Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 22 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 20

 

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Loki

 

Je la regarde partir sans réagir. La fille se colle à moi et pose sa main sur

mon entre-jambes. Je me lève, la tire derrière moi dans une ruelle et la

pousse à s’agenouiller. Elle descend ma fermeture éclair et met mon sexe

dans sa bouche. Bordel ! Que cela fait du bien ! Quand je suis en colère ou

contrarié, il n’y a que le sexe qui me fait décompresser. Je jouis rapidement,

depuis que je suis ici, je n’ai pas baisé, j’en avais bien besoin.

Puis d’un coup, je réalise ce que je viens de faire. Pour un mec qui dit

avoir trouvé son âme sœur, je l’ai abandonnée au premier problème, et pas

d’une façon très élégante. Devant elle, je l’ai trompée honteusement et lui ai

fait comprendre que je n’en avais rien à foutre d’elle. Quel merdier !

— Dis, mon grand ! Il faudrait peut-être que tu me rendes la pareille !

Avant que je puisse l’envoyer bouler, deux types m’interpellent.

— La fille qui est partie, tu ne la veux plus ? Car, nous, tu vois, on veut

bien se la faire. Elle est pas mal, et on doit pouvoir en faire ce que l’on

désire. Tu vois ce que je veux dire, elle ne doit plus rien ressentir, alors on

peut tout lui faire.

Ils rigolent et, moi, je disjoncte. Je fonce sur eux et mon poing atterrit

dans la gueule de celui qui vient de sortir des conneries. Le second reçoit un

coup de genou dans les couilles. La nana me saute sur le dos, me

déstabilisant une seconde. Les autres en profitent pour se reprendre. Elle me

tire les cheveux, ce qui me fait redresser la tête et je ne peux esquiver le

coup qui me fend la lèvre.

J’essaye de riposter, mais la fille est toujours accrochée à moi. Je recule

vivement et me jette contre le mur. Son corps amortit le choc. Elle crie et me lâche. Mais les mecs se jettent sur moi et arrivent à me mettre à terre.

Les coups de pied fusent dans mon dos, je me retourne en prenant le risque

de m’en prendre un dans la tronche. Je saisis une jambe que je tire vers moi

et relève brusquement, un bruit d’os qui craque retentit. Le mec s’effondre

en hurlant.

Je me relève agilement et fonce sur l’autre. Et là, je me défoule de toute

ma colère, de ma honte. Je tape et tape sans ralentir un seul instant.

Des cris retentissent, des mains me saisissent et me tirent en arrière.

— Mec ! Dégage, la fille est venue nous chercher, les flics arrivent.

C’est le patron du bar, c’est un ancien biker qui a repris un bar quand son

MC a été dissous.

Je le remercie d’un hochement de tête et file. J’ai mal aux côtes, ma lèvre

saigne toujours, mais cela n’est rien par rapport à ce que je ressens.

Premièrement, j’ai été en colère contre Nath d’être coincé auprès d’elle

alors que Killer a été enlevé et torturé. Rider, après m’avoir expliqué les

merdes qui leur tombaient dessus grâce à sa princesse, m’a envoyé les

photos et vidéos que tous les frères ont vues. Mon Dieu ! Les Russes ne

font pas dans la dentelle. Je ne suis que rage de voir mon frère subir cette

atrocité. Les coups, encore, on peut faire avec, mais se faire violer par un

tesson de bouteille, tout en sachant que ses frères regardent. Même si Killer

est notre full patch et qu’il a été élevé pour le devenir, il y a des limites

qu’un esprit peut endurer. Et moi, je suis là à jouer au brancardier, alors que

si j’avais été sur place, j’aurais pu faire quelque chose.

Puis, comme je gère mal ma colère, j’ai agi comme un con, en prenant la

facilité, comme si j’étais au MC, préférant baiser que rentrer avec ma

douce. Je l’ai laissée se démerder seule, alors que j’ai juré de ne plus lui

faire du mal. J’ai tout gagné. Comment vais-je faire pour me rattraper, me

faire pardonner ? Je vais en chier.

