Loki (The Dark Riders) (French Edition)
Chapitre 20
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Loki
Je la regarde partir sans réagir. La fille se colle à moi et pose sa main sur
mon entre-jambes. Je me lève, la tire derrière moi dans une ruelle et la
pousse à s’agenouiller. Elle descend ma fermeture éclair et met mon sexe
dans sa bouche. Bordel ! Que cela fait du bien ! Quand je suis en colère ou
contrarié, il n’y a que le sexe qui me fait décompresser. Je jouis rapidement,
depuis que je suis ici, je n’ai pas baisé, j’en avais bien besoin.
Puis d’un coup, je réalise ce que je viens de faire. Pour un mec qui dit
avoir trouvé son âme sœur, je l’ai abandonnée au premier problème, et pas
d’une façon très élégante. Devant elle, je l’ai trompée honteusement et lui ai
fait comprendre que je n’en avais rien à foutre d’elle. Quel merdier !
— Dis, mon grand ! Il faudrait peut-être que tu me rendes la pareille !
Avant que je puisse l’envoyer bouler, deux types m’interpellent.
— La fille qui est partie, tu ne la veux plus ? Car, nous, tu vois, on veut
bien se la faire. Elle est pas mal, et on doit pouvoir en faire ce que l’on
désire. Tu vois ce que je veux dire, elle ne doit plus rien ressentir, alors on
peut tout lui faire.
Ils rigolent et, moi, je disjoncte. Je fonce sur eux et mon poing atterrit
dans la gueule de celui qui vient de sortir des conneries. Le second reçoit un
coup de genou dans les couilles. La nana me saute sur le dos, me
déstabilisant une seconde. Les autres en profitent pour se reprendre. Elle me
tire les cheveux, ce qui me fait redresser la tête et je ne peux esquiver le
coup qui me fend la lèvre.
J’essaye de riposter, mais la fille est toujours accrochée à moi. Je recule
vivement et me jette contre le mur. Son corps amortit le choc. Elle crie et me lâche. Mais les mecs se jettent sur moi et arrivent à me mettre à terre.
Les coups de pied fusent dans mon dos, je me retourne en prenant le risque
de m’en prendre un dans la tronche. Je saisis une jambe que je tire vers moi
et relève brusquement, un bruit d’os qui craque retentit. Le mec s’effondre
en hurlant.
Je me relève agilement et fonce sur l’autre. Et là, je me défoule de toute
ma colère, de ma honte. Je tape et tape sans ralentir un seul instant.
Des cris retentissent, des mains me saisissent et me tirent en arrière.
— Mec ! Dégage, la fille est venue nous chercher, les flics arrivent.
C’est le patron du bar, c’est un ancien biker qui a repris un bar quand son
MC a été dissous.
Je le remercie d’un hochement de tête et file. J’ai mal aux côtes, ma lèvre
saigne toujours, mais cela n’est rien par rapport à ce que je ressens.
Premièrement, j’ai été en colère contre Nath d’être coincé auprès d’elle
alors que Killer a été enlevé et torturé. Rider, après m’avoir expliqué les
merdes qui leur tombaient dessus grâce à sa princesse, m’a envoyé les
photos et vidéos que tous les frères ont vues. Mon Dieu ! Les Russes ne
font pas dans la dentelle. Je ne suis que rage de voir mon frère subir cette
atrocité. Les coups, encore, on peut faire avec, mais se faire violer par un
tesson de bouteille, tout en sachant que ses frères regardent. Même si Killer
est notre full patch et qu’il a été élevé pour le devenir, il y a des limites
qu’un esprit peut endurer. Et moi, je suis là à jouer au brancardier, alors que
si j’avais été sur place, j’aurais pu faire quelque chose.
Puis, comme je gère mal ma colère, j’ai agi comme un con, en prenant la
facilité, comme si j’étais au MC, préférant baiser que rentrer avec ma
douce. Je l’ai laissée se démerder seule, alors que j’ai juré de ne plus lui
faire du mal. J’ai tout gagné. Comment vais-je faire pour me rattraper, me
faire pardonner ? Je vais en chier.
