Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 4 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 2

 

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Nath

 

Je ne me souviens pas de grand-chose de mon accident. J’avais si peur, je

ne pensais qu’à une chose, fuir Vladimir, ce qu’il venait de me dire, de me

faire.

Cela faisait plusieurs mois que l’on se fréquentait. Je l’avais rencontré

dans une exposition de peinture. J’aimais bien me promener dans des

musées ou autres endroits éducatifs. J’habitais avec mon frère dans un MC

rempli de bikers, qui ne pensaient qu’à boire et draguer. Je ne dis pas qu’ils

sont ignares, ils n’avaient pas de temps à perdre à visiter des sites culturels.

Je me sentais mal à l’aise dans ce bar enfumé où les mots vulgaires fusaient.

C’est pourquoi, quand ce jeune homme s’était présenté et s’était intéressé à

moi, j’avais craqué.

Il était charmant, avait de bonnes manières. Il m’emmenait dans des

restaurants, au cinéma, et même une fois au théâtre. Nos sujets de

discussion variaient sans arrêt, aucun temps mort. Il avait été si gentil, ne

me draguant pas comme une bête en rut. Cela se fit progressivement, une

main prise en se promenant, une bise sur la joue, puis le baiser. Je me

laissais faire, j’étais heureuse d’avoir l’attention d’un homme si bien.

Pour notre première nuit, il fut délicat, attentionné. Pour moi, c’était bien,

je m’attendais à ce que l’on découvrait dans les livres, une petite mort. Non,

juste un bien-être. Les fois suivantes ne furent pas mieux. Cela ne me

dérangeait pas trop, il me couvrait de tant de petites attentions, mais il

n’était pas trop porté sur le sexe.

Quand je voyais les potes de mon frère qui ne pensaient qu’à ça, avec les

brebis qui leur couraient après, je vins à me poser la question de savoir si ce n’étaient pas eux qui avaient un problème.

Je ne dis rien à mon frère. Il m’avait élevée, me payait actuellement des

études pour devenir bibliothécaire, essayait de ne pas trop m’inclure dans

son MC, donc j’avais décidé de le laisser hors de ma relation avec Vladimir.

Puis, j’étais sûre qu’il dirait un truc sur notre histoire. Il critiquerait

Vladimir, ses tenues, ses contacts, son job. Mon frère était un sanguin et un

homme qui disait toujours ce qui pensait. Et surtout, je ne voulais pas que

Vladimir découvre d’où je venais, avec qui je vivais.

Pour tous ces hommes, j’étais leur petite sœur, ils seraient trop

envahissants dans mon intimité. Ils seraient capables de me suivre dans mes

moindres déplacements.

Tout se passait très bien, jusqu’au jour où je découvris que j’étais

enceinte, pourtant, on prenait nos précautions. Il fallait que je le dise à

Vladimir avant de le signaler à Jason. Je craignais plus le comportement du

second qui allait péter les plombs. Si j’avais su, je le lui aurais dit en

premier.

On était assis à un bar, sirotant un café avant de nous rendre au cinéma.

— Vladimir, j’ai quelque chose de délicat à de dire, je ne sais pas

comment cela est arrivé…

— Continue, chérie, tu sais que jamais je ne me fâcherai contre toi.

Il me souriait gentiment en me caressant la main. Confiante, je continuai.

— J’attends un bébé !

Rien sur son visage ne changea, juste une petite crispation de ses doigts.

Il se leva tranquillement, me tirant derrière lui, après avoir jeté des billets

sur la table. Je le suivis, rassurée.

Une fois en dehors du bar, il se dirigea vers une petite ruelle et, là, tout se

précipita. Il me poussa brusquement contre le mur.

— Qu’est-ce que tu as dit, salope ?

Choquée par son comportement, je ne trouvais plus mes mots.

— Tu attends un môme, tu es bien comme toutes les autres putes.

— Mais, Vladimir, on s’aime, c’est un accident, on trouvera une solution.

— Pauvre fille, si tu crois que je veux quelque chose de toi. Tu me

servais juste d’appât.

— Comment ça ? Pourtant, tu as dit m’aimer.

— Juste pour que tu restes avec moi. Qui voudrait d’une fille telle que

toi, une bikeuse, une pute ?

La rage me prit, on ne parle pas comme ça à quelqu’un. Il est qui, lui,

pour me juger ?

— Alors, tu savais pour ma famille, lâche-moi, je n’ai plus rien à voir

avec toi. Connard !

Je me pris une gifle qui envoya ma tête contre le mur.

— Ne me parle pas comme ça, ton frère va prendre cher, puisque je te

tiens.

— Qu’a mon frère à voir dans cette histoire ?

— Pauvre conne, je me suis rapproché de toi pour le piéger. Une fois

sous mon emprise, il aurait été bien obligé de nous laisser ses trafics pour te

récupérer. Tu me diras, ce n’est pas trop tard.

Quelle imbécile je suis ! Je m’étais fait avoir comme une adolescente en

mal d’amour. Cela faisait mal. Je croyais pouvoir me débrouiller seule,

avoir rencontré quelqu’un de bien. Je me suis fourvoyée sur toute la ligne.

Ma fierté en prit un coup, surtout quand mon frère saurait toute l’histoire. Je

l’avais mis dans la merde. Des larmes de rage coulaient sur mes joues.

J’essayais de le pousser.

Il me rapprocha de lui en me tirant les cheveux.

— Tu vas avancer sagement jusqu’à la voiture sans faire d’histoire,

autrement, je te tue en t’éventrant.

Je sentais le couteau qui appuyait sur mon flanc.

— Et le bébé ?

— Je n’en veux pas de ce môme, on s’en débarrassera, puis je te vendrai.

Tu n’es pas trop vilaine. Cela n’a pas été trop difficile de te baiser, surtout

en sachant qui tu étais. Je baisais ton frère en le faisant avec toi.

Ce n’est pas un être humain, ce type, il cachait bien son jeu. Mince, il

fallait que je m’enfuie. Je me débattis de toutes mes forces, j’avais quelques

notions grâce à Jason. Je me baissai d’un seul coup, envoyant mon pied

dans son genou, le déséquilibrant. Je me retournai et lui donnai un bon coup

de genou dans son service trois-pièces.

Je me mis à courir, voyant le bout de la ruelle. Il fallait que je me

retrouve dans l’avenue et que je crie pour attirer l’attention sur moi. Je fis

l’erreur de me retourner pour voir s’il me suivait. Emportée par mon élan, je

franchis le trottoir, je ne vis pas la voiture arriver. Je fus projetée en l’air et

retombai brusquement sur le bitume. J’entendis des cris, des coups de frein,

puis plus rien.

 

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