Mr.
Monsieur
J’avoue avec un peu de honte avoir attendu votre mail avec une impatience presque... fébrile. J’ai bien fait d’attendre...
Je crois quand même, malgré votre délicieuse, impressionnante et précoce sensibilité, que le temps et les expériences permettent d’agrandir l’univers érotique. J’ai découvert l’érotisme dans la littérature à dix ans avec Pierre Louÿs, qui me paraissait à l’époque le comble du subversif. J’ai ensuite beaucoup lu et certaines de mes lectures décrivaient des sensations, des excitations, des émotions que je ne comprenais pas et que je n’ai comprises que plus tard. Je crois, et je sais, qu’une femme à un certain moment, souvent d’ailleurs après ou pendant une excitation intense, peut vouloir n’importe quelle queue... je l’ai entendu... vécu... on me l’a dit, même si à un moment effectivement il y a eu dans l’esprit un dos, une odeur et tout ce dont vous parlez avec talent. Mais à un moment tout bascule, et là l’objet du désir de façon étonnante peut basculer, être interchangeable : n’importe qui, n’importe quelle bite, et c’est ce que Calaferte raconte.
Sade pose les principes sur lesquels se fonderont tous les autres et son écriture n’est pas très sensuelle, c’est ce qui choque un peu aujourd’hui. Mais ce dont il parle est fondamental. Parce qu’il traite du décalage qui provoque l’érotisme, la bascule, la proximité de la violence.
Il y a aussi Bataille, que vous connaissez. Pour la théorie il faut lire L’Érotisme. Histoire de l’œil est sublime... Madame Edwarda aussi...
Je savais que vous étiez Lucie après avoir longuement et avec étonnement regardé vos photos sur Facebook, votre sourire, vos yeux, votre peau.
Écrivez-moi vite.
P.-S. : Ne montrez pas mes mails à votre oncle...
Je mets mon vit contre ta joue
Le bout frôle ton oreille
Lèche mes bourses lentement
Ta langue est douce comme l’eau
Ta langue est crue comme une bouchère
Elle est rouge comme un gigot
Sa pointe est un coucou criant,
Mon vit sanglote de salive
Ton derrière est ma déesse
Il s’ouvre comme ta bouche
Je l’adore comme le ciel
Je le vénère comme un feu
Je bois dans ta déchirure
J’étale tes jambes nues
Je les ouvre comme un livre
Où je lis ce qui me tue.
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