, appelle Rider.
— Prés’, tu n’es qu’un saligaud, je viens d’avoir une explication musclée
avec le directeur. Il voulait nous foutre dehors.
— Tu as réglé le problème ? Je n’ai rien dit pour que personne ne sache
où se trouvait ma sœur.
— Ben ! T’aurais dû. Il ne voulait rien comprendre, ce con. Il m’a même
tiré dessus.
— Tu ne l’as pas trop abîmé ?
— J’ai même été poli au début, puis je suis passé en mode moi. Désolé,
quelques jours seront nécessaires pour qu’il se remette. Mais on n’a pas
besoin de lui, le centre est bien rodé. Il a enfin compris, du moins, je
l’espère. Je vais le surveiller, t’inquiète.
— Je ne me fais pas de soucis. Comment se passe la rééducation de ma
sœur ?
— C’est dur, elle en chie, j’essaye de la distraire, ce n’est pas simple.
— J’imagine ! Vous vous foutez toujours sur la gueule ?
— Tu ne veux pas savoir, mais on s’amuse bien, une vraie nana docile,
toute souriante et aimable. Et vous ?
— Cela avance bien, demain, on attaque la baraque du Russe. De vrais
cons, avec leurs habitudes, ce soir, ils vont aux putes et nous chez eux.
— T’oublie pas, si tu chopes le salaud, tu m’en laisses un morceau.
— Il ne sera pas là, mais je sens que l’on va sûrement trouver leur
princesse. Elle, j’en ferai mon affaire. Elle souffrira avant que je la leur
rende. Ils ont fait une grave erreur en s’en prenant à Nath. On ne touche pas
à la famille.
On raccroche. J’aimerais être avec eux demain, me défouler sur ces
Russes, évacuer ma frustration, ma rage.
Je suis un biker, pas un guignol qui balade des malades. J’ai besoin
d’action, de violence. Je ne suis plus moi. Je n’ai pas bu une goutte d’alcool
depuis des jours, pas baisé, pas eu ma dose de baston.
Mais, je sais que c’est pour elle que je subis tout ça, pour ma femme,
pour son bien-être, pour qu’elle se rétablisse.
Je souffle fortement, rentre et me dirige vers la cuisine. Il n’y a plus
personne qui traîne. Je déniche une bouteille de rhum. Ce n’est pas ma tasse
de thé, mais cela fera quand même effet. Je monte quatre à quatre les
marches et me vautre sur mon lit. Je descends rapidement la bouteille,
bordel ! Cela fait du bien.
Avant de m’effondrer, je me rends compte que je ne suis pas allé voir
Nath. Elle doit être inquiète.
Merde ! J’ai encore merdé !
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