Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Marie-Laure Viollet · Chapitre 26 sur 37

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Loki (The Dark Riders) (French Edition)

Chapitre 24

 

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Loki

 

Je vois bien que, d’un seul coup, Nath a quelque chose qui la tracasse.

— Qu’est-ce que tu as ?

— Rien !

— Si, je te connais, tu as peur que ce petit con ne te fasse du mal.

— Non ! Je pense à mon frère, tu crois qu’il fera quoi, quand il saura

pour nous deux ?

Elle me ment, ne veut pas m’avouer ce qu’elle pense, mais je me doute

que cela nous concerne.

— Ne te soucie pas de ça, à chaque jour suffit à sa peine, pour le

moment, il faut se méfier de tout et de tous.

Je le pense vraiment. Suivant ce que Rider dira, il faudra que j’agisse,

mais je ne veux pas qu’elle choisisse entre son frère et moi. C’est facile,

c’est tout vu, je la favoriserai, elle. Si mon prés’ ne veut pas que je reste

avec elle, je partirai du MC et reconstruirai notre vie ailleurs. Mais elle,

avec tout ce qu’elle vient de subir, ce n’est pas le moment de lui poser la

question. On verra après son rétablissement. Puis, on est bien tous les deux,

loin de tous. Il faut qu’elle se concentre pour guérir, le reste, je m’en

occupe.

— Allez, en selle, on va se promener.

Le sourire revient sur ses jolies lèvres, je lui vole un baiser dans

l’ascenseur. C’est de plus en plus dur pour moi de me retenir de lui sauter

dessus. Mais je ne suis pas comme les autres mecs qui préfèrent satisfaire

leur besoin sans penser à leur compagne, d’autant plus que pour moi, elle

est mon âme sœur. Je veux qu’elle jouisse de mes caresses, de me sentir en elle. Voilà, je bande. Elle sourit en voyant mon état. Les douches froides et

ma main m’ont bien été utiles ces jours derniers.

Nous longeons la côte, regardant les vagues s’écraser sur les parois à pic.

Nous avons une vue bien dégagée, je roule doucement pour en profiter au

maximum.

J’entends un vrombissement et me retourne, un 4X4 noir, vitres teintées,

arrive à grande vitesse. Je mets mes warnings, lui signalant ainsi ma

présence. La route est étroite à cet endroit-là. Je ne veux pas prendre de

risques. Ce con, il accélère et se colle à ma bécane.

— Mais qu’est-ce qu’il fait ? Loki, pourquoi il ne nous double pas ?

Je crois savoir pourquoi, il est là pour nous. Il a fait vite, ce con, pour

agir. Il n’a pas perdu de temps. Mais, là, je suis dans la merde. Nath est

saucissonnée derrière, je ne peux pas aller plus vite, ne peux pas slalomer

avec ma bécane, au risque de nous foutre en l’air. Il n’y a pas de petit

chemin que je pourrais prendre pour l’éviter. S’il décide de nous percuter,

nous irons dans la flotte, c’est trop haut pour s’en sortir indemnes.

— Connard ! Double-nous.

Elle bouge son bras violemment, lui faisant signe de nous dépasser.

— Nath, ne bouge pas trop, tu me déstabilises. Il ne compte pas le faire,

je pense qu’il veut jouer un peu avec nous.

— Oh, mon Dieu !

— Ne panique pas, je suis né en conduisant une moto.

— Oui, peut-être, mais pas avec un poids mort dessus.

J’essaye de trouver une solution, mais rien ne me vient. Pour le moment,

on roule pare-chocs contre pare-chocs. Il joue avec mes nerfs. En plus, ce

con klaxonne, faisant sursauter Nath et bouger la bécane.

— Nath ! Calme-toi ou on va se foutre en l’air.

— J’ai peur !

Il faut que j’agisse, et vite, elle tremble de plus en plus, mes bras forcent

sur le guidon pour maintenir ma route. J’ai une idée, foutu pour foutu, il

faut que je tente ce truc.

