Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 11 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 9

 

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Loki

 

À sept heures quarante-cinq, je suis dans le bureau du professeur-

directeur de l’établissement. Pour cette occasion, j’ai revêtu un jean bleu et

un polo blanc, j’ai coupé ma barbe et mes cheveux. Nous sommes deux à

nous tenir droits devant le mec. Il nous détaille, tique un peu en voyant mes

tatouages, c’est sûr que le blondinet à côté présente mieux que moi. C’est

un gars banal, la mèche sur le côté, le petit polo avec la marque célèbre de

crocodile et un pantalon en toile à pinces étalent son éducation de petit

monsieur propret.

— Messieurs ! Vous avez signé vos contrats et lu le règlement. Je

n’admettrai aucun écart, pas de violence envers les patients ni de

rabaissement, une tenue irréprochable, des « bonjour monsieur ou madame

untel », en aucun cas vous ne parlez des malades par leur numéro de

chambre. Des sourires et de la politesse ainsi que du respect sont

primordiaux pour leur rétablissement. Ils sont diminués par leur handicap et

ont besoin de soutien, et non de la pitié. Si un d’eux vous confie quelque

chose, il faut le signaler au responsable du service. Vous avez des

questions ?

— Oui ! Sera-t-on assignés à des malades spécifiques, ou naviguera-t-on

dans les étages, suivant les demandes.

Bonne question de mon collègue, la réponse m’intéresse.

— Vous allez avoir un biper, c’est à vous de répondre le plus rapidement

possible. Les demandes vont être nombreuses, quelquefois plusieurs en

même temps. Le personnel sait dans quelle condition vous travaillez, alors ne vous inquiétez pas si vous arrivez avec quelques minutes de retard,

pensez surtout au malade que vous brancardez.

Il nous tend une blouse blanche où sont inscrits nos noms et prénoms,

cela me fait bizarre de voir écrit Ethan Fabre. Je ne pouvais pas donner mon

surnom de biker, déjà ne pas porter mes couleurs me fait paraître nu, porter

une blouse me dérange. Mais quand je vais devoir répondre à mon

matricule, cela me fera sentir un personnage commun et perdre mon

identité. Bordel ! Qu’est-ce que je ne supporterais pas pour elle et mon

MC ! Rider me le payera, je ne sais pas comment encore, mais il entendra

parler longtemps de ce déguisement que je subis.

Avant de commencer, je passe rapidement dire bonjour à ma douce. Elle

me regarde deux fois, avant de se mettre à rire.

— Loki ? C’est bien toi ?

— Ah ! Ah !

— Que tu es beau ainsi, le biker a disparu pour laisser place à ?

Elle me fait signe de m’approcher, ce que je fais.

— Ethan Fabre, j’avais oublié, depuis le temps que tout le monde

t’appelle Loki. Il faut que je fasse une photo pour l’envoyer à Jason, il va

bien rire.

— Non ! Jamais ! Je me sens humilié de porter ce déguisement et de

paraître monsieur tout le monde. Alors, fous-moi la paix.

— Allez, juste une pour moi, en souvenir, je ne la montrerai à personne.

— Non ! T’oublies, je ne rigole pas, Nath, aucune photo, bien compris !

— Oui, monsieur Ethan !

Je n’ai pas le temps de lui répondre que mon biper sonne. Je la fusille du

regard et me dirige vers le lieu où l’on m’attend.

Encore une chance que Rider nous impose du sport pour nous maintenir

en forme, autrement je serais mort. Tu m’étonnes qu’ils changent souvent de brancardiers, c’est une course à travers les couloirs. Ce biper va finir

contre le mur. Il sonne sans arrêt. Un coup, il faut le brancard, une autre

fois, c’est le fauteuil. L’ascenseur met une plombe pour arriver, déjà plein, il

faut patienter de nouveau. Sans parler des patients qui ont avec eux, pour

certains, des machines à transporter, des potences ou autres trucs que je ne

savais même pas que cela existait.