Je rentre au centre, file dans ma piaule pour me doucher. Ce n’est même

pas la peine que j’aille la voir maintenant. Vu son caractère, elle est capable

de se lever de son fauteuil pour me foutre une claque.

Alors, j’enfourche ma bécane et pars en direction du garage que l’autre

con m’a indiqué. Après avoir expliqué mon projet au responsable, il me

donne quelques conseils. Quand je vais pour partir, il toussote.

— Dis, mec, cela te dérangerait de bricoler ta moto ici ? Ton projet est

une riche idée, et j’aimerais te donner un coup de main pour le réaliser.

— Pas de problème, au contraire, je ne savais pas où aller pour le faire,

surtout que je n’ai pas mes outils.

— Allez, suis-moi. On va en avoir pour toute la nuit. Tu ne veux pas

appeler la fille pour qui tu fais tout ça, pour qu’elle ne s’inquiète pas.

— Euh ! Non. Je ne suis pas dans ses pensées en ce moment ou si, mais

en subissant toute sa rage. Je crois que j’ai merdé gravement.

— Vu ta tronche, tu as évacué ta rage. Ah ! Les nanas ne sont pas faciles

à déchiffrer. Si t’as envie de me raconter ta vie, je suis ton homme.

Nous avons passé toute la nuit à bricoler mon idée. Je n’ai rien dit, je ne

suis pas du genre à raconter ma vie. Le mec est sympa et rigolo. J’ai passé

un bon moment. Quand je vois le résultat, je suis content de moi. Après un

dernier café et une clope, je m’apprête à le payer quand il me dit :

— Non, mec. Cela m’a permis de faire une bonne action, de me sentir de

nouveau utile. Réparer les bagnoles, c’est lassant à la fin. Je suis content

d’avoir pu t’aider. Pour me remercier, réconcilie-toi avec ta nana. Tu me

diras que quand elle verra ce que tu as fait pour elle, je pense que c’est dans

la poche.

Je file sur les routes pour tester ma bécane avec ce poids en plus et voir la

stabilité de ce truc. Je gare ma moto derrière le parc et file prendre une

douche. Puis je me retrouve devant la porte de Nath, hésitant à pénétrer dans sa chambre. Je n’ai jamais peur, même quand nous nous sommes

trouvés dans la merde, et là, je tremble devant ma petite femme. Je respire

un grand coup. La porte s’ouvre sur…

Merde ! Le fauteuil de Nath sort, poussé par Joshua. Il me toise d’un petit

sourire, alors que ma douce regarde droit devant elle.

— Bordel ! Lâche-moi ça, trou du cul.

— Non ! Il est mon brancardier, tu es trop occupé pour te consacrer à

moi. Ce soir, j’appelle mon frère et je lui expliquerai que je n’ai plus besoin

de toi. Depuis le temps que l’on se retrouve ici, rien n’est arrivé. Le danger

est loin, je ne risque plus rien.

— Détrompe-toi ! Il n’a jamais été aussi près.

— Ah bon ! C’est le coup de fil d’hier qui te fait dire ça. Tu me diras, je

m’en fous de vos histoires. Je m’en fous de tous ces bikers, du MC. J’ai

décidé de prendre ma vie en main sans aucun de vous, et vos soucis ne me

regardent plus. Il peut vous arriver n’importe quoi, je m’en bats le

coquillage. Retourne à tes occupations.

— Dis-moi, mec, je n’ai pas été assez clair la dernière fois !

— Loki, tu arrêtes tes conneries, tu dégages ! Joshua, allons-y.

Quand je vous ai dit qu’elle était têtue et que j’allais ramer, ce n’était pas

pour rien. J’ai l’impression d’avancer sans bouger dans la mélasse et qu’elle

rigole en me voyant couler.

Je les laisse avancer de quelques pas jusqu’à l’ascenseur. Dès que je vois

qu’il arrive, j’avance, saisis le brancardier par sa blouse, l’éjecte derrière

moi. Je pousse alors le fauteuil dans celui-ci. Les portes se referment avant

que l’autre con se relève.

— Non ! Mais tu es sourd, tu es con, je t’ai dit que je voulais plus te…

Je me penche, lui relève la tête et fonce sur ses lèvres.

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