— Accroche-toi bien !

Je me déporte, freine brusquement, pose mon pied qui encaisse tout le

poids de nous deux, et braque ma moto, faisant un demi-tour. Ça passe ou

ça casse. Le risque, c’est que mon pied flanche et alors on tombera et on

glissera sur le bitume. J’espère que j’ai bien fixé le siège de Nath, car il

risque de perturber ma manœuvre. Je l’entends hurler, mais en fais

abstraction, trop concentré à rétablir ma bécane. Une fois droit, je mets les

gaz. La voiture freine brusquement, je me retourne, elle va mettre un

moment pour faire demi-tour, la route est étroite. D’ici là, j’aimerais être

loin.

— Nath, ça va ?

— Hum, hum !

— Réponds-moi !

— T’es un grand malade, mais tu as réussi. Je tremble de partout. Tu

étais sûr de ton coup ?

— Non !

— Comment ça, non ?

— Je ne croyais pas le réussir, mais, bon, il fallait bien tenter un truc

avant qu’il nous dégomme.

— Oh, mon Dieu !

J’essaye d’aller le plus vite possible, mais, à mon plus grand malheur, je

l’entends arriver, et je ne crois pas que cette fois-ci il nous talonne, il va

nous foncer dessus.

— Loki…

Nous venons juste de finir la falaise, un chemin de terre se pointe à ma

droite, descendant abruptement. Sans crier gare, je braque et fonce. Lui, il

ne peut nous suivre, le sentier entouré de rochers l’empêche de passer.

Ma bécane n’apprécie pas les trous, les pierres. Nous sommes secoués

dans tous les sens. J’essaye de la ralentir, sans freiner brusquement, nous

sommes en pente, on passerait par-dessus.

Merde, le chemin s’arrête net. Je nous couche, tant pis, ou c’est le

plongeon. Nous glissons, ma jambe est coincée, prenant tout le poids et les

pierres. Je serre les dents. Nath est silencieuse derrière moi. Et là, j’ai peur !

Enfin, ma moto s’arrête. Je reprends mon souffle. Essaye de me dégager

la jambe, je tire, me l’éraflant plus. Je ne peux pas la soulever si je suis à

terre. L’adrénaline me sert de carburant. Une fois sur mes pieds, je relève

l’engin et, le maintenant contre mon corps, je regarde en direction de Nath.

Elle a les yeux fermés, une plaie au front ;

— Ma douce ?

Ses yeux s’ouvrent, elle me détaille.

— On l’a semé cette fois-ci ? Car je ne le referais plus, ce truc. J’ai eu la

peur de ma vie. Impuissante, saucissonnée à l’arrière. Tu saignes !

— Ce n’est rien et, toi, tu n’as rien ?

— Non, ton siège m’a abritée, juste une branche qui a fouetté mon

visage.

— Détache-toi, la moto est trop lourde, et le terrain n’est pas stable pour

mettre les béquilles. C’est bien, attrape mon bras.

Je la tire vers moi, son corps est léger, je l’ai enfin dans mes bras, je

recule, laisse tomber ma bécane, et m’assois.

Je la touche de partout pour vérifier si elle n’a rien. Je l’embrasse

violemment. Il faut que l’on se mette à l’abri. Le mec peut descendre à pied pour voir si on est encore vivant. Je m’enfonce avec ma douce dans les

broussailles.

D’un seul coup, j’ai chaud, ma jambe m’élance, je baisse les yeux et vois

un morceau de bois dépasser de mon pantalon. Pas un petit morceau, non,

une branche. Ce n’est pas la première fois que je suis blessé, mais je ne sais

pas pourquoi, cette fois-ci, je vois des points noirs danser devant mes yeux.

Je serre un peu plus fort Nath contre moi et m’écroule en arrière, le trou

noir.

— Loki !!

 

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