Certains sont sympathiques, n’hésitant pas à parler de tout, d’autres se

plaignent de leur condition, que tu les bouscules, que tu leur fais mal. Et

ceux qui, sans gêne, te reluquent et te posent des questions sur ta vie privée.

Cela m’est très dur de ne pas les envoyer bouler tous, je suis un biker, je

n’ai de comptes à rendre à personne sauf au MC, je suis le bras droit du

prés’, je gueule plus que de papoter ou mes poings le font à ma place.

J’essaye de sourire, d’être aimable.

Sans parler de toutes ces femmes du personnel qui t’aguichent, te

retiennent pour essayer de draguer, ni de ces couloirs sans fin, tous ces

numéros de chambres, chiffres pairs d’un côté, impairs de l’autre, de

trouver la bonne salle où doit se rendre le patient. J’en ai la tête qui tourne,

pas un moment pour fumer, souffler.

Je n’ai vu qu’une fois Nath, je l’ai emmenée voir un psychiatre, j’aurais

voulu être là pour la récupérer après, en sachant que remuer la merde

n’allait pas l’aider. Mais, c’est ce petit con de Joshua qui l’a eue. Je ne sais

pas comment il se débrouille, cependant, c’est toujours lui qui arrive avant

moi pour s’occuper de ma douce.

En plus, elle discute avec lui et lui sourit. Je bous, je suis là pour elle et je

n’ai pas un instant à lui donner.

Lorsque la journée est enfin terminée, je fonce dans sa chambre pour la

trouver endormie. Non ! Mais je rêve. Je m’assois et la regarde. Elle a des cernes sous les yeux, sa première journée n’a pas dû être tranquille. Sans

m’en rendre compte, je m’assoupis.

La porte qui s’ouvre me fait bondir sur mes pieds, cherchant mon arme à

ma ceinture. Bordel ! J’ai juste pris un petit calibre que j’ai fixé à ma

cheville, pour que personne ne le remarque. Car, en portant les malades, ils

pourraient le sentir à sa place habituelle. J’ai un couteau à l’autre cheville.

Tu me diras, je n’ai pas besoin d’arme pour défendre Nath. Mes poings et

mes jambes peuvent mettre KO en un instant un mec.

— Ethan, après ton travail, tu n’as pas le droit d’être présent dans une

chambre. Pas de relation avec les patients. Mais, si t’attends un petit

moment, j’ai bientôt fini, on pourrait aller boire un verre.

— Excusez-moi d’interrompre ce moment idéal, mais j’aimerais prendre

une douche. Je suis désolée, je suis percluse de douleurs, le professeur me

l’a conseillé. Je sais que vous devez terminer bientôt, mais je souffre trop.

Je me retiens de rire devant la tête de l’infirmière. Elle ne m’intéresse

pas, ne me fait aucun effet, mais de savoir que ma douce va être nue devant

elle me fait bander. Je me proposerais bien de prendre la place de cette

femme pour qu’elle quitte son travail à l’heure. Toutefois, elle n’avait pas

l’air contente de me voir dans la chambre, puis, si, en plus, je montre un

signe d’intérêt à Nath, tout l’établissement sera au courant et je pourrai dire

adieu à mon job. Le directeur a été assez clair sur les relations entre patients

et personnels.

Je fais une mine désolée à l’infirmière, hausse les épaules. Je vois Nath

jubiler devant la mine boudeuse de l’infirmière, elle est contente de m’avoir

cassé le coup, d’avoir empêché le queutard que je suis de baiser.

— Une prochaine fois, je l’espère.

Je ne souris pas sur l’air ravi de la nana, mais sur les yeux qui se lèvent

au ciel de ma douce. Je lui fais un clin d’œil et me dirige vers ma piaule.

Notre lieu de vie se situe au dernier étage. Ma chambre est comme celle

de Nath, impersonnelle, blanche et épurée de meubles. J’ouvre la fenêtre

pour enfin fumer une clope tranquille. Car, à chaque pause, j’avais juste le

temps de tirer une ou deux taffes avant que cet engin de malheur bipe.

Une bonne douche et au lit, je suis crevé.

 

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