Je rentre au centre, file dans ma piaule pour me doucher. Ce n’est même
pas la peine que j’aille la voir maintenant. Vu son caractère, elle est capable
de se lever de son fauteuil pour me foutre une claque.
Alors, j’enfourche ma bécane et pars en direction du garage que l’autre
con m’a indiqué. Après avoir expliqué mon projet au responsable, il me
donne quelques conseils. Quand je vais pour partir, il toussote.
— Dis, mec, cela te dérangerait de bricoler ta moto ici ? Ton projet est
une riche idée, et j’aimerais te donner un coup de main pour le réaliser.
— Pas de problème, au contraire, je ne savais pas où aller pour le faire,
surtout que je n’ai pas mes outils.
— Allez, suis-moi. On va en avoir pour toute la nuit. Tu ne veux pas
appeler la fille pour qui tu fais tout ça, pour qu’elle ne s’inquiète pas.
— Euh ! Non. Je ne suis pas dans ses pensées en ce moment ou si, mais
en subissant toute sa rage. Je crois que j’ai merdé gravement.
— Vu ta tronche, tu as évacué ta rage. Ah ! Les nanas ne sont pas faciles
à déchiffrer. Si t’as envie de me raconter ta vie, je suis ton homme.
Nous avons passé toute la nuit à bricoler mon idée. Je n’ai rien dit, je ne
suis pas du genre à raconter ma vie. Le mec est sympa et rigolo. J’ai passé
un bon moment. Quand je vois le résultat, je suis content de moi. Après un
dernier café et une clope, je m’apprête à le payer quand il me dit :
— Non, mec. Cela m’a permis de faire une bonne action, de me sentir de
nouveau utile. Réparer les bagnoles, c’est lassant à la fin. Je suis content
d’avoir pu t’aider. Pour me remercier, réconcilie-toi avec ta nana. Tu me
diras que quand elle verra ce que tu as fait pour elle, je pense que c’est dans
la poche.
Je file sur les routes pour tester ma bécane avec ce poids en plus et voir la
stabilité de ce truc. Je gare ma moto derrière le parc et file prendre une
douche. Puis je me retrouve devant la porte de Nath, hésitant à pénétrer dans sa chambre. Je n’ai jamais peur, même quand nous nous sommes
trouvés dans la merde, et là, je tremble devant ma petite femme. Je respire
un grand coup. La porte s’ouvre sur…
Merde ! Le fauteuil de Nath sort, poussé par Joshua. Il me toise d’un petit
sourire, alors que ma douce regarde droit devant elle.
— Bordel ! Lâche-moi ça, trou du cul.
— Non ! Il est mon brancardier, tu es trop occupé pour te consacrer à
moi. Ce soir, j’appelle mon frère et je lui expliquerai que je n’ai plus besoin
de toi. Depuis le temps que l’on se retrouve ici, rien n’est arrivé. Le danger
est loin, je ne risque plus rien.
— Détrompe-toi ! Il n’a jamais été aussi près.
— Ah bon ! C’est le coup de fil d’hier qui te fait dire ça. Tu me diras, je
m’en fous de vos histoires. Je m’en fous de tous ces bikers, du MC. J’ai
décidé de prendre ma vie en main sans aucun de vous, et vos soucis ne me
regardent plus. Il peut vous arriver n’importe quoi, je m’en bats le
coquillage. Retourne à tes occupations.
— Dis-moi, mec, je n’ai pas été assez clair la dernière fois !
— Loki, tu arrêtes tes conneries, tu dégages ! Joshua, allons-y.
Quand je vous ai dit qu’elle était têtue et que j’allais ramer, ce n’était pas
pour rien. J’ai l’impression d’avancer sans bouger dans la mélasse et qu’elle
rigole en me voyant couler.
Je les laisse avancer de quelques pas jusqu’à l’ascenseur. Dès que je vois
qu’il arrive, j’avance, saisis le brancardier par sa blouse, l’éjecte derrière
moi. Je pousse alors le fauteuil dans celui-ci. Les portes se referment avant
que l’autre con se relève.
— Non ! Mais tu es sourd, tu es con, je t’ai dit que je voulais plus te…
Je me penche, lui relève la tête et fonce sur ses lèvres.
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